L’accès à la propriété et les réductions d’impôt libérales

16 juin 2022

Introduction

Dans le texte ‘Le derrière miraculeux de la ministre’, j’ai eu l’occasion de critiquer les politiques économiques du gouvernement libéral de Philippe Couillard.

Depuis, sa ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation est devenue cheffe de l’opposition.

Désespérée devant les sondages qui prédisent un avenir sombre à sa formation politique, Dominique Anglade a pris les grands moyens en dévoilant deux mesures phares de son programme électoral.

Favoriser l’achat d’une première maison

Afin d’aider les nombreux jeunes ménages qui rêvent d’acquérir une première maison, le Parti libéral promet d’abolir la taxe de bienvenue — qui peut s’élever à plusieurs milliers de dollars — que tout nouvel acheteur d’un immeuble ou d’un terrain doit verser à sa municipalité.

De plus, le Parti libéral hausserait le plafond des sommes que l’on peut investir dans un régime d’accès à la propriété.

Ceci est une mauvaise idée pour deux raisons.

Premièrement, la crise actuelle du logement est liée à un déséquilibre entre l’offre et la demande.

Toute mesure qui a pour effet d’augmenter la demande de logements aggrave cette crise. En d’autres mots, plus nombreux seront ceux qui veulent acquérir une propriété en vente (ou acheter une nouvelle maison unifamiliale), plus on accroit la valeur spéculative des maisons offertes.

Deuxièmement, en raison des problèmes d’approvisionnement sur les marchés internationaux et des pénuries qui en découlent, l’indice des prix à la consommation augmente plus rapidement de nos jours qu’au cours des quarante dernières années.

Ce qui oblige les banques centrales à hausser les taux d’intérêt.

Officieusement, cette hausse a également pour but de provoquer un ralentissement économique afin de réduire la consommation mondiale d’hydrocarbures et ainsi diminuer les revenus qu’en tire la Russie (et qui lui servent à financer la guerre russo-ukrainienne).

L’effet combiné des hausses du loyer de l’argent et des pertes d’emplois occasionnés par ce ralentissement économique provoquera des saisies immobilières pour incapacité de payer.

Bref, ces promesses libérales consistent à faire miroiter un rêve voué à se transformer en cauchemar et à plonger dans la misère une bonne partie de ceux qui y auront cru.

La baisse d’impôts

Les réductions d’impôts promises par Jean Charest, associées au pillage du Trésor public survenu au cours de son règne, ont conduit quelques années plus tard le gouvernement libéral de Philippe Couillard à sabrer les dépenses de l’État afin de rétablir les finances publiques.

Ce qui a fragilisé notre système de Santé et nos écoles en plus de prolonger le sous-investissement dans le logement social.

Samedi dernier, la cheffe du Parti libéral promettait qu’un gouvernement dirigé par elle réduirait de 1,5 % l’impôt payé par les contribuables qui gagnent moins de 92 000 dollars par année.

Modeste au premier regard, ce pourcentage représente une perte annuelle de revenus de deux-milliards de dollars pour l’État québécois.

Il y a un temps pour chaque chose.

Simplement décarboniser l’économie nécessitera des transformations radicales que seul un gouvernement doté de ressources financières importantes pourra entreprendre et réussir.

Alors que se dessine la perspective d’une récession, alors que se multiplient les pénuries et les désordres économiques, et alors que nous sommes peut-être même au bord d’une Troisième guerre mondiale, nous avons besoin d’un gouvernement fort capable de naviguer sur une mer houleuse.

La dernière chose dont nous avons besoin, c’est une formation politique peureuse à l’idée d’abolir le serment à la reine et qui ne trouve rien de mieux, pour se faire élire, que de renoncer volontairement à une partie de ses revenus fiscaux et donc, à ses moyens d’agir.

Références :
Dominique Anglade promet une baisse d’impôt
Jean Charest promet de baisser les impôts
Le PLQ à la rescousse du serment à la Reine
Le PLQ veut abolir la « taxe de bienvenue » pour les premiers acheteurs

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Écrit par Jean-Pierre Martel


De Rosemont au cimetière Notre-Dame-des-Neiges

14 juin 2022

Au lever ce matin, le ciel était totalement dégagé. En somme, un temps idéal pour faire de la photographie infrarouge.

Le temps d’attendre que la factrice soit passée et déjà le ciel était partiellement nuageux. Heureusement, il le demeura une bonne partie de la journée.

Mon programme était simple; emprunter la piste cyclable de la rue Rachel jusqu’à la rue Berri, puis bifurquer vers le nord vers la station de métro Laurier pour y prendre l’autobus 51 jusqu’au cimetière Notre-Dame-des-Neiges.

Voici les photos que j’en ai rapportées.

Ancienne caserne des pompiers des ateliers Angus (1907)
Oriel et couronnement de toit en cloche du 4297-9 rue Saint-André
Libellule du 4895 rue Gilford
Monument funéraire de la famille Masson

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 + filtre vert jaunâtre B+W 061 + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80C de Calumet + filtre polarisant PL-CIR d’Hoya
1re photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 23 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 15 mm
3e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 20 mm
4e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 27 mm

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à l’infrarouge couleur, veuillez cliquer sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les varioles et la collerette

12 juin 2022

La variole simienne

La variole simienne (mieux connue sous le nom de ‘variole du singe’) est une maladie virale à pustules, rarement mortelle, qui est endémique dans le bassin du Congo et en Afrique occidentale.

Son virus peut se développer chez une vingtaine d’espèces animales (dont certains primates et rongeurs).

Chez l’humain, après une période d’incubation de cinq à dix jours, la maladie se manifeste par une forte fièvre, une grande fatigue, des maux de tête, des courbattures et le gonflement prononcé des ganglions, surtout au niveau du cou et dans l’aine.

Deux jours après l’apparition des premiers symptômes, les lésions apparaissent sur la peau. Successivement, ces lésions sont des taches rouges (1 à 2 jours), des boutons solides (1 à 2 jours), des cloques contenant un liquide clair (1 a 2 jours), puis des pustules contenant de grandes quantités de virus (de 5 à 7 jours).

Ces dernières se dessècheront sur une période de deux à quatre semaines. Leur croute finira par disparaitre en laissant parfois une trace visible sur la peau.

La petite vérole

La variole simienne est cousine de la variole (tout court). Appelée autrefois ‘petite vérole’, cette dernière a été éradiquée en 1980 à la suite d’une campagne de vaccination massive orchestrée par l’Organisation mondiale de la santé.

Autrefois, le mot ‘vérole’ se dirait des maladies à pustules ou à vésicules; on connaissait la petite et la grande vérole, de même que la varicelle. Or la science moderne a démontré qu’il s’agissait de maladies différentes.

La petite vérole n’était petite que de nom. Elle fut responsable des pandémies les plus mortelles de l’histoire de l’humanité. Plus que la peste. Plus que le choléra. Plus que la grippe espagnole.

La grande vérole

Ce qu’on appelait autrefois la ‘grande’ vérole désigne aujourd’hui la syphillis.

Cette maladie existait en Europe depuis l’Antiquité mais fit un retour en force durant la Renaissance à la suite de la découverte des Amériques.

Cette découverte fut l’occasion du ‘Grand échange de véroles’; les conquistadors apportent la petite vérole aux Amérindiens (ce qui les décimera par dizaines de millions), alors que les marins européens contaminent l’Europe de la grande vérole (la syphillis) attrapée en violant les femmes des peuples autochtones conquis.

Or, parmi les séquelles cutanées de la grande vérole, il y avait le ‘collier de Vénus’.

Celui-ci était constitué d’une succession de taches brunâtres ou décolorées situées au niveau du cou.

Détail de Portrait de Frans Snyders et son épouse (1621) d’Antoine van Dyck

En raison de son aspect inesthétique, ces taches ont donné naissance à la mode des collerettes à godrons (ou à amples plis empesés), emblème vestimentaire de la Renaissance.

De la seconde moitié du XVIe siècle jusqu’au début du XVIIe siècle, femmes et hommes de la noblesse portaient cette décoration, plus tard remplacée chez les femmes par un col (souvent en dentelle) dressé derrière le cou et qui, cette fois, dégageait la poitrine des personnes épargnées par la grande variole.

Références :
Collerette (costume)
Variole du singe : comment se transmet-elle, quels sont les symptômes ?

Complément de lecture : La Grande peste et le Covid-19

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le baiser de Judas de la droite religieuse

11 juin 2022
Détail d’une gravure de Gustave Doré

De 1937 à l’an 2000, le pourcentage des Américains qui se réclamaient d’une confession religieuse (protestantisme, catholicisme, judaïsme, islam, etc.) s’est maintenu aux alentours de 70 %.

Mais depuis l’an 2000, cette proportion est progressivement tombée à 47 %.

Ce déclin s’est produit dans tous les groupes d’âges :
• de 77 % à 66 % chez ceux nés avant 1946,
• de 67 % à 58 % chez ceux nés entre 1946 et 1964 (les Bébé-boumeurs),
• de 62 % à 50 % chez ceux nés entre 1965 et 1980 (la génération X),
• de 51 % (en 2008-2010) à 36 % chez ceux nés entre 1981 et 1996 (les Millénariaux).

Toutefois, ce déclin a été plus marqué chez les Catholiques (de 76 % à 58 %) que chez les Protestants (de 73 % à 64 %).

De nos jours, ceux qui tirent cette moyenne de 47 % vers le bas sont les célibataires (42 %), les électeurs ni républicains ni démocrates (41 %), les habitants des États de l’Ouest américain (38 %) et les adultes qui s’estiment plus à gauche (35 %).

Selon The Guardian, cela s’expliquerait par l’instrumentalisation des croyances religieuses (notamment au sujet de l’avortement et de l’orientation sexuelle) à des fins politiques.

En d’autres mots, la montée en puissance de la droite religieuse aurait détourné un grand nombre de fidèles des lieux de culte qui relaient sa propagande, sans nécessairement avoir affecté la foi profonde de ces fidèles.

Un prêtre ou un pasteur se discrédite lorsqu’il incite ses fidèles à soutenir un chef politique qui calomnie, qui ment, qui triche, qui fraude, qui fréquente des prostituées, bref quelqu’un qui n’est animé d’aucune des valeurs morales enseignées par ce ministre du culte.

Références :
‘Allergic reaction to US religious right’ fueling decline of religion, experts say
U.S. Church Membership Falls Below Majority for First Time

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les Bixi du cinquantième

10 juin 2022


 
Inspirée par des systèmes de vélos en libre-service créés en Europe, Montréal fut une des premières villes nord-américaines (peut-être même la première) à proposer la même chose en 2009.

Pour célébrer les cinquante millions de déplacements effectués jusqu’ici, cinquante vélos Bixi ont été transformés en œuvres d’art grâce à une collaboration avec le Festival MURAL!.

On a confié à des muralistes — Aless MC, Chien Champion, Mono sourcil, La Charbonne et Zéphyr — la mission de créer chacun une collection de dix vélos: une épreuve d’artiste, et neuf autres exemplaires mis à la disposition du public.

C’est donc 45 vélos d’art (neuf vélos pour chacun des cinq artistes) qui sont loués depuis hier au même prix que les Bixi ordinaires.

Mais répartis dans 800 stations, alors que les Bixi sont déjà l’objet d’un engouement record cette année — pandémie oblige — cela signifie qu’il sera plus facile de les voir à leur destination dans le centre-ville qu’à leurs points de départ dans les quartiers populaires où, évidemment, ils seront les premiers à disparaitre en début de journée.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Recycler le plastique : de belles paroles…

9 juin 2022

De 1980 à 2021, l’utilisation du plastique aux États-Unis s’est accrue de 263 %, soit de 27 kg à 99 kg par personne.

Depuis que la Chine a fermé en 2017 ses frontières à la plupart des déchets de plastique américain, les usines de ‘recyclage’ ne font que les trier. À l’issue de quoi 85 % sont expédiés à des sites d’enfouissement, 10 % sont incinérés, et seulement 5 % sont réellement envoyés au recyclage.

En plus, le tiers de ce qui est envoyé au recyclage est rejeté car fabriqué de polytéréphthalate d’éthylène. Résultat : environ trois pour cent du plastique américain réellement recyclé.

De leur côté, les Canadiens génèrent annuellement 3,2 millions de tonnes de déchets de plastique, soit 86 kg par personne.

En 2020, Ottawa a dévoilé son plan Zéro déchet plastique, une cible ambitieuse dont l’atteinte est prévue dans la semaine des trois jeudis, soit d’ici 2030.

Contrairement à ce que son nom suggère, ce plan ne prévoit pas le recyclage à 100 % des déchets de plastique, mais seulement que la totalité du plastique utilisé par l’industrie sera recyclable (et non recyclé).

Mais le sera-t-il ? Mystère…

À l’heure actuelle, 86 % du plastique canadien se retrouve dans des sites d’enfouissement. Comme aux États-Unis. Or tout objet enfoui qui n’est pas biodégradable est un polluant, peu importe qu’il ait pu être recyclable ou non avant d’être enterré. Donc Ottawa rit de nous.

Pour recycler 90 % de notre plastique, il faudrait construire plus de 160 centres de tri et usines de recyclage au pays. Et ce, au cout de huit milliards$. Une dépense qui, malheureusement, n’est pas prévue dans le plan fédéral.

Paroles, paroles, paroles, chantait Dalida.
Bien voyons, ma chérie.
Paroles, paroles, paroles.
Je te jure…

Références :
Ceci n’est pas un plan « zéro déchet plastique »
US is recycling just 5% of its plastic waste, studies show

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Fleurs diverses en juin 2022

9 juin 2022
Pyrèthre rose ‘Laureen’
Pavot d’Orient ‘Royal Wedding’
Pigamon à feuilles d’ancolie
Géranium sanguin ‘Elke’
Lamier maculé

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
2e  photo : 1/5000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
3e  photo : 1/250 sec. — F/4,5 — ISO 200 — 150 mm
4e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
5e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Des iris barbus en juin 2022

8 juin 2022
Grand iris barbu ‘Picador’
Iris barbu ‘Gala Finale’
Iris barbu ‘City of Stratford’

Le premier de ces iris a remporté en 1939 le prix du Mérite de la Société royale horticole de Londres.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 70 mm
2e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
3e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’immigration et l’extrême droite

7 juin 2022

Introduction

Dernièrement, un député du NPD m’expédiait un courriel dans lequel on pouvait lire ce qui suit :

Ça m’inquiète pas mal de voir des chroniqueurs politiques comme Mathieu Bock-Côté […] attiser la haine, la méfiance, la peur envers l’autre […et…] banaliser des mesures qui [attentent aux] droits et libertés […] des immigrants […].

Ce sont des propos poussés par […] l’extrême droite […qui…] prône une vision insulaire, tribale et repliée sur nous-mêmes […].

Implicitement, ce courriel visait un colloque organisé le lendemain par un parti politique rival du NPD au cours duquel Mathieu Bock-Côté fut conférencier.

Je connais Mathieu Bock-Côté de nom et de réputation. Mais j’ai très peu lu ses écrits.

Je me contenterai de parler du lien simpliste que ce député du NPD tisse entre l’extrême droite et la xénophobie.

Le refus de l’immigration

La Corée du Nord

Le pays le plus hostile à l’immigration est la Corée du Nord; aucun étranger ne peut y immigrer. Être autorisé à y séjourner temporairement à l’occasion d’un voyage est même extrêmement difficile.

Pourtant, ce pays renfermé sur lui-même est dirigé par un régime communiste, c’est-à-dire d’extrême gauche.

Soulignons également que ce pays cultive ‘la haine, la méfiance, la peur envers l’autre’. L’autre dont il est question ici est américain.

Le Japon

Le Japon représente un cas moins extrême. En dépit du vieillissement de sa population, ce pays exerce une politique discriminatoire envers les peuples voisins. Pour un Coréen ou un Chinois, réussir à immigrer au Japon est un défi colossal.

Cette discrimination est une constante de la politique nippone, peu importe l’idéologie du parti au pouvoir.

Le Canada

Ce n’est pas une coïncidence si les Canadiens à la peau très pigmentée forment moins de trois pour cent de la population canadienne.

De 1910 à 1967, la Loi de l’immigration était hostile à certains types d’immigrants, notamment ceux en provenance d’Afrique noire.

Encore aujourd’hui, le ministère fédéral de l’Immigration exerce une discrimination contre les jeunes Africains francophones qui veulent étudier au Québec.

Ce qui veut donc dire qu’en dépit du discours bienveillant du Parti libéral canadien à l’égard de l’immigration, la machine étatique fédérale se comporte de la même manière, peu importe l’idéologie de sa façade ministérielle.

Mais il y a plus. Alors que les médias canadiens se sont scandalisés de la politique de l’administration Trump de séparer aux frontières les jeunes enfants de leurs parents afin de punir les familles qui entraient illégalement aux États-Unis, le Canada a fait pareil… sans le dire.

La diabolisation de l’immigrant

Ce qui caractérise les politiciens ‘populistes’ hostiles à l’immigration, c’est leur manque de rectitude politique.

Or les mots comptent.

Lorsque les influenceurs d’une société (dont les politiciens ne sont qu’une partie) cassent du sucre à répétition sur le dos des immigrants, inévitablement ceux-ci, de même que les membres de leurs communautés ethniques déjà naturalisés, sont la cible d’actes haineux.

C’est automatique. L’attentat terroriste à la mosquée de Québec est la directe conséquence du discours des influenceurs radiophoniques de cette ville.

Aux États-Unis, les politiciens démocrates ont sévèrement critiqué les politiques migratoires de leurs adversaires républicains. Mais arrivé au pouvoir, Joe Biden a essentiellement perpétué les politiques ‘trumpiennes’.

Tout comme le Canada maintient ses politiques migratoires racistes, peu importe qui dirige le pays. Le discours officiel change, mais les habitudes demeurent.

L’exemple de l’hospitalité

La Pologne est un des moutons noirs de l’Union européenne.

Depuis des années, ce pays est en conflit ouvert avec Bruxelles pour les réformes judiciaires mises en œuvre par le parti populiste de droite au pouvoir, Droit et Justice (PiS).

La Pologne était également en conflit avec l’Ukraine qu’elle accusait d’avoir collaboré avec les nazis au ‘génocide’ de 100 000 Polonais dans la région ukrainienne de Volhynie en 1941.

Les Polonais d’aujourd’hui ont conservé un souvenir très pénible de l’époque où leur pays était sous domination russe.

Si bien que dès l’éclatement de la guerre russo-ukrainienne, les Polonais ont mis de côté ces vieilles rancunes et se sont associés aux souffrances du peuple ukrainien.

La majorité des Ukrainiens qui ont fui leur pays ont été accueillis en Pologne. Non pas sous la tente, dans des camps de réfugiés comme c’est généralement le cas, mais plutôt chez l’habitant.

Plus précisément, des centaines de milliers de Polonais ont pris leur voiture et se sont rués aux frontières pour choisir des gens au hasard parmi le lot des personnes qui arrivaient en Pologne.

Ils ont pris des femmes et des enfants épuisés par la marche. Des personnes aux yeux rougis qui descendaient des trains. Des inconnus souvent sales et couverts de sueur. Des types désespérés qui ont tout perdu.

Et c’est à des millions de ces gens-là que les Polonais offrent gratuitement le gite, la nourriture, des vêtements de rechange et sortent des placards quelques jouets qui pourraient aider les enfants à surmonter les traumatismes de la guerre.

Les jours où le nombre d’arrivants a dépassé le nombre de bons Samaritains, ceux qui n’ont pas été choisis trouvent place dans des centres d’hébergement d’urgence.

De son côté, le gouvernement polonais a débloqué une aide d’urgence de 1,6 milliard d’euros. Il a délivré des permis de travail. Il a ouvert les écoles aux enfants ukrainiens et a garanti à tous l’accès aux soins médicaux.

C’est pourtant le même gouvernement à qui on reprochait de refouler violemment les migrants irakiens, syriens ou afghans.

Évidemment, on peut reprocher aux Polonais leurs affinités sélectives. Mais qui sommes-nous pour en juger ?

Avons-nous vraiment fait mieux ? Nous qui accueillons les réfugiés ukrainiens au compte-goutte et dont les premiers sont arrivés ici 94 jours après de début de la guerre…

Conclusion

Au sujet de l’immigration, les politiciens ne sont que l’expression de l’inconscient collectif de leur peuple, un inconscient qui varie selon les circonstances.

Lorsqu’ils ne sont pas en phase avec leur électorat, ces politiciens ne sont pas élus.

Et lorsqu’ils le sont, leur autorité se buttent au pouvoir discrétionnaire des décideurs du ministère de l’Immigration.

Or ces derniers sont issus de la population du pays. Qu’ils le veuillent ou non, ils sont inconsciemment influencés par l’idéologie qui prévaut autour d’eux.

Si bien que la fonction publique des peuples racistes l’est toujours et les politiciens qui y sont élus sont habituellement les reflets de leur électorat.

Il en est de même des chroniqueurs.

Dans le cas de Mathieu Bock-Côté, j’ignore son idéologie. Mais il est certain qu’il ne jouirait pas toutes les tribunes qu’on lui offre s’il n’était pas en phase avec notre époque.

Références :
C’est quoi un parti de droite ou un parti de gauche ?
Communautés noires au Canada
L’accueil des réfugiés ukrainiens en Pologne, ou comment panser les plaies de l’Histoire
La façade ministérielle de l’État canadien
Le premier ministre polonais dénonce « le chantage » de Bruxelles, la Commission défend ses valeurs
L’unilinguisme anglais à Immigration Canada
Montréal accueille un premier vol de réfugiés ukrainiens
Plus de 182 enfants séparés de leurs parents à la frontière canadienne
Projet de loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français
Visas étudiants refusés : un rapport fédéral évoque de possibles « préjugés raciaux »

Complément de lecture : Immigration : l’illusion des prophéties

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les Aquilegias

5 juin 2022
Ancolie gracieuse (Aquilegia formosa)

Les éperons sont une extension arrière des pétales ou des sépales d’une fleur. La plupart des Aquilegias en sont pourvues.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Celles-ci sont des plantes rustiques qui se prêtent à la culture en rocaille. Elles fleurissent en fin de printemps ou au début de l’été.

Les plus connues ont cinq pétales creux au centre desquelles jaillissent un bouquet d’étamines jaunes.

Les Aquilegias offrent une large palette de coloris qui comprend le blanc, le bleu, le jaune pâle, le rose et le brun.

Aquilegia flabelleta var. Pumila
Cliquez sur l’image pour l’agrandir
Aquilegia cœrulea

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 (1re et 4e photos), Helios 85 mm F/1,5 (2e photo), et PanLeica 42,5 mm F/1,2 (3e et 5e photos)
1re photo : 1/3200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
2e  photo : 1/1000 sec. — F/1,5 — ISO 200 — 85 mm
3e  photo : 1/2500 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 42,5 mm
4e  photo : 1/3200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
5e  photo : 1/3200 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 42,5 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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