Covid-19 : évolution depuis vingt-sept mois

1 avril 2023

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants.

Tableau comparatif des pays les plus atteints en nombre cumulatif de morts par million d’habitants au premier janvier de 2021 et de 2022, de même qu’au premier jour de janvier, de février, de mars et d’avril 2023.

Pays Jan’21 Jan’22 Jan Fév Mars Avril
Pérou 1136 6022 6479 6500 6515 6525
Bulgarie 1099 4510 5568 5578 5584 5590
Hongrie 1002 4072 5048 5067 5075 5080
Bosnie-Herzég. 1249 4136 4994 5003 5010 5018
Macédoine du N. 1205 3825 4619 4632 4642 4644
Croatie 968 3091 4337 4405 4427 4445
Géorgie 634 3484 4258 4265 4275 4288
Rép. Tchèque 1093 3369 3924 3941 3952 3973
Slovaquie 412 3050 3814 3836 3850 3866
Lithuanie 588 2777 3564 3586 3603 3621
Roumanie 826 3086 3540 3551 3558 3566
Grèce 469 2015 3371 3454 3497 3540
États-Unis 1074 2537 3339 3388 3423 3450
Slovénie 1312 2692 3372 3396 3403 3417
Lettonie 343 2467 3332 3363 3376 3398
Chili 868 2022 3283 3315 3334 3350
Brésil 916 2882 3222 3237 3247 3252
Pologne 766 2582 3141 3146 3150 3163
Italie 1235 2279 3064 3100 3121 3138
Trinité-et-Tobago 91 2050 3045 3076 3090 3108
Royaume-Uni 1089 2174 2904 2981 3011 3057
Moldavie 746 2558 2973 2978 2987 3007
Arménie 953 2684 2933 2933 2934 2940
Belgique 1681 2429 2848 2876 2890 2919
Argentine 954 2558 2828 2835 2836 2836
Colombie 850 2515 2760 2767 2769 2770
Russie 394 2121 2701 2710 2717 2725
Paraguay 315 2289 2696 2713 2720 2724
Portugal 685 1869 2536 2566 2575 2604
Ukraine 428 2217 2564 2571 2574 2583
Espagne 1087 1911 2506 2535 2555 2578
Mexique 971 2286 2517 2525 2531 2535
France 991 1891 2470 2505 2516 2526
Autriche 693 1514 2365 2393 2414 2442
Tunisie 398 2131 2431 2433 2435 2437
Suède 861 1498 2197 2275 2313 2331
Estonie 180 1459 2159 2203 2224 2243
Uruguay 55 1767 2163 2176 2179 2180
Québec 958 1379 2084 2116 2132 2155
Serbie 373 1467 2025 2046 2060 2077
Allemagne 410 1340 1925 1975 2004 2038
Équateur 790 1867 1984 1984 1988 1988
Panama 1493 1682 1926 1933 1935 1937
Bolivie 780 1652 1859 1864 1865 1866
Costa Rica 427 1424 1751 1767 1781 1796
Hong Kong 20 28 1561 1757 1770 1772
Irlande 453 1178 1652 1686 1719 1746
Afrique du Sud 484 1509 1688 1689 1689 1689
Iran 655 1538 1682 1683 1684 1688
Suisse 882 1404 1638 1647 1647 1647
Finlande 108 314 1428 1555 1601 1630
Liban 240 1348 1608 1614 1620 1626
Namibie 80 1397 1550 1552 1553 1553
Danemark 256 564 1328 1397 1417 1438
Jordanie 376 1010 1371 1371 1371 1371
Pays-Bas 672 1219 1336 1336 1336 1336
Israël 365 957 1291 1307 1318 1329
Albanie 411 1120 1254 1254 1255 1257
Eswatini 185 1110 1200 1200 1201 1203
Turquie 248 584 1186 1186 1186 1186
Jamaïque 101 831 1159 1167 1172 1182
RoC* 256 639 1082 1119 1143 1154
             
Taïwan 0,3 35,6 639 685 752 796
Corée du Sud 17,9 110 628 653 662 668
Japon 27,4 146 458 545 577 589
Vietnam 0,4 331 436 436 436 436
Singapour 4,9 140 288 290 290 290
Chine 3,2 3,2 3,6 58,1 60,4 ?

*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.

Pour juger de l’évolution de la dangerosité de la pandémie, nous avons regroupé les pays ci-dessus par catégories basées sur le nombre de morts par million d’habitants (MPM) survenus au cours de chacun des cinq derniers mois :

Catégories Nov’22 Déc’22 Jan’23 Fév’23 Mars’23
• entre 0 et 10 MPM 28 pays 34 pays 30 pays 40 pays 35 pays
• entre 11 et 20 MPM 15 pays 6 pays 9 pays 15 pays 18 pays
• entre 21 et 30 MPM 6 pays 8 pays 10 pays 7 pays 11 pays
• entre 31 et 40 MPM 12 pays 10 pays 7 pays 3 pays 1 pays
• entre 41 et 50 MPM 4 pays 5 pays 4 pays 2 pays 2 pays
• entre 51 et 60 MPM 2 pays 2 pays 2 pays aucun aucun
• plus de 60 MPM 5 pays 5 pays 8 pays 1 pays aucun

De novembre 2022 à janvier 2023, respectivement 60 %, 57 % et 56 % des pays ci-dessus avaient enregistré vingt morts ou moins par million d’habitants; en mars 2023, cette proportion avait grimpé à 79 %.

Références :
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Suivez l’évolution de la pandémie de COVID-19

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le parc Beaubien d’Outremont en jaune

1 avril 2023
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Les fins de semaine, il m’arrive de prendre une de mes vieilles photos et de la transformer sous Photoshop sans but précis.

Au départ, c’était un exemple d’infrarouge Rose rétro. Et c’est devenu la photo ensoleillée d’un monde irréel.

Détails techniques : Panasonic GX1 infrarouge à spectre complet, objectif Lumix 20mm F/1,7 + filtre vert jaunâtre Лomo ж3-2*. Balance des blancs automatique. Post-traitement important sous Photoshop.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Mes semis précoces

31 mars 2023



 
La tradition veut qu’on procède aux semis de tomate à la Saint-Joseph, soit le 19 mars.

Mais en raison du réchauffement climatique, j’ai procédé aux miens deux semaines plus tôt.

Cette année, j’ai presque totalement renoncé à ces variétés rares et gouteuses dont la culture s’est avérée trop capricieuse pour mes modestes talents d’horticulteur.

J’ai plutôt planté des graines de tomates obtenues à partir de tomates cerises achetées à l’épicerie et dont j’ai aimé le gout.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2
1re photo : 1/400 sec. — F/2,0 — ISO 200 — 25 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Oui aux changements de régime à l’Étranger : non à l’ingérence étrangère au Canada

30 mars 2023

Le Canada souhaite un changement de régime en Russie

Le 26 mars 2022, à l’occasion d’un discours en Pologne, le président américain a déclaré que Vladimir Poutine ne pouvait pas moralement demeurer au pouvoir en Russie.

Aussitôt, le secrétaire d’État américain s’est empressé de rectifier le tir et de préciser que le président américain ne voulait pas réellement dire qu’il souhaitait le renversement du régime de Poutine.

Ce qui n’a pas empêché le sénateur républicain Lindsey Graham, sur les ondes de Fox News d’en appeler à l’assassinat du président russe. Une opinion partagée par plusieurs de ses collègues au Congrès.

Ceci étant dit, cela n’est pas la position ni officielle ni officieuse de Washington. La raison est très simple; personne ne possède la certitude que le successeur de Vladimir Poutine serait plus ‘acceptable’ du point de vue américain.

Or un tiens vaut mieux que deux tu l’auras.

Indépendamment de tout le mal qu’on en dit en Occident, Vladimir Poutine est un chef d’État froid et calculateur, totalement dépourvu d’impulsivité. Ceux qui le croient imprévisible ne connaissent rien au personnage.

Il y a quelques jours, la ministre des Affaires étrangères du Canada s’est réjouie publiquement à l’idée que les sanctions économiques occidentales contre la Russie puissent entrainer un changement de régime dans ce pays.

Ce qui a soulevé une vive réaction à Moscou.

L’indignation face à l’ingérence étrangère dans les affaires internes du Canada

À juste titre, notre pays condamne l’ingérence étrangère dans ses affaires internes.

Évidemment, on n’ose pas condamner le financement du Convoi de la liberté par la Droite américaine.

Mais on s’objecte aux tentatives de manipulation de l’opinion publique canadienne par des cyber-usines de trolls installées en Russie.

De la même manière, la Gendarmerie royale canadienne soupçonne le Service à la famille chinoise du Grand Montréal et le Centre Sino-Québec de la Rive-Sud d’être des antennes chinoises qui inciteraient des Sino-Canadiens à voter conformément à des directives émises par Beijing.

Dernièrement, la chaine de nouvelles Global News accusait la Chine d’avoir favorisé en 2019 l’élection du député libéral Han Dong (né à Shanghai).

Conformément au néoMaccarthysme hystérique qui s’est emparé de l’Occident depuis l’invasion russe en Ukraine, Global News accuse même le député d’avoir incité la Chine à prolonger l’emprisonnement de deux citoyens canadiens dans ce pays.

Comment peut-on croire sérieusement qu’un simple député canadien ait quelque influence que ce soit sur Xi Jinping ?

Conclusion

La Chine se mêle de politique intérieure canadienne par des moyens parfaitement légaux en vertu du Droit international et qui sont couramment utilisés par d’autres pays, dont les États-Unis et la Turquie.

Évidemment, les États-Unis ne menacent pas leurs propres ressortissants à l’Étranger, mais la Turquie le fait.

La condamnation par le Canada d’irritants qui sont inhérants à la démocratie — et qui, concrètement, ont eu peu d’effets sur l’issue du scrutin — est bien hypocrite puisque notre pays souhaite par ailleurs un changement de régime en Russie en aggravant une guerre que le Canada a rendu inévitable en soutenant l’expansionnisme toxique de l’Otan.

Si le Canada veut qu’on évite de se mêler de ses affaires internes, il doit donner l’exemple.

Références :
Allégations d’ingérence chinoise : le député Han Dong quitte le caucus libéral
Barack Obama invite les Canadiens à appuyer Justin Trudeau
Le « convoi de la liberté » avait réussi à recueillir 24 millions
Les cyber-adorateurs
Les «postes de police» chinois se sont ingérés dans des campagnes électorales
Les «postes de police» chinois se sont ingérés dans des campagnes électorales
Le terrorisme judiciaire d’Erdoğan
L’expansionnisme toxique de l’Otan
Maccarthysme
Millions in foreign funds spent in 2015 federal election to defeat Harper government, report alleges
Moscou outré par les commentaires de la ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly
Québec coupe les vivres à un présumé poste de police chinois
Regime Change in Russia?
Ukraine: No Russia regime change plans, says Blinken
Why Regime Change in Russia Might Not Be a Good Idea

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les villes aux meilleurs transports en commun

28 mars 2023

Compléments de lecture :
Le transport en commun finlandais : le matériel roulant
Le transport en commun finlandais : les titres de transport
Caténaires : Helsinki vs Montréal

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Caténaires : Helsinki vs Montréal

26 mars 2023

Introduction

Caténaire est un mot féminin qui désigne un système de suspension des fils d’alimentation électrique des trains ou des tramways.

À Helsinki



 
À Helsinki, ce système comprend des mâts (ou poteaux) en treillis métallique qui se font face de chaque côté de la voie et qui sont reliés par une console (ou poutre transversale) également en treillis métallique.


 
Au-dessus de chaque ligne ferroviaire, un support à caténaire est fixé sous la console. Dans sa partie inférieure, celui-ci supporte le câble d’alimentation. Celui-ci est suspendu aux câbles porteurs par le biais de courts câbles verticaux appelés pendules.

De longueur variable, les pendules compensent partiellement la courbure des câbles porteurs afin de maintenir le câble d’alimentation à une distance relativement fixe de la voie ferrée.


 
À la gare Centrale d’Helsinki, les supports à caténaire sont fixés directement sur les mâts. Ce qui fait qu’aucune console n’enjambe les voies.

Petite parenthèse : en France


Si on utilise Google Earth pour obtenir une vue à vol d’oiseau du réseau de trains de banlieue de la région parisienne, on peut mesurer que la distance entre les consoles (et donc entre les mâts) est supérieure à cinquante mètres.

À Montréal


 
À Montréal, on a décidé de ne pas recourir à des consoles; les supports à caténaire sont fixés directement aux mâts.

Or les consoles servent non seulement à suspendre les supports à caténaires, ils servent également à solidifier les mâts.

Sans les avantages de cette solidification, il faut alors utiliser des mâts plus massifs et conséquemment, plus visibles.

Ceci étant dit, est-ce que les caténaires montréalaises ont une empreinte visuelle plus importante que celles d’Helsinki ? Cela est une question d’appréciation personnelle.

Toutefois, ce qui fait toute la différence est l’espacement entre les mâts des caténaires.


 
En plus, pour des raisons obscures, on a décidé d’espacer les mâts montréalais d’approximativement 25 mètres, comparativement à 62 mètres à Helsinki.

Pour une même distance, il faut donc 2,5 fois plus de mâts à Montréal qu’à Helsinki.


 
Par endroits, le Réseau express métropolitain (REM) de Montréal utilise une véritable haie de mâts. On se demande pourquoi il en faut tant.

Le climat

Mais peut-être est-ce nécessaire en raison de notre climat.

La latitude d’Helsinki est la moyenne entre Montréal et le Pôle Nord. En d’autres mots, sa latitude se compare à celle de la baie James.

Toutefois, le climat de la capitale finlandaise n’est pas aussi rigoureux qu’on pourrait le penser. Cette ville est un port qui donne sur le golfe de Finlande. Or cette immense masse d’eau lui sert de tampon thermique.

Ce qui fait que son climat se compare à celui de Montréal.

Le réseau ferroviaire électrique de la Finlande débute à Helsinki (au sud) et monte vers des régions encore plus nordiques du pays où des peuples nomades font l’élevage de hardes de caribous.

En somme, ce qui est faisable en Finlande est faisable au Québec.

La panne d’idées

Pour concevoir le REM montréalais, ses concepteurs prétendent s’être inspirés de nombreux exemples à travers le monde.

Mais à part le SkyTrain de Vancouver et quelques exemples de stations ou d’abris de style extravagant, il ne semble pas qu’on ait été plus loin qu’une recherche sur Google.

Conclusion

C’est le gouvernement libéral de Philippe Couillard qui a fait de la Caisse de dépôt et placement du Québec le maitre d’œuvre du REM.

Or ses dirigeants sont des gestionnaires de capitaux qui voyagent habituellement dans des berlines de luxe ou en avion. Du coup, ces gens ne connaissent pas grand-chose du transport en commun et encore moins de l’urbanisme de Montréal.

Il a fallu attendre l’avancement des travaux pour découvrir la laideur du système d’alimentation électrique qu’ils ont choisi pour le REM.

À la suite des nombreuses critiques à ce sujet, ils ont promis d’y remédier.

Mais au lieu de nous montrer côte à côte des prototypes grandeur nature des anciens et des nouveaux caténaires et de leurs mâts, les responsables du projet n’ont dévoilé qu’une ‘représentation artistique’ du REM vu de loin dans un paysage urbain idéalisé.

Le silence dont s’entoure le REM n’inspire pas confiance.

La seule manière d’éviter les mauvaises surprises, c’est de militer pour que la partie du REM à compléter soit souterraine.

Référence : REM : pas tout à fait comme sur la photo

Compléments de lecture :
L’indice Québec 30 et la CDPQ
REM de l’Est : à moitié redondant, éphémère et laid

Postscriptum du 4 avril 2023 : Dans une réponse écrite obtenue après la publication de ce texte, L’équipe du REM nous a déclaré qu’il n’y a pas de distance fixe entre les mâts des caténaires montréalais; tout dépend de la géométrie de la voie. On peut présumer que ces mâts sont plus rapprochés dans les courbes. Toutefois, précise-t-on, l’espacement typique serait d’environ quarante mètres.

Ce dont je doute beaucoup, à l’examen des photos ci-dessus.

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| 2018-202X (années Legault), Politique québécoise, Transport en commun, Urbanisme | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


L’auto-toilettage du chien

25 mars 2023
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| Fait divers, Vidéos | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Mise au point du premier vaccin chinois à ARN messager

22 mars 2023

Le 2 mars dernier, l’Institut australien de politique stratégique publiait une étude effectuée sur plus d’un an et qui concluait que la recherche chinoise était en avance dans 37 des 44 technologies de pointe étudiées.

De leur côté, les États-Unis demeuraient en avance dans sept secteurs, dont la mise au point des vaccins.

Puisqu’une étude comparative aussi vaste que celle-ci exige des mois de préparation, il ne faut pas se surprendre que peu de temps après sa publication, cela ne soit déjà plus vrai.

La pharmaceutique CSPC Pharmaceutical Group — établie dans la capitale de la province du Hebei (à environ 275 km au sud-ouest de Beijing) — est une des 500 plus importantes entreprises chinoises.

L’édition de ce matin du quotidien Shanghai Daily nous apprend que son vaccin contre le Covid-19 vient d’être homologué par les autorités règlementaires du pays.

C’est le premier vaccin anticovidien basé sur la technologie de l’ARN messager. Comme le sont les vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna.

Du coup, la Chine possède dorénavant une arme probablement plus efficace que les vaccins dont elle disposait jusqu’à maintenant pour protéger sa population contre la pandémie.

Cette maitrise de la technologie des vaccins à ARN messager permet à la Chine d’entrer dans le club sélect des pays capables de mettre au point des vaccins efficaces envers toute une série de maladies infectieuses contre lesquels notre arsenal thérapeutique était jusqu’ici d’une efficacité limitée. Pensons, par exemple, à la tuberculose, au paludisme, à la maladie à virus Ebola, etc.

La course technologue à ce sujet est déjà bien entamée en Occident, où BioNTech et Moderna ont une longueur d’avance sur la Chine.

Il est toutefois à prévoir que dans les domaines très précis où la Chine sera la première à mettre au point un vaccin, celui-ci sera utilisé comme outil du ‘soft power’ chinois afin de séduire de nombreux pays en voie de développement et accroitre l’influence diplomatique de la Chine sur la scène internationale.

Références :
China approves 1st domestic mRNA vaccine for COVID-19
China leading US in technology race in all but a few fields, thinktank finds

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| Géopolitique, Pharmacologie, Science | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le feu à la place d’Youville : pour la scission de l’arrondissement Ville-Marie

21 mars 2023

Avant-propos

Airbnb est une plateforme de location de courte durée née en 2008.

Deux copains californiens eurent l’idée d’offrir à prix modique le petit déjeuner à des visiteurs qui accepteraient de dormir sur un matelas pneumatique dans des pièces de leur appartement transformées en dortoir.

Textuellement, Airbnb ou Air Bed and Breakfast veut dire ‘Lit pneumatique et petit déjeuner’.

L’incendie du 226 place d’Youville

Aspect de l’édifice William-Watson-Ogilvie avant l’incendie

Le Jeudi 16 mars dernier, dans le Vieux-Port de Montréal, un incendie a ravagé vers 5h45 l’édifice William-Watson-Ogilvie, construit en 1890.

Situé au 226 place d’Youville, à l’intersection de la rue du Port, l’édifice est adossé au sud et à l’est à d’autres bâtiments.

Si bien qu’on en sortait par l’entrée principale (au coin de la rue) ou en empruntant l’escalier métallique rétractable accroché au mur extérieur donnant sur la rue du Port.

L’édifice de trois étages abritait quatorze logements, en plus des bureaux d’une firme d’architectes au rez-de-chaussée. Une partie de ces logements étaient consacrés à de la location de courte durée sur Airbnb.

En raison de l’animation et du bruit susceptible de nuire à la quiétude nocturne des touristes, la location sur Airbnb est interdite dans le Vieux-Port par la ville de Montréal.

Le sinistre a fait un mort, six disparus, et neuf blessés, dont deux qui ont été hospitalisés à une unité de soin pour grands brulés.

L’édifice appartient à un avocat montréalais dont le permis d’exercice est l’objet de limites imposées par le Barreau du Québec (l’Ordre professionnel des avocats). Et ce, probablement à la suite d’une condamnation pour fraude en janvier 2021.

Selon celui-ci, il n’exerce plus sa profession, se consacrant plutôt à son important parc immobilier. Fait à noter : ce n’est pas cet avocat qui louait une partie des logements sur Airbnb; c’était un de ses locataires.

Ce dernier sous-louait plusieurs unités locatives dans l’édifice. Puisqu’il est rare qu’un locataire ait besoin de plusieurs logements, on peut présumer que le propriétaire savait qu’ils étaient sous-loués (en ignorant peut-être que c’était sur Airbnb).

Depuis le sinistre, la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec se blâment mutuellement à ce sujet.

Ce qui complique la discussion, c’est que l’on confond deux choses qui n’ont pas de rapport, mais qui se chevauchent dans ce cas particulier; la location illégale et la sécurité des bâtiments.

La location illégale découle du laxisme à la fois du gouvernement et de la ville, alors que la sécurité des bâtiments est une responsabilité exclusive de la ville.

La location illégale sur Airbnb

La loi québécoise exige qu’on obtienne un certificat délivré par le ministère du Revenu pour chaque unité locative (chambre, appartement ou maison) offerte à la location de courte durée.

Sur les 13 913 unités offertes sur Airbnb au Québec, 92,5 % le sont illégalement. À Toronto et Vancouver, ce pourcentage est respectivement de 55,8 % et de 23,5 %.

Sur Airbnb, les personnes intéressées à louer un logement connaissent d’avance sa situation géographique approximative, son prix de location et peuvent voir des photos de l’intérieur de l’unité locative, des aires communes et de la vue sur la ville.

Mais ils ne connaitront le pseudonyme du ‘locateur’ et l’adresse exacte du logement qu’après avoir acquitté le prix de location.

Ce qui complique la tâche des inspecteurs du ministère du Revenu; ils doivent louer un logement pour découvrir son adresse exacte et enfin pouvoir vérifier si un certificat a été délivré à son sujet.

En Ontario et en Colombie-Britannique, il est interdit à Airbnb de permettre qu’un logement soit offert en vente si l’annonce à son sujet ne précise pas son numéro de certificat.

En cas de non-conformité, c’est Airbnb qui est coupable.

Le gouvernement du Québec se propose d’adopter des exigences similaires.

Idéalement, dans le cas des villes qui ont adopté une règlementation à ce sujet, celles-ci devraient émettre les certificats et percevoir les frais d’enregistrement puisqu’elles sont mieux en mesure de distinguer là où la location est permise et là où elle est interdite.

Mais dans ce cas-ci, ce n’est pas la location qui a causé ces décès; la cause réside dans les graves lacunes à la sécurité de l’édifice.

Sans Airbnb, d’autres personnes auraient été locataires : en cas d’incendie, ce serait elles qui auraient été brûlées vives.

La sécurité du bâtiment

On sait qu’une adolescente et son conjoint ont péri dans le sinistre parce que la chambre qu’ils ont louée ne comportait pas de fenêtre vers l’extérieur et que, au moment de leurs deux appels désespérés au 9-1-1, le brasier était rendu à la porte de leur chambre.

D’une survivante de l’incendie, on sait également qu’aucun avertisseur de fumée n’a résonné cette nuit-là pour prévenir les personnes endormies du danger. C’est le bruit du crépitement des flammes et la fumée qui ont incité son conjoint à briser la vitre par laquelle ils sont sortis de leur appartement loué au sous-sol.

De plus, on sait du collègue avocat qui représente le propriétaire, qu’au cours de la dernière inspection municipale du bâtiment, la ville n’a pas demandé l’installation de gicleurs.

Installer des gicleurs coute cher. Voilà pourquoi la ville ne les exige pas systématiquement. Toutefois, lorsqu’il s’agit d’un édifice patrimonial adossé à d’autres édifices tout aussi importants, il est étonnant que la ville ne les juge pas nécessaires.

De plus dans l’arrondissement que j’habite, les pompiers visitent systématiquement les unités d’habitation pour vérifier la présence de détecteurs de fumée.

Il y a quelques mois, lors de leur plus récente visite, ils ont vérifié le mien et m’en ont offert gratuitement un neuf, malgré le fait que celui que j’avais (également donné par eux trois ans plus tôt) était censé être bon pour sept autres années.

De toute évidence, un tel service n’est pas offert dans l’arrondissement Ville-Marie.

Trop de responsabilités pour une seule personne

Il faut savoir qu’à Montréal, la mairesse de la ville est également mairesse de l’arrondissement Ville-Marie. Or son territoire comprend le centre-ville et le Vieux-Montréal. C’est trop pour une personne.

Valérie Plante est dotée d’une intelligence remarquable. De plus, elle est parfaitement au courant de ses dossiers. Contrairement à son prédécesseur brouillon.

Mais gérer à la fois la métropole du Canada et l’immense arrondissement Ville-Marie est trop pour elle. Comme il le serait pour n’importe qui.

Si bien qu’indépendamment de l’opinion qu’on pourrait avoir d’elle en tant que mairesse, il est clair que son bilan en tant que mairesse d’arrondissement est exécrable. À la fois au sujet de la sécurité des piétons que celle des locataires de l’arrondissement Ville-Marie.

En réalité, le Centre-Ville devait disposer de son propre maire d’arrondissement. Tout comme le Vieux-Montréal.

Dans le cas de cet incendie, Mme Plante a clairement manqué à son devoir. Tout comme c’est le cas au sujet de la petite Mariia Legenkovska, tuée récemment par un chauffard en se rendant à l’école.

Références :
Au moins une personne manque à l’appel après un grave incendie dans le Vieux-Montréal
Et Québec dit : emmenez-en des Airbnb !
Incendie dans le Vieux-Montréal : « Je visite mes immeubles tous les jours », jure le propriétaire
Incendie dans le Vieux-Montréal : sept personnes portées disparues
Incendie dans le Vieux-Montréal : un locataire dénonce le manque d’issues de secours
«Tout autour éclatait et tombait»: un résident sauvé in extremis raconte l’incendie du Vieux-Montréal
Un dix-huitième piéton mort à Montréal en 2022

Parus depuis :
Des murs coupe-feu retirés pour gagner plus sur Airbnb (2023-03-22)
Des chambres sans fenêtre approuvées par la Ville (2023-03-24)
Incendie dans le Vieux-Montréal: une chambre à louer sur Airbnb comme celle de Charlie Lacroix (2023-03-24)

Un commentaire

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les familles Caïn et Abel

18 mars 2023

Préambule

Voici l’histoire de deux familles voisines que nous appellerons les Caïn et les Abel.

La famille Caïn

À la fin des années 1980, lorsque les Caïn s’épousèrent, leur rêve était de s’aimer à jamais et de finir leurs jours entourés de la multitude de leurs petits enfants.

Le sort en décida autrement.

Leurs deux fils, de solides gaillards dotés d’un sale caractère, ne trouvèrent jamais de femmes capables de les endurer. Si bien que, devenus trentenaires, les fils Caïn vivent encore avec leurs parents.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Il s’agit d’une maison unifamiliale à deux paliers (à gauche sur la photo) construite sur une rue paisible bordée d’une douzaine de maisons et située près de l’extrémité ouest de l’ile de Montréal.

Contrairement à la plupart de ses maisons voisines, celle-ci n’est pas dotée d’une piscine à l’arrière. Toutefois, elle est entourée de beaux arbres matures qui apportent une fraicheur bienvenue par temps de canicule.

Des douze maisons qui bordent la rue, neuf abritent des enfants. Ceux-ci se connaissent tous, s’invitent les uns les autres à des ‘pizza parties’ ou à se baigner dans la piscine.

La rue est tellement peu fréquentée que la municipalité n’a pas jugé bon la border de trottoirs.

Deux écoles primaires, une garderie et un parc se trouvent à proximité.

Pour le père Caïn et son épouse, il est impossible de prendre l’auto sans croiser des parents qui se rendent à l’école en tenant leur enfant par la main, d’autres qui, dans leur bras, amènent leur tout-petit à la garderie quand ce n’est pas ceux qui s’amusent avec les leurs au parc.

Chaque fois, il s’agit pour les parents Caïn d’un douloureux rappel que leur lignée s’éteindra un jour.

Plus jamais, la mère Caïn ne respirera l’odeur de la peau de bébé qu’on sort du bain. Plus jamais elle ne fera oublier un cauchemar à un enfant en blottissant son petit corps chaud et humide contre le sien. Plus jamais en le chatouillant, elle le fera cabrer vers l’arrière en riant.

En somme, pour les parents Caïn, jamais ils ne réaliseront leur rêve d’être entourés de leurs petits enfants émerveillés les jours de fête ou de les avoir à eux seuls lorsque les parents veulent prendre un peu de répit.

Un proverbe ancien veut que le bonheur des uns soit toujours offensant aux yeux des malheureux.

C’est ainsi qu’au fil des jours, des mois et des années, les rires et les cris des enfants du voisinage sont devenus de plus en plus insupportables aux oreilles des Caïn.

Le pire fut à l’occasion du confinement décrété au début de la pandémie au Covid-19.

Privés d’école, les enfants du coin jouaient du matin ou soir dans la rue sous l’œil bienveillant de leurs parents, bien installés dans leurs chaises pliantes.

Depuis, les Caïn n’ont pas cessé de porter plainte à la police pour les nuisances qu’ils subissaient. Ces cris d’enfants qui les empêchaient de faire la sieste l’après-midi. Ces enfants qui violaient le Code de la route en jouant dans la rue. Etc.

Et puisque la police ne faisait rien, les Caïn ont décidé de prendre les grands moyens et de documenter leur cause; ils ont fait installer huit caméras de surveillance.

En mars et mai 2021, un des fils Caïn, Michael, en a installé quatre pour surveiller devant la maison familiale. Puis une autre sur le tableau de bord de chacune des voitures des parents Caïn. Une septième qui filme au travers de la vitre arrière de la voiture du père Caïn. Et la dernière, à haute résolution, sur son casque de moto.

De plus, Michael Caïn maintenait à jour un registre dans lequel il compilait les microagressions dont sa famille était victime. Chaque incident répertorié était complété de commentaires et d’opinions au sujet des voisins qui les persécutaient.

Quand les cris devenaient insupportables, les parents Caïn fermaient leurs fenêtres et démarraient le climatiseur… à défaut de passer l’aspirateur. Lorsqu’il était dans sa chambre à l’étage, un des fils Caïn haussait le son de la musique heavy métal pour se calmer…

De tout le voisinage, le plus détestable était monsieur Abel. Marié au début de la trentaine, ce professeur aimait se promener par temps doux accompagné de ses deux fillettes, âgées respectivement de 2 et de 4 ans.

Leurs cheveux tombaient sur leurs épaules en d’amples boucles blondes qui faisaient penser aux volutes de fumée blanche qui s’élevaient vers le ciel quand Abel (le personnage biblique) offrait des sacrifices à Dieu.

Puisque la cadette de ses filles se fatiguait vide, au lieu d’aller au parc, la famille Abel préférait déambuler sur leur rue, devant leur maison et celle des Caïn. Comme pour le faire par exprès.

Évidemment, de la fenêtre en saillie de leur grande maison, madame Caïn pouvait toujours détourner le regard. Mais pour voir quoi ? Ses deux fils mal rasés effoirés devant le téléviseur du salon ?

La fête du 25 mars 2021


 
De tous les jours de mars 2021, le 25 fut le plus beau.

Mais pour les Caïn, ce fut le plus pénible. Un véritable enfer.

Dans son témoignage assermenté, Michael Caïn décrit le chaos et l’anarchie qui régnait ce jour-là. Les voisins avaient décidé de tenir une grosse fête d’enfants en pleine rue. Les jouets trainaient partout. Et les parents bloquaient la circulation.

Toutefois, les clips vidéos qu’il a soumis au tribunal montrent autre chose.

Ce jour-là, on célébrait l’anniversaire d’un des enfants du voisinage. Sur la chaussée, des jeunes avaient dessiné à la craie un gâteau orné du texte “Joyeux 5e anniversaire”.

Sur une table dressée devant une maison parée de ballons et de décorations brillantes, on avait disposé à volonté des croustilles, des biscuits, des petits gâteaux, des jus et de l’eau.

Un peu plus loin, une fillette de quatre ans s’amusait sur sa trottinette sous la surveillance de ses parents assis sur l’allée de leur entrée de garage. Une allée que la fillette avait décorée de dessins à la craie.

À quelques mètres, neuf enfants souriants, âgés de 2 à 8 ans, chevauchaient leurs vélos ou leurs trottinettes. Tous casqués.

Sous la surveillance de leurs parents, d’autres enfants déambulaient ou se tiraillaient amicalement en profitant de l’air frais de la banlieue.

Ici et là sur les terrains, les derniers tas de neige fondaient au soleil.

L’assaut du 25 mars 2021

Quand madame Caïn rentre chez elle ce jour-là au volant de sa voiture, il est 17h41. Au moment de tourner à l’embouchure de la rue dont il question jusqu’ici, une fillette a commencé à la traverser en trottinette.

La mère Caïn klaxonne et emprunte la rue sans ralentir.

Dès qu’elle avait vu la voiture tourner, la fillette s’était empressée en titubant de se déplacer pour la laisser passer. Ce qui ne l’a pas empêchée d’être frôlée de justesse par celle-ci.

Dans un monde mou où plus personne ne respecte rien, les Caïn se voyaient comme des promoteurs de la loi et de l’ordre. Incompris et persécutés par leur entourage.

C’est ainsi que lorsqu’ils quittent ou reviennent à leur domicile, les Caïn klaxonnent pour que ces petits mal élevés se tassent du chemin (qui n’est pas fait pour eux) et afin qu’ils aillent jouer sur leurs propriétés respectives (où ils seraient plus en sécurité).

Et pour motiver les parents à s’occuper de leur marmaille, ils rasent leurs enfants sans ralentir à la vitesse maximale permise.

En dépit des conflits, l’enseignement des Caïn porte ses fruits.

Ce jour-là, par exemple, les vidéos montrent les parents qui s’empressent d’ôter leurs enfants du chemin.

Une heure plus tard, le père Caïn arrive en voiture. À cette heure (18h46), il ne reste plus que quatre enfants et trois pères sur la rue.

Immédiatement, tous se déplacent pour le laisser passer.

Pendant qu’il les frôle à vitesse maximale, il est au téléphone avec son épouse. « Regarde-moi ça. Regarde-moi ça. Encore tous au milieu de la route !», peste-t-il.

Dès qu’il débarque de sa voiture, deux des pères se dirigent vers lui pour lui signifier de ralentir lorsqu’il passe près de leurs enfants.

Le père Caïn, rouge de colère, pointe un doigt accusateur vers monsieur Abel (qu’il a frôlé quelques secondes plus tôt). Ce dernier lui tend une main ouverte pour lui signifier de se calmer.

Le père Caïn lui crie : “La prochaine fois, je vais les frapper” et poursuit en affirmant que si jamais cela arrive, ce sera la faute des parents qui laissent leurs enfants jouer n’importe où.

Arrivé sur les lieux, l’autre fils Caïn pousse brusquement monsieur Abel. Ce dernier s’éloigne plutôt que de répliquer.

Pendant ce temps, l’autre frère Caïn (Michael) est dans la maison, en train d’appeler la police. Arrivés sur les lieux, les policiers ne procèdent à aucune arrestation et ne déposeront aucune plainte.

La menace de mort du 18 mai 2021

Entre le 25 mars et le 18 mai, les relations entre les Caïn et les Abel — qui n’ont jamais été bonnes — se sont détériorées.

Alors que monsieur Abel déambule devant la maison des Caïn, Michael Caïn effectue des réparations sur le perron. Dès que ce dernier aperçoit monsieur Abel, il l’insulte et, levant son marteau-piqueur comme s’il s’agissait d’une mitraillette, lui dit : “T’es un homme mort.”

Ce à quoi monsieur Abel répond : “Va te faire…”, tout en lui adressant un doigt d’honneur de main droite. À la suite de quoi, il déplace ce doigt d’honneur horizontalement vers sa droite d’un air méprisant. Comme pour dire : “Dégage !

Ce que confirme le clip vidéo soumis en preuve.

Mais Michael Caïn voit dans ce dernier geste un signe qui signifie ‘Je vais te trancher la gorge’. Il porte aussitôt plainte à la police pour menace de mort.

À l’issue de sa promenade, quand monsieur Abel entre chez lui, il est attendu par les policiers qui procèdent à son arrestation.

Prologue

En vertu du droit criminel, la Direction des poursuites criminelles et pénales (la DPCP) possède le pouvoir exclusif d’entreprendre des poursuites criminelles devant les tribunaux.

Elle le fait après avoir pris connaissance d’un rapport d’enquête accompagné d’une déclaration assermentée d’un policier affirmant qu’il a acquis la conviction profonde que la personne qu’il accuse est coupable du crime reproché.

Dans ce cas-ci, les policiers n’ont pas entendu la version contradictoire de monsieur Abel. Ils se sont basés exclusivement sur les accusations de Michael Caïn.

En réalité, les Caïn sont des ‘pisseux de vinaigre’ qui empoisonnent depuis des années l’existence des policiers du quartier par leurs plaintes répétées contre leurs voisins.

Entamer une cause à partir de leur témoignage sans trop chercher plus loin était une manière d’acheter la paix.

Évidemment, dans un monde parfait, ils ne devraient pas faire cela. Mais nous vivons dans un monde imparfait.

Lorsqu’ils transmettent une enquête bâclée à la DPCP, l’avocat chargé du dossier doit avoir suffisamment de discernement pour demander un supplément d’enquête. Ce qui ne fut pas fait.

Au tribunal, dès que Me Isabelle Major, procureure de la poursuite, entend le témoignage irréfutable de monsieur Abel, elle décide de ne pas le contre-interroger et invite elle-même le tribunal à l’acquitter de l’accusation qu’elle a portée contre lui.

Autrefois, n’importe quel juge aurait prononcé un non-lieu sur le banc et l’affaire se serait arrêtée là.

Mais, ces jours-ci, les juges s’ennuient.

En janvier 2022, Me Lucie Rondeau, juge en chef de la Cour du Québec, a donné l’ordre aux juges de n’entendre les causes qu’un jour sur deux, l’autre devant être consacré à la rédaction de leurs décisions.

En Ontario et en Colombie-Britannique, les juges en Chambre criminelle consacrent en moyenne une journée sur cinq à la rédaction de leurs jugements.

En somme, le juge Rondeau veut que les juges sous son autorité consacrent 50 % de leur temps à écrire leurs jugements, plutôt que 20 % comme c’est le cas ailleurs.

Par le moyen d’une thrombose judiciaire provoquée artificiellement, la juge Rondeau veut forcer le ministre de la Justice du Québec à nommer des juges bilingues, même lorsque la connaissance de l’anglais n’est pas justifiée.

Voilà pourquoi elle a décrété une grève du zèle.

Pour meubler son temps, l’honorable Dennis Galiatsatos a décidé de prendre cette cause en délibéré et de rédiger un document de 26 pages pour justifier un non-lieu. Du jamais-vu.

Alors évidemment, dans cette longue dissertation aussi intéressante qu’inutile, on peut y voir ce qu’on veut.

Piétons Québec y a vu une reconnaissance juridique du droit des enfants de jouer dans la rue. Ah bon.

Soulignant l’absence de condamnation du professeur Abel pour avoir adressé un doigt d’honneur — ce dont il n’était même pas accusé — un grand nombre de quotidiens à travers le monde ont vu dans cette décision une légalisation du droit d’offenser.

Et un auteur de blogue y a vu une occasion de parler des grandeurs et des misères de la vie de banlieue…

Références :
Décision du tribunal
Giving the middle finger is a ‘God-given right’, Canadian judge rules
L’esprit de caste de la juge Lucie Rondeau
Un doigt d’honneur mérité
Un juge défend le droit des enfants de jouer dans la rue

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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