Le cabinet de mon dentiste se trouve près du parc Le Fontaine.
Arrivé trop tôt pour mon détartrage, j’ai flâné dans la ruelle située entre les rues Cartier et Dorion où quelqu’un a créé cette installation de parapluies suspendus.
Après l’examen, j’ai fait un petit tour au parc.
L’avant-dernière photo représente le monument à Louis-Hippolyte La Fontaine alors que la dernière montre l’édifice de l’ancienne bibliothèque centrale de Montréal (occupé depuis 2009 par le Conseil des arts de Montréal).
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 + filtre vert jaunâtre B+W 061 + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80C de Calumet + filtre polarisant PL-CIR d’Hoya
1re photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 15 mm
2e photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 19 mm
3e photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
4e photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
5e photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 15 mm
6e photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 17 mm
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Essentiellement, sur un appareil infrarouge à spectre complet, l’infrarouge ‘Rose bonbon’ s’obtient en superposant trois filtres très particuliers :
• un filtre bleu répondant à la norme Wratten 80 (de Kodak),
• un filtre vert jaunâtre (vert X1) ou jaune verdâtre (vert X0), et
• un filtre bleu de la série KB de la marque B+W.
Mais que donne chacun de ces filtres séparément ?
Le filtre 80A crée l’infrarouge ‘Pamplemousse rose’.
Malheureusement, ses résultats sont inconstants; on l’obtient au gros soleil alors que sous un ciel nuageux, la végétation sera terne et brunâtre.
Le Лomo ж3-2* (un filtre vert X1) crée plutôt l’infrarouge ‘Rose rétro’.
Les photos qu’il prend me rappellent (avec un peu d’imagination) l’esthétique développée par Marc Caro pour le film ‘La Fabuleuse histoire d’Amélie Poulin’.
Utilisé seul, le filtre bleu B+W KB20 crée des photos que je n’aime pas.
En photographie argentique, on l’utilisait comme un substitut aux filtres de type Wratten 80. En comparant sa photo avec celle de l’Omega 80A, on voit ici que cela ne s’applique pas du tout à la photographie infrarouge.
Ensemble, ces filtres donnent un résultat complètement inattendu.
Un résultat où tout ce qui est vivant (du monde végétal ou animal) est rose alors que ce qui est minéral (le ciel, l’eau, la pierre, le verre et le métal) est approximativement de couleur normale… comme si l’appareil était doté d’intelligence artificielle.
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Devant acheter à prix fort sur les marchés internationaux l’énergie dont elles ont besoin, les trois républiques baltes connaissent un taux d’inflation record.
Celui qui a cours au Royaume-Uni est le plus élevé depuis février 1982.
Au sein de la Zone euro, la France est le pays où l’inflation est la moindre. Toutefois, le cout de l’énergie pourrait y augmenter d’ici peu puisque la sècheresse actuelle a fait dangereusement baisser le niveau des cours d’eau qui normalement refroidissent ses réacteurs nucléaires.
De 2006 à 2021, évolution de la démographie linguistique de l’ile de Montréal
(Note : LNO signifie Langue non officielle)
Langue parlée à la maison
en 2006
en 2011
en 2016
en 2021
Français
52,6 %
50,3 %
49,8 %
39,3 %
Français + LNO
1,9 %
3,2 %
4,0 %
9,1 %
Anglais
23,9 %
23,4 %
22,8 %
17,2 %
Anglais + LNO
1,1 %
1,7 %
2,0 %
6,8 %
Français et anglais
1,1 %
1,5 %
1,8 %
8,7 %
Français + anglais + LNO
0,5 %
1,0 %
1,3 %
7,8 %
Langue non officielle
19,0 %
18,9 %
18,3 %
10,9 %
De 2006 à 2021, évolution de la démographie linguistique de la région métropolitaine
(Note : LNO signifie Langue non officielle)
Langue parlée à la maison
en 2006
en 2011
en 2016
en 2021
Français
67,9 %
66,1 %
65,9 %
56,0 %
Français + LNO
1,3 %
2,3 %
2,9 %
7,2 %
Anglais
16,5 %
16,0 %
15,3 %
11,5 %
Anglais + LNO
0,7 %
1,1 %
1,3 %
4,3 %
Français et anglais
1,0 %
1,3 %
1,5 %
7,6 %
Français + anglais + LNO
0,3 %
0,7 %
0,9 %
5,9 %
Langue non officielle
12,3 %
12,5 %
12,2 %
7,6 %
Remarque : Dans le texte qui suit, ‘Francophone’ est défini comme une personne qui, à la maison, parle principalement le français ou une langue non officielle de même que le français. Cela correspond aux deux premières rangées dans les tableaux ci-dessus.
La langue parlée à la maison est celle dans laquelle on élève ses enfants. Du coup, c’est celle qui détermine l’avenir démographique du Québec.
Depuis quinze ans, la proportion de Francophones au sein de la population montréalaise a diminué de 54,5 % à 48,4 %.
Dans l’ensemble de la région métropolitaine — qui représente environ la moitié de la population québécoise — la chute a été similaire, passant de 69,2 % à 63,2 % en seulement quinze ans.
Dans une société ouverte comme le Québec, l’immigration correspond à une nécessité pour pallier une pénurie de main-d’œuvre qui ne peut pas être corrigée par l’automatisation.
L’augmentation spectaculaire de la proportion des personnes qui parlent à la fois le français et une langue non officielle — passant de 1,9 % à 9,1 % — ne doit pas nous inquiéter.
Il s’agit simplement de néoQuébécois qui, dans l’intimité de leur demeure, tiennent à conserver certaines des caractéristiques culturelles de leur pays d’origine tout en adoptant progressivement la langue de la société d’accueil. Comme nous le ferons nous-mêmes si nous avions à changer de pays.
En somme, ces personnes sont dans un processus de transfert linguistique vers le français.
Au contraire, on doit s’inquiéter de l’augmentation importante des familles à l’intérieur desquelles on parle les deux langues officielles. Leur pourcentage est passé de 1,1 % à 8,7 % à Montréal et de 1,0 % à 7,6 % dans la région métropolitaine.
Il ne s’agit pas de néoQuébécois mais plutôt de personnes qui vivent au Québec depuis plusieurs années, mais qui sont engagés dans un processus d’assimilation linguistique vers l’anglais ou vers le français. Les données du recensement ne nous permettent pas de savoir dans quel sens s’effectue cette transition.
Dans la mesure où cette bilinguisation s’accompagne à la fois d’une régression de la proportion de francoQuébécois et d’une stabilité approximative de l’importance démographique des angloQuébécois, il y a tout lieu de craindre que nous soyons en présence d’une étape intermédiaire vers l’assimilation culturelle de la population francophone du Québec.
Cette bilinguisation se reflète également chez ces néoQuébécois dont les familles parlent à la fois l’anglais et le français, en plus de leur langue maternelle.
En conclusion, à eux reprises, par voie référendaire, la population québécoise a choisi de remettre son sort entre les mains de l’ethnie dominante du Canada.
Or le gouvernement canadien feint d’ignorer que la plus importante minorité du pays, de surcroit vulnérable, est le peuple francoQuébécois. Pour Ottawa, ce qu’il faut protéger et défendre, c’est l’annexe québécoise de la majorité canadian.
Le gouvernement chinois fait pareil. Dans la province semi-autonome du Xinjiang (où les Ouïgours étaient majoritaires), il a construit un TGV et encouragé l’établissement des Hans, l’ethnie dominante en Chine, sous le prétexte de favoriser le développement économique.
Si bien que les Ouïgours sont devenus depuis peu minoritaires dans leur propre province.
C’est le sort qui attend le peuple francoQuébécois s’il ne se décide pas à prendre son destin en main.
Le phénomène auquel nous assistons n’est pas nouveau. D’un recensement à l’autre depuis cinquante ans, l’anglicisation de Montréal s’est opérée progressivement et n’a fait que s’accélérer brutalement au cours des cinq dernières années. Au point de s’approcher dangereusement de l’irréversibilité.
Dans toutes les communautés francophones en Amérique du Nord qui s’assimilent à l’anglais, le transfert linguistique au sein d’une famille ne se fait jamais du jour au lendemain.
Il est toujours précédé d’une étape intermédiaire de bilinguisation. Et c’est le cumul de ces bilinguisations familiales qui résulte à la progressive extinction culturelle de ces communautés qui se concrétise aux générations suivantes.
Bref, après vingt ans d’immobilisme gouvernemental et des décennies d’érosion judiciaire de la Loi 101, le Québec est entré en ‘louisianisation’.
C’est ce phénomène auquel nous assistons au Québec. Depuis quinze ans, les familles bilingues sont dix fois plus nombreuses, passant de 1,6 % à 16,5 % sur l’ile de Montréal et de 1,3 % à 13,5 % dans la région métropolitaine (voir les deux avant-dernières lignes dans le tableau ci-dessus).
Samedi dernier, le long du chemin vers Joliette, j’ai remarqué plusieurs endroits qui auraient mérité d’être photographiés et que j’ai ratés en raison de la vitesse de la voiture.
Le lendemain, je me suis loué un Bixi électrique afin de me rendre dans l’ancienne municipalité de Pointe-aux-Trembles, plus précisément à l’extrémité orientale de l’ile de Montréal, située à 17,5 km de chez moi.
Pointe-aux-Trembles fut fondée en 1674. Elle est appelée ainsi en raison de cette sorte de peupliers qui y étaient autrefois abondants.
Le parc de la Promenade-Bellerive, long de deux kilomètres, s’étire le long du Saint-Laurent dans l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.
On y trouve une piste cyclable, des tables pour piqueniquer, et des sculptures (dont Continuum 2009, de Roland Poulin, en hommage au cinéaste Pierre Perrault).
En été, une navette relie ce parc linéaire aux iles de Boucherville.
C’est dans la municipalité de Montréal-Est qu’on trouvait autrefois les raffineries qui alimentaient en pétrole une bonne partie de l’est du Canada.
On y trouve encore un important parc industriel.
La municipalité est traversée par une interminable piste cyclable de cinq kilomètres, dépourvue d’arbres, créée sur le trajet d’une ancienne voie ferrée. Au gros soleil, on a juste envie d’être ailleurs.
Puis on arrive enfin à Pointe-aux-Trembles. Ouf !
La plus ancienne résidence y est la maison Antoine-Beaudry, construite en 1732. Elle est située au fond du minuscule parc Marcel-Léger, d’une superficie de 0,017 km².
Notre excursion se termine au parc du Bout-de-l’Ile.
C’est un endroit plaisant. Dans ce parc triangulaire, on trouve des tables, une aire de jeu pour les enfants et de nombreuses sculptures.
Sur ses bords, des citoyens viennent pêcher dans la rivière des Prairies (sur sa rive occidentale) ou dans le fleuve Saint-Laurent (sur sa rive orientale) puisque les deux se rejoignent à cet endroit là.
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 + filtre vert jaunâtre B+W 061 + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80C de Calumet + filtre polarisant PL-CIR d’Hoya
1re photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 38 mm
2e photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 36 mm
3e photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 21 mm
4e photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 36 mm
5e photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 27 mm
6e photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
7e photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 23 mm
8e photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 20 mm
9e photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 17 mm
10e photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 36 mm
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Oui je sais : quoi de plus paresseux, pour un photographe amateur, que de prendre une photo au travers d’un parebrise.
Mais c’était plus fort que moi…
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 + filtre vert jaunâtre B+W 061 + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80C de Calumet + filtre polarisant PL-CIR d’Hoya — 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 17 mm
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La capacité des États à rembourser leurs dettes est évaluée par les agences de notation financière.
Selon le cas, celles-ci qualifient les bons du Trésor d’un pays, les obligations d’épargne d’une province, ou les obligations municipales, de placements de première qualité, de haute qualité, de qualité moyenne supérieure, de qualité moyenne inférieure ou de placement spéculatif.
Mais il y a pire.
Elles peuvent qualifier l’achat de ces titres financiers de placement très spéculatif, de placement à risque élevé, ou d’ultra spéculatif.
Et, tout au bas de la grille, il y a ‘en défaut avec quelques espoirs de recouvrement’ ‘en défaut sélectif’ ou finalement, ‘en défaut de paiement’.
On apprend aujourd’hui que deux des plus importantes agences de notation financière au monde — S&P Global Ratings et Fitch Ratings — ont rétrogradé les finances de l’Ukraine au niveau de l’avant-dernier échelon de leur grille; en défaut de paiement sélectif. En somme, l’Ukraine est presque en faillite.
Cela n’est pas nouveau.
Déjà, en 2013
En novembre 2013, le trésor ukrainien n’avait plus que 18,79 milliards de dollars de devises alors que le pays devait rembourser une tranche de sept-milliards de dollars à ses créanciers, dont la Russie (à qui elle devait au total dix-sept-milliards de dollars de gaz fossile impayé).
À l’époque, Vladimir Poutine offrait secrètement au gouvernement ukrainien la levée des barrières tarifaires entre l’Ukraine et la Russie, une baisse du prix de son gaz fossile, de même qu’un prêt de quinze-milliards de dollars.
En contrepartie, l’Ukraine devait renoncer à appartenir à l’Otan.
De son côté, l’Union européenne ne promettait rien de concret.
Le 21 novembre de cette année-là, le président prorusse annonce qu’il accepte les conditions de Moscou.
Aussitôt, la population qui habite près de la capitale se révolte et déclenche une révolution à l’issue de laquelle le président est destitué. Pour le peuple ukrainien, la liberté n’a pas de prix.
Sept ans plus tard, plus précisément en septembre 2020, le président Zelensky adopte une nouvelle stratégie de sécurité nationale qui prévoit le développement d’un partenariat en vue de l’adhésion de ce pays à l’Otan.
De tous les projets caressés à ce sujet par l’Ukraine depuis son indépendance, c’est le plus concret.
Si, de manière générale, la liberté n’a pas de prix, devenir l’ennemi militaire de son puissant voisin comporte un cout très élevé puisque cela mène inévitablement à la guerre.
Si le Mexique décidait de se doter de missiles capables d’anéantir les États-Unis, ces derniers feraient au Mexique ce qu’ils ont fait en Irak et ce que Moscou fait actuellement en Ukraine.
Guerroyer à crédit
Si la dette de la Russie correspond approximativement au cinquième de son PIB — un endettement six fois moindre que celui de la France — les finances de l’Ukraine, elles, ne lui permettent pas de financer une guerre.
Dans ce pays, le PIB par habitant est inférieur à quatre-mille dollars par année. Les analystes prévoient qu’il chutera de moitié d’ici douze mois.
Avant même le premier coup de fusil, ce pays riche en ressources naturelles était dirigé par un gouvernement central ruiné. Donc incapable d’acheter quoi que ce soit pour défendre le pays.
L’Ukraine est donc totalement dépendante de l’équipement militaire que lui fournissent les pays occidentaux, au premier rang desquels, les États-Unis.
Ceux-ci espèrent remplacer la Russie comme fournisseur principal d’hydrocarbures à l’Europe et salivent à l’idée de faire main basse sur le pétrole de schiste de l’ouest du pays.
La paix viendra peut-être d’Europe occidentale
Les sanctions contre la Russie placent l’Europe au seuil de grandes difficultés économiques, particulièrement en Allemagne.
L’hiver qui vient sera la saison des privations.
Or, on doit se rappeler que les peuples ont la mèche courte quand ils sont bousculés trop longtemps; la révolte des Gilets jaunes en France, le Convoi de la liberté au Canada, et la révolte actuelle des tracteurs aux Pays-Bas en sont des exemples.
Après deux ans de Yo-yo sanitaire qui a ruiné des milliers de petites entreprises, jamais n’a-t-on vu autant d’incivilités entre les citoyens. En deux mots, nous sommes à l’âge des Révoltes.
Si les dirigeants européens ne réussissent pas à faire entendre raison aux va-t-en-guerre anglo-saxons, et s’ils ne laissent pas l’Ukraine assumer ses choix, c’est leur propre sécurité nationale qui sera menacée. Non pas à cause d’une invasion armée, mais plutôt en raison de la colère populaire.
Ni membre de l’Otan ni membre de l’Union européenne, la Moldavie est le pays le plus pauvre d’Europe.
Voisine de l’Ukraine, elle a accueilli cent-mille réfugiés ukrainiens. Proportionnellement à sa population de 2,7 millions d’habitants, c’est plus de réfugiés que n’importe quel autre pays au monde.
Dans tous les pays limitrophes où on entasse les réfugiés dans des camps, ils sont d’abord accueillis favorablement.
Puis, au fil des mois, ils sont victimes de désinformation destinée à susciter de l’animosité à leur égard. On exagère l’importance des services qui leur sont offerts. Et on propage des rumeurs au sujet des méfaits qu’ils commettraient.
La Moldavie dépend presque totalement sur la Russie comme fournisseur d’hydrocarbures. L’inflation y est de 27 %.
Il est donc facile de faire des Ukrainiens les responsables des problèmes économiques actuels de la Moldavie.
La Pologne
La majorité des Ukrainiens qui ont fui leur pays ont été accueillis en Pologne. Non pas sous la tente, dans des camps de réfugiés comme c’est généralement le cas, mais plutôt chez l’habitant.
Plus précisément, des centaines de milliers de Polonais ont pris leur voiture et se sont rués aux frontières pour choisir des gens au hasard parmi le lot des personnes qui arrivaient en Pologne.
Ils ont pris des femmes et des enfants épuisés par la marche. Des personnes aux yeux rougis qui descendaient des trains. Des inconnus souvent sales et couverts de sueur. Des types désespérés qui ont tout perdu.
Et c’est à des millions de ces gens-là que les Polonais offrent gratuitement le gite, la nourriture, des vêtements de rechange et sortent des placards quelques jouets qui pourraient aider les enfants à surmonter les traumatismes de la guerre.
Les jours où le nombre d’arrivants a dépassé le nombre de bons Samaritains, ceux qui n’ont pas été choisis trouvent place dans des centres d’hébergement d’urgence.
De son côté, le gouvernement polonais a débloqué une aide d’urgence de 1,6 milliard d’euros. Il a délivré des permis de travail. Il a ouvert les écoles aux enfants ukrainiens et a garanti à tous l’accès aux soins médicaux.
Conclusion
Le présent texte ne vise pas à opposer les vilains Moldaves aux bons Polonais.
On ne peut pas demander à un peuple d’être d’une hospitalité exemplaire quand la vague migratoire est d’une telle ampleur qu’elle provoque un appauvrissement marqué de la société d’accueil.
L’accueil est une réussite quand les immigrants peuvent très tôt s’intégrer, combler la pénurie de main-d’œuvre, accroitre la consommation et de ce fait, la prospérité des fournisseurs de biens et de services.
C’est quand la société d’accueil y trouve son compte que l’immigration est une réussite.
Je me serais abonné à La Presse depuis longtemps si ce n’était de ses éditorialistes.
Ce quotidien emploie des journalistes dont les excellents reportages me servent souvent d’inspiration sur ce blogue. Et le chroniqueur Patrick Lagacé possède un jugement et une aptitude à s’indigner face aux injustices qui suscitent mon admiration.
Mais il y a ses éditorialistes…
Ce matin, La Presse s’en prend à un rapport d’Amnistie internationale selon lequel les tactiques de l’armée ukrainienne mettraient en danger les populations civiles.
Dans l’ensemble des nouvelles que nous rapportent nos médias depuis cinq mois au sujet de la guerre russo-ukrainienne, ce rapport est comme cette mouche sur la chevelure immaculée du vice-président Mike Pence lors d’un débat télévisé.
On me permettra de ne pas répliquer point par point à cet éditorial, mais de discuter plus spécifiquement du concept de ‘crime de guerre’ puisqu’il lui sert de trame de fond.
‘Crime de guerre’ est un pléonasme. Une guerre où personne n’est tué et au cours de laquelle rien n’est détruit n’est pas une guerre; c’est un jeu vidéo.
Ceux qui ne sont pas de cet avis font la distinction entre ‘crimes de guerre’ et ‘dommages collatéraux’.
Le premier se définit par la destruction délibérée d’une population civile. Alors que le second est l’homicide involontaire de civils à l’occasion de frappes visant des cibles militaires.
Mais le flou persiste quant à savoir si on parle de ‘dommages collatéraux’ seulement lorsqu’on ne prévoyait pas que des civils seraient tués ou si cela s’applique aussi lorsqu’on le savait, mais qu’on a décidé de procéder quand même.
Si en plus de tuer le dirigeant d’une organisation terroriste à l’occasion d’un mariage, on ne fait qu’abimer le gâteau de noces, c’est simple. Mais si on tue aussi deux-cents invités (dont des enfants), dans quelle catégorie doit-on mettre cette frappe ?
Dans ce cas, on recourt à une nouvelle explication; c’est juste une bavure. Ah bien oui, une bavure. Il fallait y penser.
Et si le terroriste n’avait pas été invité et qu’on a tué deux-cents personnes pour rien ? Alors là, c’est une lacune du renseignement.
Bref, toutes ces belles catégories font en sorte que les États-Unis ne commettent jamais de crimes de guerre. Vladimir Poutine, à l’instar de Darth Vader, ne fait que ça. Mais pas les Américains.
Les bombes atomiques larguées par ces derniers sur Hiroshima et Nagasaki avaient pour unique but de tuer un grand nombre de civils afin que le peuple japonais réalise que son Empereur n’était pas un demi-dieu.
Sept décennies plus tard, on se demande toujours quelle catégorie on devrait inventer pour ne pas dire que c’était un ‘crime de guerre’.
En réalité, dans toutes les guerres prolongées, chacune des parties impliquées commet des ‘crimes de guerre’. Parce qu’effectivement ‘crime de guerre’ est un pléonasme. Et le belligérant qui commet les plus graves est toujours celui qui dispose des moyens les plus destructeurs.
Fondamentalement, ce que La Presse reproche à Amnistie internationale, c’est de refuser de brosser de la guerre russo-ukrainienne un tableau simpliste où les bons sont tous du côté de l’Ukraine et que les méchants portent tous l’uniforme russe.
En croisade contre le Mal, La Presse estime donc qu’Amnésie Internationale travaille pour le côté obscur de la Force.