La Vieille Ville de Prague (1re partie, version II)

27 novembre 2021
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Note : Temps approximatif de lecture de seize minutes.

Introduction

Capitale du Saint-Empire romain germanique de 1347 à 1437, puis de 1583 à 1611, Prague fut le lieu de résidence d’une noblesse qui a multiplié les commandes auprès des meilleurs artistes d’Europe.

Les gouts changeant des propriétaires successifs de certains palais ont fait en sorte que des édifices, originellement médiévaux, se sont ornés de sgraffites à la Renaissance.

Dans bien des cas, ceux-ci disparurent à leur tour sous des moulages de stuc baroques quand cette mode balaya Prague aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Si bien que de nos jours, la Vieille Ville est un raccourci de tous les styles ornementaux qu’a connu l’Europe depuis un millénaire.

La Voie processionnelle du couronnement

Le trajet le plus impressionnant de Prague est sans doute celui qu’empruntaient les rois de Bohème à leur couronnement.

Elle traversait la Vieille Ville en débutant à un palais médiéval (aujourd’hui remplacé par la Maison municipale), où les marchands et les artisans rendaient hommage au souverain.

Puis la procession empruntait la rue Celetná et traversait la place de la Vieille Ville (où les dirigeants municipaux remettaient symboliquement les clés de la ville au nouveau monarque).

Après la Petite place, on défilait le long de la rue Karlova jusqu’à la place des Croisés. Quittant la Vieille Ville, la procession empruntait ensuite le pont Charles pour monter jusqu’au château de Prague.

Ce segment de la Voie processionnelle fait moins d’un kilomètre. C’est le long de ce trajet qu’on trouve quelques-unes des plus extraordinaires attractions touristiques de la ville.

Ce premier diaporama consacré au quartier de la Vieille Ville emprunte principalement cette voie processionnelle — mais en sens inverse — du pont Charles à la Maison municipale.

Au passage, nous jetterons un coup d’œil à quelques rues transversales rencontrées en cours de route.

En regardant ce diaporama, vous noterez la profusion de sculptures à de nombreux endroits.

De manière générale, Prague est la ville au monde où on trouve le plus grand nombre de sculptures. On en voit partout, que ce soit des saintes en pâmoison dont les vêtements virevoltent au vent, des angelots joufflus et fessus, des nus Art déco, etc.

Place des Croisés

Le diaporama débute à 0:05 au musée Bedřich Smetana. Ce compositeur fut le premier à utiliser des éléments spécifiquement tchèques dans sa musique. Le musée a été aménagé dans un bâtiment construit en 1883 pour le service des eaux de la ville.

Une terrasse (à 0:07) relie ce musée au pont Charles.

Notre visite de la place des Croisés débute à la tour de la Vieille Ville (à 0:09). Cette tour fut construite en 1357 par Petr Parléř. Pour accéder au pont Charles, on doit la traverser puisqu’elle se dresse sur la première pile du pont.

À la droite de cette tour (sur la photo), on voit le monument à l’empereur Charles IV, inauguré en 1848. Cet empereur — qui donne son nom au pont — fit de Prague la capitale du Saint-Empire romain germanique.

Derrière ce monument se trouve l’église Saint-François-Séraphin (de 0:11 à 0:25). Elle fut construite de 1679 à 1689 sur les plans de l’architecte français Jean-Baptiste Mathey.

Originellement, elle faisait partie du couvent des Croisés (d’où les croix de Malte de chaque côté de son parvis à 0:13).

Sa façade (à 0:17) est ornée de sculptures de Matěj-Václav Jäckel tandis que le ciel de sa coupole (à 0:21) est décoré du Jugement dernier (1722) de Václav-Vavřinec Reiner.

Si la popularité de Mozart varia ailleurs, elle fut constante à Prague. Celui-ci ne résista pas à la tentation de venir jouer sur l’orgue de cette église, le deuxième plus ancien de Prague. D’autant plus que les petites dimensions de l’église mettent en valeur cet instrument.

De 0:27 à 0:43, voici le Klementinum. Ce collège jésuite fut construit de 1653 à 1726 sur les ruines d’une chapelle franciscaine dédiée à saint Clément (d’où son nom), détruite par des ‘hérétiques’ pragois.

Ses agrandissements successifs en firent la deuxième plus importante construction de Prague, après le château.

Depuis 1924, l’édifice abrite la Bibliothèque nationale, riche de quatre-millions et demi d’ouvrages, dont trois-mille incunables.

Surmontée d’un Atlas, sa tour astronomique, haute de 68 mètres, abrite une collection d’instruments astronomiques (de 0:34 à 0:37).

De 0:44 à 0:50, l’église du Saint-Sauveur (1638-1659) correspond à l’ancienne église du Klementinum. Sa façade est ornée de quinze statues de Jan-Jiři Bendl. Son maitre-autel est surmonté de la toile La Transfiguration du Christ de Jan-Jiři Hering.

Jakub-Jan Ryba, compositeur de la charmante Messe tchèque de Noël y fut organiste dans les années 1780.

Le long de Karlova

De 0:52 à 1:10, nous entreprenons une marche le long de la rue Karlova. À 0:54, nous sommes devant la Maison au Puits d’or, construite au XVIe siècle. À 0:58, nous avons un aperçu de la rue Seminářská. À 1:00, le Théâtre des marionnettes de Prague présente des opéras de Mozart aux tout-petits… et leurs parents mélomanes. À 1:06, c’est l’enseigne de la Maison au Tigre d’or. À 1:08, nous voyons la statue de la princesse Libuše qui, selon la légende, fonda Prague au VIIIe siècle. À 1:10, il s’agit du Golem, personnage de mythologie juive, qu’on peut voir dans le passage du Karlova 25.

La place Mariánské

À la encontre de la rue Husova, nous tournons à gauche pour aller à la place Mariánské, située tout près.

De 1:12 à 1:19, il s’agit de la mairie de Prague, construite en 1912 (à distinguer de la Maison municipale, que nous verrons plus loin). Les sculptures Art déco de son balcon sont de Stanislav Sucharda.

De 1:22 à 1:24, c’est la bibliothèque municipale et à 1:26, l’entrée du Klementinum qui donne sur cette place.

De retour vers Karlova

Mais revenons sur la rue Husova pour la visiter plus en détail. À 1:26, nous voyons le riche portail du palais Clam-Gallas, décoré d’atlantes sculptés par Matyáš Braun et construit vers 1714.

Ce palais fut construit de 1713 à 1730 par Johann-Bernhard Fisher von Erlach pour le maréchal suprême de Bohème, Jan Gallas de Campo. Des concerts se tiennent dans son théâtre privé (où Beethoven interpréta plusieurs de ses compositions).

Avant que chaque maison de Prague soit dotée d’un numéro d’immeuble, elle portait un surnom. Ici, au Jalovcová 1 (à 1:34), voici l’enseigne de la Maison aux Trois roses d’argent.

La Petite Place

Puis, de 1:36 à 1:51, nous atteignons la Petite Place. De forme triangulaire, cette place est dominée par l’hôtel Rott (à 1:42), dont la façade a été décorée en 1890 par Mikuláš Aleš.

À noter, à gauche de l’élégante façade de la bijouterie À la Couronne dorée (à 1:44), il s’agit de la billetterie Bohemia Ticket, vendeur exclusif de billets pour certains spectacles donnés à Prague.

Au sortir de la Petite Place, on trouve le restaurant U Prince (de 1:54 à 2:02). Sur son toit, ce restaurant possède une terrasse qui offre un des meilleurs points de vue sur la place de la Vieille Ville.

À partir de 2:04, nous visitons donc cette place.

La place de la Vieille Ville

À 2:05, voici la Maison À la Minute, construite de 1564 à 1610, et dont la façade est ornée de sgraffites.

À 2:09, la place est dominée par l’hôtel de ville de la Vieille Ville (à gauche), auquel répond au loin la menaçante église Notre-Dame-de-Týn, dont les sombres clochers pointus déchirent le ciel.

Construit en 1338, l’hôtel de ville s’agrandit au fil des siècles aux dépens des maisons adjacentes. Si bien que toutes les maisons de la tour de l’Horloge à la Maison À la Minute inclusivement en font maintenant partie.

À 2:15, cette fenêtre porte l’inscription ‘Prague, capitale du royaume’.

De 2:17 à 2:27, l’horloge astronomique qui décore son beffroi date de 1410-1490. Toutefois, son mécanisme actuel (réparé plusieurs fois) est essentiellement celui que Jan Táborský mit au point entre 1552 et 1572.

Dans la salle de réception, une grande toile représente un moment marquant de l’histoire pragoise. Celle-ci est intitulée ‘Le Procès de Jan Huss’ par Václav Brožík (1883).

En 1415, le prédicateur tchèque Jan Huss (un précurseur du protestantisme) fut convoqué au concile de Constance par l’antipape Jean XXIII. C’était à l’époque où la chrétienté était dirigée simultanément par trois ‘papes’.

Condamné par un tribunal convoqué à cette fin, le prédicateur périra sur le bucher.

Pour les Tchèques, Jan Huss fait figure de héros national, représentant leur conflit contre l’oppression catholique, impériale et germanique.

Du beffroi de l’hôtel de ville (à 2:42), on a un excellent point de vue général sur la Vieille Ville.

Ceux qui immobiliseront le diaporama à 2:44 verront une récapitulation de ce qu’on a vu jusqu’ici.

Au premier plan, à droite, la mairie de Prague. Toujours au premier plan, mais à gauche, la Petite Place. Au centre de l’image, la tour astronomique du Klementinum (de couleur crème). Celle-ci cache la coupole de l’église Saint-François-Séraphin. À leur gauche, plus loin, la tour noire de la Vieille Ville (sur la Place des Croisés).

Toujours du beffroi, on peut voir (à 2:48) l’embouchure de la rue Melantrichova au coin de laquelle se trouve le grand magasin Erpet, spécialisé dans la vente de cristal de Bohème.

Sur la rue Melantrichova, nous nous arrêtons au No 20, à l’enseigne de la Maison à la Théière dorée, dont la théière a été dorée depuis notre passage (à 2:55). Puis, au No 18, l’enseigne de la Maison à la Théière d’argent (à 2:57). De 2:59 à 3:02, nous entrevoyons le Vegetarianska Restaurace (au No 15). Et finalement au No 11, où on trouve la Maison aux Cinq couronnes (à 3:04).

À 3:05, nous faisons face à un des plus anciens portails de la ville, soit celui sculpté en 1590 pour la Maison aux Deux Ours d’or, située au Kožná 1.

À 3:07, nous voyons les cariatides au 2e étage du Kožná 4 et la frise des enfants musiciens qui décore le bas du 3e étage.

À 3:09, nous voici de retour sur la place de la Vieille Ville.

À 3:11, c’est le sud-est de cette place, dominé par (de 3:13 à 3:23) par la Maison Štorch, dont la façade a été décorée au XIXe siècle par Miluláš Aleš dans le style néorenaissance. Au centre est représenté saint Vanceslas à cheval.

Cette bâtisse porte également le surnom de Maison à la Vierge de pierre en raison de cette petite sculpture d’une Vierge à l’Enfant située au-dessus de la porte d’entrée de droite (à 3:23).

Du côté oriental de la place se dresse l’église Notre-Dame-de-Týn (de 3:25 à 3:35). On y accède en traversant une des deux maisons devant elle (celle de gauche).

Sa construction débuta en 1368. Le haut de la façade est décoré d’une Vierge à l’Enfant en or massif. Au-dessus du portail nord, le fronton
représente la Passion du Christ, sculpté en 1390 (à 3:29).

On emprunte rue Týnská à droite d’un palais médiéval carré — en pierre de taille et au toit pointu — surnommé Maison à la Cloche de pierre, construit au début du XIVe siècle (à 3:37).

En empruntant cette rue à 3:39, nous accédons à la cour des Marchands (de 3:42 à 3:46). On y voit la Maison des Granovsý, construite à la Renaissance, dont le deuxième étage est ornée de sgraffites qui représentent des scènes bibliques (à 3:42).

On aboutit ensuite à la rue Malá Štupartská où se trouve l’église Saint-Jacques-le-Majeur, consacrée en 1702.

Les fenêtres de sa façade sont habillées de riches sculptures d’Ottavio Mosto, dont cette apothéose de saint François d’Assise autour de celle de droite (à 3:51).

Cette église se caractérise également par sa vingtaine d’autels latéraux où abondent les sculptures en bois doré ou peint et les toiles de maitres tchèques (de 3:53 à 4:03).

De retour sur la place de la Vieille Ville, le palais Kinský complète le côté oriental de cette place (de 4:04 à 4:11).

Construit en 1755-1756 sur les plans de Kilián-Ignác Dientzenhofer pour Jan Arnošt Golz, ce palais rococo fut vendu en 1768 au comte Kinský après le décès de son premier propriétaire.

De 1893 à 1901, l’écrivain Franz Kafka fut élève du lycée allemand aménagé à son 2e étage. De 1912 jusqu’à sa mort en 1931, son père, Hermann Kafka, y teint une mercerie au rez-de-chaussée.

De nos jours, l’édifice est une annexe de la Galerie nationale.

À 4:13, voici le monument à Jan Huss, créé en 1915 par le sculpteur Ladislav Šaloun pour commémorer le 500e anniversaire de la mort du prédicateur.

De 4:15 à 4:25, voici la partie orientale du côté nord de la place de la Vieille Ville.

De 4:19 à 4:23, il s’agit du siège du ministère du Développement régional. À l’origine, c’était le siège de la Compagnie d’assurance municipale, construit entre 1899 et 1901 par l’architecte Osvald Polivkí.

Au dernier étage, on peut voir les sculptures L’Extinction du feu et Le Signal d’alarme de Bohuslav Schnirch. Entre les deux, une mosaïque représente la princesse Libuše assise devant un panorama de Prague (due à František Urban).

Notre visite de la place de la Vieille Ville se termine par l’église Saint-Nicolas. On doit distinguer celle-ci d’une autre église Saint-Nicolas située dans le quartier du Petit Côté (que nous visiterons dans un autre diaporama).

L’église Saint-Nicolas de la Vieille Ville fut achevée en 1735 sur les plans de Kilián-Ignác Dientzenhofer. Depuis 1921, cette église appartient à l’Église hussite du pays.

Lorsqu’on la regarde à vol d’oiseau, on remarque que sa façade n’est pas placée au début de la nef, mais sur le côté droit de l’église. Pour terminer, précisons que les statues de sa façade (à 4:29) sont de Antonín Braun et que La Légende de saint Nicolas qui décore sa coupole (à 4:33) a été peinte par Kosmas-Damian Asam.

La rue Celetná

La rue Celetná relie la Place de la Vieille Ville à la Tour poudrière. L’adjectif Celetná veut simplement dire entier. Mais c’était aussi le nom d’un pain tressé très populaire qu’on vendait sur cette rue.

Nous y rencontrons successivement :
• au No 4, deux statues de la Maison des Trois épées (à 4:39),
• au No 6, l’enseigne de la Maison au Lion blanc (à 4:41).
• au No 8, le portail de la Maison au Soleil noir (à 4:43),
• au No 10, la Maison au Paon blanc (de 4:45 à 4:47),
• au No 12, le portail du Palais Hrzánsky (à 4:48),
• au No 13, portail aux armoiries de Kryštof Cavriani, propriétaire des lieux avant leur vente au comte Caretto-Millesimo (dont le palais porte le nom) (à 4:50),
• au No 17, l’enseigne (représentant saint Jean Népomucène), le portail de la Maison Menhart et l’enseigne de la taverne de l’Araignée (de 4:52 à 4:56),
• au No 20, le portail du Palais Buquoyský (à 4:58),
• au No 22, le portail et l’enseigne du restaurant À la Soupe (de 5:00 à 5:02),
• au No 23, le portail de la maison de la famille Salomon (à 5:04), surmonté d’une Vierge à l’Enfant de Matyáš-Bernard Braun (à 5:06),
• au No 29, sculpture de la Maison à l’Ange d’or, construite en 1788, où Mozart a séjourné à l’époque où il y avait là une auberge (à 5:08),
• au No 32, la Maison au Lion d’or (de 5:10 à 5:14),
• au No 34, la Maison à la Vierge noire qui abrite le musée du Cubisme (à 5:16),
• au No 36, le portail du palais Pachtův (à 5:18).

La visite de la rue Celetná se termine par la tour Poudrière (de 5:19 à 5:28).

Construite en 1876, la tour Poudrière actuelle s’inspire de la tour de la Vieille Ville (vue à 0:09). L’une et l’autre font symétrie aux extrémités de la partie de la Voie processionnelle du couronnement parcourue dans la Vieille Ville.

Cette tour-ci remplace celle qui fut construite par Matěj Rejsek au XVe siècle, mais qui fut détruite en 1757 par l’armée prussienne lors de la guerre de Sept ans (c’est la guerre à l’issue de laquelle la Nouvelle-France devient possession britannique).

La Maison municipale

La Maison municipale de Prague est un manifeste artistique.

C’est seulement lors du démantèlement de l’Empire austro-hongrois, à l’issue de la Première Guerre mondiale, que le peuple tchèque se libéra de la domination germanique.

Mais depuis des siècles, les Tchèques nourrissaient une volonté autonomiste.

Au début du XXe siècle, les autorités pragoises décidèrent de détruire les ruines de l’ancien palais du roi de Bohème (abandonné depuis le XVe siècle) pour y édifier un centre culturel qui serait l’apothéose du talent artistique tchèque.

Mais alors que le graphiste et peintre Alfons Mucha — à l’époque, l’artiste tchèque le plus populaire à travers le monde — se voyait déjà directeur artistique du nouvel édifice, une cabale s’organisa contre lui sous le prétexte que sa brillante carrière parisienne l’avait rendu ‘trop’ français.

Il aurait été complètement exclu du projet sans l’obstination du bourgmestre de l’époque à en faire le responsable de la décoration de son bureau.

En dépit de ces intrigues, la Maison municipale est une brillante réussite.

Elle fut construite de 1905 à 1911 sur les plans des architectes Antonín Balšánek et Osvald Polívka.

Au dernier étage de son aile droite (à 5:33), on peut voir quatre sculptures allégoriques d’Antonín Štrunc; la Littérature, l’Architecture, la Sculpture et la Peinture.

La mosaïque au haut de la façade (à 5:35) s’intitule L’Apothéose de Prague (de Karel Špillar). De part et d’autre, on y voit les sculptures L’Humiliation de la Nation (à gauche) et La Résurrection de la Nation de Ladislav Šaloun.

On accède au balcon métallique (décoré de vitraux) par le Bureau du bourgmestre. La nuit, il est éclairé par deux gros lampadaires soutenus chacun par un atlante (de dos à 5:37).

Le hall d’entrée elliptique donne accès non seulement au reste de l’édifice (à 5:43), mais également au café Kavárna (à gauche, de 5:47 à 5:49) et au Restaurant français (à droite, à 5:45).

De 5:55 à 6:03, il s’agit de la salle Smetana, d’une capacité de 1 500 places, située au 1er étage.

À gauche de la scène (à 5:57), on voit la loge présidentielle et un groupe sculpté illustrant Les Danses slaves de Dvořák.

À droite de la scène (à 5:59), près de la loge du bourgmestre, le sculpteur Ladislav Šaloun a plutôt choisi de représenter Vyšehrad (le nom du premier mouvement de Má Vlast de Smetana).

De chaque côté (à 6:01), les murales sont de Karel Špillar.

Puis nous entrevoyons successivement ,
• la confiserie (à 6:05),
• plafond du Parloir oriental (à 6:07),
• la salle Julius Grégr (de 6:09 à 6:17) est décorée de trois toiles de František Ženišek intitulées respectivement Chanson d’amour (à 6:11), Chanson de guerre (à 6:13), et Chanson funéraire (à 6:15). Dans un style complètement différent — et qui jure avec le reste — František Ženišek a peint trois œuvres au plafond, dont la plus grande s’intitule Poésie (à 6:17),
• la salle Riegr, meublée de moelleux sièges et banquettes bleus (à 6:19), est décorée d’un diptyque (de 6:23 à 6:25) de Max Švabinský intitulé Printemps tchèque où on peut voir les représentants du renouveau culturel tchèque; les auteurs Svatopluk Čech, Jan Neruda, Jaroslav Vrchlický, Božena Němcová et Julius Zezer, puis le sculpteur Joseph-Václav Myslbek, les peintres Mikoláš Aleš et Joseph Mánes, de même que les compositeurs Bedřich Smetana et Antonin Dvořák,
• un aperçu de la salle Sladovský de 6:28 à 6:30,
• de 6:32 à 6:34, il s’agit de la salle Palacký, décorée de deux peintures de Jan Preisler inspirées des peintres nabis.

À 6:36, nous voici devant la porte d’entrée, puis (à 6:38) devant la même porte vue de l’intérieur du Bureau du bourgmestre, où tout a été conçu par Alfons Mucha.

Au-dessus de cette porte, on voit Force pour la liberté et l’amour de l’hamonie ! et, de part et d’autre, deux des pendentifs qui sont des allégories des vertus civiques. Ici, La Fidélité – Jan-Amos Comenius et Le Pouvoir créatif – Jan de Pernštejn (à 6:40).

Puis nous y voyons, entre autres :
• l’œuvre Humilié et confus, tu renaitras, mon pays ! (à 6:42),
• le pendentif La Vigilance – Le clan des Chods (à 6:44),
• le pendentif La Détermination – Jan Roháč de Dubá (à 6:46),
• et La Concorde slave qui décore le plafond (à 6:48).

La visite guidée de la Maison municipale se termine par une pause à l’American Bar (de 6:58 à 7:02).

À l’époque, la république états-unienne exerçait une forte influence sur les intellectuels tchèques qui rêvaient à se libérer de l’empire austro-hongrois.

En raison de cette influence, le journaliste et philanthrope Vojtěch Náprstek mis sur pied une association féministe appelée Americký klub dám (ou Club américain des femmes de Bohème). L’American Bar fut un des premiers lieux publics à Prague où les femmes étaient admises sans être accompagnées d’un homme.

Le lustre de ce bar (à 7:02) est une création de la firme František Křižík, complété au centre par le dessein d’un héron par Mikoláš Aleš.

À 7:04, il s’agit de l’entrée arrière de la Maison municipale. Les statues sont de František Uprka et de Josef Mařatka.

Puis nous apercevons :
• le théâtre Hibernia (à 7:06),
• la Banque Nationale tchèque (à 7:08),
• l’hôtel Pariz (de 7:12 à 7:14).

Le tout se termine par des vues nocturnes de la Vieille Ville.

Détails techniques : Ce diaporama est composé de 212 photos prises à l’aide un appareil Canon Powershot G6.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le télé-crochet ‘Révolution’

22 novembre 2021
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Ouvert aux danseurs de tout âge et de tout style, ‘Révolution’ est un concours de danse télévisée.

Vu pour la première fois en 2018-2019, ce concept né au Québec a depuis été exporté dans quelques pays, dont la Chine (sous le nom occidentalisé de Dance Smash, ci-dessous).

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Chez nous, il en est donc à sa troisième année.

Sa particularité est que les danseurs (en nombre d’un à dix) s’exécutent sur une scène circulaire de onze mètres de diamètre entourée de 128 caméras Sony RXO 4K UHD. Ces dernières sont destinées à capter à 360° l’instant le plus spectaculaire de leur performance.

Ce sont les artistes qui choisissent au préalable le moment destiné à être capté et qui, généralement, est le ‘clou’ de leur numéro de danse.

Le jury se compose de quatre experts provenant de différentes disciplines : Lydia Bouchard (classique), le duo Les Twins (hip-hop) et Jean-Marc Généreux (danse sociale professionnelle).

L’évaluation des juges est basée à moitié sur la performance des exécutants tandis que l’autre moitié porte sur le ‘moment révolution’.

Composé de 11 épisodes de 90 minutes, ce télé-crochet est proposé le dimanche soir aux heures de grande écoute sur TVA.

Le gagnant (solo ou groupe) empoche une récompense de 100 000 $ alors que les meilleurs talents partent ensuite en tournée à travers le Québec.

On peut revoir quelques-uns des numéros en cliquant sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Grande démission aux États-Unis

20 novembre 2021

Introduction

Depuis décembre 2000, le gouvernement américain publie mensuellement des statistiques au sujet des travailleurs qui quittent volontairement leur emploi.

Leur nombre atteignit un sommet d’environ 4 478 000 démissions en aout 2019.

À titre de comparaison, en 2018, ce nombre mensuel était en moyenne de 3,5 millions (soit 21,8 % de moins).

En raison de la stagnation du revenu des salariés aux États-Unis depuis plus deux décennies, la seule manière d’augmenter sa rémunération était de papillonner d’un emploi à l’autre, d’où le nombre élevé de départs volontaires.

De janvier à aout 2021, plus de trente-millions de travailleurs américains ont quitté volontairement leur emploi.

Au mois de septembre dernier, le nombre d’embauches et de pertes d’emplois aux États-Unis ont été respectivement de 6,5 et de 6,2 millions.

Les pertes d’emplois ont consisté en 4,4 millions de démissions, de 1,4 million de licenciements et de 0,4 million de suppressions d’emploi. Ce qui est comparable à la situation qui prévalait avant la pandémie.

Avec la différence qu’une partie des démissionnaires ne font pas que quitter leur emploi; ils quittent le marché du travail. Ce dont ne tiennent pas compte les statistiques officielles.

Si bien que tout ce qu’on voit, c’est le nombre croissant des emplois qui ne trouvent pas preneur.

Travailler sous la terreur

Au cours de l’administration de Donald Trump, les mesures de mitigation adoptées par les États américains ont varié selon l’idéologie de leurs dirigeants.

Quand des gouverneurs instauraient les mesures recommandées par les autorités sanitaires, le président Trump incitait ses partisans à la révolte. Toutes les autorités compétentes ont fait face à des menaces de mort si elles osaient recommander les mesures appropriées.

Le bilan de ce régime de terreur, c’est qu’en 2020, l’espérance de vie aux États-Unis a diminué d’un an, en moyenne, et de 2,7 ans dans le cas précis des Américains à la peau très pigmentée.

Lorsqu’on dit que plus d’un demi-million d’Américains sont morts du Covid-19, cela signifie que des millions de collègues ont continué de travailler alors qu’ils apprenaient leur hospitalisation, leur admission aux soins intensifs, puis leur décès. Et tous se sont demandé qui serait le suivant.

Lorsque des employeurs étaient hostiles au port du masque, cela voulait dire qu’ils interdisaient à leurs employés de le porter sous menace de congédiement.

Et quand leur employeur l’obligeait, le salarié devait affronter l’hostilité de clients qui y étaient violemment hostiles.

Une pénurie aigüe de travailleurs

Partout aux États-Unis, les employeurs peinent à remplacer ceux qui ont démissionné ou ont de la difficulté à se doter du personnel nécessaire après une fermeture de leur établissement (restaurant ou hôtel, par exemple) depuis plusieurs mois.

Certains politiciens ont soutenu que les allocations versées aux chômeurs par Washington étaient trop généreuses. Mais la fin de ces subsides n’y a rien changé.

Même la croissance des salaires semble inefficace à inciter les chômeurs à retourner sur le marché du travail.

Où est donc le problème ?

Une occasion d’introspection

Avant la pandémie, beaucoup de jeunes adultes menaient une vie de fou, partagés entre leurs vies familiale, professionnelle et sociale.

Or la pandémie a été une occasion d’introspection.

Un grand nombre de jeunes ont réalisé qu’entre d’une part l’emploi rêvé pour lequel ils ont consacré des années de formation, et d’autre part la réalité concrète de l’exercice de ce métier ou de cette profession, il y avait un gouffre.

La Grande démission est essentiellement féminine

Au cours de la pandémie, les travailleuses ont été deux fois plus nombreuses à quitter le marché du travail que leurs collègues masculins.

Et ce, parce que beaucoup de pertes d’emploi se sont produites dans l’industrie de l’hospitalité — c’est-à-dire dans la restauration et dans l’hôtellerie — où les femmes représentaient une part importante des travailleurs.

De plus, les difficiles conditions de travail dans le secteur de la santé ont poussé bien des travailleuses à l’épuisement professionnel.

Quant à celles qui œuvraient dans le secteur de l’éducation, la polarisation violente des parents au sujet du port du masque à l’école a grandement atténué leur zèle à enseigner. Si bien que bien des enseignantes ont pris leur retraite prématurément.

Les fermetures d’écoles atteintes par des éclosions de Covid-19 ont obligé un des parents (le plus souvent la mère) à s’absenter du travail pour s’occuper d’un ou de plusieurs enfants. Ces absences subites et répétées du travail ont souvent occasionné leur licenciement.

Dans les États où les gouverneurs interdisent le port du masque à l’école, certains parents préfèrent garder leur enfant à la maison. À l’inverse, certains des parents qui sont violemment opposés au port du masque feront de même là où il est obligatoire.

Dans ce pays où il n’existe pas de garderies publiques, les garderies privées sont hors de prix pour de nombreuses familles. De plus, un nombre record de ces garderies ont fermé leurs portes au cours de la pandémie.

Si bien que le tiers des mères consacrent maintenant plus de temps à leur famille. Soit parce qu’elles ont réduit leurs heures de travail ou parce qu’elles ont quitté le marché du travail.

Tout cela réduit le nombre de femmes disponibles alors que le taux de chômage était déjà très bas avant la pandémie.

Si bien que la participation des femmes au marché du travail est le plus faible depuis trente ans. Ceci est la principale cause de la pénurie de travailleurs américains.

Les solutions

La Grande démission représente une importante perte de productivité pour l’économie américaine. Puisqu’elle est principalement féminine, l’intention du président Biden d’instituer un réseau de garderies publiques est essentielle.

Si le Congrès américain refuse cela pour des raisons partisanes ou idéologiques, le déclin économique des États-Unis face à la Chine se poursuivra.

D’autre part, prolonger la vie ‘utile’ d’un travailleur, c’est aussi profitable pour un employeur que de prolonger la vie de sa machinerie. Conséquemment, un régime public d’assurance maladie contribue à la santé des travailleurs et prolonge leur contribution à l’économique du pays.

Une des choses qui m’ont frappé au cours de cette pandémie, c’est que dans ce pays centré sur l’automobile, même les pauvres avaient besoin d’une auto pour faire la file dans une banque alimentaire.

Pour rendre le marché du travail plus attrayant, il faudra que le travailleur moyen perde moins de temps à voyager de la maison au travail et vice versa.

Quand un travailleur prend quotidiennement trente minutes pour aller et revenir du travail, c’est une heure de sa vie qui est perdue chaque jour. Après cinquante ans de carrière, c’est deux années de sa vie perdues dans le transport automobile.

Ce qui nécessite une révolution urbanistique dans toutes les grandes villes américaines et des investissements majeurs dans le transport en commun (ce qui fait également partie du plan Build Back Better du président Biden).

Dans un autre ordre d’idée, on doit se rappeler que le quart de tous les prisonniers au monde sont incarcérés aux États-Unis. Plus de vingt-millions d’Américains possèdent un dossier criminel. Or ce sont des gens qui, après avoir purgé leur peine, sont stigmatisés dans leur recherche d’un emploi. Ils contribuent à la demande de biens et de service sans contribuer à leur offre, accentuant le déséquilibre entre les deux.

Pour augmenter le nombre de personnes sur le marché du travail, les élus américains doivent atténuer le caractère répressif du système judiciaire de leur pays.

De plus, la police américaine devra cesser le profilage racial qui a pour résultat que de nombreuses personnes à la peau pigmentée voient leur permis de conduire révoqué à la suite de nombreuses infractions anodines du code de la route. Or sans auto, pas de travail dans l’Amérique d’aujourd’hui. Ce qui réduit d’autant le nombre de travailleurs disponibles.

Références :
Annual total separations rates by industry and region
‘An unbelievable sense of freedom’: why Americans are quitting in record numbers
Inégalités sociales aux États-Unis de 2000 à 2010
Job Openings and Labor Turnover Summary
L’urbanisme cellulaire
Pandémie de Covid-19 aux États-Unis
Part of the ‘great resignation’ is actually just mothers forced to leave their jobs
United States – Average Commute Time by State
Workers Are at the Heart of Our Economic Recovery
Workers quit their jobs at the fastest rate on record in 2019—here’s why

Paru depuis :
A record 4.5 million Americans quit their jobs in November (2022-01-04)

Sur le même sujet :
Réouverture des restaurants : certains ont claqué la porte pour toujours (2022-01-30)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le syndrome postcovid chez les vieillards vaccinés qui attrapent le Covid-19 quand même

19 novembre 2021

Introduction

On sait qu’une personne vaccinée peut attraper le Covid-19 en dépit de sa vaccination. Et ce, pour plusieurs raisons.

Premièrement parce que les vaccins ont été conçus contre le Covid-19 ‘classique’, aujourd’hui disparu. Deuxièmement, parce que même contre ce dernier, leur efficacité n’était pas de 100 %. Et troisièmement, parce la protection des vaccins s’atténue avec le temps.

On dit souvent que la pandémie actuelle est celle des non-vaccinés. En réalité, c’est inexact. La pandémie au variant Delta peut être comparée à un iceberg.

Sa partie émergée, c’est celle qu’on voit aux admissions hospitalières, aux soins intensifs et chez ceux qui décèdent du Covid-19; ce sont presque exclusivement des non-vaccinés.

Et il y a la partie submergée; c’est l’explosion du nombre de cas de vaccinés qui attrapent le Covid-19 brièvement et de manière anodine.

Dans le cas particulier des vieillards, l’infection en dépit de la vaccination est sujette à plus d’inquiétude.

La question qu’on peut se poser est la suivante : même anodine, cette réinfection chez les vieillards laisse-t-elle des séquelles ?

C’est à répondre à cette question que se sont employés trois chercheurs américains.

L’étude américaine

À partir de la base de données du ministère des anciens Combattants de l’armée américaine, on a comparé le cas de 16 035 vétérans vaccinés qui ont attrapé le Covid-19 quand même à 3 569 525 vétérans (vaccinés ou non) qui ne l’ont pas attrapé. Ces derniers ont servi de groupe témoin.

Dans le premier groupe l’âge moyen fut de 66,6 ans et dans le second, de 63,8 ans.

Dans le premier groupe, la sévérité de l’infection n’a pas justifié l’hospitalisation de 13 683 d’entre eux (85 %).

Toutefois les symptômes furent suffisamment sévères chez les 2 352 autres (15 %) pour justifier leur admission à l’hôpital.

Chez ceux dont les symptômes furent légers, on nota une augmentation de la fréquence de symptômes postcovids (c’est-à-dire qui persistent au-delà de trente jours après l’infection proprement dite).

Toutefois, chez les vétérans dont l’infection au Covid-19 fut sévère, on nota une augmentation beaucoup plus importante de la proportion d’entre eux qui développèrent des séquelles.

Conclusion

Chez les vieillards vaccinés qui contractent le Covid-19 quand même, le risque d’être atteint de séquelles s’accroit avec la gravité de l’infection.

Références :
Cognitive deficits in people who have recovered from COVID-19
High-dimensional characterization of post-acute sequelae of COVID-19
Long Covid after Breakthrough COVID-19: the post-acute sequelae of breakthrough COVID-19
Long Covid after Breakthrough COVID-19 (données)
Population-Based Estimates of Post-acute Sequelae of Severe Acute Respiratory Syndrome Coronavirus 2 (SARS-CoV-2) Infection (PASC) Prevalence and Characteristics
Un Covid long peut également survenir chez des personnes vaccinées atteintes de Covid-19

Paru depuis :
Les problèmes neurologiques associés à la COVID-19 mieux compris (2021-11-26)

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

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| Covid-19, Santé | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Déjà quinze-millions de requêtes…

18 novembre 2021

Quelque part à travers le monde, un lecteur vient de demander la quinze-millionnième requête en vue de consulter un document sur ce blogue.

Pour vous remercier de l’intérêt que vous portez à ce qu’on y trouve, j’ai décidé de vous offrir quelques-uns de mes fonds d’écran préférés. Ils sont offerts pour votre usage personnel, sans but lucratif.

La résolution de ces images est celle de mon MacBook Pro, soit 2880 x 1800 pixels.

Pour en télécharger une copie, cliquez d’abord sur l’imagette ci-dessous. Sa version en haute résolution apparaitra. Cliquez droit pour copier. Puis choisissez l’option Enregistrez sous… pour copier le fichier dans le répertoire approprié de votre ordinateur.

Dans le sens habituel, ces photos, montrent :
• la Place de la Vieille Ville de Prague,
• la Place Desjardins à Montréal,
• un papillon Morpho Blanc,
• le puits de lumière des Galeries Lafayette à Paris,
• la Rua Dr. António Sousa Macedo à Porto,
• à la forteresse de Suomenlinna d’Helsinki.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le boomerang de l’arrestation citoyenne

17 novembre 2021

Dans plus d’une trentaine de pays, la loi permet à une personne qui n’est pas policier de procéder à une arrestation.

Dans la plupart des cas, il s’agira d’un citoyen armé qui arrête un malfaiteur qui vient de commettre un méfait sur sa propriété ou qui y est entré par effraction.

Il peut s’agir également d’un gardien de sécurité armé qui arrête un malfaiteur qui vient de commettre un délit dans un commerce sous sa surveillance.

Dans tous les cas, la loi exige que le citoyen qui procède à l’arrestation ait été témoin du crime et que l’individu appréhendé soit remis à la police dans les plus brefs délais.

Dans certains pays, la loi ordonne la fin de l’arrestation citoyenne dès que le suspect a fait la preuve de son identité — ce qui est le présage de poursuites éventuelles devant les tribunaux — à moins que la gravité de l’acte exige la remise aux mains des forces policières.

Contrairement à un policier, un citoyen qui procède à l’arrestation d’une autre personne peut être accusé de violation de droits civiques si l’arrestation est injustifiée.

Au Canada, on ne peut procéder à une arrestation citoyenne qu’en cas de délit en vertu du Code criminel canadien. En d’autres mots, un citoyen ne peut pas arrêter une personne sur le motif de la violation d’un règlement municipal ou d’une loi provinciale, sauf en Ontario où cela est permis dans des cas très précis.

En France, la personne appréhendée doit avoir été prise en flagrant délit d’un crime punissable d’une peine d’emprisonnement. L’usage de la force n’est permis qu’en cas d’autodéfense.

Aux États-Unis, tout citoyen peut arrêter une personne lorsqu’il est témoin d’un crime. La liste des crimes qui peuvent donner lieu à une arrestation citoyenne varie d’un État à l’autre. Dans certains États américains, on peut arrêter quelqu’un d’autre au simple motif de tapage nocturne.

En conclusion, au Canada, un citoyen témoin de la commission d’un crime (au sens du Code criminel) peut arrêter le malfaiteur sur-le-champ et le remettre aux autorités policières dans les plus brefs délais.

Toutefois, s’il ne s’agit pas d’une offense selon le Code criminel canadien, c’est celui qui arrête l’autre qui viole la loi.

Références :
Ce qu’il faut savoir au sujet de l’arrestation par de simples citoyens
Citizen’s arrest
L’État de la Géorgie radie la loi sur les arrestations citoyennes
Loi sur l’arrestation par des citoyens et la légitime défense
Que comprendre des gens qui croient avoir le droit d’arrêter des politiciens

Paru depuis :
Un conspirationniste blessé lors d’une tentative d’« arrestation citoyenne » de policiers (2022-08-18)

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| Justice | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La chasse à l’Autochtone

15 novembre 2021

Introduction

Tout comme pour le racisme tout court, il existe différents degrés de sévérité dans le racisme systémique.

Celui-ci est patent dans le refus du gouvernement québécois de mettre en tutelle le service de police de la ville de Repentigny, dont le racisme, qui dure depuis des années, est une gêne nationale.

De plus, lorsqu’un enfant Autochtone tombe à ce point malade qu’il faut d’urgence le transporter par avion à un hôpital situé dans le Sud, le Québec est la seule province canadienne qui refuse que l’enfant soit accompagné de sa mère ou d’un autre parent.

Mais il y a pire. Parce qu’il y a toujours pire…

Le racisme colonial anglais

Il y eut une époque où les colons anglais pratiquaient la chasse à l’Autochtone. Comme on pratique, de nos jours, la chasse à l’orignal (l’élan d’Amérique).

Le génocide réussi des Béothuks à Terre-Neuve (devenu province canadienne en 1949) est le résultat de cette chasse.

Elle fut également pratiquée aux États-Unis.

De 1675 à 1760, les gouvernements de la Nouvelle-Angleterre ont émis 69 décrets accordant une prime équivalente à douze-mille dollars d’aujourd’hui pour le scalp d’un Autochtone mâle, la moitié pour le scalp d’une Autochtone et un peu moins pour celui d’un enfant.

Une cinquantaine d’autres décrets ont été promulgués ailleurs aux États-Unis, jusqu’aussi récemment que 1885.

En principe, la prime était accordée uniquement pour l’homicide d’un Autochtone issu d’une des nombreuses nations hostiles. Mais comme il était impossible de distinguer, par exemple, le scalp d’un ‘bon’ Iroquois d’un ‘mauvais’ Algonquin, n’importe quel scalp était récompensé.

Cette récompense équivalait à la solde d’un soldat anglais pour deux ans de service.

Parfois, quand un groupe de colons exterminaient tout un village, en plus de la prime, on leur accordait le territoire occupé par les scalpés afin qu’ils puissent s’y établir. C’est ainsi que des milliers d’acres de terres en Nouvelle-Angleterre sont devenus des territoires ‘non cédés’.

En 1755, l’honorable Spencer Phips, en sa qualité de lieutenant-gouverneur de la baie du Massachusetts, promulguait un décret qui déclarait la nation des Penobscots comme cible d’extermination et ordonnait aux sujets de sa Majesté de saisir toutes les occasions de traquer, de capturer, de tuer, et de les éradiquer tous.

Une recherche en cours dans les archives coloniales de la Nouvelle-Angleterre a documenté jusqu’ici 375 primes versées à la suite de 94 réclamations, représentant des déboursés équivalents à plus de quatre-millions de dollars d’aujourd’hui.

Dès 1790, une fois par décennie, le recensement effectué par le gouvernement fédéral américain servait, entre autres, au décompte national des esclaves.

En 1860, on ajouta l’item ‘Indians’ au choix de réponses à la question qui portait sur la ‘race’ du citoyen afin de documenter le génocide en cours des Autochtones du pays.

Références :
Ces cowboys de Repentigny qui déshonorent le métier de policier
Le génocide des Béothuks à Terre-Neuve
Le racisme systémique en mode binaire
Le transport aérien d’urgence d’enfants autochtones malades : la cruauté de l’État québécois
L’obsession américaine de la ‘race’
New England once hunted and killed humans for money. We’re descendants of the survivors

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| Racisme, Sociologie | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le bleu du drapeau français

15 novembre 2021

Au Québec, encourager le Tricolore, c’est être partisan du club de hockey les Canadiens de Montréal.

Mais en France, le tricolore, c’est le drapeau national.

Avant d’être un drapeau, c’était un ornement circulaire porté à la coiffe ou à la boutonnière des révolutionnaires de 1789.

L’année suivante, l’Assemblée constituante décidait que tous les navires français devaient battre un pavillon rouge blanc bleu (et non l’inverse) dont les bandes se disposeraient à la verticale.

Et ce, pour les distinguer des navires néerlandais qui, depuis le XVIe siècle, battaient un pavillon aux mêmes couleurs, mais disposées à l’horizontale.

Il fallut attendre le 15 février 1794 pour que la Convention nationale adopte officiellement le drapeau bleu blanc rouge (dans cet ordre).

Originellement, le bleu du drapeau français était bleu marine.

En 1955, le Conseil de l’Europe adoptait le drapeau européen, composé de douze étoiles à cinq branches sur fond bleu mariane. Ce bleu légèrement plus pâle est la couleur d’un ciel ensoleillé sans nuages. On l’appelle ainsi parce que depuis le XVe siècle, il est la couleur officielle du voile porté par la Vierge Marie.

Sous le président Valéry Giscard d’Estaing — fervent europhile — le bleu du drapeau français était passé de marine à mariane, de manière à mieux s’harmoniser au drapeau européen lorsque les deux sont placés côte à côte.

Rebelle, la marine française a toujours conservé le ‘vrai’ drapeau issu de la Révolution.

S’appuyant sur les pouvoirs régaliens du chef de l’État français, le président Emmanuel Macron a décidé secrètement de revenir aux couleurs originelles du tricolore, le 13 juillet 2020 (la veille de la fête nationale française).

Hier, les journalistes d’Europe 1 rendaient publique cette décision. Depuis, les spéculations vont bon train quant au sens qu’il faut lui donner.

Pour l’instant, cette modification n’a pas été imposée aux bâtiments officiels français; seul de drapeau du palais de l’Élysée arbore les nouvelles couleurs de la France.

Références :
Drapeau européen
Emmanuel Macron a changé la couleur du drapeau français
Emmanuel Macron a changé la couleur du drapeau français (et ce n’est pas anodin)
Le drapeau français
Les partisans du Tricolore festifs, sous la pluie
Sacré bleu: French flag changes colour – but no one notices

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| Fait divers | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


L’appui aux restrictions sanitaires

14 novembre 2021

Introduction

La firme de sondage Pew Research Center a publié le 23 juin dernier les résultats d’une consultation téléphonique effectuée du 1er au 7 février 2021 auprès de 2 596 Américains et du 12 mars au 26 mai 2021 auprès de 16 254 adultes répartis dans seize autres pays développés.

La majorité des personnes consultées croient que la lutte sanitaire a causé des divisions au sein de l’opinion publique.

Dans 12 des 13 pays consultés à la fois l’an dernier et cette année, la proportion des personnes de cet avis s’est accrue.

Au Canada, ceux qui le croient sont passés de 29 % des personnes consultées en 2020 à 61 % en 2021. Aux États-Unis, cette proportion, déjà à 77 % l’an dernier, a atteint 88 % en février de cette année.

En France et en Belgique, elle est passée respectivement de 49 % à 68 % et de 55 % à 66 %.

Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Ceci étant dit, le calcul de la médiane générale révèle que moins d’une personne sur cinq croit qu’on a utilisé des moyens excessifs pour combattre cette pandémie. La majorité des gens sont à peu près également partagés entre ceux qui estiment que les moyens étaient appropriés (41 %) ou insuffisants (37 %).

En Extrême-Orient et en Océanie — où les mesures imposées ont souvent été draconiennes — une médiane de 63 % des gens approuvent les décisions prises par leurs dirigeants.

En comparaison avec les pays occidentaux, ce consensus s’est établi en grugeant de moitié autant le groupe de ceux qui auraient voulu moins de restrictions sanitaires que celui qui en aurait voulu plus.

Référence :
People in Advanced Economies Say Their Society Is More Divided Than Before Pandemic

Parus depuis :
COVID-19 – Sondages sur les attitudes et comportements des adultes québécois (2022-02-22)
Un Québécois sur quatre appuie le message des manifestants antimesures sanitaires (2022-02-22)

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les 2Frères

13 novembre 2021
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Le duo 2Frères est composé des frères Érik et Sonny Caouette, originaires de Chapais (une ville minière située dans la région Nord-du-Québec).

Après avoir regardé une émission de télévision qui leur était consacrée, j’ai décidé de passer en revue leur discographie sur iTunes. Ce qui m’a amené à acheter plusieurs de leurs chansons.

Leurs enregistrements se caractérisent par trois choses : une diction impeccable, leur veine mélodique et un talent exceptionnel à pondre de manière concise un récit parfaitement bien fignolé.

Sur ce dernier point, on peut donner l’exemple de 33 Tours, relatant une histoire où on ne sait plus très bien, entre le disquaire et sa cliente, qui a réussi à séduire l’autre.

Le chant est simple, sans démonstration de virtuosité. Tout au plus, à la fin des phrases musicales de certaines chansons (dont Un peu de toi), on maintiendra légèrement le chant une fraction de seconde au-delà de ce qui est nécessaire à la prononciation de la dernière syllabe.

En passant en revue les chansons offertes sur les trois albums publiés jusqu’ici, on aurait intérêt à écouter également les chansons jugées de moindre intérêt qui, dans bien des cas, sont de véritables petits bijoux.

Je pense à ‘Ti-gars’ (coté 2/11), qui décrit les émotions qui bousculent la vie des parents, de la naissance à l’âge adulte d’un enfant.

Et à ‘Grande personne’ (coté 7/11) qui, à l’inverse, présente une relation père-fils décrite du point de vue de l’enfant.

Bref, un duo dont la popularité est amplement méritée.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14 — 1/200 sec. — F/4,0 — ISO 500 — 90 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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