Dernièrement, un reportage de Radio-Canada révélait que certains véhicules sont des mastodontes qui possèdent tellement d’angles morts qu’ils représentent un véritable danger public.
Il ne s’agit pas là d’une crainte hypothétique; en 2021 à Montréal, seize piétons ou cyclistes ont été tués, dont la moitié par des poids lourds alors que ceux-ci ne représentent qu’une toute petite partie des véhicules dans nos rues.
Dans le cas d’un conducteur automobile, on n’accorde pas un permis de conduire à une personne semi-voyante. Pourtant, on accorde un certificat d’immatriculation à des véhicules qui transforment tous leurs conducteurs en personnes semi-voyantes.
Cela n’est pas normal; en principe, de tels véhicules ne devraient être autorisés à circuler que sur des autoroutes et, en ville, qu’à certaines conditions.
Or le Code de la route ne contient aucune mesure destinée à réduire leur dangerosité pour les piétons et les cyclistes.
Pourquoi un camion doit-il faire entendre une alarme lorsqu’il recule ? Parce qu’un camion n’est pas équipé d’un rétroviseur qui permettrait à son conducteur de savoir s’il y a quelqu’un se trouve derrière son camion.
De la même manière, tous les véhicules à champ de vision limité devraient faire entendre une alarme lorsqu’ils démarrent et lorsqu’ils tournent à une intersection.
Dans ces deux cas, leur vitesse devrait être limitée à 5 km/h pendant les trente premières secondes afin de laisser le temps aux cyclistes et aux piétons de se protéger.
Pour les lecteurs intéressés à voir le reportage de Radio-Canada, le voici.
Dernièrement, je me suis laissé tenté par une lentille prismatique offerte pour huit euros par une boutique de matériel photographique située en Grèce (Skiadopoulos Photographic Equipment).
Voici ce que j’en ai fait.
Notons que la couleur de ces photos a été modifiée en post-traitement. Autrement, ce sont des photos publiées telles quelles.
Elles me rappellent les clichés créés dans les années 1920 par des photographes Art déco.
Détails techniques : Appareil OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectif Lumix 14-42mm + filtre Grün Rollei + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80C d’Hoya + lentille prismatique à six faces B+W 630.
1re photo : 1/80 sec. — F/5,5 — ISO 3200 — 36 mm
2e photo : 1/60 sec. — F/5,5 — ISO 25600 — 36 mm
3e photo : 1/80 sec. — F/5,4 — ISO 6400 — 38 mm
4e photo : 1/60 sec. — F/5,4 — ISO 200 — 32 mm
Au niveau d’un passage pour piétons du boulevard de Portland, à Sherbrooke, une adolescente de 14 ans avait été gravement blessée par une voiture en 2017.
Plutôt d’y installer un feu de circulation — il y en a déjà un à 220 m plus à l’ouest — les autorités municipales ont préféré compter sur un feu clignotant et une pancarte qui indique qu’une amende de 100$ sera imposée aux automobilistes qui ne respecteront pas la priorité accordée aux piétons.
Le 28 aout dernier, à ce même passage, un père qui promenait sa fillette de cinq mois dans une poussette a vu son bébé être frappé par une voiture qui n’a pas respecté la priorité aux piétons. On ignore si la fillette a survécu à ses blessures.
Un mois plus tôt, à Montréal-Nord, à une intersection bien connue pour sa dangerosité, la conductrice d’un véhicule utilitaire a tourné à gauche, fauchant mortellement une fillette de deux ans qui prenait place dans une poussette.
Portée d’un rapport de police
Dans tous les cas, les accidents (mortels ou non) impliquant des piétons donnent lieu à une enquête policière qui sera le sujet d’un rapport.
Le lectorat cible de ce rapport, ce sont les procureurs de la ville. C’est ce qui leur permet de savoir quel type d’accusation doit être porté contre le responsable de l’accident.
Il y a peut-être des conseillers municipaux et des maires d’arrondissement qui se donnent la peine de lire systématiquement les rapports de police, mais je doute qu’ils soient nombreux.
Le rapport de coroner
Les accidents mortels impliquant des piétons sont rarement l’objet d’un rapport de coroner. On estime qu’un rapport de police suffit.
Contrairement à ce dernier, le rapport de coroner ne vise pas à trouver des coupables, mais plutôt à trouver les moyens de prévenir la répétition d’homicides. Son lectorat, ce sont les élus.
À l’intersection de Montréal-Nord, en raison de travaux de voirie, il y avait plusieurs panneaux où on pouvait lire : ‘Détour’, ‘Trottoir barré’, et ainsi de suite.
Or dans le cas de ‘Trottoir barré’, par exemple, ce message ne s’adresse pas aux automobilistes. Mais ça, ils le savent seulement après l’avoir lu. Ce qui fait que pour eux, tous les panneaux qui ne leur sont pas adressés sont une pollution visuelle, des distractions inutiles.
D’autre part, aux intersections de la ville, le nom des rues est souvent très mal indiqué. Par souci d’économie, il n’est pas rare que l’endroit où on se trouve ne soit indiqué qu’à un seul des quatre coins de rue, parfois caché sous feuillage des arbres.
Tout le temps que l’automobiliste passe le nez en l’air pour essayer de savoir si c’est là ou ailleurs qu’il doit tourner, c’est du temps d’inattention à ce qui se passe devant lui.
Ces ‘détails’, c’est ce qu’on ne trouve pas normalement dans un rapport de police. Mais c’est le genre de suggestion qu’un procureur adressera aux élus.
Ces derniers font souvent fi des plaintes des citoyens. Mais dans le cas d’un rapport de coroner, les recommandations auxquelles on tarde à donner suite peuvent étayer une plainte pour négligence intentée au civil contre les administrations municipales qui se trainent les pieds.
Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.
À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.
Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants. Tableau comparatif des pays les plus atteints en nombre cumulatif de morts par million d’habitants au premier jour du mois, en janvier de l’an dernier, puis en janvier, avril, juillet, aout et septembre de 2022.
Pays
Jan’21
Jan’22
Avril
Juil.
Aout
Sept.
Pérou
1136
6022
6284
6300
6317
6353
Bulgarie
1099
4510
5331
5443
5469
5502
Bosnie-Herzég.
1249
4136
4843
4878
4898
4961
Hongrie
1002
4072
4732
4853
4869
4922
Macédoine du N.
1205
3825
4429
4477
4499
4556
Géorgie
634
3484
4212
4238
4243
4251
Croatie
968
3091
3837
3963
4028
4126
Rép. Tchèque
1093
3369
3694
3751
3765
3797
Slovaquie
412
3050
3544
3687
3701
3725
Lithuanie
588
2777
3346
3466
3484
3519
Roumanie
826
3086
3421
3463
3480
3519
Slovénie
1312
2692
3122
3199
3222
3262
États-Unis
1074
2537
3014
3115
3179
3253
Lettonie
343
2467
3045
3177
3199
3230
Brésil
916
2882
3067
3116
3147
3169
Grèce
469
2015
2668
2931
3005
3156
Chili
868
2022
2919
3010
3064
3108
Pologne
766
2582
3051
3083
3087
3102
Trinité-et-Tobago
91
2050
2667
2848
2877
2943
Moldavie
746
2558
2846
2881
2892
2921
Italie
1235
2279
2645
2794
2857
2915
Arménie
953
2684
2898
2901
2902
2909
Argentine
954
2558
2789
2805
2809
2814
Belgique
1681
2429
2640
2729
2756
2779
Royaume-Uni
1089
2174
2417
2630
2680
2742
Colombie
850
2515
2694
2696
2708
2719
Paraguay
315
2289
2562
2595
2628
2660
Russie
394
2121
2527
2610
2618
2632
Ukraine
428
2217
2495
2514
2517
2521
Mexique
971
2286
2460
2474
2488
2499
Portugal
685
1869
2124
2382
2430
2453
Tunisie
398
2131
2354
2378
2405
2419
Espagne
1087
1911
2192
2311
2366
2406
France
991
1891
2173
2282
2321
2350
Autriche
693
1514
1749
2063
2098
2131
Uruguay
55
1767
2049
2096
2119
2127
Estonie
180
1459
1852
1951
1972
1996
Équateur
790
1867
1956
1965
1967
1967
Suède
861
1498
1796
1867
1889
1942
Québec
958
1379
1651
1827
1880
1930
Serbie
373
1467
1822
1861
1880
1928
Panama
1493
1682
1843
1880
1888
1898
Bolivie
780
1652
1832
1831
1838
1847
Allemagne
410
1340
1547
1674
1707
1748
Costa Rica
427
1424
1605
1644
1680
1701
Afrique du Sud
484
1509
1651
1675
1676
1676
Iran
655
1538
1633
1642
1648
1667
Suisse
882
1404
1564
1593
1599
1609
Liban
240
1348
1522
1547
1558
1573
Irlande
453
1178
1348
1479
1512
1542
Namibie
80
1397
1533
1544
1542
1540
Jordanie
376
1010
1349
1352
1352
1354
Pays-Bas
672
1219
1279
1300
1307
1313
Hong Kong
20
28
1045
1234
1247
1272
Albanie
411
1120
1216
1219
1236
1248
Israël
365
957
1147
1175
1221
1246
Eswatini
185
1110
1180
1196
1196
1199
Danemark
256
564
982
1109
1143
1188
Turquie
248
584
1103
1150
1152
1163
Botswana
18
1009
1103
1124
1130
1132
Malaisie
14
955
1057
1078
1083
1089
Jamaïque
101
831
968
1047
1069
1089
Honduras
315
1029
1069
1067
1068
1071
Guatemala
263
875
936
999
1023
1047
Finlande
108
314
685
872
988
1024
Palestine
273
885
1008
1003
1004
1007
RoC*
256
639
799
909
948
959
Corée du Sud
17,9
110
323
478
488
523
Vietnam
0,4
331
430
435
435
435
Taïwan
0,3
35,6
35,7
283
375
416
Japon
27,4
146
223
249
259
317
Singapour
4,9
140
214
238
253
268
Chine
3,2
3,2
3,2
3,6
3,6
3,6
*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.
Dans le tableau ci-dessus, par million d’habitants, en aout 2022 :
• 22 pays ont eu entre 0 et 10 morts de plus,
• 11 pays ont eu entre 11 et 20 morts de plus,
• 12 pays ont eu entre 21 et 30 morts de plus,
• 10 pays ont eu entre 31 et 40 morts de plus.
• 6 pays ont eu entre 41 et 50 morts de plus.
• 5 pays ont eu entre 51 et 60 morts de plus.
Seulement six pays ont eu plus de 60 morts supplémentaires en aout 2022 : le Royaume-Uni (+62), la Bosnie (+63), Trinité-et-Tobago (+66), les États-Unis (+74), la Croatie (+98) et surtout la Grèce (+151).
Dans le Grand dictionnaire de la rectitude politique, un nouveau mot honteux vient de faire son apparition : le mot ‘Madame’.
À Versailles, celui-ci a longtemps été utilisé pour désigner avec respect les maitresses royales d’origine modeste.
Évidemment, quiconque s’appelle Jeanne-Antoinette Poisson dans la vraie vie préfèrera se faire appeler Madame de Pompadour à la cour du roi. Ça fait plus chic.
Mais les temps changent.
Voulant répliquer à ses adversaires politiques sans les nommer, le premier ministre s’est posé tout haut la question suivante : « Comment cette madame peut-elle dire que l’économie du Québec ne va pas bien? » en faisant allusion à son adversaire libérale Dominique Anglade.
Il n’avait pas fini de formuler sa question que déjà, sur les milieux sociaux, on s’indignait du paternalisme, voire de la condescendance machiste de François Legault envers celle qu’on appellera : la très Honorable Dominique Anglade, cheffe de la gracieuse opposition officielle de Sa Majesté (ou THDA+ pour faire plus moderne).
Voilà donc que ‘Madame’ est devenue une insulte. Elle rejoint le rang des termes dont l’emploi constitue une micro-agression aux yeux des âmes sensibles.
Ceci étant dit, je ne crois pas que l’utilisation du mot en ‘M’ par le premier ministre découlait d’un savant calcul politique.
Toutefois, pour rassurer les électeurs face aux années de turbulence qui s’annoncent, le Québec a besoin d’être dirigé par une personne forte.
Si François Legault voulait faire paraitre la cheffe libérale comme quelqu’un qui saisit toutes les occasions pour se plaindre et adopter une posture victimaire, il n’aurait pas mieux réussi.
Au début de la pandémie au Covid-19, Ottawa et Washington ont soutenu financièrement les ménages afin de compenser les pertes de revenus qu’ils subissaient lors du confinement obligatoire.
De nos jours, il est fréquent d’entendre les milieux conservateurs accuser ces mesures d’avoir causé de l’inflation.
Ce qu’ils veulent dire par là, c’est que ces mesures ont été trop efficaces à stimuler l’économie. Au point d’avoir créé un déséquilibre entre l’offre (devenue insuffisante) et cette forte demande des consommateurs. Ce qui a incité des fabricants à hausser leurs prix, causant ainsi de l’inflation.
Multicausale, l’inflation a connu plusieurs vagues.
La première est apparue lors de la reprise économique consécutive à la levée des mesures sanitaires. La brutale augmentation de la demande qui en a résulté a provoqué la rupture des chaines d’approvisionnement avec l’Asie et l’engorgement des ports américains qui donnent sur l’océan Pacifique.
À cette inflation d’environ 3 %, s’est ajouté depuis l’effet des sanctions occidentales contre la Russie.
La Russie étant un important fournisseur d’hydrocarbures et de matières premières, les pays qui ont provoqué la rupture de leurs relations commerciales avec elle ont dû, en catastrophe, essayer de s’approvisionner ailleurs.
Ne disposant pas de contrats à long terme, ils ont été forcés de payer le gros prix pour trouver des produits de substitution. C’est la cause de la deuxième vague inflationniste, beaucoup plus importante que la première.
Malheureusement, tous les experts s’entendent pour dire que l’inflation actuelle n’est qu’un aperçu de ce qui nous attend l’hiver prochain si la guerre russo-ukrainienne n’est pas terminée.
Les sanctions économiques contre la Russie s’étant avérées inefficaces, les généraux à la retraite et les va-t-en-guerre anglo-saxons qui se succèdent aux chaines de nouvelles en continu plaident en faveur d’une récession économique.
À leur avis, celle-ci entrainerait une diminution de la consommation mondiale des hydrocarbures, d’où une chute des revenus d’exportation de la Russie et une diminution du financement de sa guerre en Ukraine.
L’augmentation rapide des taux d’intérêt vise donc deux objectifs. Un objectif officiel qui est de réduire l’inflation. Et un objectif inavoué, soit de provoquer volontairement une récession économique.
D’autre part, en ce début de campagne électorale, nous assistons à la surenchère des promesses de réduction de taxes et d’impôts. Ces mesures ont pour but d’aider les ménages à faire face à l’augmentation des prix.
Ici et ailleurs, les politiciens promettent des remises d’impôt et des allocations pour faire face à l’inflation. Quand ce n’est pas carrément la promesse d’une diminution des taxes sur l’essence.
Plutôt que de laisser les peuples occidentaux assumer les conséquences des sanctions économiques décidées par leurs gouvernements, on adoptera des mesures de mitigation qui rendront nécessaires des hausses encore plus importantes des taux d’intérêt.
Comme un pompier qui tente d’éteindre un feu en l’aspergeant de combustible, on compte combattre l’inflation par des mesures inflationnistes.
En dépit du fait que leur filet de protection sociale est en lambeaux, nos gouvernements ajoutent la lutte à l’augmentation du prix de l’essence parmi leurs mesures sociales, au même titre que l’assurance maladie, l’éducation gratuite ou les garderies. Comme si c’était le rôle de l’État de protéger le marché de l’automobile.
En réalité, plus on combattra l’inflation par des mesures inflationnistes, plus les banques centrales augmenteront leurs taux d’intérêt afin de provoquer la récession mondiale qu’elles estiment nécessaire.
On appelle personne morale tout groupement d’individus auquel la loi reconnait une existence juridique. La personne morale se distingue donc d’un particulier.
Ce peut être une compagnie, un club sportif, une association, etc.
Introduction
Le 12 aout dernier, l’honorable juge Chantal Corriveau — nommée par Ottawa à la Cour supérieure du Québec en 2005 — invalidait deux articles de la loi 96 (qui vise à protéger le français au Québec).
Ces deux articles exigent que tout document juridique rédigé en anglais émanant d’une personne morale doive être accompagné d’une version française certifiée provenant d’un traducteur agréé afin d’en permettre le dépôt au tribunal.
Selon la juge Corriveau, les couts supplémentaires et les délais pour obtenir une telle traduction créent un obstacle à l’accès à la Justice.
La barrière économique
La magistrate semble ignorer que ce sont les frais d’avocats qui sont le principal obstacle à l’accessibilité économique aux tribunaux canadiens.
Comment peut-on faire du chichi pour des frais de 12 à 40 cents du mot — le tarif demandé par un traducteur agréé — quand l’avocat qui représentera cette personne morale anglophone la saignera à blanc à raison de 400$ à 1 000$ de l’heure…
Les délais
De manière générale, ce qui allonge les causes, ce sont les requêtes, les motions, les mandamus, les brefs d’évocation et toute la panoplie des moyens juridiques que les avocats utilisent pour étirer les procès et faire gonfler leurs honoraires.
Mais il est vrai que dans le cas d’une demande d’injonction, par exemple, l’obligation de traduire une demande rédigée en anglais crée un délai qui peut être incompatible avec l’urgence de la situation.
Dans La Presse du 8 aout dernier, les avocats Guillaume Rousseau et Étienne-Alexis Boucher écrivent :
[Avant la loi 96], il n’était pas rare qu’une entreprise poursuivant des francophones déposât ses actes de procédure en anglais, rendant la défense de ces derniers plus compliquée. […] On voit mal en quoi l’accès à la justice de quelques entreprises refusant de traduire leurs actes de procédure en français serait davantage entravé aujourd’hui que l’accès à la justice de millions de […] francophones avant l’adoption de la loi 96.
De toute manière, l’argument du délai-qui-fait-obstacle-à-la-Justice n’est vrai que si l’avocat de la compagnie choisit de soumettre sa demande d’injonction en anglais sachant très bien que cela l’obligera à la faire traduire.
En réalité, rien n’empêche cet avocat de soumettre dans l’urgence sa requête en français, puis de prendre le temps qu’il faut pour la traduire en anglais pour sa société cliente.
Quand l’apartheid canadien sert de prétexte
Dans n’importe quel hôpital du Québec, on n’a pas besoin d’une autorisation pour admettre à l’urgence un patient non autochtone.
Le paragraphe 50 du jugement de l’honorable Chantal Corriveau nous apprend que le Kateri Memorial Hospital de Kahnawa:ke est obligé de soumettre à Québec une demande d’autorisation de soins avant de les prodiguer, une mesure qui vise à s’assurer qu’Ottawa en remboursera le cout au gouvernement québécois.
Parce qu’Ottawa a toujours refusé que les ‘Indiens’ (au sens de la loi) soient couverts par les programmes provinciaux d’assurance médicaments et d’assurance maladie. C’est le fédéral qui rembourse aux provinces les soins qui répondent à ses critères tatillons.
Au lieu de réclamer l’abolition des tracasseries administratives dues au racisme systémique d’Ottawa — tracasseries qui mettent en danger, selon la magistrate, les personnes concernées — cette dernière préfère trouver des puces à la loi 96.
À l’autre bout du Canada
Contrairement à ce qu’on pense, dans les causes civiles (et non criminelles), il n’existe pas au Canada de droit constitutionnel d’être jugé dans sa langue ailleurs qu’au Nouveau-Brunswick.
En 2013, la Cour suprême du Canada a reconnu le droit des tribunaux de Colombie-Britannique d’exiger la traduction anglaise de tous les documents en français qui leur sont soumis à titre de preuves.
Pour convaincre le plus haut tribunal du pays, l’avocat représentant le gouvernement de cette province a sorti de sa manche une loi adoptée par Londres en 1731 qui imposait l’usage exclusif de l’anglais devant les tribunaux.
En d’autres mots, cette loi interdisait d’y être jugé dans une autre langue que l’anglais.
La Cour suprême écrit que les provinces ont le pouvoir constitutionnel de légiférer sur la langue utilisée devant les tribunaux. Puisque le parlement de cette province n’a pas senti le besoin de légiférer autrement, la loi de 1731 s’applique toujours.
Textuellement, dans son jugement de 2013, le plus haut tribunal du pays écrit :
La Charte [canadienne des droits et libertés] n’oblige aucune province, sauf le Nouveau-Brunswick, à assurer le déroulement des instances judiciaires dans les deux langues officielles. Elle reconnait l’importance non seulement des droits linguistiques, mais aussi du respect des pouvoirs constitutionnels des provinces.
[…]
[Or] les provinces ont le pouvoir constitutionnel de légiférer sur la langue utilisée devant leurs tribunaux, un pouvoir qui découle de leur compétence en matière d’administration de la justice.
La législature de la Colombie-Britannique a exercé ce pouvoir pour règlementer la langue des instances judiciaires dans la province par l’adoption de deux règles législatives différentes qui prescrivent le déroulement des procès civils en anglais, des règles qui valent aussi pour les pièces jointes aux affidavits déposés dans le cadre de ces instances.
Les rédacteurs de la constitution canadienne auraient pu décider de consacrer explicitement le droit fondamental d’être jugé dans sa langue. Ils ont préféré s’en abstenir, s’en remettant plutôt au pouvoir discrétionnaire des provinces.
L’article 133 de la Canadian constitution de 1982 ne fait que permette aux personnes qui témoignent ou qui plaident devant un tribunal du Québec, de s’exprimer dans la langue officielle de leur choix. Mais elle me garantit pas à la personne accusée d’avoir un procès dans sa langue puisque la poursuite et le tribunal sont libres d’utiliser une langue qu’elle ne comprend pas.
Puisque l’article 133 est sujet au pouvoir dérogatoire des provinces, le Québec peut — comme le fait déjà la Colombie-Britannique — imposer l’unilinguisme à son système judiciaire, sauf en ce qui concerne les procès au criminel qui, eux, relèvent du fédéral.
Personnellement, je serais totalement opposé à une telle mesure si le Québec l’adoptait. Mais Québec en a le pouvoir.
Alors que la loi 96 invoque expressément la clause dérogatoire de la constitution de 1982, la Cour supérieure invalide deux articles qui exigent des personnes morales du Québec une toute petite partie de ce que la Colombie-Britannique exige de tous ses citoyens depuis des siècles.
Conclusion
Plus tôt nous nous affranchirons du régime colonial canadian, plus tôt nous pourrons défendre notre langue et notre culture sans avoir à obtenir l’assentiment des juges à la solde d’Ottawa.
Ceux-ci trouvent toujours les prétextes les plus tordus pour invalider les moyens légitimes qu’on prend pour défendre notre langue et à interdire au Québec d’imiter ce que les autres provinces sont libres de faire.
Plus tôt ce mois-ci au festival Osheaga (qui se tient au parc Jean-Drapeau), une nouvelle a fait beaucoup de bruit; un laboratoire mobile y a testé gratuitement la drogue apportée par les festivaliers ou achetée clandestinement sur place.
L’idée est inspirée de ce qu’on a fait dans la capitale australienne en 2018 et 2019, lors du festival Canberra Groovin the Moo.
Le succès de ces deux initiatives a convaincu le gouvernement australien de créer un projet-pilote de six mois au cours duquel les utilisateurs de drogue peuvent actuellement venir faire analyser gratuitement un échantillon de ce qu’ils consomment.
Dès le premier mois d’opération, on a trouvé que la majorité des échantillons soumis étaient frelatés. La plupart les personnes concernées ont décidé de la jeter.
Dans le cas de la cocaïne, 40 % des échantillons n’en contenaient pas du tout.
Dans l’ensemble des échantillons de cette drogue, le taux de pureté avoisinait 27 %. Le reste était constitué de talc, de lactose, de diméthylsulfone (une substance inerte), etc.
Quant à elle, la pureté de l’héroïne variait de 31 % à 63 %.
Par contre, on avait plus de chance avec l’Ecstasy, dont 65 % des comprimés contenaient effectivement cette drogue.
Les critiques d’une telle initiative font valoir que ce n’est pas le rôle de l’État d’aider les drogués à trouver les meilleurs revendeurs.
Cela n’est pas le but.
Dans une perspective de réduction des méfaits, le gouvernement australien estime qu’utiliser des drogues frelatées est plus néfaste pour la santé que d’utiliser une drogue de qualité pharmaceutique.
Voilà pourquoi on estime qu’une telle clinique est de nature à prévenir des frais beaucoup plus importants au système de Santé.
C’est lui et son équipe qui ont eu l’idée d’aller mesurer la quantité d’arsenic dans la poussière intérieure de trois maisons et d’une garderie situées à moins d’un kilomètre de la fonderie Horne de la ville de Rouyn-Noranda.
Ils y ont trouvé de l’arsenic à concentration moyenne de 29,2 mg/kg. Dans une maison du quartier montréalais de Rosemont choisie arbitrairement, cette concentration est de 1,8 mg/kg (seize fois moins).
Précisons que faire le ménage fréquemment diminue la quantité de poussière dans une maison, mais ne change pas sa concentration de polluants.
Si on exclut le sable à l’extérieur d’une garderie (changé régulièrement), les analyses ont révélé une concentration moyenne d’arsenic de 75,4 mg/kg dans le sol extérieur.
Au Québec, la norme maximale est de 30 mg/kg pour un terrain résidentiel et de 50 mg/kg pour un terrain industriel. En Ontario, la limite est de 18 mg/kg alors qu’en Alberta, c’est 17 mg/kg pour un terrain résidentiel.
La direction régionale de la Santé publique recommande aux familles de laisser leurs chaussures à l’extérieur de la maison, de passer l’aspirateur régulièrement et de laver les surfaces fréquemment. On leur conseille aussi de fermer les fenêtres les journées très venteuses.
Chaque deux à huit ans, les terrains des maisons situées à proximité de la fonderie sont testés par le bureau régional de la Santé publique.
Mais il ne semble pas que Québec ait alloué des budgets pour faire tester l’arsenic à l’intérieur des maisons. Si bien que les tests de Radio-Canada semblent être une primeur.
Toujours au-dessus de tout, le directeur de la Santé publique n’a pas été surpris par l’annonce de ces résultats puisque la poussière dans l’air, selon lui, finit toujours par retomber quelque part…
Donc c’est normal… tout en étant préoccupant.
Sur les marchés internationaux, à des prix variant entre huit-mille et dix-mille dollars la tonne, le cours du cuivre atteint des sommets en dix ans. Précisons que cette envolée des prix est antérieure aux sanctions occidentales contre la Russie.
Cela signifie que la minière Glencore, propriétaire de la fonderie Horne, a amplement les moyens de moderniser ses installations vieillissantes de Rouyn-Noranda.
Toutefois, en vertu des traités de libre-échange, on ne peut pas limiter les perspectives d’enrichissement des investisseurs, à moins que cela soit justifié.
En somme, la fonderie Horne ne possède pas un droit acquis à polluer, mais on ne peut limiter la pollution qu’elle cause qu’à la condition de pouvoir démontrer scientifiquement son danger devant les tribunaux du pays.
Or, dans ce cas-ci, la Santé publique est mi-chair mi-poisson. Inquiète, mais pas trop. Soucieuse, oui, évidemment, mais confiante que des demi-mesures pourraient peut-être s’avérer suffisantes.
Si la Santé publique recommandait la fermeture de la fonderie, le gouvernement du Québec serait en meilleure position pour négocier.
Le Dr Luc Boileau n’a pas inventé l’empathie autre que celle qu’il récite du bout des lèvres. Froidement d’accord avec l’augmentation de pollution atmosphérique par le nickel à Limoilou, le voilà tout ponce-pilate quand un gros incinérateur de déchets industriels empoisonne lentement par l’arsenic les habitants de Rouyn-Noranda.
À un salaire de plus d’un quart de million$ par année, les contribuables méritent mieux.
N’importe quel appareil photo ‘ordinaire’, capable de photographier et de filmer, peut faire la même chose une fois transformé en appareil infrarouge.
Toutefois, si votre style de photographie demande que vos photos soient profondément modifiées en post-traitement, il en sera de même de vos vidéos. Ce qui implique que vous devrez posséder un logiciel capable de faire subir à vos vidéos les mêmes étapes que celles que vous appliquez à vos photos.
Dans le cas particulier du noir et blanc, les appareils photo sont généralement dotés d’un mode noir et blanc. Lorsqu’il est choisi, l’appareil désature à la volée les photos et les vidéos que vous prenez.
Toutefois, si vous effectuez un mouvement de caméra ou si un objet est en mouvement alors que vous filmez en noir et blanc, vous risquez d’obtenir un clip vidéo saccadé.
Les appareils photo numériques sont des micro-ordinateurs spécialisés. Mais contrairement à ces derniers, ils ne sont pas équipés de ventilateurs qui s’actionnent automatiquement lorsque leur microprocesseur s’échauffe.
Pensez que l’appareil doit modifier 24 ou 30 images à chaque seconde pendant que vous filmez.
Or ce traitement à la volée nécessite un grand nombre d’opérations mathématiques qui sollicitent beaucoup le microprocesseur. Malheureusement, toute augmentation importante de la température des composants électroniques d’un appareil risque de les endommager.
C’est pourquoi les fabricants limitent la puissance du traitement de l’image par leurs appareils.
En somme, si votre but est de filmer en noir et blanc, il est préférable de filmer en couleur et de désaturer vos clips vidéos une fois transférés sur votre ordinateur. Ce dont sont capables les logiciels grand public destinés à la retouche vidéo.
Vers 2015, la mise au point du filtre IR Chrome par le photographe français Yann Philippe a donné un second souffle à la photographie infrarouge en provoquant la naissance d’une nouvelle discipline, soit l’infrarouge couleur (à distinguer de l’infrarouge en fausses couleurs, obtenue après substitution de canal).
Sur un appareil infrarouge à spectre complet, qu’on utilise le filtre IR Chrome tel quel ou les filtres de l’infrarouge Rose bonbon, il est possible de réaliser facilement des vidéos infrarouges, comme en témoigne l’exemple ci-dessus, où les clips vidéos ont simplement été assemblés sous Fotomagico, écourtés pour la plupart à deux secondes et compilés par ce logiciel.
Bref, un jeu d’enfant.
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