Mike Ward ou le harceleur public

3 décembre 2019

Pour ceux qui ne le savent pas déjà, Mike Ward est un humoriste francophone condamné deux fois pour avoir ridiculisé les divers handicaps d’un jeune de 22 ans atteint du syndrome de Treacher Collins.

Entre Mike Ward et Jérémy Gabriel, le véritable handicapé est le premier, sourd et aveugle aux décisions judiciaires rendues contre lui.

L’humoriste s’entête à se voir comme le défenseur de la liberté d’expression. Or ce n’est pas cela qui est en cause.

Sans viser personne en particulier, Mike Ward peut bien rire de tous les handicapés de la terre. Cela manque d’empathie, mais il a le droit d’en manquer.

Mais quand il ridiculise quelqu’un en particulier, il doit choisir avec discernement la victime de ses sarcasmes.

Il peut se moquer de la bouche croche d’un ex-premier ministre canadien. Mais pas de celle de son voisin, assisté social, qui serait traumatisé à vie d’être devenu publiquement son souffre-douleur.

Le sarcasme peut être une arme.

Ce qui lui est interdit, c’est de stigmatiser — littéralement, marquer de stigmates — une personne vulnérable comme le font les harceleurs contre leurs victimes.

Il ne peut pas immoler publiquement des personnes immensément plus faibles que lui sur l’autel de son talent à rendre sa cruauté amusante.

Répétant ses sarcasmes de spectacle en spectacle, Mike Ward est le modèle de l’adolescent égocentrique qui se trouve drôle en harcelant la tapette, la grosse puante et le N… de sa classe. Le modèle de celui qui estime qu’il en a le droit parce qu’il est plus fort qu’eux. Et qui se glorifie en se percevant comme le héros de ses fantasmes.

Le meilleur conseil que je pourrais donner à Mike Ward, c’est de ne pas tenter de porter sa cause en appel, de s’excuser publiquement, et de composer pour Jérémy Gabriel un numéro où celui-ci viendrait se moquer de l’humoriste dans un de ses spectacles.

Ça, ça serait sympa.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Sécurité publique et modes collectifs de transport individuel

2 décembre 2019

Introduction

On oppose généralement ce qui est collectif avec ce qui est individuel.

Pourtant, les vélos en libre-partage sont considérés à la fois comme un mode de transport individuel (parce qu’une seule personne à la fois peut s’en servir) et un mode collectif de transport (parce qu’il est offert à tous).

En somme, c’est un mode collectif de transport individuel. Comme le sont habituellement les services d’autopartage.

Ce mode s’oppose à la marche, à l’automobile personnelle, au fauteuil roulant, de même qu’au vélo et à la trottinette de propriété privée qui sont des modes exclusifs de transport individuel.

On doit donc distinguer le mode de transport du transport lui-même.

Dans le texte qui suit, on me permettra d’éviter d’utiliser des expressions à la mode comme la ‘micromobilité durable’ et d’autres concepts vides de sens.

Les transports collectifs

À l’intérieur des grandes villes québécoises, le transport collectif est public. Ce sont l’autobus et, dans le cas de Montréal, le métro.

Les déficits d’opération de ces services de transports sont épongés par les administrations publiques parce qu’il leur en couterait davantage en infrastructures routières si le transport collectif n’existait pas.

Un réseau de transport collectif abordable favorise également la mobilité de la main-d’œuvre sur l’ensemble du territoire; on aggraverait considérablement les difficultés de recrutement des entreprises si les piétons n’acceptaient que des emplois à distance de marche de leur domicile.

Dernier avantage : dans la mesure où les constructeurs automobiles sont situés hors du Québec, toute politique qui réduit l’utilité de posséder sa propre voiture est bonne pour la balance commerciale du Québec.

Les transports individuels

L’apparition des vélos en libre-partage (ex.: Bixi) marque l’acte de naissance des modes collectifs du transport individuel.

Depuis se sont ajoutés des modes passifs de transport individuel que sont la trottinette et le vélo électriques.

Dans le budget dévoilé la semaine dernière, la ville annonce l’acquisition de 2 200 vélos Bixi électriques (une nouveauté) d’ici 2022, dont mille dès l’an prochain.

Or qu’ils soient de propriété publique (comme Bixi) ou de propriété privée, ces modes collectifs de transport individuel posent un problème de sécurité publique.

La capitulation de Montréal

À l’heure actuelle, la règlementation municipale oblige le port du casque protecteur à tout cycliste ou conducteur de trottinette.

Or cette règlementation n’est respectée que par les citoyens qui possèdent leur propre vélo.

Bien plus. Durant la saison estivale, celui qui possède sa propre trottinette électrique (donc, de marque concurrente à Lime) recevra une contravention même s’il porte un casque protecteur. Mais pas s’il conduit une trottinette Lime sans casque. Sous le prétexte que cela n’est pas permis par le projet-pilote de la ville, dont seul Lime bénéficie.

La ville accorde une impunité de fait à ceux qui louent des vélos Uber et trottinettes Lime. En effet, tous (ou presque) violent la règlementation municipale à ce sujet.

Cette violation est inévitable et parfaitement compréhensible.

Prenons un exemple. Imaginez le touriste qui décide d’essayer une trottinette Lime ou un Bixi qu’il voit là, en sortant de son hôtel.

Qui peut croire qu’avant de louer cette trottinette ou ce vélo, il fera un détour dans une boutique de sport afin d’y acheter un casque protecteur ?

Tant et aussi longtemps que la ville n’obligera pas la location combinée d’un vélo (ou d’une trottinette) et d’un casque protecteur, personne ne respectera sa règlementation.

Puisque la société qui opère les Bixi est une corporation municipale, il serait temps que les autorités de la ville incitent Bixi à modifier son modèle d’affaires de manière à louer à la fois un vélo et le casque qui doit aller avec, quitte à éponger le déficit que cela causera, comme elle le fait déjà pour tous les modes de transport collectif.

Plutôt que d’obliger de grandes compagnies internationales à respecter une règlementfation qui vise à protéger la population montréalaise de blessures graves, la ville a préféré capituler.

Évidemment, leur résister aurait obligé ces compagnies à modifier leur modèle d’affaires ou, à défaut, à renoncer à opérer à Montréal.

La mairesse a préféré sacrifier la sécurité de ses citoyens à la cupidité d’entreprises étrangères.

Les trottinettes et les vélos électriques offerts en libre-partage sont une solution américaine à un problème américain; celui de mobilité des piétons dans des villes conçues pour l’automobile et où le transport collectif est presque inexistant.

Dans ces villes, la seule manière pour un adolescent de se déplacer sur de longues distances sans avoir à emprunter l’auto de ses parents, c’est le vélo ou la trottinette électriques.

D’où leur immense popularité.

En contrepartie, tous les modes passifs de transport individuel contribuent à l’épidémie d’obésité chez les jeunes Américains.

Dans une ville comme Montréal, bien pourvue en transport collectif, cet inconvénient est minime puisque les utilisateurs de trottinettes électriques ne s’en servent en moyenne que pour de courts trajets, de l’ordre d’une dizaine de minutes.

Références :
BIXI (Montréal)
2200 vélos électriques s’ajouteront chez BIXI d’ici 2022
Les vélos BIXI électriques arrivent à Montréal
Montréal s’oppose au port du casque obligatoire

Paru depuis :
110 constats en deux semaines pour les trottinettes et vélos en libre-service (2019-12-03)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Tamanoir

1 décembre 2019
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Surnommé Fourmilier géant, le Tamanoir porte le nom scientifique de Myrmecophaga tridactica, ce qui signifie ‘Mangeur de fourmis à trois doigts’.

S’il est géant en comparaison avec ses proies — les termites, les fourmis et les invertébrés mous — il n’a que la taille d’un gros chien ou d’un ourson; sans la queue (qui double sa longueur), son corps ne mesure que de 80 à 120 cm (comprenant un long museau).

Dépourvue de dents, sa bouche abrite une langue fine qui, hors de la bouche, peut atteindre 45 cm. Il s’en sert pour envahir les galeries des fourmilières et y capturer ses proies. Il les trouve grâce à son odorat très développé puisque sa vue et son ouïe sont médiocres.

Grâce à sa salive gluante, il peut capturer des milliers d’insectes en quelques minutes. Par jour, un Tamanoir mange presque trente-mille insectes.

Avant d’être avalés, les insectes sont écrasés contre le palais. Ne sécrétant pas d’acide chlorhydrique (contrairement à l’estomac humain), le Tamanoir digère ses aliments à l’aide de l’acide formique contenu dans les glandes internes des insectes broyés.

Son pelage rude, particulièrement long au niveau de la queue, est gris et noir.

Généralement diurne — sauf là où les jours sont trop chauds — cet animal terrestre se sert de sa queue comme couverture la nuit, dans les terriers abandonnés ou les bosquets denses qui lui servent alors d’abris.

Chaque patte compte cinq doigts dont les deux centrales des pattes antérieures sont garnies de griffes longues et incurvées dont il se sert pour se défendre contre ses prédateurs, le jaguar et le puma.

Et pour ne pas user ces griffes défensives, le Tamanoir marche sur le dos des doigts des pattes antérieures, alors qu’il marche sur la plante des pattes postérieures.

Adulte, son poids varie de 33 à 41 kg.

En captivité, il peut vivre seize ans.

Son habitat naturel couvre toute l’Amérique latine, du Honduras au nord de l’Argentine. On le trouve autant dans les marais, les forêts tropicales que dans les savanes.

Animal à sang chaud, comme tous les mammifères, il est le seul d’entre eux dont la température corporelle avoisine 32°C.

Les adultes peuvent s’accoupler tout au long de l’année.

Espacées de 9 à 24 mois, les portées ne donnent naissance qu’à un petit à l’issue d’une gestion de 190 jours. Extrêmement vulnérable, celui-ci grimpe sur le dos de sa mère dès la naissance et n’en descend que pour téter.

Le sevrage se produit entre le 6e et le 9e mois.

Les jeunes deviennent sexuellement matures vers trois ou quatre ans.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm R — 1/125 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le mirage de la déclaration unique de revenus

30 novembre 2019

À l’heure actuelle, les contribuables québécois doivent remplir deux déclarations de revenus, l’une à Ottawa, l’autre à Québec.

Le 15 mai 2018, l’Assemblée nationale du Québec adoptait unanimement une résolution péquiste demandant à Ottawa de mettre en place une déclaration unique pour tous les contribuables québécois, gérée par Revenu Québec.

Les partisans de cette mesure font valoir qu’elle permettrait d’économiser des millions de dollars en plus de simplifier la tâche des contribuables.

À l’opposé, Ottawa répond que le gouvernement fédéral est mieux en mesure de lutter contre les paradis fiscaux puisqu’une province n’a pas accès aux renseignements financiers provenant de l’Étranger.

En réalité, tout ceci est un dialogue de sourds parce que les véritables raisons sont ailleurs.

Imaginez que le gouvernement chinois propose de s’occuper gratuitement de percevoir l’impôt des contribuables américains et de faire parvenir les sommes amassées à Washington.

Évidemment, les relations entre Ottawa et Québec ne sont pas de même nature que celles, beaucoup plus conflictuelles, entre Washington et Beijing.

En réalité, toutes les comparaisons sont boiteuses. Mais elles contiennent toutes une part de vérité.

Après un vote favorable à l’indépendance du Québec, imaginez qu’un gouvernement sécessionniste à Québec décide de retarder le versement de l’impôt dû à Ottawa afin de faire pression sur lui…

Le droit de prélever des taxes et impôts est un pouvoir régalien dont aucun État ne peut se départir sans compromettre sa souveraineté.

Voilà pourquoi jamais — et j’ai bien dit jamais — le fédéral ne consentira à laisser Québec percevoir l’impôt pour lui.

Références :
La déclaration de revenus unique faciliterait l’évasion fiscale, selon Ottawa
Vote unanime à Québec en faveur d’une déclaration d’impôt unique

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Manitoba : droits fondamentaux et laïcité

29 novembre 2019
Monument à sir John-A. Macdonald

La dépossession territoriale des Métis au Manitoba

Tôt après la naissance du Manitoba, sa population — composée essentiellement de Métis — a été dépossédée de ses terres, confiées aussitôt par Ottawa à des colons européens.

Les Métis s’appelaient ainsi parce qu’ils étaient nés du métissage entre les Autochtones nomades qui y vivaient et des explorateurs venus de Nouvelle-France.

La révolte contre cette dépossession, dirigée par Louis Riel, fut écrasée dans le sang.

Le Manitoba, site des premières réserves indiennes

On enferma les survivants dans des ‘réserves’ qui, beaucoup plus tard, servirent de modèle à la création de l’apartheid en Afrique du Sud.

À une époque où les moyens de subsistance étaient limités à la chasse, à la pêche et à l’agriculture, confiner une population à un territoire restreint, c’était une manière de limiter sa croissance démographique.

En effet, toute explosion démographique ne pouvait entrainer que la famine et la mort.

En 2013, le professeur James Daschuk de l’Université du Manitoba publiait la thèse universitaire intitulée ‘La destruction des Indiens des Plaines. Maladies, famines organisées, disparition du mode de vie autochtone’.

Cette publication de 366 pages est un accablant réquisitoire qui accuse le père de la Confédération canadienne, John-A. Macdonald, d’avoir voulu exterminer par la famine les Amérindiens des Prairies et notamment, ceux du Manitoba.

Les provinces de l’Ouest, sites des premiers pensionnats autochtones

C’est dans l’Ouest canadien, en 1883, que le gouvernement fédéral établit les trois premiers pensionnats autochtones qui servirent de modèles à l’ensemble du pays.

Au cours des années qui suivirent, le système connut une croissance considérable.

Les derniers pensionnats financés par le gouvernement fédéral disparurent à la fin des années 1990.

Leur but était d’assimiler de force les Autochtones. La police venait littéralement arracher les enfants des bras de leurs mères.

On interdisait aux pensionnaires de parler autre chose que l’anglais. On séparait les membres d’une même famille en différents pensionnats pour qu’ils n’aient plus rien sur lequel s’accrocher.

Puis, à la fin de leurs études, on les renvoyait dans leurs communautés alors que tout ce qu’on leur avait enseigné (religion, lecture, écriture) n’avait aucun rapport avec la lutte pour leur survie.

Loin de leur famille et de leur communauté, sept générations d’enfants autochtones ont été privés de leur identité à la suite d’efforts systématiques et concertés visant à anéantir leur culture, leur langue et leur esprit.

Plus de 150 000 enfants autochtones ont été placés dans ces pensionnats. On estime qu’environ six-mille d’entre eux y sont morts de maltraitance, de maladie ou par suicide.

En décembre 2015, la Commission de vérité et réconciliation du Canada remettait son rapport dévastateur à ce sujet.

Ce génocide culturel s’est pratiqué partout au pays, mais a été particulièrement efficace au Manitoba.

Le résultat des politiques génocidaires au Manitoba

De nos jours, les Autochtones y forment un sous-prolétariat dont la misère sociale s’exprime par leur surreprésentation dans les prisons de cette province à la suite d’accusations de vagabondage, si ce n’est d’avoir commis des méfaits mineurs.

Selon des rapports internes du ministère des Affaires indiennes, de tous les Autochtones du pays, ceux du Manitoba sont les plus à risque de grandir dans la pauvreté, d’abandonner l’école, de dépendre de l’aide sociale, de vivre dans des logements délabrés et d’être victimes de violence familiale.

Dans cette province, 62 % des enfants Autochtones vivent sous le seuil de pauvreté alors que cette proportion est de 25 % dans l’ensemble des enfants Autochtones du pays.

Si les pensionnats autochtones ont y disparu dans les années 1990, les services sociaux de la province utilisent encore tous les prétextes pour confier des enfants Autochtones à des familles d’accueil hors des réserves indiennes. Ce qui a le même effet.

Parmi les Autochtones du pays, ceux du Manitoba détiennent le plus faible taux de diplomation du secondaire.

Le taux de bénéficiaires de l’aide sociale y est également le plus élevé au pays; dans certaines communautés, 80 % de la population autochtone en dépend.

La croisade du Manitoba contre la loi 21

2019-11-29-21-raisonsDepuis plusieurs semaines, le premier ministre du Manitoba critique publiquement la loi 21 du Québec qui interdit le port de signes religieux aux fonctionnaires en position d’autorité et aux enseignants.

À mon avis, le port de signes religieux ne devrait être interdit qu’aux détenteurs des pouvoirs répressifs de l’État : policiers, soldats, gardiens de prison et juges.

Même si je trouve la loi 21 excessive, elle n’est pas déraisonnable puisqu’elle est semblable à celles adoptées par de nombreux pays démocratiques. Notamment en Europe, où les lois à ce sujet ont été validées par les plus hautes instances constitutionnelles.

La loi 21 respecte les droits de la personne. Elle permet la pratique de n’importe quelle religion. Elle n’interdit que l’expression de l’appartenance confessionnelle à certains employés de l’État.

Bref, la chicane au sujet de la loi 21 est une querelle de chiffon et de breloques.

Malheureusement, le droit de porter ces artifices de religiosité a été érigé au rang de droit constitutionnel au Canada en 1982.

Normalement, lorsqu’une constitution est bien écrite, les droits constitutionnels sont synonymes de droits fondamentaux.

Ce n’est pas le cas au Canada; de simples croyances, retrouvées dans aucun texte sacré — par exemple, le port du niqab et de la burka — ont été promues au rang de droits constitutionnels, au même titre que le droit à la vie.

En somme, la loi 21 viole des caprices constitutionnels et non des droits fondamentaux.

Pour l’élite politique et médiatique du Canada anglais, tout défi lancé contre l’ordre constitutionnel canadien est une menace à l’existence même du pays.

D’une certaine mesure, ils ont raison. Malheureusement pour eux, les assises juridiques du Canada reposent sur une constitution illégitime qui, sous certains aspects, a très mal vieilli.

Une bonne partie des angloCanadiens partagent déjà l’avis des francoQuébécois au sujet de l’interdiction du port de signes religieux ostentatoires.

D’où l’urgence de lutter contre une contamination (québécoise) jugée séditieuse aux yeux de ceux qui se donnent la mission sacrée de défendre l’ordre établi, au premier rang duquel l’ordre constitutionnel canadian.

Conclusion

Comme la verrue qu’on finit, avec le temps, par ne plus voir au bout de son nez, le premier ministre du Manitoba semble avoir oublié le triste bilan de sa province au chapitre du respect des droits fondamentaux des 175 000 personnes qui composent sa population autochtone.

Références :
Aboriginal nutritional experiments had Ottawa’s approval
À quand le limogeage de John A. Macdonald?
John A. Macdonald
La destruction des Indiens des Plaines. Maladies, famines organisées, disparition du mode de vie autochtone
Le Manitoba achète des publicités au Québec contre la loi 21
Les autochtones du Manitoba vivent dans les maisons les plus délabrées au pays
Les Premières Nations du Manitoba ont les pires conditions de vie du Canada (Le Devoir)
Les Premières Nations du Manitoba ont les pires conditions de vie du Canada (Radio-Canada)
L’uniforme laïque des forces de l’ordre
Relations Québec-Manitoba: le PQ rappelle la pendaison de Louis Riel
Plus de 80 % des mineurs emprisonnés au Manitoba sont Autochtones

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 — 1/400 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Immigration : expulsions et droits de la personne

28 novembre 2019

C’est hier soir que les cinq membres de la famille Batalla-Charris ont été expulsés vers l’Espagne par ordre d’Ottawa.

Cette famille a été accueillie à titre de réfugiés colombiens, après avoir séjourné huit ans en Espagne. Les parents avaient deux enfants à leur arrivée au Canada. Depuis, un troisième est né au Québec.

Les autorités fédérales ont estimé que les membres de cette famille ne pouvaient invoquer le danger qu’ils courent dans leur pays d’origine puisqu’ils avaient refait leur vie en Espagne.

C’est donc vers ce pays qu’ils ont été expulsés.

On peut se demander pourquoi cela prend cinq ans pour en arriver à une décision aussi évidente.

À sa face même, des gens qui vivent depuis huit ans en Espagne — qui ont probablement la citoyenneté de ce pays — ne peuvent prétendre être encore en danger en Colombie alors qu’ils n’y vivent plus depuis des années.

Normalement leur demande aurait dû être rejetée immédiatement.

Mais à Ottawa, une âme bienveillante a décidé de les accueillir à titre de réfugiés, en attente d’une décision. Une décision longuement évaluée par des commissaires fédéraux payés de l’heure et rendue par un tribunal administratif où des avocats se sont graissé la patte.

Bref, tout cela aura pris cinq ans et probablement couté une petite fortune aux contribuables canadiens.

Entretemps, cette famille s’était établie à Sherbrooke. Toute la famille parlait français et les parents occupaient un emploi dans cette ville. Ils payaient des taxes et des impôts, en plus de contribuer à l’activité économique de la ville en tant que consommateurs.

Or partout au Québec, on manque de main-d’œuvre. Qui est gagnant dans cette décision de corriger maintenant une erreur commise il y a cinq ans ?

En d’autres mots, y a-t-il encore quelqu’un qui a du jugement à Ottawa et qui est capable de se demander s’il est raisonnable de jeter des gens à la rue en raison de l’incurie administrative du ministère fédéral de l’Immigration ?

Représentante de Sherbrooke à l’Assemblée nationale du Québec, la députée Christine Labrie (de Québec Solidaire) s’est dite déçue que le ministre québécois de l’Immigration ne se soit pas empressé de délivrer aux parents un certificat de sélection à titre de travailleurs qualifiés. Ce qui, selon elle, les aurait rendus aptes à demeurer au pays à ce titre (et non en tant que réfugiés).

Rappelons qu’en décembre 2017, les huit membres de la famille Lawrence (établie à Montréal et décrite comme un modèle d’intégration) avaient alors été expulsés du pays en dépit du fait que le ministre québécois de l’Immigration de l’époque leur avait délivré d’urgence un certificat de sélection.

Ottawa avait été impitoyable. Si bien que ces gens avaient, eux aussi, quitté le pays.

En matière migratoire, il serait peut-être temps de faire en sorte que tout dossier qui traine à Ottawa depuis plus de deux ans est automatiquement accepté. Quitte à prévoir des exceptions dans des cas d’une extrême complexité.

Et même deux ans, je me demande si cela n’est pas encore trop. Certainement, cela serait un pas dans la bonne direction.

Références :
À quelques heures de leur expulsion, la famille Batalla-Charris garde toujours espoir
Élan de solidarité contre l’expulsion d’une famille colombienne installée à Sherbrooke
La famille Lawrence expulsée du Canada
Les Batalla-Charris expulsés en Espagne

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Bruant familier

27 novembre 2019
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Adulte, le Bruant familier (nom latin : Spizella passerina) mesure de 13 à 15 cm.

C’est un oiseau à calotte rousse, à sourcil blanc, dont l’oeil est traversé de noir, et dont la gorge, la nuque, la poitrine et le ventre sont gris pâle. Le dos brun est rayé.

L’été, les joues sont plus pâles que sur la photo.

Il habite les boisés de feuillus ou de conifères, de même que les champs, les vergers, les jardins et les parcs d’une bonne partie de l’Amérique du Nord.

Après la ponte, généralement de quatre œufs, la femelle les couve pendant 11 à 14 jours. Les oisillons prennent leur premier envol deux semaines seulement après leur éclosion.

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14
1re photo : 1/2000 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
2e  photo : 1/1600 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le marécage de la langue de service

26 novembre 2019

Les trois principales cibles d’une politique linguistique sont la langue de travail, l’immigration et la langue de l’enseignement.

Le reste est beaucoup moins important.

Après une tentative maladroite de réformer la politique migratoire du Québec — un échec à la suite duquel le ministre a eu la noblesse de s’excuser — on apprend que Simon Jolin-Barrette entend réformer la politique de l’État au sujet de la langue de service.

Pour illustrer l’incohérence de l’État québécois à ce sujet, mentionnons que les gouvernements libéraux ont permis à ceux qui veulent obtenir leur permis de conduire de passer les examens théoriques dans n’importe quelle des langues suivantes : français, anglais, espagnol, mandarin et arabe. Et ce, en plus d’offrir des interprètes dans 32 langues.

Bref, tout pour éviter aux néoQuébécois la nécessité d’apprendre le français.

Digression : Dans son zèle à se soumettre béatement à la Canadian Constitution, l’ancien premier ministre libéral voulait même qu’on permette aux femmes qui portent la burka de passer l’examen pratique de conduite automobile, mettant en danger la sécurité des examinateurs. Fin de la digression.

En vertu de la Loi 101, l’État québécois doit communiquer exclusivement en français avec tout néoQuébécois, même s’il a été sélectionné par le gouvernement fédéral.

À cette fin, un code de langue apparait au dossier de chaque citoyen du Québec. Ce code permet de déterminer la langue dans laquelle sa correspondance doit lui être transmise. Dans le cas des néoQuébécois, ce code devrait être ‘français’ par défaut et être immuable. Ce n’est pas le cas.

À la page 29 de son rapport de septembre 2019, le Conseil supérieur de la langue française révélait que ce code était modifié sur demande sous les gouvernements libéraux.

Si bien que 41 organismes relevant du gouvernement du Québec (dont certains ministères) permettent aux néoQuébécois qui ne parlent pas français à leur arrivée de communiquer en anglais avec ces organismes durant toute leur vie.

Le gouvernement caquiste entend corriger cette anomalie.

L’intention du gouvernement actuel est de faire en sorte que l’État québécois ne communique en anglais qu’avec la communauté anglophone, tel qu’exigé par la Loi 101.

Le mardi 12 novembre dernier, le député libéral Gregory Kelly a demandé au ministre sa définition de la communauté anglophone et comment il allait reconnaitre ceux qui en font partie.

Plus précisément, le député a posé la question suivante : « Est-ce que ma mère, née à Toronto, a besoin d’une carte d’identification, d’un NIP pour parler en anglais avec quelqu’un de Services Québec

La réponse à cette question est simple.

Les Québécois francophones n’ont pas le droit constitutionnel d’être servis en français lorsqu’ils communiquent avec les gouvernements des provinces anglophones du pays.

De manière analogue, le gouvernement québécois n’a pas d’obligation constitutionnelle de répondre en anglais à la mère ontarienne du député libéral Gregory Kelley.

Mais si cette dernière déménage au Québec (et paie donc ses impôts dans notre province), elle aura parfaitement le droit, tout comme son fils, d’être servie en anglais. En effet, la Canadian Constitution ne fait pas de distinction entre la ‘minorité anglophone’ historique et celle qui ne le serait pas.

Ça, c’est en théorie. Concrètement, les choses sont beaucoup plus compliquées.

Selon la jurisprudence au sujet des écoles passerelles, la constitution du pays proclame le droit de tout citoyen de s’assimiler au groupe linguistique de son choix.

En d’autres mots, du strict point de vue constitutionnel, toute personne qui aspire à être membre de la communauté anglophone doit être considérée comme en faisant partie et, conséquemment, possède le droit de recevoir des services en anglais.

Depuis maintenant neuf ans, je soutiens sur ce blogue la thèse selon laquelle la Canadian Constitution prescrit la lente extinction du peuple francoQuébécois en faisant du choix de la langue d’enseignement, un droit constitutionnel.

Le droit de s’assimiler à l’anglais est un autre moyen d’atteindre le même objectif. Voilà le prix de notre appartenance au Canada.

Le meilleur service que la CAQ peut rendre à la cause indépendantiste, c’est de légiférer à ce sujet en oubliant d’invoquer la clause dérogatoire.

Ce qui provoquera inévitablement des contestations juridiques qui obligeront la Cour suprême à mettre les points sur les ‘i’. Ce qui signifie expliciter le sens des jugements qu’elle a rendus au sujet des écoles passerelles, un sens qui est passé inaperçu jusqu’ici.

Déjà mobilisée à l’occasion de la Constitutional Case Conference 2018 contre la loi caquiste au sujet de la laïcité, la magistrature nommée par Ottawa ne fera qu’une bouchée de toute loi qui va à l’encontre de sa conception des libertés fondamentales, au premier rang desquels le droit de devenir anglophone dans ce pays.

Si le but du ministre n’est pas de susciter la ferveur indépendantiste, il aura intérêt à à invoquer la clause dérogatoire dans le libellé de toute disposition législative sur laquelle il compte s’appuyer pour assurer la pérennité du français au Québec.

Références :
Des réfugiés peinent à passer le permis de conduire
Immigration : un arrimage chaotique
Niqab et burqa: la porte demeurerait ouverte pour l’examen de conduite
Pratiques linguistiques des ministères et organismes publics de gouvernement du Québec
Rapport de première ligne en territoire constitutionnel : Rien à faire des dispositions dérogatoires, le Projet de loi 21 doit mourir
Un autre panier de crabes

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à l’anglicisation du Québec, veuillez cliquer sur ceci

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| 2018-202X (années Legault), Anglicisation du Québec, Langue française, le prix du fédéralisme, Politique québécoise | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Cabral Colheita 2000

25 novembre 2019
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Colheita est un mot portugais qui signifie ‘récolte’.

En français, ce mot se prononce coléïta, tout comme au Brésil (où se parle le portugais).

Mais au Portugal, on le prononce couille-yata.

Un colheita est un assemblage de vins issus d’un seul millésime, vieilli en fut pendant au moins sept ans.

Lorsqu’il est rouge (rarement il est blanc), le colheita est un tawny spécial.

Chaque année, l’Institut des vins du Douro et de Porto (IVDP) détermine si l’année en cours peut servir à faire des colheitas. Ce choix est déterminé par l’ensoleillement, la pluviométrie et les températures qui ont prévalu cette année-là.

Dès qu’effectivement l’IVDP annonce que l’année y est propice, de nombreux producteurs s’empressent de réserver une partie de leur récolte (environ 1 %) à la fabrication d’un colheita.

Le colheita n’est pas nécessairement meilleur qu’un autre porto. C’est simplement un porto qui, au départ, avait pour lui toutes les chances de réussir.

Et comme chaque producteur possède son propre assemblage de cépages pour faire des portos, chaque colheita est différent.

Si le vieillissement minimal est de sept ans, la plupart des producteurs font vieillir le leur beaucoup plus longtemps.

Le premier colheita que j’ai acheté (à l’aéroport de Porto) était une demi-bouteille de Colheita Kopke 2003. Issu de la récolte de 2003 (comme son nom l’indique), il avait vieilli 14 ans.

En deux mots, le Colheita Kopke 2003 provoque en bouche un orgasme gustatif.

Malheureusement, il n’est pas disponible au Québec. On peut toutefois se le procurer en importation privée.

Comme solution de remplacement, je suggère le Colheita Cabral 2000, parfois disponible au Québec. Il l’est présentement pour un temps limité.

Issu à parts égales des cépages Touriga nacional, Touriga francesa, Tinta barroca et Tinta roriz, sa teneur en sucre est de 110 g/l.

Lorsqu’un producteur décide de commercialiser sa réserve d’un colheita, il n’est pas obligé de tout embouteiller en même temps. Il peut choisir d’embouteiller une partie de son trésor et poursuivre le vieillissement du reste.

Le lot de Colheita Cabral 2000 embouteillé en 2016 s’était mérité la première place aux Sélections mondiales des vins.

Le lot embouteillé l’année suivante est épuisé.

Mais Cabral vient de commercialiser un autre lot, provenant lui aussi de la récolte de 2000. C’est donc un porto qui a vieilli 19 ans.

On l’achète à la SAQ au prix de 15,65$ la demi-bouteille. Si vous aimez le porto, c’est une offre à ne pas manquer.

Avec son bouquet de prunes, de café, de caramel, de crème brulée, de gâteau aux fruits, de cassonade, de dattes, de figues, d’oranges amères, et de raisins secs, il est parfait avec un bleu danois, du chocolat et tout ce qui va bien avec un porto.

Bonheur garanti.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 — 1/250 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le danger des microprocesseurs trop rapides et celui de la 5G

24 novembre 2019
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La vitesse excessive des microprocesseurs

La révolution informatique personnelle a été déclenchée par la mise au point de l’IBM-PC, basé sur le microprocesseur Intel 8088. Cet ordinateur et ses clones rendaient l’informatique facile et abordable pour des millions de personnes.

Au départ, l’Intel 8088 possédait une fréquence d’horloge de 4,77 MHz, bientôt porté à 10 MHz.

Incapable de répondre à la demande, la compagnie Intel avait accordé des licences de fabrication à des concurrents qui, en raison de leur petite taille, ne représentaient pas une menace pour elle. Le plus connu d’entre eux était Advanced Micro Devices (AMD).

Afin de s’imposer, AMD mit au point le microprocesseur AM286, parfaitement compatible avec ceux d’Intel. À la différence que sa fréquence d’horloge était de 20 MHz.

Aussitôt, Intel fit courir la rumeur selon laquelle la vitesse de l’AM286 était excessive et que ceux qui achetaient des ordinateurs propulsés par ce microprocesseur risquaient de perdre leurs données.

De nos jours, l’accusation fait sourire puisque les microprocesseurs contemporains sont mille fois plus rapides. Mais à l’époque l’accusation fut prise très au sérieux.

Il faut préciser que les microordinateurs de type IBM-PC fonctionnaient grâce à un système d’exploitation appelé DOS. Créé par Microsoft, le DOS était parfaitement stable, contrairement à Windows™, apparu beaucoup plus tard, qui ne l’a jamais été.

Mais les logiciels qui s’exécutaient grâce au DOS contenaient souvent des bogues. Et quand l’ordinateur plantait, était-ce la faute de l’éditeur du logiciel ou du microordinateur trop rapide ?

Dans le doute, la plupart des entreprises préférèrent acheter des ordinateurs équipés de puces d’Intel.

Et quand Intel mit au point un microprocesseur aussi rapide que celui d’AMD, on cessa de se préoccuper de la vitesse ‘excessive’ des microprocesseurs.

Le danger sanitaire de la 5G

Depuis quelques années, les efforts de la Chine en recherche et développement dépassent ceux des États-Unis.

Selon le World Intellectual Property Indicators 2012, sur les 2 140 000 millions d’inventions dans le monde en 2011, 526 412 venaient de Chine, soit 24,6 % (en comparaison avec 23,5 % de provenance américaine).

Cette première place, la Chine l’a perdue puis regagnée depuis.

En 2015, le nombre de brevets chinois était supérieur au nombre de brevets américains, japonais, coréens et européens réunis.

Dans le domaine précis de la téléphonie 5G, la Chine est en avance sur les États-Unis.

Aussi ne doit-on pas se surprendre de lire des nouvelles au sujet des graves dangers de la 5G pour la santé.

En réalité, les ondes électromagnétiques utilisées par la 5G sont des fréquences radio non ionisantes.

La controverse au sujet de la dangerosité les ondes électromagnétiques remonte à la découverte des dangers des rayons X (qui sont des ondes électromagnétiques ionisantes), qu’on a longtemps cru inoffensifs.

En dépit du fait qu’on peut trouver facilement sur l’internet de nombreux textes qui alertent leurs lecteurs des dangers de la 5G, la science est formelle; les ondes électromagnétiques non ionisantes sont normalement inoffensives.

Mais supposons que la science actuelle ait tort. Si les risques sanitaires des télécommunications existent, il faut bannir toute transmission téléphonique et télévisuelle par le biais des airs. Il faut revenir aux poteaux de téléphone et interdire l’internet par modem (donc, interdire le Wi-Fi).

Ne crier au loup que pour la 5G, cela fait partie de la propagande américaine. Dès que les Américains auront comblé leur retard face à la Chine, on n’en entendra plus parler.

Quant au risque que la Chine puisse développer un vaste réseau d’espionnage grâce au 5G, c’est une autre histoire.

L’espionnage par la 5G

Il y a quelques jours, à l’occasion du 11e Forum sur la sécurité internationale tenu à Halifax, les États-Unis menaçaient le Canada de le priver d’informations stratégiques si celui-ci laisse le géant chinois Huawei contribuer à son réseau de télécommunication 5G.

Ce qui est en cause ici, ce ne sont pas les tours de relais que nécessite la transmission de la téléphonie 5G, mais les serveurs sur lesquels transitera l’information.

Il ne fait aucun doute qu’un réseau téléphonique basé sur du matériel chinois permettrait à la Chine d’espionner toutes les communications qui y transiteront.

Mais le choix auquel nous sommes confrontés n’est pas entre deux alternatives, soit entre être espionnés par la Chine ou ne pas l’être. Le choix, c’est d’être espionnés par la Chine, par les États-Unis ou par les deux.

Or, de toute évidence, nous le serons par les deux, qu’on le veuille ou non.

Depuis les révélations d’Edward Snowden, nous possédons la preuve que les gouvernements anglo-saxons — États-Unis, Grande-Bretagne, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande — ont mis au point un vaste réseau d’espionnage qui épie tous les appels téléphoniques, courriels et textos échangés sur terre. Un réseau auquel contribuent Google, Facebook, Microsoft, Yahoo, Skype, YouTube, et Apple.

Bref, les États-Unis accusent la Chine de vouloir faire avec la 5G ce qu’eux font déjà depuis des années par tous les moyens dont ils disposent.

Oussama ben Laden aurait été assassiné bien avant s’il avait eu l’imprudence de se promener avec un téléphone multifonctionnel (peu importe la marque).

Grâce à la géolocalisation de ces appareils, on peut suivre tous nos déplacements en temps réel. Or, de plus en plus, le téléphone sert à des activités courantes comme commander un taxi (ubérisé ou non), louer une trottinette ou un vélo électrique, profiter d’aubaines à l’épicerie, savoir quand passe le prochain autobus, etc.

En quand on oublie son téléphone à la maison, les caméras de surveillance seront bientôt couplées avec des logiciels de reconnaissance faciale (souhaités par nos forces policières) qui permettront de suivre nos moindres déplacements en ville.

Grâce aux révélations que nous faisons volontairement sur nos médias sociaux, on peut savoir le type de vie qu’on mène.

Quant au profil de nos opinions politiques, nous n’avons plus besoin de les exprimer. Il suffit de cliquer ‘J’aime’ à la lecture d’un texte publié par un quotidien comme Le Devoir pour que Facebook le sache et le gouvernement américain soit en mesure de l’apprendre.

Quant à l’intimité de notre vie privée, il faut savoir que les géants américains de l’internet font la promotion d’ententes de services destinées à donner à des compagnies comme Google accès à l’intégralité des dossiers médicaux (y compris les données nominatives) détenus par des fournisseurs de soins de santé partenaires.

Bref, on peut tenter de nous alerter du danger que représente le fait que les Chinois sachent tout de nous. Au point où nous en sommes rendus, est-ce que ça change vraiment quelque chose ?

Références :
Chine ou États-Unis, lequel est plus dangereux ?
Effet des rayonnements électromagnétiques sur la santé
Frontière américaine: passeport et mots de passe, SVP!
Le Canada mettrait en péril certaines alliances en faisant affaire avec Huawei
Le projet ‘Rossignol’ de Google
Scientists warn of potential serious health effects of 5G

Parus depuis :
Le FBI fait une mise en garde sur les dangers liés aux télévisions intelligentes (2019-12-02)
Huawei decision is a sensible compromise but could still anger US (2020-01-28)
5G confirmed safe by radiation watchdog (2020-03-16)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 60mm Macro F/2,8 — 1/25 sec. — F/16,0 — ISO 6400 — 60 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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