Pénuries de main-d’œuvre, immigration et âge de retraite

15 mai 2023

De 37 millions de Canadiens en 2021 à 100 millions en 2100

Jusqu’en 2015, le Canada accueillait environ 250 000 immigrants par année. Compte tenu du taux de fertilité actuel au Canada, ce nombre d’immigrants, s’il avait été maintenu, aurait fait en sorte que la population du pays aurait avoisiné 53 millions de personnes en 2100.

Toutefois, en 2016, le Conseil consultatif en matière de croissance économique — un comité fédéral composé de quatorze personnes dont aucun Québécois francophone — recommandait de presque doubler le nombre d’immigrants accueillis au pays, soit 450 000 par année. Et ce, afin de contrer les effets du vieillissement de la population et de répondre aux besoins de main-d’œuvre.

Le 14 février 2022, Ottawa dévoilait son plan d’accueillir 1,3 million de néoCanadiens au cours des trois prochaines années. En gros, c’était ce que recommandait le Conseil consultatif six ans plus tôt.

De 2023 à 2025, cela devrait comprendre :
• 762 000 immigrants économiques,
• 327 500 personnes admises au motif de réunification familiale, et
• 239 000 réfugiés.

À cela s’ajoute l’immigration irrégulière comme celle des personnes qui, jusqu’à tout récemment, empruntaient le chemin Roxham.

Cela ne comprend pas non plus les travailleurs temporaires et les étudiants étrangers. En effet, ceux-ci habitent le territoire une partie ou la totalité de l’année sans faire partie, officiellement, de la population canadienne.

En 2022 (l’année qui a précédé l’entrée en vigueur de ce plan), la population du Canada augmentait déjà de plus d’un million de citoyens pour la première fois de son histoire. Essentiellement par le biais de l’immigration.

Le groupe de pression politique modestement appelé Initiative du siècle comprend des gens d’affaires et des ex-politiciens torontois. Le document qu’il a élaboré, Pour un Canada qui voit grand, veut faire en sorte que la suggestion du Conseil consultatif, prévue pour trois ans, devienne permanente. Ce qui fait que la population canadienne atteindrait cent-millions d’habitants en 2100.

L’objectif de soumettre le Canada à une immigration massive fait donc son chemin à Ottawa depuis des années.

Le texte de l’économiste Rodrigue Tremblay, paru dans l’Action nationale en juin 2022, l’entrevue accordée à la même époque par son collègue Pierre Fortin à Radio-Canada, et l’article de l’urbaniste Richard Bergeron, paru dans La Presse en novembre 2022, n’ont pas suffi à alerter l’opinion publique.

Il a fallu la manchette du Journal de Montréal du 6 mai dernier pour que, soudainement, on se réveille.

Depuis ce temps, les chroniqueurs et les éditorialistes québécois sont unanimes à condamner le plan d’immigration massive du fédéral. Un plan qui n’a fait l’objet d’aucune consultation populaire.

Mercredi dernier, les députés de l’Assemblée nationale du Québec adoptaient unanimement une motion gouvernementale jugeant le document torontois incompatible avec la protection de la langue française au Québec.

Face à ce tollé, le ministre fédéral de l’Immigration a senti le besoin de s’en distancier… sans toutefois le désavouer explicitement puisque son ministère suit déjà ses recommandations.

Comble d’hypocrisie, les députés libéraux et néodémocrates ont battu aujourd’hui une résolution présentée par le Bloc Québécois (et appuyée par le Parti conservateur) demandant le rejet des objectifs de la Century Initiative par la Chambre des Communes, et demandant au gouvernement fédéral de ne pas s’en inspirer pour développer ses seuils d’immigration à venir.

Pénurie de main-d’œuvre et immigration

Lorsqu’une pénurie de main-d’œuvre est ponctuelle, l’immigration est un excellent moyen de la corriger. Cela consiste à faire appel à l’Étranger pour combler des besoins que le marché intérieur n’arrive pas à corriger de lui-même.

Mais cela n’est plus vrai lorsque la pénurie est généralisée.

Par exemple, les centaines de milliers de néoCanadiens et les 1,5 million de résidents non permanents au Canada (dont 346 000 au Québec) doivent se loger. Ce qui aggrave la pénurie actuelle de logements au pays.

Ces personnes sont également des consommateurs de biens et de services. Entre autres, ils achètent ce qui leur faut pour se nourrir, pour se vêtir contre le froid, et pour de se déplacer en ville.

Et leurs enfants vont à la garderie ou à l’école.

Bref, chaque néoCanadien aggrave la pénurie de main-d’œuvre partout sauf dans le domaine précis où il a été embauché.

Une fois naturalisés, lorsque ces néoCanadiens veulent que leurs aïeuls les rejoignent, même si les règles canadiennes obligent les premiers à assumer tous les frais médicaux dont leurs aïeuls auraient besoin pendant cinq (?) ans, cela ne change pas la pression exercée sur notre système de santé, déjà au point de rupture.

Bref, dans un contexte de pénurie généralisée de main-d’œuvre, tout effet positif de l’arrivée d’un néoQuébécois est contrebalancé par la pression qu’il exerce en raison de l’ensemble des biens et des services qu’il requiert.

En 315 pages, c’était la conclusion à laquelle arrivait ‘Le Remède imaginaire : pourquoi l’immigration ne sauvera pas le Québec’ publié en 2011 par le philosophe Benoît Dubreuil et le démographe Guillaume Marois.

Pénurie de main-d’œuvre et âge de la retraite

Il y a un demi-siècle, il y avait sept travailleurs pour chaque retraité. Actuellement, ce rapport est de trois pour un. Et dans moins de quinze ans, il sera de seulement deux pour un.

Les retraités se distinguent par le fait que leur consommation de biens et de services requiert de la main-d’œuvre — pour regarnir les tablettes d’un magasin où ils ont acheté quelque chose, pour effectuer un paiement à la caisse, etc.— sans qu’à leur tour, ils œuvrent à satisfaire la demande de biens et de services des autres.

En somme, il y a une relation directe entre le vieillissement de la population et la pénurie généralisée de main-d’œuvre. Et ce, par le biais de la baisse de la proportion de la population active.

Au sein des pays de l’OCDE, le pourcentage de la population âgée de 65 ans ou plus est passé de 9 % en 1960 à plus de 17 % en 2019.

D’autre part, pendant des décennies, la baisse de la proportion de la population active a été compensée par ces coupures de personnel que les gestionnaires imposaient aux grandes entreprises. Même lorsque celles-ci enregistraient de profits records.

Dans nos hôpitaux, le recours aux heures supplémentaires obligatoires palliait le manque chronique de personnel.

Puis, la plus importante pandémie depuis un siècle a causé six-millions de morts, dont des centaines de milliers de travailleurs. Et elle a occasionné la ‘Grande Démission’ chez beaucoup de personnes pour qui les bouleversements occasionnés par cette pandémie furent une occasion de repenser leur vie.

Comme un grain de sable dans un engrenage bien huilé, les conséquences de la baisse progressive de la population active sont soudainement apparues évidentes.

Dans les pays dotés d’un régime de pensions de vieillesse qui évite de plonger dans la misère ses retraités, les mesures volontaires qui sont destinées à motiver les gens à demeurer sur le marché du travail au-delà de l’âge de la retraite donnent peu de résultats.

Au Japon, on a préféré compter sur des politiques natalistes pour pallier (sans grand succès) le vieillissement de sa population.

La seule mesure qui permet de combattre progressivement une pénurie généralisée de main-d’œuvre, c’est de hausser l’âge où les gens quittent le marché du travail et non d’ouvrir les vannes de l’immigration.

Mais la colère sociale suscitée récemment en France par la hausse de l’âge des retraites est de nature à refroidir l’ardeur de tout gouvernement qui voudrait imiter ce pays.

On peut donc s’attendre à ce que les pénuries de main-d’œuvre persistent dans tous les pays occidentaux pour encore très longtemps.

Conclusion

Dans son rapport présenté à Londres en 1839, Lord Durham écrivait :

Le meilleur moyen de résoudre l’opposition des deux groupes français et anglais [au Canada], c’est de noyer la population française sous le flot continu d’une immigration organisée méthodiquement, contrôlée au départ, accueillie à l’arrivée, assurée d’une situation privilégiée dans [ce pays].

En dépit du fait que la plus importante minorité ethnique au Canada est le peuple francoQuébécois, le gouvernement canadien a toujours considéré qu’il était de son devoir de protéger ce qu’on appelle la ‘minorité anglaise du Québec’. Alors que celle-ci est plutôt l’annexe québécoise de la majorité angloCanadienne.

En favorisant cette annexe par le biais, notamment, de sa politique migratoire, Ottawa suit les recommandations du rapport Durham.

Lorsque le gouvernement de René Lévesque adoptait la Loi 101 en 1977, cette dernière ajoutait au droit canadien la notion de droits collectifs; elle établissait les bases juridiques du droit du peuple francoQuébécois d’assurer sa survie en protégeant le français au Québec.

C’est ce qui a motivé Ottawa à entreprendre la rédaction d’une nouvelle constitution qui, cinq ans plus tard, consacrait la suprématie des droits individuels sur les droits collectifs.

En somme, son but était de retirer au Québec une bonne partie des moyens dont il avait besoin pour lutter contre son anglicisation.

Si l’ethnie dominante au Canada a pu adopter sans nous cette camisole de force constitutionnelle, on voit mal ce qui la ferait hésiter à se doter de cibles migratoires qui lui conviennent… même si cela devrait accélérer l’anglicisation du Québec.

Une anglicisation à laquelle elle travaille déjà depuis 150 ans et qui s’approche dangereusement du point de non-retour, si on en juge par les résultats du dernier recensement…

Références :
Anglicisation de Montréal depuis quinze ans
Canada wants to welcome 500,000 immigrants a year by 2025. Can our country keep up?
100 millions de Canadiens d’ici 2100 : Ottawa dit non à l’« Initiative du siècle »
Immigration : entrevue avec l’économiste Pierre Fortin (vidéo)
Justin Trudeau et la camisole de force constitutionnelle de 1982
La cible d’Ottawa «incompatible» avec la protection du français, dit Québec
La façade ministérielle de l’État canadien
La Grande démission aux États-Unis
Le Canada à 100 millions d’habitants en 2100
Libéraux et néodémocrates refusent de «rejeter» l’Initiative du siècle
L’immigration permet-elle de régler la pénurie de main-d’œuvre?
L’Initiative du siècle est une menace pour le Québec, dit Legault
Pour un Canada qui voit grand
Texte de la motion bloquiste au sujet de la « Century Initiative »
Un nouveau plan en matière d’immigration

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Trois tulipes de mai 2023

11 mai 2023




 
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
2e  photo : 1/1600 sec. — F/3,2 — ISO 200 — 142 mm
3e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’orchidée aux feuilles d’or

9 mai 2023
Phalaenopsis equestris x P. equestris ‘Riverbend’

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 Lens + filtre bleu FS KB20 + filtre FS VertX1a + filtre GRB3/KG3 — 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 31 mm. Balance des blancs automatique. Post-traitement : augmentation de la netteté et ajout de vignetage.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Espionnage : TikTok, applications téléphoniques et propagande

8 mai 2023
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Introduction

L’an dernier, l’émission française Cash Investigation a effectué un reportage au sujet de l’espionnage dont nous sommes les sujets par le biais de nos téléphones multifonctionnels.

Le reportage dure une centaine de minutes. Toutefois, l’essentiel se trouve dans les vingt premières minutes.

En résumé

Dès qu’une application demande l’accès aux contacts d’un internaute, si ce dernier acquiesce, cette application copiera intégralement toutes les données qui s’y trouvent et les vendra à des entreprises comme Lusha, Kaspr, AeroLeads ou Coldcrm.

Ce dernier, par exemple, autorise n’importe quel de ses abonnés (au tarif mensuel de 129 euros) d’effectuer une recherche parmi sa base de données. Celle-ci concerne 320 millions de personnes dont quelques-uns des principaux dirigeants politiques et militaires français.

Le système d’exploitation Android dirige le fonctionnement de 86 % des téléphones multifonctionnels. Or Android appartient à Google. Donc, sous Android, même si vous utilisez un autre moteur de recherche, Google vous espionne.

De plus, la majorité des applications téléphoniques utilisent des traceurs (ou cookies) mis au point par Facebook. Donc même si on évite d’installer Facebook sur son téléphone, toutes les informations colligées par ces traceurs sont transmises à Facebook quand même, peu importe la marque de l’appareil téléphonique utilisé.

L’application de prière Muslim Pro est accusée d’avoir transmis à l’armée américaine les données de géolocalisation de tous les Musulmans qui l’utilisent à travers le monde.

Les courtiers en données

Les courtiers en données sont des entreprises qui font affaire en achetant et en vendant des données. En Europe, ce marché représente à lui seul 400 milliards d’euros.

À 36:44, le reportage nous apprend que l’un d’eux, Axiom, possède la plus grande base de données au monde concernant les consommateurs; 2,5 milliards de personnes y sont fichées.

On y trouve des données générales comme l’état civil, l’adresse, le numéro de téléphone, l’âge, le poids, et les requêtes effectuées auprès des moteurs de recherche, etc.

Également, les courtiers de données chercheront à connaitre vos revenus, les personnes que vous fréquentez, vos centres d’intérêt, vos habitudes de consommation, etc.

Ils sont les clients les uns des autres afin de compléter le profil de chaque personne espionnée. Or ce profil comprend jusqu’à trente-mille informations obtenues de différentes sources.

Et pour reculer dans le temps avant l’invention de l’internet, on comptera le tout à l’aide de questions ‘de sécurité’ comme celles qui vous demandent quel était le nom de votre premier animal de compagnie ou la marque de votre première voiture.

Bref, voilà tout ce qui permettrait le vol de votre identité ou de vous personnifier auprès de gens qui ne vous ont pas vu depuis des décennies.

Et TikTok dans tout cela ?

Lorsqu’on écoute ce reportage attentivement, on réalise qu’il existe des outils sophistiqués qui permettent de savoir très précisément quelles sont les données qui sont recueillies et transmises par une application téléphonique.

On peut présumer que Washington dit vrai lorsqu’il accuse TikTok de colliger des données personnelles. Mais est-ce que ce média social va au-delà de ce que font déjà tous les médias sociaux américains ?

On peut en douter puisque jamais Washington ne le précise à l’aide de preuves pourtant faciles à obtenir. Ce sont toujours de vagues accusations hypothétiques selon lesquelles TikTok serait au service du gouvernement chinois.

Le peuple américain est essentiellement individualiste. Pour susciter sa cohésion sociale, il a besoin d’une menace externe commune.

Autrefois, c’était la peur viscérale du communisme. Aujourd’hui, la peur du ‘wokisme’, suscitée par des élus républicains, ne joue pas ce rôle puisqu’elle consiste à dresser les Américains les uns contre les autres.

De nos jours, ce qui unit les Américains, c’est la peur de la Chine. Une peur compréhensible puisqu’il est probable que la Chine détrônera un jour les États-Unis au titre de première puissance mondiale.

D’ici là, Washington est déterminé à faire flèche de tout bois. L’épisode rocambolesque des ‘ballons-espions’ chinois en est un exemple.

L’hostilité à l’égard de TikTok fait partie de sa propagande antichinoise.

Une propagande d’autant plus efficace qu’elle est de l’ordre de la paranoïa; comment une simple application de courts vidéos de danse, de recettes de cuisine, de trucs de maquillage ou de décoration intérieure peut-elle sournoisement menacer l’hégémonie mondiale des États-Unis ?

Compléments de lecture : Le bannissement de TikTok au travail

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les garderies fédérales ou le coup de grâce aux minorités françaises en voie d’extinction

4 mai 2023

Connus sous le sigle CPE, les Centres de la petite enfance ont été mis sur pied en 1997 par le gouvernement du Parti Québécois.

Cette mesure sociale a facilité la conciliation famille-travail d’un grand nombre de mères monoparentales qui souhaitaient retourner sur le marché du travail.

Dès la première décennie qui a suivi leur création, les garderies subventionnées avaient incité près de 70 000 mères à occuper un emploi. Ce qui se traduit par une hausse du PIB de 5,1 milliards de dollars.

Parmi les mères d’enfants de 0 à 5 ans, la proportion disponible à travailler — celles qui ont un emploi et celles qui sont à la recherche d’en avoir un — est plus élevée au Québec (78 %) que n’importe quelle autre province canadienne. À titre de comparaison, il est de 72 % en Ontario.

Au cours des deux décennies qui ont suivi la création des CPE, le nombre de familles monoparentales à l’aide sociale a fondu de 99 000 à 38 000. Après la Suède et la Suisse, le Québec affiche aujourd’hui le plus haut taux d’activité des mères dans le monde.

Ce succès éclatant a inspiré le gouvernement du Canada à imiter l’exemple québécois.

Dans son budget de 2021, le gouvernement canadien prévoyait la création d’un système pancanadien de garderies à 10 $ par jour s’inspirant grandement du modèle des CPE du Québec.

Indépendamment des difficultés d’implantation d’un tel système alors que sévissent d’importantes pénuries de personnel partout au pays, l’intention est louable.

Mais elle comporte des zones d’ombres.

Les minorités francophones du pays jouissent d’un droit constitutionnel à l’éducation dans leur langue là où leur nombre le justifie.

Mais ce droit n’existe pas au niveau préscolaire.

Or dans les ententes bilatérales conclues entre Ottawa et les provinces anglophones, il n’y a pas d’obligation provinciale garantissant des garderies en français là où cela serait justifié.

Ce qui veut dire qu’au Canada anglais, les garderies publiques financées par Ottawa seront vraisemblablement des centres d’assimilation linguistique qui auront pour effet de donner le coup de grâce aux minorités francophones en voie d’extinction.

En somme, dans les années qui viennent, ces garderies joueront, à l’égard des minorités francophones, un rôle similaire à celui joué autrefois par les pensionnats privés financés par Ottawa dans le génocide culturel des peuples autochtones du pays.

Références :
Dualité en garderie : « où peut-on faire valoir nos droits? » se demande un père
Le vingtième anniversaire des CPE

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le monde merveilleux de l’Intelligence artific… artific… artific… artific…

3 mai 2023
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Plus tôt ce soir, j’écoutais un reportage élogieux au sujet de ChatGPT quand je me suis dit : pourquoi ne pas essayer ça ?

Au site d’OpenAI, concepteur de ChatGPT, il faut s’inscrire. Après avoir donné son nom et son adresse de courriel, OpenAI vous envoie un lien qui lui permet de valider votre adresse électronique.

Mais à l’étape de valider mon numéro de téléphone, ChatGPT a refusé de l’accepter puisque mon numéro est, selon lui, attribué à un appareil relié à une ligne téléphonique conventionnelle et non à un téléphone multifonctionnel qui a accès à l’internet.

Pourtant, je ne vois pas de fil téléphonique qui connecterait mon iPhone à une prise téléphonique au mur. Mais qui suis-je pour m’obstiner avec les plus puissants ordinateurs sur Terre ?

Déçu, je me suis tourné vers une version française de ChatGPT où l’inscription est superflue.

Alors ce fut une véritable révélation.

Ma question était simple : ‘Que faut-il penser du blogue de Jean-Pierre Martel ?’

C’est alors que j’ai appris que mon blogue était apprécié pour ses analyses au sujet des tendances des marchés financiers. Il est même bien connu dans le domaine de la finance et de l’investissement.

C’est fou comme on est mal placé pour se juger soi-même.

En raison de l’âge sans doute, je ne me rappelle pas d’avoir publié un seul texte suggérant des stratégies d’investissement. Mais des textes, j’en ai tellement écrit qu’on ne peut pas tout retenir. Et si ChatGPT le dit, c’est évidemment que c’est vrai.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les Sauvages

2 mai 2023
Chemise brodée nêhithawak ou métisse (1875-1900)

Le sens des mots évolue avec le temps.

De nos jours, l’adjectif ‘sauvage’ qualifie habituellement un être vivant qui n’a pas été apprivoisé et qui vit en liberté dans son milieu naturel.

À l’époque des premiers explorateurs français en Amérique, ceux-ci appelaient ‘Sauvages’ les Autochtones rencontrés ce côté-ci de l’Atlantique.

Le mot ‘Sauvage’ dérive de l’italien Selvaggio (qui habite la forêt), lui-même issu du latin silva (forêt).

De nos jours, on évite d’utiliser ce mot en raison du sens péjoratif qu’il a acquis depuis, en tant qu’adjectif, dans des expressions comme ‘grève sauvage’ ou ‘capitalisme sauvage’.

Autrefois, ce sens péjoratif n’existait pas. Au XVIIe siècle, l’ursuline Marie de l’Incarnation illustre l’attrait de la nature et de la vie sauvage en Nouvelle France en écrivant qu’il était plus facile pour un Français de devenir un Sauvage que l’inverse. C’est donc à dire que dans son esprit, le mot ‘Sauvage’ n’avait pas de connotation ‘raciale’.

Référence : Proximité autochtone québécoise d’hier à aujourd’hui

Compléments de lecture :
Gabriel Sagard en Huronie
L’invention des races humaines

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif PanLeica 25 mm F/1,4 — 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 1250 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : évolution depuis vingt-huit mois

1 mai 2023

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants.

Tableau comparatif des pays les plus atteints en nombre cumulatif de morts par million d’habitants au premier janvier de 2021 et de 2022, de même qu’au premier jour de janvier, de février, de mars, d’avril et de mai 2023.

Pays Jan’21 Jan’22 Jan Fév Mars Avril Mai
Pérou 1136 6022 6479 6500 6515 6525 6535
Bulgarie 1099 4510 5568 5578 5584 5590 5600
Hongrie 1002 4072 5048 5067 5075 5080 5085
Bosnie-Herzég. 1249 4136 4994 5003 5010 5018 5028
Macédoine du N. 1205 3825 4619 4632 4642 4644 4647
Croatie 968 3091 4337 4405 4427 4445 4479
Géorgie 634 3484 4258 4265 4275 4288 4296
Rép. Tchèque 1093 3369 3924 3941 3952 3973 3983
Slovaquie 412 3050 3814 3836 3850 3866 3877
Lithuanie 588 2777 3564 3586 3603 3621 3632
Roumanie 826 3086 3540 3551 3558 3566 3576
Grèce 469 2015 3371 3454 3497 3540 3558
États-Unis 1074 2537 3339 3388 3423 3450 3468
Lettonie 343 2467 3332 3363 3376 3398 3419
Slovénie 1312 2692 3372 3396 3403 3417 3417
Chili 868 2022 3283 3315 3334 3350 3350
Royaume-Uni 1089 2174 3157 3199 3228 3261 3261
Brésil 916 2882 3222 3237 3247 3252 3257
Pologne 766 2582 3141 3146 3150 3163 3168
Italie 1235 2279 3064 3100 3121 3138 3149
Trinité-et-Tobago 91 2050 3045 3076 3090 3108 3119
Moldavie 746 2558 2973 2978 2987 3007 3018
Arménie 953 2684 2933 2933 2934 2940 2943
Belgique 1681 2429 2848 2876 2890 2919 2934
Argentine 954 2558 2828 2835 2836 2836 2836
Colombie 850 2515 2760 2767 2769 2770 2770
Russie 394 2121 2701 2710 2717 2725 2732
Paraguay 315 2289 2696 2713 2720 2724 2726
Portugal 685 1869 2536 2566 2575 2604 2618
Ukraine 428 2217 2564 2571 2574 2583 2594
Espagne 1087 1911 2506 2535 2555 2578 2584
France 991 1891 2470 2505 2516 2526 2540
Mexique 971 2286 2517 2525 2531 2535 2538
Autriche 693 1514 2365 2393 2414 2442 2467
Tunisie 398 2131 2431 2433 2435 2437 2439
Suède 861 1498 2197 2275 2313 2331 2357
Estonie 180 1459 2159 2203 2224 2243 2270
Uruguay 55 1767 2163 2176 2179 2180 2181
Québec* 958 1379 2084 2116 2132 2155 2092
Serbie 373 1467 2025 2046 2060 2077 2083
Allemagne 410 1340 1925 1975 2004 2038 2063
Équateur 790 1867 1984 1984 1988 1988 1989
Panama 1493 1682 1926 1933 1935 1937 1939
Bolivie 780 1652 1859 1864 1865 1866 1866
Costa Rica 427 1424 1751 1767 1781 1796 1802
Hong Kong 20 28 1561 1757 1770 1772 1781
Irlande 453 1178 1652 1686 1719 1746 1758
Iran 655 1538 1682 1683 1684 1688 1697
Afrique du Sud 484 1509 1688 1689 1689 1689 1689
Finlande 108 314 1428 1555 1601 1630 1676
Suisse 882 1404 1638 1647 1647 1647 1647
Liban 240 1348 1608 1614 1620 1626 1631
Namibie 80 1397 1550 1552 1553 1553 1553
Danemark 256 564 1328 1397 1417 1438 1466
Jordanie 376 1010 1371 1371 1371 1371 1371
Israël 365 957 1291 1307 1318 1329 1339
Pays-Bas 672 1219 1336 1336 1336 1336 1336
Albanie 411 1120 1254 1254 1255 1257 1257
Eswatini 185 1110 1200 1200 1201 1203 1203
Turquie 248 584 1186 1186 1186 1186 1194
Jamaïque 101 831 1159 1167 1172 1182 1185
RoC** 256 639 1082 1119 1143 1154 1172
               
Taïwan 0,3 35,6 639 685 752 796 796
Corée du Sud 17,9 110 628 653 662 668 672
Japon 27,4 146 458 545 577 589 594
Vietnam 0,4 331 436 436 436 436 436
Singapour 4,9 140 288 290 290 290 291
Chine 3,2 3,2 3,6 58,1 60,4 ? ?

* — Ce mois-ci, l’Institut national de Santé publique du Québec a changé la source de ses données au sujet des décès causés par le Covid-19, ce qui les modifie à la baisse. C’est aussi le cas du Royaume-Uni dont les données depuis plusieurs mois, à l’inverse, subissent rétroactivement une hausse. Toutefois, dans un cas comme dans l’autre, cela ne modifie pas leur place relative dans le tableau ci-dessus.
**— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.

Pour juger de l’évolution de la dangerosité de la pandémie, nous avons regroupé les pays ci-dessus par catégories basées sur le nombre de morts par million d’habitants (MPM) survenus au cours de chacun des cinq derniers mois :

Catégories Déc’22 Jan’23 Fév’23 Mars’23 Avr’23
• entre 0 et 10 MPM 34 pays 30 pays 40 pays 35 pays 47 pays
• entre 11 et 20 MPM 6 pays 9 pays 15 pays 18 pays 14 pays
• entre 21 et 30 MPM 8 pays 10 pays 7 pays 11 pays 4 pays
• entre 31 et 40 MPM 10 pays 7 pays 3 pays 1 pays 2 pays
• entre 41 et 50 MPM 5 pays 4 pays 2 pays 2 pays aucun
• entre 51 et 60 MPM 2 pays 2 pays aucun aucun aucun
• plus de 60 MPM 5 pays 8 pays 1 pays aucun aucun

En novembre et en décembre 2022, puis en janvier 2023, respectivement 60 %, 57 % et 56 % des pays ci-dessus avaient mensuellement enregistré vingt morts ou moins par million d’habitants; en avril 2023, cette proportion avait grimpé à 91 %. Ce qui laisse anticiper la fin de la pandémie au cours des prochains mois.

Références :
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Suivez l’évolution de la pandémie de COVID-19

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Nouvelles murales dans le Vieux-Rosemont

30 avril 2023

Le cabinet de mon chiro est situé à Rosemont, à 2,5 km de chez moi.

Habituellement, je fais l’aller à pied. Mais depuis deux semaines, je fais le retour en vélo en empruntant un des Bixi à la bibliothèque de Rosemont.

Il suffit alors de me laisser glisser sur la pente légère qui m’amène dans Hochelaga-Maisonneuve.

Mais vendredi dernier, pas de chance; à la bibliothèque de Rosemont, il ne restait plus que des Bixi électriques. Or ceux-ci ne peuvent être loués qu’avec un téléphone multifonctionnel doté d’une connexion internet. Ce que je n’aurai que cet été.

Bref, j’ai dû marcher dans les environs à la recherche d’un Bixi. Ce qui m’a permis d’explorer des ruelles du Vieux-Rosemont.

Précisons qu’on appelle Vieux-Rosemont — où ‘vieux’ est très relatif — cette partie de l’arrondissement Rosemont qui est comprise entre les boulevards Saint-Joseph (au sud) et Rosemont (au nord), et entre le boulevard Saint-Michel (à l’est) et la rue d’Iberville (à l’ouest).



 
Notre premier arrêt est sur la 8e avenue, un peu au nord de l’intersection avec la rue Masson.



 
Puis nous nous engouffrons dans la ruelle qui relie la 8e et la 7e avenue, un peu au sud de la rue Masson. Il est à noter que les murales qu’on y voit ont été généralement été créées il y a moins de trois ans.




 
En traversant la 7e avenue vers l’ouest, on accède aux ruelles du quadrilatère suivant, décorées elles aussi de murales récentes.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif PanLeica 8-18mm
1re photo : 1/1000 sec. — F/3,5 — ISO 200 — 11 mm
2e  photo : 1/640 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 18 mm
3e  photo : 1/400 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 18 mm
4e  photo : 1/320 sec. — F/3,5 — ISO 200 — 13 mm
5e  photo : 1/320 sec. — F/3,5 — ISO 200 — 8 mm
6e  photo : 1/400 sec. — F/3,5 — ISO 200 — 8 mm
7e  photo : 1/3200 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 18 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le troisième lien est mort

29 avril 2023

Le troisième lien était un projet de tunnel sous-fluvial destiné à relier Lévis à la ville de Québec. Un projet promis dès 2017 par le Parti libéral, puis repris par la Coalition Avenir Québec.

L’abandon de ce projet est une mauvaise nouvelle pour ses supporteurs et ceux qui se sont fait élire en le promettant. Mais cela ne change rien au fait qu’il s’agissait d’un gouffre financier.

On peut donc être reconnaissant au gouvernement actuel d’avoir finalement débranché ce projet autoroutier du respirateur qui le maintenait artificiellement en vie.

À la place d’un ‘bitube’ — c’est à dire de deux tunnels monodirectionnels de sens opposés — la CAQ promet maintenant un monotube bidirectionnel qui serait réservé exclusivement au transport en commun.

Si le bitube coutait dix-milliards$, le monotube ne peut pas couter moins que la moitié de cette somme. Toutefois, contrairement au bitube autoroutier, ce monotube pourrait bénéficier d’un cofinancement (à hauteur de 40 %) par Ottawa. Ce partage des couts le rend donc plus économique à réaliser pour le gouvernement du Québec.

Alors imaginons que le trajet Québec-Lévis par autobus attire une clientèle justifiant une desserte toutes les 15 minutes, que fera-t-on du monotube durant les quatorze minutes restantes ?

Et même si c’était aux cinq ou aux deux minutes, la question demeure la même; le monotube doit-il demeurer vide la nuit et la grande majorité du jour, soit plus de 90 % du temps ?

J’entends déjà ceux qui demanderont qu’on ‘optimise’ l’utilisation du monotube en l’ouvrant également à la circulation automobile.

Voilà pourquoi Ottawa ne croira pas aux nouvelles intentions caquistes, cette fois de construire un tunnel sous-fluvial réservé au transport en commun. Cela n’arrivera pas.

En somme, le troisième lien est mort.

Le message aux habitants de Lévis est simple : si vous décidez de travailler à Québec, vous aurez à choisir entre déménager dans cette ville ou parcourir un détour de près de 20 km soir et matin.

Oubliez l’idée que les contribuables de tout le Québec financeront un éléphant blanc pour vous faire plaisir. En somme, revenez-en !

D’autre part, au Québec, on ne construit pas de voitures et on ne produit pas de pétrole. Chaque fois qu’on achète une voiture ou qu’on fait le plein d’essence, c’est de l’argent qui sort de nos poches pour enrichir les régions du monde qui produisent des voitures, des pièces automobiles, des pneus, ou de l’essence.

En somme, favoriser l’achat ou l’utilisation des automobiles, c’est saigner l’économie du Québec.

Par contre, le Québec est un producteur important de matériel destiné au transport en commun, qu’il s’agisse de wagons de métro ou d’autobus.

Développer l’économie du Québec, c’est favoriser la production de biens et de services québécois et leur exportation à l’Étranger. C’est comme ça qu’on développe l’économie nationale.

Si la CAQ veut se présenter comme un gouvernement pragmatique voué au développement économique, il n’a pas d’autre choix que de miser sur nos forces et non favoriser l’achat de biens étrangers.

Ce qui, dans ce cas-ci, sera très bon pour la planète…

Références :
Deux tunnels, 6,5 milliards et étalement urbain
Le ministre Bonnardel coute cher
Troisième lien entre Québec et Lévis

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| 2018-202X (années Legault), Économie, Politique québécoise, Transport individuel, Urbanisme | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


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