En Serbie, 51,8 % de la population a reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19.
Dans les centres de vaccination de ce pays, il y a plusieurs cubicules. Chacun d’entre eux porte le nom d’un vaccin ou d’un fabricant de vaccins (selon ce qui est le plus connu) : AstraZeneca, Moderna, Pfizer, Sputnik, etc.
Lorsqu’ils arrivent à l’un de ces centres, les gens sont libres d’aller vers le cubicule qui offre le vaccin de leur choix.
Depuis peu, aux États-Unis, l’offre de vaccins dépasse la demande.
Washington a créé un site web (vaccines.gov) qui permet aux citoyens américains de savoir quel centre de vaccination offre le vaccin qu’ils préfèrent.
Il suffit de préciser son code postal pour que le site indique là où prendre rendez-vous.
Ayant commandé à l’avance et reçu de grandes quantités de vaccins d’AstraZeneca (qui tardent à être autorisés dans ce pays), les États-Unis ont décidé de les expédier au Canada.
Très, très, très rarement, ce vaccin peut causer des accidents vasculaires.
Pour les écouler, on nous explique que recevoir ce vaccin est plus sécuritaire que de courir le risque d’attraper le Covid-19, que de prendre la pilule contraceptive, que d’être enceinte, etc.
On peut bien affirmer qu’il est moins dangereux de recevoir ce vaccin que de traverser la rue. Mais dans la vraie vie, qui a le choix entre se faire vacciner ou se faire écraser par une voiture ?
Le véritable choix est entre les vaccins entre eux.
À tort ou à raison, certaines personnes hésitent actuellement à recevoir le vaccin d’AstraZeneca. Heureusement, ce n’est pas le seul vaccin très efficace contre la pandémie.
Une fois que ces personnes se sont fait dire qu’elles ont tort de craindre ce vaccin, pourquoi s’acharner quand bien d’autres personnes seraient heureuses de le recevoir ?
Bref, la solution à la crainte vaccinale, ce n’est pas de forcer la main à ceux qui hésitent. C’est de comprendre leurs craintes et de voir comment atteindre l’immunité grégaire en dépit de leurs réticences.
S’il suffit simplement de leur donner un autre vaccin, cessons d’en faire un drame et respectons leur volonté.
Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.
À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.
Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants.
Dans ce tableau, l’évolution en 2020 est montrée tous les quatre mois alors que pour 2021, l’évolution est représentée mensuellement.
Tableau comparatif des pays les plus atteints au premier jour de certains mois, en nombre de morts par million d’habitants
Pays
Avr.
Aout
Déc.
Jan.
Fév.
Mars
Avr.
Mai
Hongrie
2
62
516
1002
1304
1561
2177
2874
Rép. Tchèque
4
36
63
1093
1529
1909
2479
2733
Bosnie-Herzég.
1
100
833
1249
1445
1552
2044
2620
Bulgarie
1
56
583
1099
1322
1491
1927
2382
Macédoine du N.
6
237
860
1205
1376
1509
1829
2348
Slovaquie
0
5
158
412
863
1331
1793
2148
Belgique
73
849
863
1681
1815
1899
1979
2083
Slovénie
2
60
717
1312
1694
1854
1950
2048
Italie
206
581
933
1235
1471
1622
1819
2004
Brésil
1
440
815
916
1055
1198
1523
1901
Royaume-Uni
35
680
868
1089
1565
1805
1860
1870
Pérou
2
588
1087
1136
1239
1403
1561
1843
Pologne
1
46
465
766
984
1158
1419
1796
États-Unis
12
477
831
1074
1367
1586
1704
1776
Croatie
1
35
455
968
1236
1354
1460
1746
Espagne
194
608
973
1087
1263
1488
1615
1672
Portugal
18
170
449
685
1253
1607
1657
1669
Mexique
0
362
818
971
1222
1430
1567
1668
France
53
464
819
991
1171
1328
1468
1601
Roumanie
5
124
601
826
960
1065
1237
1474
Lithuanie
3
30
192
588
1046
1199
1330
1463
Moldavie
1
195
576
746
855
987
1242
1447
Colombie
0
203
723
850
1060
1168
1240
1446
Panama
7
335
709
935
1216
1341
1402
1426
Argentine
1
79
854
954
1062
1145
1229
1407
Arménie
1
253
739
953
1040
1077
1191
1391
Suède
24
568
671
861
1144
1265
1330
1384
Chili
1
498
804
868
965
1075
1213
1374
Québec
4
669
834
958
1157
1214
1246
1276
Suisse
54
229
568
882
1087
1148
1189
1221
Lettonie
0
17
111
343
641
866
1023
1145
Autriche
16
80
368
693
861
948
1036
1131
Bolivie
1
255
763
780
882
989
1041
1099
Liban
2
10
167
240
462
697
924
1074
Équateur
6
325
760
790
837
888
946
1048
Géorgie
0
4
327
634
802
884
950
1037
Ukraine
1
39
288
428
522
598
764
1021
Grèce
5
20
242
469
561
629
786
1007
Pays-Bas
68
359
550
672
817
908
965
1000
Allemagne
10
110
207
410
696
845
920
996
Irlande
15
357
417
453
667
868
945
984
Afrique du Sud
0
137
363
484
743
836
884
908
Tunisie
1
5
275
398
572
674
742
907
Paraguay
0
7
245
315
380
445
590
899
Estonie
4
48
93
180
324
451
684
878
Jordanie
1
1
273
376
422
460
675
862
Iran
37
202
576
655
686
710
740
849
Albanie
5
56
286
411
484
631
779
833
Uruguay
1
10
22
55
127
175
288
766
Russie
0
96
277
394
504
592
680
757
Serbie
3
67
189
373
463
512
614
733
Israël
3
57
313
365
524
626
676
692
Costa Rica
0
30
339
427
514
546
577
629
Palestine
0
16
144
273
354
396
510
625
Eswatini
0
37
104
185
492
558
571
573
Honduras
1
135
293
315
361
415
459
526
Turquie
3
67
164
248
307
337
374
476
RoC*
3
113
175
256
354
401
426
461
Japon
0,4
8,0
16,9
27,4
45,3
62,5
72,7
81,1
Corée du Sud
3,2
5,8
10,2
17,9
27,8
31,3
33,8
35,7
Hong Kong
0,5
4,5
14,5
19,7
24,3
26,7
27,3
27,8
Singapour
0,5
4,5
4,9
4,9
4,9
4,9
5,1
5,3
Chine
2,4
3,3
3,2
3,2
3,2
3,2
3,2
3,2
Taïwan
0,2
0,3
0,3
0,3
0,3
0,4
0,4
0,5
Vietnam
0,0
0,0
0,4
0,4
0,4
0,4
0,4
0,4
*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.
En avril, les augmentations les plus importantes ont été rapportées en Europe Centrale et dans les Balkans (où le variant britannique continue de faire des ravages), de même qu’en Amérique du Sud : en Hongrie (+697), en Bosnie-Herzégovine (+576), en Macédoine du Nord (+519), en Uruguay (+478), en Bulgarie (+455), au Brésil (+378), en Pologne (+377), en Slovaquie (+355), et au Paraguay (+309).
L’Inde n’apparait pas dans ce tableau. En avril, le nombre (sous-estimé) de morts par million d’habitants est passé de 0,3 à 155.
Dans tous les pays occidentaux, les premiers cas de Covid-19 apparurent dans la deuxième moitié de février 2020. Officiellement, le premier cas québécois fut déclaré le 27 février 2020.
Le mois suivant fut celui des premières pertes de vie. Ce fut aussi celui de la commercialisation des premiers tests de dépistage.
Au 1er avril, le Québec comptait déjà trente-et-un décès causés par la pandémie. Cinq jours plus tard, il y en avait trois fois plus. Encore cinq jours de plus et le nombre triplait encore.
Si bien qu’entre le 1er avril et le 1er mai, le nombre cumulatif de morts était passé de 31 à 2 022 au Québec, soit une hausse de 6 522 % en un mois.
Le sommet de la première vague fut atteint au Québec au cours de la semaine du 26 avril.
Pendant ce temps, la Nouvelle-Zélande profitait de son confinement pour se lancer dans une recherche à grande échelle des foyers résiduels d’infection. Ce qui lui permit, en avril, d’éradiquer (ou presque) le Covid-19 de son territoire.
Mais ce ne fut pas le cas au Québec.
Les études ont démontré qu’au cours de la première vague, la population québécoise était celle qui, en Amérique du Nord, avait le mieux respecté les consignes sanitaires.
L’ampleur meurtrière de cette première vague est à la fois d’origine structurelle (résultant d’un sous-financement chronique de notre système de Santé) et causée par les choix des autorités sanitaires du Québec.
Voyons comment.
En raison de l’omerta instaurée par la réforme Barrette dans les établissements de Santé du Québec, l’hécatombe — qui frappait à plus de 80 % les pensionnaires de nos hospices — fut rendue publique lorsqu’il était déjà trop tard.
Les causes de cette hécatombe sont à la fois multiples et causées par le refus des responsables de la lutte sanitaire au Québec d’appliquer le principe de précaution :
• la négligence de se procurer de l’équipement de protection lorsque cela fut possible,
• l’interdiction de porter un masque pour certaines catégories d’employés,
• l’obstination à croire que seules les personnes symptomatiques sont contagieuses,
• l’obligation pour le personnel de travailler quand même dans l’attente des résultats d’un test de dépistage à la suite de l’apparition des premiers symptômes,
• les délais excessifs à obtenir les résultats d’un test,
• la difficulté d’effectuer une recherche de contacts lorsque ces délais s’allongent,
• le va et viens entre les zones très contaminées et celles qui ne l’étaient pas dans les établissements de Santé,
• le recours à des agences privés qui ont propagé la pandémie d’un établissement de Santé à l’autre.
Dès la mi-avril, la Santé publique avait perdu le contrôle, de même que l’espoir de maitriser la situation.
Voilà pourquoi les responsables de la lutte sanitaire annonçaient leur intention de laisser se développer l’immunité ‘naturelle’ au sein de la population québécoise.
En clair, cela signifie laisser les gens l’attraper. On a même poussé le zèle jusqu’à déconseiller l’adoption de mesures permettant réellement à la population de se protéger, notamment par le port du masque.
Aux yeux des autorités sanitaires, favoriser la contagion était devenu un mal nécessaire permettant de hâter le retour à la vie normale.
On s’y était résigné après un premier mois de confinement qui s’est avéré déprimant.
En effet, depuis le 13 mars, la population québécoise vivait confinée. En principe, rien n’est plus efficace qu’un confinement pour maitriser une pandémie.
Pourtant, de la semaine du 15 mars à la semaine du 12 avril, le nombre de personnes ayant attrapé le Covid-19 explosait de 558 à 19 528. Et le nombre de morts de 5 à 1 275. En quatre semaines…
Pressés d’expliquer cela, les autorités pouvait dire que la situation serait bien pire sans le confinement. Ce qui est évident.
Mais tout aussi évidente était l’insuffisance des mesures employées.
Convaincus que se battre contre cette pandémie, c’était comme vouloir arrêter le vent, les autorités sanitaires sont arrivés à la conclusion qu’il ‘faillait faire avec’.
Quand les gens qui sont payés pour nous protéger y renoncent, on a un sérieux problème.
Relayé par les experts médicaux qui œuvraient dans les médias, ‘laisser se développer l’immunité naturelle’ est aussitôt devenu une doctrine sanitaire alors qu’il s’agissait plutôt d’une capitulation.
Ce sont les voyageurs internationaux qui ont répandu le Covid-19 en début de pandémie.
Et parce que l’immense majorité des gens qui vivent dans des pays pauvres n’ont pas les moyens de voyager à l’Étranger, ces pays avaient dès le départ beaucoup moins de foyers d’infection.
Aussi récemment que le premier de ce mois-ci, l’Inde comptait officiellement quinze fois moins de morts par million d’habitants que les États-Unis.
Les analystes se succédaient à la télé pour expliquer le ‘miracle indien’.
Essentiellement, il tenait à trois choses, disait-on.
Premièrement, ce pays possède une population plus jeune. Donc moins susceptible d’en mourir; l’âge médian y est de 28 ans.
Deuxièmement, ne pouvant s’offrir le luxe de la climatisation, des millions de personnes vivent dans des habitations bien aérées, où portes et fenêtres sont grandes ouvertes le jour. Ce qui empêche l’accumulation de particules virales en suspension dans l’air. D’autres travaillent aux champs ou dans des marchés publics.
Et dernièrement, l’Inde fait partie des pays où, très souvent, les habitations sont multigénérationnelles. Ce qui diminue les risques associés à la concentration de retraités dans un même lieu.
Mais voilà qu’un mois plus tard, on assiste à une augmentation fulgurante du nombre des décès.
Si bien que le ‘miracle indien’ fait place à un bien triste spectacle; des hôpitaux submergés, ces gens qui meurent à l’extérieur en attendant leur tour, des patients admis mais incapables de recevoir les soins appropriés, etc.
Qu’est-ce qui explique ce renversement de situation ?
Des élections municipales ont eu lieu tout le mois d’avril, attirant des foules impressionnantes formées de partisans enthousiastes.
De plus, les célébrations de la fête des couleurs (ou Holi), les 28 et 29 mars derniers, ont provoqué une exubérance qui n’était pas propice au respect des mesures sanitaires.
Même si le nombre de morts par million d’habitants est encore bien moindre qu’en Occident, ce ne sera plus le cas bientôt en raison de l’augmentation exponentielle du nombre des décès.
Il est difficile de ne pas faire de comparaison entre les deux pays les plus peuplés du monde; l’Inde et la Chine.
Je suis de ceux qui croient que le communisme, lorsqu’il entretient la solidarité, est plus apte à protéger la population de certains pays contre de grands périls.
Surtout quand on se rappelle que jusqu’à tout récemment, la plus puissante démocratie au mode était dirigée par une personne inapte à la fonction de chef d’État.
Comme dans bien d’autres villes, on trouve à Montréal des vagabonds qui squattent des habitations abandonnées ou qui dorment sous les ponts, sur des bouches d’aération qui évacuent l’air chaud du métro, le long des trottoirs du centre-ville, et çà et là sur des terrains vagues.
Depuis 2010, l’été venu, certains itinérants campent sur des terrains inoccupés le long de la rue Notre-Dame.
En ce début de printemps, leur nombre est encore restreint. Il devrait augmenter avec la saison chaude en raison de la crise du logement et de la difficulté de recueillir des aumônes dans un centre-ville déserté, en raison de la pandémie, par ceux qui normalement y travaillent.
L’ex-maire Denis Coderre a décidé de faire un retour sur la scène municipale dans l’espoir de remplacer celle qui lui a succédé, soit Valérie Plante.
Mais c’est mal parti.
Plus tôt cette semaine, l’ex-maire a annoncé son intention d’interdire le campement de la rue Notre-Dame. Sa solution ? Acheter des maisons de chambres (ou les louer à long terme) afin d’y loger les campeurs de la rue Notre-Dame.
Cette relocalisation serait associée à des mesures d’accompagnement destinées à les aider ‘à s’en sortir’.
Mais est-ce bien ce que ces gens veulent ?
Il existe déjà des refuges pour sans-abris. L’hiver, ceux-ci s’y réfugient afin d’être épargnés des rigueurs du climat.
L’été, une minuscule proportion des six-mille itinérants de Montréal — ceux qui ont les moyens d’avoir une tente — campent le long de la rue Notre-Dame. C’est la manière de vivre qu’ils ont choisie.
Ceux-ci se débrouillent par leurs propres moyens, sans dépendre des contribuables si ce n’est de l’occupation d’un terrain public.
Un bon samaritain (Guylain Levasseur) s’occupe de recueillir pour eux des dons et des aliments fournis par des épiceries du quartier.
Au grand air, leur risque d’attraper le Covid-19 est presque inexistant, contrairement à celui auquel ils seraient exposés dans les ghettos dans lesquels M. Coderre veut les contraindre.
La solution de M. Coderre consiste donc à imposer sa conception bourgeoise de la vie en société. Une conception où la pauvreté des autres doit être cachée parce que jugée offensante aux yeux d’une élite bienpensante.
À l’Assemblée nationale, il y a deux types de questions qui se distinguent par leur longueur.
Les questions principales peuvent durer jusqu’à 90 secondes. Chacune d’elles peut être suivie d’un maximum de deux questions complémentaires portant sur le même sujet : leur durée est limitée à 45 secondes.
L’extrait ci-dessous, survenu le 20 avril dernier, est à la fois instructif et caractéristique du dialogue de sourds qu’on peut souvent observer entre les parlementaires.
Cliquez sur l’image pour démarrer
La question principale
À sa question principale, le porte-parole de Québec Solidaire en matière de Santé expose les difficultés rencontrées par les enseignants à se faire vacciner.
Comme tous les travailleurs à plein temps, ils peinent à trouver un rendez-vous. D’où l’idée de sa formation politique d’offrir une pause-vaccin à tous les travailleurs (dont les professeurs) afin de leur permettre de se faire vacciner durant leurs heures de travail.
À juste titre, le ministre de la Santé lui répond que des pauses-vaccin ne règleraient pas le problème des professeurs puisque la pénurie d’enseignants est telle qu’ils seraient incapables de trouver un remplaçant.
Voilà pourquoi il est heureux d’annoncer que bientôt plus de plages horaires seront offertes le soir et les fins de semaine, permettant ainsi aux enseignants de trouver le temps de se faire vacciner.
La première question complémentaire
Le député profite alors du temps alloué pour sa première question complémentaire pour reprocher au gouvernement de prétexter une pénurie qu’il n’a pas su corriger pour ne pas vacciner les enseignants le plus tôt possible.
Visé par le reproche du député, le ministre de l’Éducation lui répond qu’une pénurie comme celle qui frappe depuis des années le milieu de l’éducation du Québec, cela ne se corrige pas du jour au lendemain.
La deuxième question complémentaire
C’est alors que le député de Québec Solidaire sort de sa manche un argument-choc; pourquoi le gouvernement accepte que des grandes entreprises privées vaccinent leurs employés au travail alors qu’il est incapable, en tant qu’employeur, d’offrir le même service à ses propres employés, notamment ses enseignants ?
Pris de court, le ministre de la Santé lui offre une réponse technocratique; le Comité d’immunisation du Québec (CIQ) a fixé des priorités. Les professeurs sont dans la catégorie 9. On les vaccinera lorsqu’on sera rendu là.
Commentaire
Si le ministre avait eu plus de temps pour y penser, il aurait pu répondre que si on envoyait des infirmières faire le tour des écoles, chaque infirmière pourrait vacciner tous les enseignants et le personnel de soutien en quelques heures.
Toutefois, sa productivité serait moindre puisqu’une partie de son temps serait occupée à se déplacer d’une école à l’autre. Alors que lorsqu’elle travaille dans un centre de vaccination, elle vaccine à répétition du matin au soir.
En d’autres mots, la suggestion de Québec Solidaire, excellent au premier coup d’œil, correspondrait à un ralentissement de la vaccination pour l’ensemble de la population.
Mais si le ministre avait répondu cela, on pourrait lui faire remarquer que si son ministère avait fait adopter un règlement de délégation d’actes qui autorise de simples préposés — formés rapidement mais adéquatement — à procéder à la vaccination, on n’aurait pas ce dilemme entre décider d’avoir une infirmière au centre de vaccination ou décider de l’avoir sur les lieux de travail.
On pourrait même déployer des équipes de vaccination sur l’ensemble du territoire plutôt que de les réserver aux grands centres urbains.
Je sais que le gouvernement déteste les ‘on-aurait-donc-dû’. Sauf qu’il s’agit ici d’une suggestion émise sur ce blogue voilà des mois, qui lui a été transmise, dont il a accusé réception, et qu’il a choisi d’ignorer.
En ordre décroissant, voici les pays dont la population est la mieux protégée par la vaccination. Sous le Canada sont représentés quelques pays partiellement ou totalement francophones.
Puisque les vaccins présentement homologués sont principalement des vaccins à deux doses, on ne devrait pas s’étonner que nombre de vaccins administrés par tranche de cent personnes dépasse parfois le chiffre de cent.
Ce tableau est complété par le nombre cumulatif de morts par million d’habitants.
Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants.
Tableau comparatif des populations les plus vaccinées
Adoptée l’an dernier, la Loi sur la laïcité de l’État (ou loi 21) interdit le port de signes religieux par les fonctionnaires en position d’autorité et les enseignants du secteur public.
Dans une entrevue accordée il y a quelques jours, la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ) a rappelé que dans l’éventualité où sa formation était portée au pouvoir, elle refuserait de renouveler la protection accordée à la cette loi par l’invocation de la clause dérogatoire.
L’importance de la clause dérogatoire
La Canadian Constitution a été adoptée par le fédéral et les provinces anglophones à l’issue d’une séance ultime de négociation à laquelle le Québec ne fut pas invité.
Les idéologues qui l’ont rédigée voulaient consacrer la suprématie absolue des droits individuels afin de bloquer les dispositions les plus importantes de la Loi 101.
En effet, la Loi 101 proclamait la préséance de certains droits collectifs — ceux nécessaires à la pérennité de la langue française au Québec — sur certains droits individuels, notamment sur celui de s’assimiler au groupe linguistique de son choix, clé de voute de l’anglicisation du Québec.
C’est l’adoption de la Loi 101 par le Québec qui a créé l’urgence pour le Canada de se doter d’une nouvelle constitution.
Celle-ci était également une occasion de protéger le pays de dangers qui n’existaient pas lors de l’adoption de la constitution de 1867, nommément l’influence laïque européenne.
Voilà pourquoi cette nouvelle constitution consacre le multiculturalisme anglo-saxon comme valeur fondamentale du pays. Ce faisant, elle hisse au rang de droit constitutionnel le droit de porter des parures à caractère religieux, c’est-à-dire des breloques et des bouts de chiffon.
Ces ‘caprices constitutionnels’ sont ici des droits au même titre que le droit à la vie, le droit à la santé, etc.
Au contraire, la loi 21 interdit le port de ces parures aux représentants de l’État en position d’autorité. Et ce, uniquement dans l’exercice de leurs fonctions.
Logiquement, l’État québécois est laïque et veut donc que ses représentants reflètent la neutralité religieuse de l’État. Pour l’ethnie dominante du pays, cela est inacceptable.
Les interdits de la loi 21 sont ceux qu’on trouve déjà dans des lois analogues adoptées par de nombreuses démocraties européennes. Des interdits déjà validés par leurs plus hautes instances juridiques.
Cette conformité de la loi 21 aux normes internationales quant aux droits de la personne ne change pas le fait qu’elle est contraire aux dispositions de la Canadian Constitution.
Heureusement, cette dernière prévoit une mesure d’exception; c’est la clause dérogatoire. Celle-ci permet à une assemblée législative de protéger une loi jugée dans l’intérêt public, mais qui, autrement, irait à l’encontre d’une disposition constitutionnelle.
En somme, invoquer la clause dérogatoire rend toute loi conforme au droit canadien. Cette protection n’est valable que pour cinq ans.
Un effet de la prise du pouvoir par le PLQ
Élu, le PLQ s’abstiendrait de renouveler cette protection, laissant les tribunaux invalider la loi 21 à l’échéance des cinq ans prévus.
Cette prise de position n’est pas nouvelle; à l’époque où elle était candidate à la chefferie du PLQ, Mme Anglade avait déjà annoncé ses couleurs.
En s’y opposant, le PLQ veut la soumission du Québec à la camisole de force constitutionnelle que lui a imposée l’ethnie dominante du pays en 1982.
À l’exclusion de quelques chefs plus nationalistes, le Parti libéral du Québec a toujours été le cheval de Troie de l’impérialisme culturel canadian. Sa décision de laisser les tribunaux invalider la laïcité québécoise n’est donc pas une surprise.
Mesures sanitaires recommandées au cours de la première vague
Le Dr Horacio Arruda porte deux chapeaux.
En tant que directeur de la Santé publique du Québec, son rôle en temps de pandémie est de nous protéger contre la contagion. En tant que sous-ministre, il est le gestionnaire en chef du réseau de la Santé.
Depuis des décennies, partout en Occident, ces gestionnaires sont animés par une conception néolibérale qui consiste à toujours chercher à faire plus avec moins. Pour ces gens, on ne dépense pas l’argent des contribuables pour rien.
Mais il y a un temps pour tout, y compris pour la gestion fiscalement responsable de l’État.
Plutôt que d’appliquer le principe de précaution — comme le ferait tout bon directeur de la Santé publique — il a agi comme tout bon sous-ministre, préférant attendre de voir si cette pandémie était aussi mortelle qu’on le disait avant d’engager des millions$ à l’achat d’équipement de protection.
Ignorer les indices selon lesquels cette pandémie s’attrape par des gouttelettes respiratoires, mettre en doute les premières preuves à ce sujet, exiger toujours plus d’études avant de mettre en œuvre des mesures ambitieuses destinées à protéger la population, c’est l’attitude d’un sous-ministre soucieux de ne pas engager des dépenses qui pourraient ultérieurement s’avérer être inutiles.
Ce n’est pas l’attitude d’un directeur de Santé publique soucieux du principe de précaution.
Et le résultat, c’est que la lutte québécoise contre cette pandémie a été un fiasco, haussant en octobre dernier le Québec au troisième rang mondial quant au nombre de morts par million d’habitants (mpm), soit 734 mpm au Québec (versus 135 mpm pour le reste du Canada).
C’était une grave erreur de confier cette lutte sanitaire à quelqu’un qui, dès le départ, a renoncé à la mener, convaincu qu’il faut laisser se développer l’immunité ‘naturelle’, c’est-à-dire laisser les gens l’attraper… tant que cela ne menace pas de saturation le système hospitalier.
Celui-ci a mené une lutte sanitaire caractérisée par la lourdeur administrative, la lenteur à tenir compte des découvertes scientifiques, le manque de perspicacité et la désinvolture face au principe de précaution.
Seul aspect positif de la lutte qu’il a menée, celle-ci aura augmenté le nombre de places disponibles dans les CHSLD du Québec.