La Norvège est un pays de 5,5 millions d’habitants.
À l’exception des perturbations occasionnées l’an dernier par le ralentissement de l’économie mondiale, ce pays jouit habituellement d’une balance commerciale excédentaire grâce à ses exportations d’hydrocarbures (pétrole brut et gaz naturel).
Paradoxalement, ce pays décourage la consommation de pétrole par des taxes élevées et subventionne généreusement l’achat de véhicules électriques par ses citoyens.
Si bien que ce pays, au 15e rang mondial des producteurs de pétrole brut, est au 10e rang des pays exportateurs. En somme, le pétrole, c’est bon pour les autres.
Ses revenus pétroliers sont partiellement investis dans un fonds souverain richissime.
Et pour se protéger de la convoitise de pays prédateurs, la Norvège possède une armée de 23 000 soldats.
Le service militaire y est obligatoire. Il s’adresse à tous les citoyens adultes, peu importe le sexe.
Entre 19 et 28 ans, chaque Norvégien effectue un service militaire de 12 mois. Puis, un autre de 4 à 5 mois ultérieurement dans sa vie.
En raison de la prospérité du pays, les conscrits disposent des armes les plus sophistiquées, achetées des États-Unis, de France, d’Italie, de Corée du Sud et d’Espagne.
Bref, ses militaires ne manquent de rien. Du moins, en principe.
Mais voilà que la pandémie au Covid-19 a perturbé certains approvisionnements. Plus précisément, l’armée norvégienne manque cruellement… de sous-vêtements.
Autrefois, à l’issue de leur service militaire, les conscrits partaient avec les caleçons, les brassières et les bas (appelés chaussettes en France) mis à leur disposition à leur admission dans les forces armées.
Mais les pénuries actuelles font qu’on prie maintenant les conscrits de les retourner à l’armée à la fin de leur service militaire.
Tout cela est maintenant nettoyé, désinfecté, et reprisé (si nécessaire) puis remis aux jeunes recrues qui leur succèdent.
Comme quoi servir la patrie entraine parfois de petits sacrifices…
Si la capacité maximale de dépistage des laboratoires de Santé publique était exclusivement consacrée au personnel du réseau québécois de la Santé, cela prendrait six jours. En effet, le réseau compte un peu moins de 300 000 employés alors que la capacité maximale de dépistage des laboratoires est de 50 000 tests par jour.
En mettant en télétravail tous les employés qui peuvent l’être et en permettant aux employés qui ne sont pas de contact direct avec les patients de contaminer leur lieu de travail à leur guise, on pourrait, parait-il, tester tous les autres deux ou trois fois par semaine.
On le fait déjà pour les travailleurs de la Santé qui refusent d’être vaccinés.
À l’époque du Covid-19 et de ses variants ‘lents’, tester le personnel de la Santé deux fois par semaine était une idée excellente, réclamée en vain.
Entre le moment où on attrapait le Covid-19 ‘classique’ — en inspirant les gouttelettes respiratoires d’une personne contagieuse — et le moment où apparaissaient les premiers symptômes, il s’écoulait en moyenne 5,2 jours.
Tester deux fois par semaine permettait de dépister les personnes nouvellement contagieuses (même celles encore asymptomatiques).
Mais avec les variants ‘rapides’ du Covid-19, cela ne suffit pas.
Tant avec le variant Delta que l’Omicron, cet écart est réduit à deux jours. Tester deux fois par semaine, c’est comme essayer d’attraper des moustiques avec une raquette de tennis.
En réalité, avec l’Omicron, il faut tester quotidiennement à l’aide de tests rapides. Les tests PCR (en laboratoire) prennent trop de temps pour être utiles à empêcher la propagation de l’Omicron. Tout au plus, peuvent-ils servir à confirmer, si nécessaire, la validité du résultat d’un test rapide.
Évidemment, on nous répondra que tester quotidiennement est impossible dans le contexte actuel. Ce qui est vrai; le ‘contexte actuel’ est celui d’une Santé publique qui n’a pas su, en deux ans, se doter des moyens pour combattre efficacement cette pandémie.
Ne tester que les travailleurs symptomatiques ?
Même à cette fréquence de deux fois par semaine, on ne peut pas tester tous les travailleurs de la Santé parce qu’il faut aussi tester d’autres personnes prioritaires; les patients hospitalisés symptomatiques, les Autochtones, les policiers, les pompiers, les ambulanciers, et (bientôt) le personnel scolaire.
Bref, il faut prévoir que dans les semaines qui viennent, on ne testera plus que les personnes symptomatiques au sein des groupes prioritaires. Et ce, au nom de la ‘rationalisation’ du dépistage.
Depuis le 29 décembre 2021, on ordonne aux travailleurs essentiels positifs au Covid-19 – mais asymptomatiques – de retourner travailler avant la fin de la période d’isolement lorsqu’il y a risque de rupture de services.
Dans les faits, les gestionnaires des établissements de Santé jugent qu’il y a toujours risque de bris de service; ce risque est permanent.
Normalement, les travailleurs atteints devraient retourner au travail après deux choses; leur quarantaine de huit jours et un test rapide négatif.
Puisque la mise en quarantaine est recommandée aux personnes qui ont été en contact avec une personne contagieuse, les journalistes ont cherché à savoir si les patients hospitalisés pour des raisons autres que l’infection par Covid-19 seront prévenus s’ils ont été en contact avec un travailleur encore contagieux qui a été rappelé prématurément au travail.
Apparement, cela a pris au dépourvu les autorités sanitaires qui ont pris cette question en délibéré. La réponse est simple. La contagion par Covid-19 fait partie du dossier médical d’un travailleurs de la Santé. Qu’il soit atteint par le Covid-19 ou la syphilis, c’est confidentiel.
Ce qui veut dire que les personnes qu’on placera à risque d’attraper le Covid-19 dans nos hôpitaux n’en sauront jamais rien.
Répéter les mêmes erreurs
Sur les milliers de décisions prises par les autorités sanitaires, on peut comprendre qu’on puisse, çà et là, commettre quelques erreurs. Mais il est inacceptable qu’on répète continuellement les mêmes erreurs.
Pourquoi y a-t-il eu tant de personnes contaminées dans nos établissements de Santé au début de la pandémie ? Parce qu’on a voulu à tout prix éviter la rupture des services.
C’est pour cela qu’on a obligé des travailleurs symptomatiques à se présenter au travail dans l’attente du résultat de leur test de laboratoire.
C’est pour cela qu’on a continué d’employer des travailleurs d’agences de placement qui allaient ‘boucher les trous’ d’un endroit à l’autre car le système de Santé ne peut pas fonctionner sans eux.
Et c’est pour cela qu’on a continué d’imposer des heures supplémentaires obligatoires en pleine pandémie, poussant des centaines d’infirmières à changer de vocation. Accentuant ainsi les pénuries de personnel qu’on voulait prévenir.
Propager la contagion au sein du réseau de la Santé en permettant aux travailleurs encore contagieux d’y retourner prématurément généralise les bris de service au lieu de les éviter.
Des erreurs dont la gravité est inconnue
À l’heure actuelle, on connait la contagiosité extrême de l’Omicron. Selon la CDC américaine, elle serait le triple de celle du variant Delta, lui-même très contagieux.
Par contre, on le sait moins virulent que les autres membres de la famille covidienne. Selon l’expérience sud-africaine, il est rarement mortel, autant chez les vaccinés que chez ceux qui ne le sont pas.
Mais on ne connait pas précisément sa dangerosité.
Bon an, mal an, la grippe saisonnière fait environ mille morts au Québec et provoque l’admission de milliers d’enfants dans nos hôpitaux pédiatriques.
S’il s’avère que l’Omicron n’est pas plus mortel que la grippe ordinaire, les imprudences actuelles de la Santé publique lui seront pardonnées.
À l’approche du couvre-feu, il y a moins de gens à l’extérieur dans les quartiers centraux de la ville. Ce qui donne l’impression aux rares personnes qui s’y aventurent, que la ville leur appartient.
Dans le Vieux Port
L’objectif photographique que j’ai utilisé ce soir ne possède pas de diaphragme. Sur le dessus de cet objectif, il y a une fente dans laquelle on insère une plaque trouée qui joue le même rôle.
L’ouverture de cette plaque peut être circulaire ou adopter une forme de fantaisie. Dans ce dernier cas, les sources lumineuses adoptent également cette forme (ici en étoile à cinq branches).
Iceberg, de Félix Dagenais et Louis-Xavier Gagnon-Lebrun
Lorsque j’étais à Shanghai, un visiteur asiatique avait pris ma silhouette en photo à mon insu alors que j’étais en train de photographier la ville du haut d’une haute tour.
Par hasard, nous étions sortis de cette tour en même temps. Il m’avait montré sa photo… que je m’étais empressé de photographier à mon tour.
Hier soir, j’ai remis la politesse à un touriste asiatique qui visitait le festival Luminothérapie 2022.
Écho – Le Chant de l’inconnu, de Mathias Gmachl
Sur la Place des Festivals, cette sculpture en bois est placée devant un mur (ici hors champ) sur lequel est projetée une vidéo montrant des vagues. Elle est accompagnée d’un enregistrement de chants de baleines.
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif Daguerreotype Achromat 64mm F/2,9 Art Lens
1re photo : 1/100 sec. — F/? — ISO 640 — 64 mm
2e photo : 1/20 sec. — F/? — ISO 6400 — 64 mm
3e photo : 1/40 sec. — F/4,0 — ISO 6400 — 64 mm
4e photo : 1/80 sec. — F/4,0 — ISO 6400 — 64 mm
Monument à Paul de Maisonneuve (à la Place d’Armes)
Boutique Boho Lab
Figurine de Tintin
Au restaurant Toqué!
Pour une période indéterminée, c’est le 31 décembre à 22h qu’entrait en vigueur le premier d’une série de couvre-feux nocturnes.
Vers 19h, je me suis empressé d’aller dans le Vieux-Montréal pour y capter un peu de l’atmosphère des lieux.
Pour l’occasion, j’ai apporté un objectif donne beaucoup de cachet aux photos qu’il prend (en dépit de leur manque de netteté).
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif Daguerreotype Achromat 64mm F/2,9 Art Lens
1re photo : 1/25 sec. — F/? — ISO 6400 — 64 mm
2e photo : 1/40 sec. — F/5,6 — ISO 6400 — 64 mm
3e photo : 1/100 sec. — F/5,6 — ISO 6400 — 64 mm
4e photo : 1/125 sec. — F/5,6 — ISO 2500 — 64 mm
5e photo : 1/100 sec. — F/5,6 — ISO 4000 — 64 mm
L’émission Bye Bye est une revue humoristique des principaux évènements de l’année. Diffusée le 31 décembre, elle est écoutée par des millions de téléspectateurs québécois.
Cette année, la chaine d’animaleries Mondou y présentait une publicité audacieuse au sujet des mesures sanitaires.
Au bénéfice des lecteurs de ce blogue qui vivent hors du Canada, permettez-moi de vous la faire connaitre.
Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.
À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.
Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants. Tableau comparatif des pays les plus atteints en nombre cumulatif de morts par million d’habitants, au premier jour du mois, aux deux mois.
Pays
Jan.
Mars
Mai
Juil.
Sep.
Nov.
Jan’22
Pérou
1136
1403
1843
5753
5918
5963
6022
Bulgarie
1099
1491
2382
2620
2751
3534
4510
Bosnie-Herzég.
1249
1552
2620
2965
3014
3567
4136
Hongrie
1002
1561
2874
3113
3121
3208
4072
Macédoine du N.
1205
1509
2348
2633
2863
3430
3825
Géorgie
634
884
1037
1338
1880
2536
3484
Rép. Tchèque
1093
1909
2733
2825
2833
2867
3369
Croatie
968
1354
1746
2012
2046
2272
3091
Roumanie
826
1065
1474
1772
1812
2521
3086
Slovaquie
412
1331
2148
2290
2297
2388
3050
Brésil
916
1198
1901
2430
2712
2833
2882
Lithuanie
588
1199
1463
1633
1706
2213
2777
Slovénie
1312
1854
2048
2125
2140
2287
2692
Arménie
953
1077
1391
1522
1636
2147
2684
Pologne
766
1158
1796
1985
1994
2038
2582
Argentine
954
1145
1407
2078
2452
2535
2558
Moldavie
746
987
1447
1539
1592
1947
2558
États-Unis
1074
1586
1776
1864
1980
2299
2537
Colombie
850
1168
1446
2083
2427
2467
2515
Lettonie
343
866
1145
1351
1385
1759
2467
Belgique
1681
1899
2083
2163
2179
2230
2429
Paraguay
315
445
899
1786
2182
2242
2289
Mexique
971
1430
1668
1789
1987
2206
2286
Italie
1235
1622
2004
2113
2142
2189
2279
Ukraine
428
598
1021
1205
1240
1568
2217
Royaume-Uni
1089
1805
1870
1878
1974
2058
2174
Tunisie
398
674
907
1262
1968
2107
2131
Russie
394
592
757
931
1260
1642
2121
Trinité-et-Tobago
91
99
122
610
927
1216
2050
Chili
868
1075
1374
1690
1913
1954
2022
Grèce
469
629
1007
1224
1319
1544
2015
Espagne
1087
1488
1672
1729
1806
1868
1911
France
991
1328
1601
1698
1751
1798
1891
Portugal
685
1607
1669
1682
1747
1788
1869
Équateur
790
888
1048
1206
1796
1831
1867
Uruguay
55
175
766
1612
1730
1742
1767
Panama
935
1341
1426
1493
1607
1661
1682
Bolivie
780
989
1099
1417
1556
1593
1652
Iran
655
710
849
992
1272
1480
1538
Autriche
693
948
1131
1182
1188
1253
1514
Afrique du Sud
484
836
908
1016
1371
1479
1509
Suède
861
1265
1384
1436
1440
1472
1498
Serbie
373
512
733
810
840
1153
1467
Estonie
180
451
878
956
974
1160
1459
Costa Rica
427
546
629
909
1073
1363
1424
Suisse
882
1148
1221
1250
1260
1288
1404
Namibie
80
165
248
601
1305
1366
1397
Québec
958
1214
1276
1321
1330
1348
1379
Liban
240
697
1074
1156
1187
1254
1348
Allemagne
410
845
996
1089
1103
1144
1340
Jordanie
376
460
862
947
1010
1069
1225
Pays-Bas
672
908
1000
1033
1048
1072
1219
Irlande
453
868
984
1001
1022
1085
1178
Albanie
411
631
833
854
870
1020
1120
Eswatini
185
558
573
578
947
1056
1110
Honduras
315
415
526
696
885
1012
1029
Botswana
18
150
323
483
939
996
1009
Turquie
248
337
476
584
667
828
963
Malaisie
14
34
46
160
515
880
955
Palestine
273
396
625
683
704
841
885
Israël
365
626
692
689
760
869
884
Guatemala
263
350
412
507
656
822
875
Jamaïque
101
142
260
360
516
753
831
Azerbaïdjan
262
316
445
488
554
692
814
Libye
212
316
433
457
611
732
814
Bahreïn
201
257
368
769
779
781
779
Oman
286
300
383
598
774
778
776
Cuba
13
29
58
115
476
728
735
Sri Lanka
10
22
32
145
437
639
696
Kazakhstan
94
120
168
230
495
635
681
RoC*
256
401
461
518
538
602
639
Vietnam
0,4
0,4
0,4
0,8
121
225
331
Japon
27,4
62,5
81,1
117
127
145
146
Singapour
4,9
4,9
5,3
6,1
9,3
71,4
140
Corée du Sud
17,9
31,3
35,7
39,4
44,7
55,7
110
Taïwan
0,3
0,4
0,5
27,7
35,0
35,4
35,6
Hong Kong
19,7
26,7
27,8
27,9
28,0
28,0
28,0
Chine
3,2
3,2
3,2
3,2
3,2
3,2
3,2
*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec. Discussion : Pour la très grande majorité des pays ci-dessus, l’année qui vient de se terminer fut plus meurtrière que l’année 2020.
Pour la douzaine de pays où ce fut l’inverse, tout s’est joué dans les premières semaines de la pandémie; on les trouve déjà parmi les plus atteints dès le 1er avril 2020.
Plus récemment, en novembre et en décembre 2021, les augmentations les plus importantes ont été rapportées dans la partie orientale de l’Europe.
Dans les Balkans : en Bulgarie (+976) et en Boznie-Herzégovine (+569). Dans le Caucase : en Géorgie (+948). En Europe centrale : en Hongrie (+864) et en Slovaquie (+662). En Europe de l’Est, plus précisément en Croatie (+819). Puis dans les pays baltes : en Lettonie (+709).
À cette liste s’ajoute Trinité-et-Tobago (+834).
Signalons qu’en Afrique australe (où le variant Omicron a été découvert), on ne note pas d’augmentation importante de la mortalité en dépit d’un taux de double-vaccination très bas : en Afrique du Sud (+30), en Namibie (+31), au Botswana (+13), et en Eswatini (+54).
L’Omicron fut détecté en Afrique du Sud aux environs du 10 novembre 2021.
Très tôt, on connut l’essentiel de ce qu’on devait savoir à son sujet.
En résumé, il est beaucoup plus contagieux que le variant Delta. Il échappe partiellement à la protection conférée par les vaccins (conçus spécifiquement contre le Covid-19 ‘classique’); vacciné ou non, on peut l’attraper, mais plus brièvement et moins sévèrement si on est vacciné.
Les deux seules propriétés importantes qu’on ignorait encore, c’est son pouvoir immunisant et sa virulence.
Protège-t-il les personnes atteintes de toute infection ultérieure par le Covid-19 ? On l’ignore toujours.
Est-il dangereux ? Oui, quelques personnes en sont mortes. Mais est-il plus mortel que les autres membres de la famille covidienne ? C’est à cette question que l’expérience sud-africaine permet de répondre.
Dans ce pays de 60,4 millions d’habitants qu’est l’Afrique du Sud, la vague provoquée par l’Omicron correspond à un tsunami aussi brutal que bref.
Le nombre cumulatif de cas de Covid-19 est passé de 2,9 millions le 10 novembre à 3,4 millions hier. Ce qui correspond officiellement à 504 226 cas en 50 jours, soit en moyenne dix-mille cas par jour.
Le sommet de la contagion a été atteint le 12 décembre 2021 (avec ses 37 875 cas). Mais depuis, la contamination a chuté.
En somme, à peine un mois après son apparition, le tsunami de l’Omicron a commencé à perdre de sa force.
Au cours de son passage, a-t-il fait des ravages ?
Entre le 10 novembre et hier, le nombre cumulatif de morts du Covid-19 dans ce pays est passé de 89 435 à 91 061, soit 1 626 de plus en 50 jours. C’est une moyenne quotidienne de 33 décès.
C’est infiniment moins qu’au cours des vagues précédentes.
Rapporté à la taille de la population du Québec, cela correspond à 4,6 décès par jour. Au cours de la même période, il y a eu au Québec 164 décès en 48 jours, soit une moyenne de 3,4 par jour.
Toutefois, il faut se rappeler que la population d’Afrique du Sud est plus jeune que celle du Québec; l’âge médian y est de 28 ans.
De plus, le tsunami de l’Omicron a frappé ce pays au cours de la saison estivale puisque les saisons y sont inversées par rapport à nous.
Et finalement, le taux de double-vaccination y est de 26,6 %, compensé par une immunité acquise à la dure avec le variant Delta (qui y a fait des ravages en juillet et aout 2021).
Compte tenu de cela, dans quelle mesure l’expérience sud-africaine est-elle pertinente au Québec ?
On peut anticiper une augmentation très importante des cas en raison de l’extrême contagiosité de l’Omicron.
Déjà, du 11 au 28 décembre 2021, le nombre quotidien de cas au Québec est passé de 1 690 à 11 762, officiellement. Dans les faits, c’est certainement beaucoup plus en raison des délais excessifs à obtenir un rendez-vous de dépistage.
Au cours de cette période, la proportion des cas causés par l’Omicron passait d’environ 20 % à 92,6 %.
Puisque l’infection à l’Omicron provoque souvent des symptômes légers chez le vacciné qui ne durent que trois ou quatre jours, une partie de ceux qui réussissent à obtenir un rendez-vous y renoncent le temps venu. Ce qui fait qu’ils ne sont jamais officiellement comptabilisés comme des cas.
Au cours des semaines qui viennent, l’augmentation des hospitalisations devrait être moindre qu’anticipée puisque la contamination massive (et voulue) du personnel des hôpitaux québécois devrait servir de repoussoir à une bonne partie de la population qui, autrement, s’y présenterait.
Contrairement au nombre de cas, on peut se fier au nombre actuel des admissions aux soins intensifs. Du 11 au 28 décembre, elles sont passées de 68 à 122. À la même date l’an dernier, on en comptait 148.
L’Omicron déferle sur le Québec depuis trop peu de temps pour qu’on ait la certitude de sa responsabilité à ce sujet. D’autant plus que l’expérience de pays comme l’Afrique du Sud, le Danemark et la Grande-Bretagne — où l’infection à l’Omicron a été beaucoup moins sévère qu’avec le variant Delta — porte à croire que cette augmentation pourrait s’expliquer autrement.
Par exemple, il suffirait que le nombre véritable de cas au Québec soit beaucoup plus élevé que celui compilé par les centres de dépistage — une hypothèse que personne ne peut exclure — pour que l’augmentation du nombre de contaminés au Delta, en nombres absolus, soit responsable de l’augmentation actuelle du nombre de personnes admises aux soins intensifs.
Puisque l’admission aux soins intensifs est le passage obligé entre la simple hospitalisation et le décès, si l’Omicron provoque moins de décès, il provoque nécessairement moins d’admissions aux soins intensifs. Donc ce n’est pas lui la cause de l’augmentation observée depuis la mi-décembre.
D’ici peu, l’Omicron aura complètement remplacé le variant Delta. Au mois de janvier 2022, on doit s’attendre à :
• une augmentation très importante des cas,
• une augmentation du nombre des hospitalisations de courte durée,
• une diminution probable des admissions aux soins intensifs, et
• une diminution marquée des décès.
Le premier de ce mois-ci, le New England Journal of Medicine publiait les résultats d’une étude américaine effectuée auprès de 173 personnes atteintes du Covid-19.
En mesurant la quantité de virus présents dans 19 941 échantillons prélevés dans leur bouche, leur gorge et leur nez, on a étudié l’évolution de leur charge virale.
Puisque les gouttelettes respiratoires émises par les personnes infectées proviennent de la fragmentation du liquide qui baigne leurs voies respiratoires supérieures, plus les virus y sont concentrés, plus leurs gouttelettes en contiennent, et plus ces personnes sont contagieuses.
Contrairement à l’idée généralement admise, il n’existe pas de temps contact avec une personne contagieuse qui soit sécuritaire et au-delà duquel il faudrait se placer en quarantaine.
À l’époque où ces mesures ont été effectuées (du 28 novembre 2020 au 11 aout 2021), plusieurs variants circulaient aux États-Unis. Si on se limite aux 36 participants atteints par le variant Delta, 25 d’entre eux étaient vaccinés alors que 11 ne l’étaient pas. Ce qui correspond, en gros, à la proportion des personnes vaccinées ou non aux États-Unis à cette époque.
Entre la contamination (c’est-à-dire le moment où on attrape le virus) et le moment de la contagiosité maximale, le temps fut à peu près le même chez les vaccinés et ceux qui ne l’étaient pas, soit environ 2,5 jours.
Sans savoir si cela était une coïncidence, le groupe des vaccinés se divisait en deux sous-groupes; le premier dont la charge virale maximale était atteinte en deux jours et l’autre en trois jours.
Chez les non-vaccinés, l’infection dura en moyenne 10 jours, soit 7,5 jours après le maximum de la charge virale.
Chez les vaccinés, elle dura 8,5 jours, soit 6 jours après le maximum de la charge virale.
Toute centrée sur l’évolution de la charge virale, cette étude ne nous précise pas combien de jours après l’apparition des symptômes on peut s’estimer guéri du Covid-19.
En d’autres mots, en elle-même, cette étude ne nous permet pas de savoir combien de temps on devrait s’isoler après avoir noté l’apparition des symptômes.
Heureusement, d’autres études nous l’ont appris; il s’écoule deux jours entre la contagion au Delta et l’apparition des symptômes. Ce qui signifie que la quarantaine au variant Delta devrait durer huit jours chez les non-vaccinés après leurs premiers symptômes et 6,5 jours chez les personnes complètement immunisées.
Ceci étant dit, tout cela concerne le variant Delta, encore très présent au Québec. Dans les semaines qui viennent, l’Omicron deviendra le moteur de la pandémie.
Or ce qu’on sait de ce dernier, c’est qu’il est plus contagieux que le variant Delta et qu’il est moins virulent.
Parmi les choses qu’on n’a pas encore précisées, il y a la cinétique de sa prolifération; en d’autres mots, après combien de temps peut-on considérer en être guéri ?
À défaut de le savoir, si on applique le principe de précaution, on présumera que la quarantaine à l’Omicron devrait durer comme celle au variant Delta, soit huit jours après le début des symptômes ou, chez les personnes asymptomatiques, après le premier test positif.