Le tsunami de l’Omicron au Québec

24 décembre 2021

Introduction

Si on en juge par l’expérience sud-africaine, la pandémie à l’Omicron est un tsunami; brutal et bref, affectant beaucoup plus sévèrement les personnes qui ne sont pas immunisées contre le Covid-19.

On compte officiellement 38 personnes infectées par le Covid-19 au Québec par cent-mille habitants, soit presque le double de la moyenne canadienne (21 personnes). Toutes les autres provinces sont sous cette moyenne, tirée vers le haut par le Québec.

Comment en sommes-nous rendus là ?

Naviguer à l’aveugle

Le renseignement est le fondement de la stratégie.

En mai 2020, nous avions qualifié de plaisanterie la campagne dite ‘massive’ de dépistage du Covid-19 au Québec, originellement de 14 000 tests par jour (équivalent à 0,16 % de la population québécoise).

En deux ans de pandémie, les autorités sanitaires du Québec ont négligé de se doter d’une capacité de dépistage digne de ce nom.

De nos jours, le nombre maximal de tests effectués par les laboratoires de Santé publique est de 50 000 par jour (équivalent à 0,6 % de la population québécoise).

Ce pouvoir lilliputien de dépistage est incapable de faire face à une crise, peu importe son importance.

Aux rentrées scolaires de 2020 et de 2021, nous avions suggéré qu’à défaut d’imposer le port du masque, il fallait tester tous les écoliers deux fois par semaine.

Cette suggestion s’appuyait sur les recommandations de l’Harvard Global Health Institute et de la Rockefeller Foundation, auxquels s’est ajoutée l’Organisation mondiale de la Santé en 2021.

Si cette suggestion avait été retenue, avec la fermeture des écoles, il aurait été possible de réaffecter cette capacité de dépistage à la population en général à l’arrivée de l’Omicron.

De l’aveu même des autorités sanitaires, elles ont maintenant perdu le contrôle du dépistage et de la recherche de contacts.

Ça fait dur.

Mais d’où provient cette explosion du nombre de cas ?

L’école, creuset de l’épidémie

Lors de la 2e vague — qui correspondait, en gros, à l’année scolaire 2020-2021 — c’est l’école qui fut le lieu principal de la propagation du Covid-19 au sein de la population.

Au cours de la vague actuelle, l’école le fut davantage.

Selon l’INSPQ, la deuxième vague s’étendait du 23 aout 2020 au 20 mars 2011, soit pendant sept mois. Quant à la quatrième vague, elle a cours depuis le 18 juillet 2021, soit depuis cinq mois.


Nombre cumulatif de cas de Covid-19 chez les mineurs au Québec

  2e vague 4e vague
Nombre de cas chez les 0 à 9 ans 21 267 cas 25 200 cas
Nombre de cas chez les 10 à 19 ans 31 656 cas 21 477 cas
Pourcentage représenté par les 0 à 9 ans 8,8 % 18,9 %
Pourcentage représenté par les 10 à 19 ans 13,1 % 16,1 %

En raison de la protection offerte par la vaccination (avant l’apparition de l’Omicron), le nombre cumulatif de cas a été moindre chez les adolescents au cours de la quatrième vague. Par contre, ce fut pire chez les écoliers du primaire, pour lesquels aucun vaccin n’était disponible jusqu’à tout récemment.

La population adulte a également bénéficié de la protection vaccinale. Si bien qu’avant l’arrivée de l’Omicron, les mineurs (surtout les enfants) ont représenté une proportion plus grande des cas, passant de 21,9 % des cas au Québec à 35,0 % (18,9 % + 16,1 %) le 23 décembre 2021.

Et ce, après un sommet de 38,5 % atteint le 13 décembre, avant la fermeture graduelle des classes pour le temps des Fêtes.

Ce qui était vrai de la deuxième vague, l’est encore plus pour la quatrième; l’école a été la plaque tournante de la propagation de l’épidémie.

Ceci étant dit, chez les mineurs, les données de l’INSP sont une grossière sous-estimation. Particulièrement à l’école primaire où on a manqué de tests, de préposés au dépistage, et même de formule de consentement parental.

Un contexte propice à l’explosion des cas

Avec un variant qui se propage aussi rapidement que l’Omicron, la qualité première d’une campagne de dépistage efficace, c’est la réactivité. Seuls des tests dont les résultats s’obtiennent en quelques minutes sont appropriés.

Effectuer des tests analysés en laboratoire dont les résultats sont communiqués deux, trois ou quatre jours après le prélèvement, cela est complètement inutile pour combattre la pandémie.

Combinez premièrement une campagne de dépistage inopérante, deuxièmement une distance sanitaire abolie ou réduite à un mètre, troisièmement l’abolition de l’obligation de porter le masque à l’école primaire (depuis le début) et aux autres écoles (depuis novembre), et vous avez la recette idéale pour permettre l’explosion des cas; les écoliers qui se contaminent entre eux se transforment alors (parce que très souvent asymptomatiques) en chevaux de Troie de la pandémie.

Finalement, toute la lutte sanitaire du Québec contre l’Omicron reposait alors sur le lavage des mains, une mesure d’une efficacité douteuse puisqu’aucune étude n’a réussi à démontrer que dans les faits, le Covid-19 se propage par le toucher.

Références :
Covid-19 : une rentrée scolaire idéale en 2020
Le dépistage ‘massif’ du Covid-19 au Québec : une plaisanterie
«La deuxième vague au Québec, c’est l’école qui l’a déclenchée» -Dr Karl Weiss
Le laisser-faire sanitaire à l’école primaire québécoise
L’« explosion » Omicron balaie le pays
Rentrée scolaire 2021 : l’OMS se réveille
Une rentrée scolaire sans dépistage (ou presque) au primaire

Parus depuis :
Des centaines de rendez-vous pour le dépistage de la COVID annulés (2021-12-30)
« Maman, je pense que je vais mourir » (2022-01-26)
« L’école ne nous dit plus rien » (2022-01-28)
Plus de 2 millions de Québécois auraient eu la COVID-19 depuis décembre (2022-02-09)
Plus d’un adulte sur quatre infecté par la COVID-19 au cours de l’hiver (2022-05-09)
Les trois quarts des Québécois ont contracté le virus (2022-10-15)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Travailler malade du Covid-19 en établissement de Santé

23 décembre 2021

En octobre dernier, le ministre de la Santé du Québec avait, à juste titre, ordonné la vaccination obligatoire de tous les travailleurs de la Santé. Mais il avait dû y renoncer en raison de l’opposition syndicale à cette mesure.

À l’époque, la solution de compromis du ministre prévoyait qu’on n’imposait plus aux travailleurs de la Santé la vaccination obligatoire en contrepartie de l’obligation pour les non-vaccinés de se faire tester deux fois par semaine.

Le principe qui guidait l’action ministérielle, c’était d’éviter que des personnes vulnérables attrapent le Covid-19 du personnel soignant.

Grâce aux tests, 3 650 travailleurs de la Santé étaient en quarantaine vendredi dernier. Leur nombre est passé à 4 223 lundi et à 5 185 hier, soit une augmentation de 42 % en six jours.

Au plus fort de la crise sanitaire, au printemps 2020, leur nombre était de 12 000.

Au cours des deux années écoulées depuis le début de cette pandémie, la Santé publique du Québec ne s’est toujours pas dotée d’une capacité de dépistage adéquate, limitée à 50 000 tests par jour. Soit l’équivalent de 0,6 % de la population québécoise.

Débordées à l’arrivée du variant Omicron, les autorités sanitaires annoncent que dorénavant, seules les personnes symptomatiques pourront se faire tester auprès de leurs centres de dépistage.

Ce qui signifie que les travailleurs de la Santé contagieux mais asymptomatiques pourront continuer de travailler parce qu’on n’aura jamais la preuve qu’ils sont atteints.

Même dans le cas des travailleurs de la Santé déclarés positifs (donc contagieux), Radio-Canada a appris que le ministère de la Santé songe à les maintenir au travail afin de limiter les coupures de service.

Références :
Covid-19 : la cigale québécoise
Date limite de vaccination : le repli stratégique du ministre Dubé
Des masques N95 réclamés pour le personnel de la santé au Québec
Le dépistage ‘massif’ du Covid-19 au Québec : une plaisanterie
Québec songe à maintenir au travail des employés de la santé infectés

Parus depuis :
Des centaines de rendez-vous pour le dépistage de la COVID annulés (2021-12-30)
Plus de 2 millions de Québécois auraient eu la COVID-19 depuis décembre (2022-02-09)
Le cercle vicieux des vagues de COVID-19 à répétition (2022-07-18)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Tests rapides et réceptions familiales au temps des Fêtes

21 décembre 2021

Introduction

Dans les jours qui viennent, par l’intermédiaire d’environ deux-mille pharmacies, le gouvernement québécois rendra disponibles, gratuitement, des tests rapides pour détecter le Covid-19.

Le quota mensuel est fixé à cinq tests rapides par personne, jusqu’à épuisement des stocks.

Cette décision est excellente.

Avec ou sans symptômes ?

Lorsqu’on nous dit que les tests rapides doivent être utilisés seulement chez les personnes qui éprouvent des symptômes suggérant l’infection par Covid-19, cette recommandation n’est pas basée sur la science.

Lorsque le Covid-19 est apparu, les experts l’ont classé parmi les coronavirus particulièrement dangereux, appelés ‘bêta-coronavirus’.

Cette catégorie comprenait déjà deux représentants; les virus du SRAS et celui du Syndrome respiratoire du Moyen-Orient.

Chez les personnes atteintes par n’importe quel des deux, sans symptômes, on n’était pas contagieux.

Les experts ont présumé que cela devait être la même chose pour le Covid-19.

Mais bientôt, on s’est rendu compte que le Covid-19 faisait exception; depuis plus d’un an et demi, les études scientifiques ont prouvé qu’entre le tiers et la moitié des personnes contagieuses sont des porteurs asymptomatiques.

Pour ce qui est du variant Omicron, il est apparu trop récemment pour qu’on sache quelle est la proportion des personnes contagieuses asymptomatiques dans son cas à lui.

Combien de convives à une réunion du temps des Fêtes?

Les directives sanitaires à ce sujet varient de pays en pays parce que ce sont des choix arbitraires; tout ce que la science dit, c’est que la foule la plus sécuritaire est une foule d’une personne (sic).

Mais il peut avoir plein de raisons qui justifient qu’on tienne quand même une réunion familiale en temps de pandémie. Ma suggestion est de ne pas dépasser le nombre maximal permis par les autorités sanitaires.

Et durant cette réunion, on appliquera les recommandations d’usage.

Les voyageurs internationaux

Jusqu’à tout récemment, les personnes qui voulaient prendre l’avion devaient fournir la preuve d’un test négatif passé moins de trois jours plus tôt.

Dernièrement, les Pays-Bas ont décidé de vérifier si ces mesures étaient suffisantes; on a testé les passagers à leur arrivée d’un vol de 11h30 en provenance d’Afrique du Sud; 61 des 592 passagers étaient positifs au Covid-19.

Conclusion : seuls les tests effectués très, très récemment sont fiables en raison de la vitesse fulgurante avec laquelle l’Omicron se propage et se développe.

Tester au dernier moment

Il est tout à fait normal de se tester avant de participer à une réunion familiale durant le temps des Fêtes. Symptomatique ou non.

Quant aux tests, je recommande de les utiliser au dernier moment. Concrètement, le dernier moment c’est l’instant où la personne qui vous reçoit met les aliments au four ou c’est le moment où on s’apprête à s’y rendre.

Si le test est positif, on l’avise qu’on ne viendra pas. Et s’il est négatif (donc qu’on viendra), on le lui dit quand même pour la rassurer.

Il ne fait aucun doute à mon esprit que cette pandémie aura une fin. Et c’est alors qu’on organisera la plus extraordinaire fête de notre vie…

Soyons patients.

Références :
Covid-19 : évaluation actuelle de l’importance des porteurs asymptomatiques
Jusqu’à quel point les tests rapides sont-ils efficaces?
Le Covid-19 et les réunions du temps des Fêtes
Le variant Omicron : ce qu’on a appris depuis trois semaines

Paru depuis :
Tests rapides et masques: Québec invité à se mettre au diapason de la science (2021-12-24)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les rennes du père Noël

20 décembre 2021


 
Ce qu’on appelle ‘renne’ en Europe porte le nom de ‘caribou’ au Québec.

C’est la seule espèce de cervidé où le mâle et la femelle portent des bois (réservés aux mâles chez les cerfs, les chevreuils, les orignaux, etc.).

En Amérique du Nord, les caribous vivent à l’état sauvage. Mais dans le nord de l’Europe, les rennes sont domestiqués depuis le 5e siècle.

En Laponie, on en élève des troupeaux entiers pour la viande, de même que pour le lait. La fourrure sert à la confection des vêtements; autrefois, elle servait également à la fabrication des tentes. Les os et les bois servaient à créer des ustensiles et des outils divers.

Avant l’embargo continental décrété par Napoléon, les chantiers navals anglais s’approvisionnaient en bois auprès des pays scandinaves. Les rennes servaient alors comme animaux de trait pour transporter les billots vers les scieries de ces pays.

Dans les régions subarctiques d’Europe et d’Asie, les rennes attelés à des traineaux ont transporté des passagers pendant des siècles.

C’est cette coutume nordique qui est à l’origine de la légende selon laquelle le père Noël procède à la distribution des cadeaux grâce à un traineau attelé à des rennes.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Par un jour ensoleillé d’hiver

20 décembre 2021








 
Comme d’habitude, on cliquera sur une photo pour l’agrandir.

Détails techniques : Panasonic GX1 infrarouge à spectre complet, objectif Lumix 14-45mm + filtre vert jaunâtre Лomo ж3-2* + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80A d’Omega
1re photo : 1/80 sec. — F/5,0 — ISO 160 — 14 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/5,0 — ISO 160 — 14 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/5,0 — ISO 500 — 14 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 20 mm
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6e  photo : 1/160 sec. — F/9,0 — ISO 160 — 14 mm
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Ce matin au Jardin botanique

19 décembre 2021




’Un Jardin à soi’ de Michel Goulet (2010)

Détails techniques : Panasonic GX1 infrarouge à spectre complet, objectif Lumix 14-45mm + filtre vert jaunâtre Лomo ж3-2* + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80A d’Omega
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Davantage de poussière cancérigène sur Québec, grâce à la CAQ

18 décembre 2021
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Introduction

Après le chrome, le nickel est le plus dur des métaux. Cette dureté, de même que sa résistance à la corrosion, en ont fait un métal de choix pour la fabrication de la monnaie.

De 1922 à 1942, la pièce canadienne de 5 cents était composée à 99 % de nickel. Depuis 2000, elle est en acier (à 94,5 %), seulement plaquée nickel.

La toxicité du nickel

Le nickel est le plus allergisant des métaux; une personne sur huit y est allergique.

Au sujet de ce métal, Wikipédia écrit :

Certains composés de nickel sont des corps dangereux ou très toxiques, par exemple le nickel tétracarbonyle, cancérigène reconnu, présent dans les vapeurs ou fumées.

Même la poussière de nickel ou les diverses poudres de nickel finement divisés, utilisé en catalyse, sont également reconnues cancérigènes, ils provoquent d’abord par contact et à faibles doses chroniques des dermites et des allergies cutanées.

L’inaction libérale

En provenance des gisements du Nord-du-Québec et du Labrador, le minerai brut de nickel transite par le port de Québec avant d’être acheminé à l’Étranger pour y être raffiné. Ce qui crée très peu d’emplois ici.

Pendant des années, le transbordement de minerais au port de Québec soulevait d’importantes quantités de poussières qui se déposaient sur les quartiers populaires de la Basse-Ville.

Puisque tous les ports du Québec sont de compétence constitutionnelle fédérale, les autorités portuaires ignorèrent les plaintes des citoyens et ne prirent aucune mesure destinée à réduire cette pollution. Et, en bon pouvoir colonial, Ottawa refusait de s’en mêler.

Les dirigeants du port eurent même l’audace d’interdire l’accès au port aux enquêteurs de la santé publique du Québec.

Toutefois, l’analyse de la poussière — déposée, entre autres, sur les voitures stationnées près du port — avait révélé une teneur élevée en nickel.

Dépourvu de colonne vertébrale face à Ottawa, le gouvernement libéral préférait fermer les yeux.

La réaction péquiste

En 2013, le gouvernement de Pauline Marois décidait d’agir et de protéger la population à ce sujet.

Son ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet — l’actuel chef du Bloc Québécois au parlement canadien — adoptait une norme maximale de 14 nanogrammes de nickel par mètre cube d’air.

De la même manière que toutes les entreprises de compétence constitutionnelle fédérale doivent respecter les règlements municipaux et les lois du Québec, le règlement péquiste assurait la prépondérance de la santé des citoyens sur l’appât du gain des autorités portuaires nommées par Ottawa.

À l’époque, le ministre Blanchet se vantait d’avoir adopté une des normes les plus sécuritaires au monde.

Mais les temps changent.

L’assouplissement caquiste

Le gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) annonçait hier son intention de hausser de cinq fois la teneur maximale permise de nickel dans l’air. La norme québécoise passerait donc de 14 à 70 nanogrammes par mètre cube.

La raison invoquée par le ministre de l’Environnement est le désir d’harmoniser les normes québécoises à celles en vigueur en Ontario et en Europe, notamment dans les anciennes républiques soviétiques (dont la Russie, deuxième producteur mondial).

En réalité, il s’agit d’un moyen d’augmenter la profitabilité de l’industrie minière aux dépens de la santé des gens de Québec.

Malheureusement, on ne voit pas très bien comment cela devrait générer plus de revenus fiscaux pour le gouvernement québécois puisque l’industrie minière prélève des milliards de dollars de ressources naturelles, mais délocalise presque tous ses profits dans des paradis fiscaux.

Références :
Ingéniosité et résistance – la pièce de 5 cents
Nickel
Norme sur le nickel : le gouvernement « va trouver les citoyens sur son chemin »
Québec durcit le règlement sur la présence de nickel dans l’air

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 60mm Macro F/2,8 — 1/160 sec. — F/8,0 — ISO 200 — 60 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La vaccination au stade Olympique : à éviter

17 décembre 2021
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S’il vous est possible de prendre rendez-vous ailleurs, évitez la vaccination au stade Olympique de Montréal.

Partout au Québec, le protocole élaboré par les autorités sanitaires prévoit l’obligation pour chaque personne de retirer le masque qu’elle porte afin d’en enfiler un neuf, fourni gratuitement.

À Cowansville, par exemple, la file d’attente se trouve à l’extérieur du centre de vaccination. Et c’est à l’extérieur, plus précisément à l’entrée, qu’un préposé offre un masque neuf à l’aide d’une pince.

Parfois, pour prendre un peu d’avance, ce préposé remonte dans la file plutôt que de rester à la porte. Dans tous les cas, le changement de masque s’effectue à l’extérieur, au grand air.

Ce n’est pas le cas au stade Olympique.

Après avoir fait la file dans un large couloir intérieur relié au métro, on franchit une porte. Et c’est là, dans un passage de quelques mètres de large — toujours à l’intérieur — que les gens sont obligés de retirer leur masque pour en mettre un neuf.

Pendant quelques secondes, à visage découvert, chaque personne respire quelques-unes des gouttelettes respiratoires laissées par les centaines ou les milliers de personnes qui l’ont précédé à cet endroit précis, dont quelque-uns sont nécessairement des porteurs asymptomatiques du virus.

Actuellement, le taux de positivité au Covid-19 est d’environ 5 % pour la région de Montréal. De plus, la proportion des contagions causées par le variant Omicron est d’une personne sur cinq.

Donc, sur cent Montréalais, quatre sont actuellement atteints par le variant Delta et un est atteint par l’Omicron. Et parmi ces gens, une proportion inconnue est constituée de porteurs asymptomatiques.

Le 6 avril 2021, je devais recevoir ma première dose de vaccin au stade Olympique. Mais j’ai rebroussé chemin parce qu’on m’obligeait de retirer mon masque N95 pour mettre un simple masque de procédure. J’ai plutôt choisi de me faire vacciner en pharmacie.

Les pharmaciens n’obligent le changement de masque qu’aux gens qui se présentent avec des masques non sécuritaires. C’est ainsi que je n’ai pas eu à retirer le mien.

Ce matin, j’avais de nouveau pris rendez-vous au stade Olympique afin de recevoir ma troisième dose. J’espérais que les choses s’étaient améliorées.

Cette fois, mon masque était un N99. En somme, la crème de la crème.

Mais j’ai de nouveau rebroussé chemin après qu’on ait exigé que je le retire afin de me conformer ‘au protocole’.

Lorsque les autorités sanitaires révisent leurs procédures, jamais on ne demande l’avis des préposés afin de découvrir les problèmes qu’ils ont rencontrés dans l’accomplissement de leurs tâches.

Seuls les cadres sont consultés. L’opinion d’un ‘vulgaire’ préposé n’intéresse personne.

Ceci étant dit, si un préposé a pris l’initiative de rapporter un problème, on en tiendra compte si le cadre a fait remonter l’information jusqu’au sommet de la pyramide décisionnelle. Sinon, on n’en entend jamais parler.

Voilà pourquoi j’en parle publiquement. Parce que huit mois après le 6 avril, rien n’a changé.

Faire changer de masque à tout le monde est un risque inutile. Comme les millions de risques inutiles auxquels la Santé publique a soumis la population en déconseillant le port du masque pendant des mois.

En réalité, seules les personnes qui se présentent avec des masques non sécuritaires (les masques à valve, ceux abimés, ceux tricotés en Phentex™, etc.) devaient être obligées de changer de masque.

Et même dans ces cas, jamais dans un espace clos.

Au stade Olympique, la Santé publique devrait embaucher deux préposés de plus dont la tâche serait de déceler, dans la file d’attente, les porteurs de masques inadéquats.

Lorsqu’un changement serait nécessaire, un préposé devrait retenir la place de la personne concernée dans la file d’attente, tandis que l’autre l’accompagne à l’extérieur pour le changement de masque.

Voilà comment on fait les choses correctement.

Compte tenu de la contagiosité fulgurante des plus récents variants du Covid-19, cette faille dans le protocole sanitaire devrait être corrigé dans les plus brefs délais.

D’ici là, évitez si possible la vaccination au stade Olympique.

Références :
État de la situation – ile de Montréal
La première vaccinée du Canada a contracté la COVID-19
Le N95 protège mieux que le masque médical, selon une experte des aérosols

Paru depuis :
Le CSSDM autorise le port du masque N95 à la demande du ministère (2022-01-18)

Postscriptum du 21 décembre 2021 : Dans les deux pharmacies Pharmaprix où j’ai reçu mes trois doses de vaccin, on n’oblige les gens à changer de masque que s’il est sale ou inadéquat. Je présume que dans toutes les pharmacies du Québec, on fait preuve d’autant de jugement.

Ceci étant dit, comme à Cowansville, on peut aller dans un des centres de vaccination mis sur pied par la Santé publique. Mais absolument pas dans ceux où on oblige tout le monde à retirer son masque ailleurs qu’au grand air.

Donc n’hésitez pas à rebrousser chemin et à prendre rendez-vous dans une pharmacie s’il s’avère que la Santé publique vous oblige à changer de masque dans un endroit clos, comme c’est le cas au stade Olympique.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


En présentiel ou en personne ?

15 décembre 2021

Selon le dictionnaire Larousse, présentiel se dit d’un enseignement ou d’un apprentissage qui s’effectue sur place. Sinon, ce serait du téléenseignement ou une formation à distance.

L’avantage du mot ‘présentiel’ est qu’il possède son adjectif (ex.: une formation présentielle, un atelier présentiel) alors qu’une formation personnelle n’a pas le même sens.

Pour l’instant, la plupart des dictionnaires restreignent l’utilisation de présentiel à l’enseignement et à un stage. Mais l’usage du mot tend à se généraliser.

C’est ainsi qu’on parle d’assister à un spectacle ‘en présentiel’ alors qu’il serait plus simple de dire ‘en personne’.

Effectivement, ‘en personne’ se dit de toute activité (sans exception) à laquelle on participe sur place, dans les lieux physiques où elle se déroule.

On distinguera l’artiste sur scène (et non ‘en présentiel’) de celui qui apparait en direct par vidéoconférence.

De la même manière, une allocution sera télévisée en direct ou en différé.

Doit-on écrire ‘présentiel’ ou ‘présenciel’ ?

Voyons les règles grammaticales.

Une soixantaine d’adjectifs se terminent par le son ‘-siel’.

Si on exclut les mots ou les adjectifs qui proviennent du monde informatique, les adjectifs en ‘-siel’ se divisent en deux groupes : ceux qui se terminent par ‘-ciel’ et les autres qui se prononcent pareil mais qui s’écrivent ‘-tiel’.

Une première règle exige que les mots se terminant par ‘-cie’ (ex.: superficie) ou par ‘-ice’ (ex.: artifice, cicatrice’, office), donneront des adjectifs en ‘-ciel’. Exemples : superficiel, artificiel, cicatriciel et officiel. Tous avec des ‘c’.

La deuxième règle veut que si un mot se termine par les lettres ‘-tie’ (ex.: partie), par ‘-ant’/‘-ent’ (ex.: confident, dément, résident) ou par ‘-ance’/‘-ence’ (ex.: essence, référence, substance), l’adjectif se terminera généralement (mais pas toujours) par ‘-tiel’. Exemples : partiel, confidentiel, démentiel, résidentiel, essentiel, référentiel, substantiel.

Dans plusieurs cas, cette règle s’explique par l’origine du mot. Par exemple, le mot ‘confidence’ vient du latin confidentia. Tout comme ‘confident’ vient de l’italien confidente. Il était donc normal que l’adjectif ‘confidentiel’ s’écrive avec un ‘t’.

À cette deuxième règle, il n’y a que trois exceptions ; circonstanciel, révérenciel et tendanciel.

Voilà pourquoi on devrait écrire ‘présentiel’ avec un ‘t’.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Un conte de Noël ministériel pour 2021

14 décembre 2021

La semaine avait mal commencé.

Mon café tout juste infusé, j’entamais la lecture des grands titres des journaux sur mon iPad quand je reçois le texto suivant sur mon téléphone : ‘Qu’est-ce tu fais ? Tu ne lis pas tes courriels ?

Un coup d’œil rapide à ma messagerie et je découvre, horrifié : ‘Réunion URGENTE de la cellule de crise au bunker à 7h45 lundi matin.

Le café d’une main et la mallette de cuir noir de l’autre, j’arrive d’un pas rapide au bunker.

En ouvrant la porte, tous les regards se tournent vers moi. Cette grande table allongée aux micros dressés que j’ai déjà vue cent fois m’apparait ce matin comme un monstrueux millepattes renversé sur le dos.

Je salue tout le monde en hochant discrètement de la tête.

— « On n’est pas au PQ, monsieur Martel; les réunions commencent à l’heure, ici à la CAQ » me fait remarquer le premier ministre.

— « Oui, je suis désolé. C’est juste que… euh… que je m’excuse » répondis-je en m’assoyant, piteusement.

— « Poursuivez » dit à voix basse le premier ministre au Dr Arruda.

— « Alors comme je disais, on m’informe que les règles sanitaires du Québec sont contournées. On a déjà des directives au sujet des restaurants, des salles d’exercice, des salles de spectacle, etc. Mais on n’avait pas pensé aux étables.»

— « Aux étables…» répète un des participants.

— « Oui aux étables. On a appris que durant le temps des Fêtes, il y a des gens qui se réuniront clandestinement dans des étables.»

— « J’imagine que ces réunions, ce sont des espèces de raves…» demande la ministre de la Culture.

— « On ne sait pas. Tout ce qu’on sait, c’est qu’une famille qui n’est pas connue des policiers planifie une réunion internationale dans une étable déjà sous surveillance électronique.»

— « On attend combien de personnes à cette rencontre internationale ? » demande le ministre du Tourisme, de la chasse et de la pêche.

— « Cette famille accueillera au moins trois personnes venues d’Arabie. Les policiers sont convaincus que ce sont évidemment des terroristes, à en juger par là d’où ils viennent.»

— « Doux Jésus ! Des terroristes ! » s’exclame la ministre des Ainés.

— « Selon nos informations, les explosifs pourraient être cachés dans des cargaisons d’or, d’encens, et de myrrhe transportées par des chameaux.»

— « Des chameaux au Québec ! On aura tout vu.» fait remarquer, toujours aussi perspicace, le ministre de l’Agriculture.

— « Excusez-moi de nous interrompre. Vous avez bien dit que ces trois visiteurs étrangers arriveront d’Arabie ? » demande le ministre de l’Économie.

— « Oui, c’est exact » répond lentement le Dr Arruda.

— « Alors je pense qu’on devrait être très prudent. Je suis en discussion avec le Fonds souverain d’Arabie saoudite en vue de la construction d’une usine de transformation du mazout saoudien en engrais biologique. Tout cela fera partie de notre plan qui vise à ce que l’économie du Québec soit complètement verte d’ici le 300e anniversaire de la fondation de la CAQ, en 2311.»

— « Pour tout de suite…» intervient le Dr Arruda « …l’important à retenir est que cette rencontre pourrait se transformer en évènement superpropagateur du variant Omicron.»

En entendant ‘variant Omicron’, tous les participants se lèvent et se ruent vers les sorties. Mais les portes sont verrouillées.

— « C’est moi qui ai la clé » dit d’un air taquin le premier ministre en la montrant du bout des doigts.

Alors que les ministres reprennent leur place, Simon Jolin-Barette demande : « Mais le fédéral, ne peut-il pas arrêter ces gens-là aux frontières ? » provoquant aussitôt le rire de tous ses collègues.

— « Cré farceur » dit tendrement M. Legault à voix basse. Puis, haussant le ton : « Poursuivez Horacio.»

— « Dans cette étable, ni le père ni la mère ne portent de masque. On ne connait pas leur statut vaccinal. L’endroit n’est même pas équipé d’un détecteur de CO₂.»

— « Franchement, c’est scandaleux ! » s’exclame le ministre de l’Éducation.

— « Le plus jeune des suspects est un nouveau-né qui, dans cette étable non chauffée, dépendra de l’haleine chaude d’un bœuf pour maintenir sa température corporelle.»

— « Encore un cas de maltraitance parentale ! Ça ne finira donc jamais ? » demande, indigné, le ministre Lacombe. « Est-ce qu’on peut entendre ce qu’en pense le ministre de la Famille ? »

— « C’est que… c’est toi le ministre de la Famille » dit M. Legault.

— « Ah oui ? Mais depuis quand ? Pourquoi suis-je toujours le dernier à être informé ? »

— « Si je peux me permettre de poursuivre…» intervient le Dr Arruda, «…je dois préciser qu’entre le boeuf et le nouveau-né, on ne respecte pas la distance sanitaire. Malheureusement, on ignore tout de la transmission possible du Covid-19 entre les bovidés et nous. Imaginez si le bœuf tousse dans la main du bébé, que l’enfant ne se lave pas les mains, et qu’il se gratte le postérieur…»

— « Puisqu’un des problèmes c’est que l’étable est chauffée à l’haleine de bœuf, pourquoi ne pas accorder une subvention gouvernementale pour qu’on y installe un four à bois ? » demande le ministre du Développement régional.

— « C’est délicat…» intervient son collègue des Relations internationales. « Qui dit chauffage au bois, dit bois à débiter. Et qui dit bois à débiter, dit tronçonneuse. Or qui sait ce que peuvent faire des envoyés d’Arabie saoudite avec une tronçonneuse…»

— « Oui, mais on fait quoi, là ? » demande une voix.

— « J’ai tout prévu » poursuit le Dr Arruda « On va envoyer de nos enquêteurs sur place. Soyez sans crainte, tout cela demeurera strictement confidentiel; la grille d’évaluation, dès que complétée, s’auto-détruira automatiquement. Jamais on n’en trouvera la moindre trace…»

— « C’est mon idée, vous savez » dit fièrement le ministre de la Santé.

— «…De plus, il sera défendu aux inspecteurs de pénétrer dans l’étable » ajoute le Dr Arruda.

— « Mais si vous faites ça, vos inspecteurs ne trouveront jamais rien ? » demande la ministre de l’Enseignement supérieur.

— « Laissez-moi vous dire que si nos enquêtes épidémiologiques étaient capables de trouver quoi que ce soit, ça se saurait. Dans ce cas-ci, il leur sera défendu d’entrer dans l’étable parce nous ignorons son taux de contamination. Or si c’est comme en zone rouge, nos inspecteurs ne sont pas équipés pour se protéger adéquatement.»

La ministre de la Sécurité publique se lève : « J’ai une meilleure idée. Je prends les hélicoptères de la Sécurité du Québec, la brigade anti-émeute de la ville de Montréal équipée de bombes assourdissantes et de projectiles à mortalité réduite, et je vous règle ça en deux minutes, mes amis.» dit-elle en se frottant les mains.

— « De calme, Mme Guilbault. Assoyez-vous.» dit le premier ministre.

Finalement, le Conseil des ministres n’arrivant pas à s’entendre, Marie et Joseph, de même que leur petit Jésus, passèrent la Noël en famille. Tel que prévu.

Les rois-mages ne se sont pas présentés; la pollution atmosphérique ayant caché l’étoile qui les guidait.

Mais dans l’étable, malgré le froid et malgré la faim, on passa un long moment de bonheur.

Car au fond, rien ne vaut le temps passé avec les gens qu’on aime…


Complément de lecture : Le derrière miraculeux de la ministre

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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