Covid-19 : évolution au cours des sept premiers mois de 2021

1 août 2021

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants.

Tableau comparatif des pays les plus atteints au premier jour du mois, en nombre de morts par million d’habitants

Pays Jan. Fév. Mars Avr. Mai Juin Juil. Aout
Pérou 1136 1239 1403 1561 1843 2077 5753 5869
Hongrie 1002 1304 1561 2177 2874 3088 3113 3117
Bosnie-Herzég. 1249 1445 1552 2044 2620 2842 2965 2973
Rép. Tchèque 1093 1529 1909 2479 2733 2808 2825 2831
Bulgarie 1099 1322 1491 1927 2382 2569 2620 2643
Macédoine du N. 1205 1376 1509 1829 2348 2603 2633 2637
Brésil 916 1055 1198 1523 1901 2175 2430 2600
Colombie 850 1060 1168 1240 1446 1738 2083 2351
Argentine 954 1062 1145 1229 1407 1728 2078 2317
Slovaquie 412 863 1331 1793 2148 2262 2290 2296
Belgique 1681 1815 1899 1979 2083 2145 2163 2168
Slovénie 1312 1694 1854 1950 2048 2105 2125 2130
Italie 1235 1471 1622 1819 2004 2090 2113 2122
Paraguay 315 380 445 590 899 1274 1786 2081
Croatie 968 1236 1354 1460 1746 1968 2012 2026
Pologne 766 984 1158 1419 1796 1953 1985 1991
Royaume-Uni 1089 1565 1805 1860 1870 1873 1878 1900
États-Unis 1074 1367 1586 1704 1776 1834 1864 1889
Mexique 971 1222 1430 1567 1668 1717 1789 1848
Chili 868 965 1075 1213 1374 1523 1690 1841
Roumanie 826 960 1065 1237 1474 1588 1772 1795
Équateur 790 837 888 946 1048 1153 1206 1764
Espagne 1087 1263 1488 1615 1672 1710 1729 1742
Uruguay 55 127 175 288 766 1246 1612 1711
France 991 1171 1328 1468 1601 1677 1698 1710
Portugal 685 1253 1607 1657 1669 1674 1682 1709
Tunisie 398 572 674 742 907 1066 1262 1661
Lithuanie 588 1046 1199 1330 1463 1591 1633 1647
Panama 935 1216 1341 1402 1426 1456 1493 1557
Arménie 953 1040 1077 1191 1391 1497 1522 1556
Moldavie 746 855 987 1242 1447 1519 1539 1555
Bolivie 780 882 989 1041 1099 1229 1417 1506
Géorgie 634 802 884 950 1037 1206 1338 1470
Suède 861 1144 1265 1330 1384 1419 1436 1438
Lettonie 343 641 866 1023 1145 1274 1351 1372
Québec 958 1157 1214 1246 1276 1311 1321 1324
Suisse 882 1087 1148 1189 1221 1243 1250 1250
Grèce 469 561 629 786 1007 1168 1224 1249
Ukraine 428 522 598 764 1021 1166 1205 1219
Afrique du Sud 484 743 836 884 908 943 1016 1201
Autriche 693 861 948 1036 1131 1172 1182 1185
Namibie 80 136 165 204 248 330 601 1180
Liban 240 462 697 924 1074 1138 1156 1164
Allemagne 410 696 845 920 996 1063 1089 1096
Russie 394 504 592 680 757 835 931 1091
Iran 655 686 710 740 849 945 992 1069
Pays-Bas 672 817 908 965 1000 1027 1033 1038
Irlande 453 667 868 945 984 991 1001 1008
Costa Rica 427 514 546 577 629 793 909 978
Jordanie 376 422 460 675 862 920 947 974
Estonie 180 324 451 684 878 948 956 958
Albanie 411 484 631 779 833 853 854 855
Serbie 373 463 512 614 733 789 810 818
Bahreïn 201 214 257 297 368 575 769 784
Honduras 315 361 415 459 526 632 696 778
Trinité-et-Tobago 91 96 99 104 122 362 610 772
Oman 286 292 300 320 383 449 598 734
Israël 365 524 626 676 692 688 689 695
Palestine 273 354 396 510 625 672 683 689
Eswatini 185 492 558 571 573 575 578 680
Botswana 18 66 150 268 323 386 483 653
Turquie 248 307 337 374 476 560 584 603
Guatemala 263 310 350 375 412 446 507 570
Koweït 218 223 252 307 365 413 460 537
RoC* 256 354 401 426 461 495 518 527
                 
Japon 27,4 45,3 62,5 72,7 81,1 103,6 117,3 120,6
Corée du Sud 17,9 27,8 31,3 33,8 35,7 38,3 39,4 40,9
Hong Kong 19,7 24,3 26,7 27,3 27,8 27,8 27,9 28,0
Taïwan 0,3 0,3 0,4 0,4 0,5 5,7 27,7 33,1
Vietnam 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,5 0,8 13,3
Singapour 4,9 4,9 4,9 5,1 5,3 6,0 6,1 6,3
Chine 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2

*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.

En juillet, les augmentations les plus importantes ont été rapportées en Namibie (+579), en Équateur (+558), en Tunisie (+399) et au Paraguay (+295).

Mentionnons que la situation se dégrade légèrement (toutes proportions gardées) au Vietnam.

La vaccination a commencé au Canada à la mi-décembre 2020. Depuis le 1er janvier 2021, dans les provinces anglophones du Canada — où la vaccination respecta généralement la posologie des fabricants — il y eut 26 % moins de morts supplémentaires par million d’habitants (271 vs 366) qu’au Québec, où on a plutôt privilégié l’administration d’une première dose au plus grand nombre de gens possible.

Références :
Covid-19 : le nombre de cas en temps réel
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Données COVID-19 au Québec

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le jour de l’Émancipation

1 août 2021

Introduction

À la suite d’une résolution libérale adoptée unanimement par la Chambre des communes du Canada le 24 mars dernier, notre pays célèbre aujourd’hui (officiellement pour la première fois), le jour de l’Émancipation.

Non férié, ce jour commémore l’entrée en vigueur, le 1er aout 1834, de la Slavery Abolition Act.

Adoptée l’année précédente par le parlement britannique, cette loi abolissait l’esclavage au Canada et dans presque tout le reste de l’Empire britannique.

En effet, là où il était beaucoup pratiqué, l’esclavage fut aboli graduellement et les propriétaires d’esclaves furent généreusement indemnisés par Londres.

En France

Dès 1315, tout esclave qui pénétrait en territoire français devenait libre. Ce qui n’empêcha pas l’esclavage de se développer au XVIIIe siècle dans les colonies françaises (dont la Nouvelle-France).

En 1761, le Portugal devenait le premier pays européen à abolir l’esclavage autant sur le territoire national que sur celui de ses colonies.


Post-scriptum : Dans un commentaire publié à la suite de ce texte, le professeur André Joyal signale la contradiction entre ce paragraphe et le dernier du texte; le Portugal ne peut pas avoir aboli l’esclavage dans ses colonies en 1761 puisque l’une d’elles, le Brésil, a obtenu son indépendance du Portugal en 1822 et n’a aboli l’esclavage qu’en 1888.

Dans son Histoire de l’esclavage, Wikipédia écrit :

En Europe, le Portugal fut le premier pays à abolir l’esclavage sur tout son territoire colonies comprises par le décret du 12 février 1761.

Toutefois, dans sa rubrique intitulée Esclavage au Brésil, Wikipédia apporte la nuance suivante :

L’esclavage fut supprimé dans le royaume du Portugal ainsi que dans l’Inde le 12 février 1761 sous le règne du roi Joseph Ier par le marquis de Pombal; au Brésil néanmoins (à l’époque colonie portugaise) il resta en vigueur.

Cet exemple fut suivi en 1794 par la France révolutionnaire. Toutefois, dans les faits, ce décret fut ignoré dans de nombreuses colonies.

Sous le prétexte de la concurrence avec les colonies anglaises (où l’esclavage ne sera aboli que trois décennies plus tard), les gouverneurs des colonies françaises obtinrent de Bonaparte le rétablissement légal de l’esclavage en 1802.

La tentative de le rétablir à Saint-Domingue provoqua l’indépendance d’Haïti en 1804.

Il fallut attendre 1848, à sa deuxième tentative, pour que la France abolisse définitivement l’esclavage dans ses colonies.

Aux États-Unis

À l’occasion de la guerre d’indépendance américaine, les Anglais choisirent de saper l’économie des rebelles en promettant la liberté à tous les esclaves noirs qui joindraient leurs rangs ou trouveraient asile derrière les lignes loyalistes.

Ce qui fit basculer certaines colonies racistes du côté des forces révolutionnaires. Celles-ci finirent par triompher, conduisant les colonies rebelles à leur indépendance en 1776.

Digression :

Adopté en 1791, le deuxième amendement de la Constitution américaine se lit comme suit : « Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit du Peuple de détenir et de porter des armes ne doit pas être transgressé.»

Cet amendement fut adopté l’année de la révolte des esclaves en Haïti.

Il fut adopté à l’initiative des propriétaires de plantations de coton, inquiets à la suite des nouvelles haïtiennes, afin de consacrer un droit constitutionnel de créer et de soutenir des milices destinées à faire la chasse aux esclaves qui désertaient leurs plantations, et ce dans le but de les ramener à leurs propriétaires ou de les tuer afin de dissuader ceux qui seraient tentés de les imiter.

Cette tradition se poursuit de nos jours sous forme de justiciers bénévoles (en anglais : ‘vigilante’) qui, dans le sud des États-Unis, utilisent le prétexte de protéger leur quartier des rôdeurs et des malfaiteurs afin de harceler, de provoquer, et ultimement de tuer des gens à la peau très pigmentée.

Ces meurtriers sont généralement innocentés par les tribunaux parce que leur activité découle d’un droit constitutionnel.

Par conséquent, ceux qui jugent comparable le racisme systémique au Québec avec celui qui prévaut aux États-Unis ne savent pas de quoi ils parlent.

De manière plus générale, pendant les décennies qui suivirent l’indépendance, l’esclavage fut maintenu dans les États du sud des États-Unis.

Cela fut même consacré en 1820 par une loi du Sénat américain qui permettait l’esclavage à tous les États situés au sud du 36e parallèle.

Il fallut attendre la Guerre de Sécession pour que l’esclavage soit aboli officiellement aux États-Unis en 1865, trois décennies après le Canada et deux décennies après son abolition définitive en France.

Au Canada

Dans son livre Les Noirs à Montréal, Dorothy-W. Williams écrit qu’en 1606, lorsque Samuel de Champlain débarque au Canada, Mathieu da Costa l’accompagne. Non pas en tant qu’esclave noir, mais en tant qu’interprète de la langue des Micmacs d’Acadie.

Cela suggère que da Costa a vécu au pays avant Champlain. Il est le premier ‘Noir’ à laisser sa marque dans l’histoire du pays.

Le second fut Olivier Le Jeune, originaire de Madagascar. Il est arrivé dans la ville de Québec en tant qu’esclave du corsaire David Kirke, à l’occasion de son occupation de la Vieille Capitale en 1629.

L’esclavage n’occupa jamais une place très importante dans l’histoire du Québec, tant à l’époque de la Nouvelle-France qu’après la conquête anglaise.

L’agriculture de subsistance qu’on y pratiquait ne nécessitait pas le travail forcé d’esclaves; le besoin en main-d’œuvre à bon marché était assuré par une famille nombreuse.

Au total, à la veille de la conquête anglaise, il y avait 3 604 esclaves dans la vallée du Saint-Laurent, dont les deux tiers étaient des Autochtones.

Contrairement aux colonies américaines, 77,2 % de ces esclaves vivaient dans des villes, travaillant pour des familles bourgeoises en tant que serviteurs domestiques.

De tout temps, les peuples aiment diaboliser leurs ennemis.

Parmi les colons français, on justifiait l’esclavage en invoquant la réputation des Iroquois de tuer leurs prisonniers mâles, comme en témoignait l’histoire, connue de tous à l’époque, des Saints-Martyrs-Canadiens. Donc en achetant des Amérindiens prisonniers, on leur sauvait la vie, croyait-on.

Les Iroquois contribuèrent eux-mêmes à cette croyance parce que cela leur procurait des revenus. En réalité, les Iroquois ne tuaient pas tous leurs prisonniers.

Le premier Irlandais au Canada, Tadhg-Cornelius O’Brennan, fut capturé et libéré intact par les Iroquois alors que quelques-uns de ses compagnons de captivité eurent simplement un ou deux doigts coupés.

Puisque les principaux ports impliqués dans la traite des ‘Noirs’ étaient situés en Angleterre (avec lequel on ne faisait pas commerce), posséder un esclave ‘noir’ était très onéreux. Ce qui réservait la plupart des cas connus au clergé, pour des raisons de prestige.

Dorothy-W. Williams écrit : « Compte tenu de leur état de domestique, de leur cout élevé et de la difficulté à s’en procurer, la plupart des esclaves africains bénéficient d’un traitement indulgent tout simplement parce qu’on veut les garder longtemps à son service.»

Même après la conquête anglaise, il n’y avait pas plus de nécessité de posséder des esclaves.

Si bien que lorsque la Grande-Bretagne abolit l’esclavage en 1834, il y avait 770 400 esclaves recensés dans les colonies anglaises, mais seulement une cinquantaine au Canada parmi la centaine de milliers de ‘Noirs’ au pays.

Lorsque les États-Unis abolirent officiellement l’esclavage en 1865, ce pays était devenu un des derniers à le faire.

Ils furent suivis par le Zanzibar en 1873, le Brésil en 1888, l’Éthiopie en 1942, et la Mauritanie en 1980.

Références :
Compromis du Missouri
Deuxième amendement de la Constitution des États-Unis
Esclavage aux États-Unis
Histoire de l’esclavage
Le racisme systémique en mode binaire
Olivier Le Jeune
Slavery Abolition Act 1833

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Encore des hémérocalles de juillet 2021

31 juillet 2021
Hémérocalle ‘Mt Vernon’
Hémérocalle ‘Snowy Apparition’
Hémérocalle ‘Ophir’
Hémérocalle ‘Strawberry Candy’
Hémérocalle ‘Siloam Show Girl’
Hémérocalle ‘Siloam Bouquet’

Note : Comme d’habitude, on cliquera sur une photo pour l’agrandir.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 90 mm
2e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 142 mm
3e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
4e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
5e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
6e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’épreuve céleste…

31 juillet 2021

S’étant retrouvé sans logis à la suite de son divorce, David Werking, 41 ans, était retourné vivre chez ses parents au Michigan. Le temps de se refaire une vie.

Pour ses parents, pieux et bons, le retour de ce fils s’apparentait à celui de l’enfant prodigue.

Pendant dix mois, ils vécurent heureux tous les trois.

Comme dans son enfance, chaque repas était l’occasion de remercier Dieu pour ses bienfaits. Et le dimanche, de retour de l’église, on poursuivait à la maison la discussion de ce passage si intéressant de la Bible que l’assemblée des fidèles venait d’analyser sous la direction du pasteur.

Mais comme Moïse quittant l’Égypte, le départ du fils occasionna une vive querelle.

Au moment de déménager en Indiana, David constata la disparition des caisses qui contenaient sa précieuse collection de revues et de films pornographiques accumulés depuis des années, d’une valeur de 29 000$US.

Devant le tribunal convoqué pour régler la querelle familiale qui s’en suivit, les parents eurent beau répéter que la présence de ces tentations du diable était totalement inacceptable sous leur toit, et que la Bible montre qu’on peut même sacrifier son fils lorsque Dieu l’exige, le juge fut intraitable; le droit de propriété est sacré.

En conséquence, les parents furent condamnés. Mais ils acceptèrent le verdict comme une épreuve envoyée par Dieu…

Référence : Son wins US lawsuit after parents destroy his porn collection

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Westmount : l’avenue Clandeboye et la rue Prospect

30 juillet 2021







Notre première photo a été prise sur le boulevard Dorchester (le nom de la partie la plus à l’ouest du boulevard René-Lévesque).

Puis, nous empruntons l’avenue Clandeboye (les quatre autres photos) au bout de laquelle la rue Prospect fait un coude vers l’ouest.

Détails techniques : Panasonic GX1 infrarouge à spectre complet, objectif Lumix 14-45mm + filtre vert jaunâtre Lzos Ж3-2* + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80A d’Omega
1re photo : 1/3200 sec. — F/8,0 — ISO 10000 — 14 mm
2e  photo : 1/160 sec. — F/3,5 — ISO 320 — 14 mm
3e  photo : 1/160 sec. — F/3,5 — ISO 1250 — 14 mm
4e  photo : 1/160 sec. — F/3,5 — ISO 800 — 14 mm
5e  photo : 1/160 sec. — F/3,5 — ISO 400 — 14 mm
6e  photo : 1/160 sec. — F/3,5 — ISO 800 — 14 mm
7e  photo : 1/160 sec. — F/3,5 — ISO 1000 — 14 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Santé Canada = Pesticides Canada

30 juillet 2021

Introduction

La semaine dernière, à la demande de Bayer/Monsanto, Ottawa annonçait son intention de tripler la teneur maximale de glyphosate autorisée dans le blé. Cela correspond à 150 fois la limite permise à l’époque où ce défoliant était mis en marché.

Mais on n’arrête pas le progrès. Or pour le gouvernement canadien, le progrès, c’est toujours plus de pesticides dans notre diète. En fait, il suffirait d’ajouter des protéines et quelques vitamines au RoundUp™ pour en faire un aliment complet, semble-t-il…

Le progrès étant toujours en marche, c’est maintenant au tour du géant des pesticides Syngenta et des cultivateurs de Colombie-Britannique (par l’intermédiaire d’Agriculture Canada) de faire connaitre leur volonté de faire hausser les normes élastiques de Santé Canada au sujet des framboises et des gros bleuets dits ‘sauvages’.

Les petits fruits, le régal des ravageurs

Les petits fruits sont principalement composés d’eau et de glucides. Ils sont aimés des oiseaux frugivores, des mammifères, des insectes, et d’innombrables microorganismes.

Et pour protéger les récoltes de la convoitise de ces deux dernières catégories de ravageurs, les cultivateurs utilisent des pesticides. De plus en plus de pesticides.

Chaque printemps, The Environmental Working Group publie sa liste des 46 fruits et légumes les plus contaminés par des pesticides. Cette année, les bleuets sont au 16e rang (en hausse d’un rang en comparaison avec l’an dernier) et les framboises au 22e rang (inchangé).

Précisons que dans le cas des bleuets, il s’agit des gros bleuets comme ceux cultivés en Colombie-Britannique, et non des petits bleuets ‘sauvages’ du Québec et du Nouveau-Brunswick.

Une consultation bidon

Contrairement à la consultation relative à la hausse des taux limites pour le glyphosate, Santé Canada a maintenus secrets les motifs invoqués par Syngenta et les producteurs de Colombie-Britannique pour justifier leur demande de tripler la limite maximale permise du métalaxyl (un fongicide) et du sulfaxaflore (un insecticide).

Il est donc impossible de réfuter les arguments des demandeurs puisqu’ils nous sont inconnus.

De plus, il faut savoir que contrairement aux exigences imposées à l’industrie pharmaceutique à la suite du scandale du thalidomide, l’industrie agrochimique n’est pas tenue de révéler toutes les études de toxicité en sa possession. Un producteur de pesticide est libre de maintenir secrètes les études qui ne lui conviennent pas.

Puisque ces études ont été financées par l’industrie, celle-ci estime qu’elle en est propriétaire et interdit à Santé Canada d’en révéler le contenu tout en l’invitant à se baser sur elles pour prendre ses décisions.

C’est donc à dire à quel point il est presque impossible de lutter contre un adversaire aussi insaisissable que l’industrie agrochimique.

Dans le cas du RoundUp™, on sait que dès le départ, Santé Canada a accepté le principe proposé par Mosanto selon lequel tout ingrédient du produit qui n’est doué de propriétés défoliantes est présumé inoffensif.

On ne sait donc rien de la toxicité des produits extrêmement chimiques qui accompagnent le glyphosate dans la recette du RoundUp™ et il y a lieu de croire que c’est la même chose pour les produits impliqués ici.

La ministre de l’Agriculture du Canada et le premier ministre ont fait savoir qu’ils jugent important d’obtenir l’avis du public, mais qu’en bout de compte, la décision d’Ottawa serait basée ‘sur la science’.

On sait d’avance que les citoyens qui participeront à cette consultation seront presque unanimement opposés à ce qu’on augmente la quantité de produits chimiques dans leur diète, mais que leurs arguments seront jugés irrationnels.

Par opposition, ce que les mandarins de Santé Canada appellent ‘la science’, ce seront l’ensemble des études secrètes soumises par l’industrie.

Conclusion

Dans les pays qui se prétendent démocratiques, on devrait s’attendre à ce que le peuple soit souverain.

Malheureusement, dans le cas des résidus de pesticides dans notre diète, nous ne sommes pas libres de décider de notre niveau d’exposition à ces produits chimiques.

La volonté (en théorie absolue) du peuple est soumise au tribunal de hauts fonctionnaires de Santé Canada qui s’érigent en juges paternalistes de ce qui est bien pour nous.

Cette infantilisation du peuple découle de la conception de l’État que se font les mandarins de la fonction publique fédérale.

Dans tous les ministères fédéraux à vocation économique — y compris ceux qui ont une incidence indirecte à ce sujet comme Santé Canada — ces mandarins se conçoivent comme les gestionnaires suprêmes du marché intérieur canadien.

En effet, l’idéologie néolibérale a perverti les démocraties parlementaires en faisant en sorte que l’État n’est plus l’instrument de la souveraineté du peuple, mais une entreprise de services dont les contribuables sont de simples clients.

Même en élisant un autre gouvernement, cela ne changerait rien. Au Canada, n’importe quel gouvernement constitue la façade ministérielle d’une machine étatique animée par sa propre conception de l’État.

Dans un pays qui possède une longue tradition constitutionnelle, le rapport entre le pouvoir judiciaire, le pouvoir politique et celui détenu dans les faits par les mandarins de la fonction publique est presque immuable.

Cela est une protection contre les dérives autoritaires d’un chef d’État. Par contre, le pouvoir du peuple demeure celui qu’il était au XIXe siècle; celui de choisir périodiquement ses dirigeants politiques à la suite de quoi il doit assumer passivement les conséquences, heureuses ou malheureuses, de ce choix.

La seule manière d’établir un assujettissement permanent du pouvoir politique à la volonté populaire, c’est en faisant table rase des vieilles démocraties parlementaires héritées du XIXe siècle et de créer un nouvel État construit sur des bases nouvelles.

C’est ce que permet l’indépendance du Québec. Celui-ci n’est rien d’autre qu’une occasion de nous affranchir de l’État pétrolier canadien et d’ériger un État digne du XXIe siècle; écologique, juste, laïque, républicain, et voué au bonheur du peuple.

Références :
Encore et toujours plus de glyphosate
La façade ministérielle de l’État canadien
Le thalidomide et le MER/29
Les céréales canadiennes contaminées au glyphosate
Pesticides dans les petits fruits : l’identité des demandeurs dévoilée
Pesticides : Ottawa veut permettre plus de résidus dans les bleuets sauvages
Shopper’s Guide to Pesticides in Produce™

Parus depuis :
Santé Canada envoie 229 pages blanches en réponse à une demande d’accès à l’information (2022-10-24)
Ottawa s’associe au lobby agrochimique en pleine réforme controversée (2023-05-03)

Postscriptum du 5 aout 2021 : À la suite du tollé provoqué par cette annonce, le gouvernement canadien a renoncé pour l’instant à toute hausse de pesticides avant une revue complète du processus décisionnel à ce sujet.

Référence :
Ottawa suspend tous les projets de hausse des limites de pesticides dans les aliments

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Westmount : les avenues Redfern et Kensington

29 juillet 2021





 
Voici quatre photos prises sur deux avenues de Westmount, entre les rues Sherbrooke au nord et Sainte-Catherine au sud. Ces photos donnent un aperçu de la richesse architecturale de Montréal.

Détails techniques : Panasonic GX1 infrarouge à spectre complet, objectif Lumix 14-45mm + filtre vert jaunâtre Lzos Ж3-2* + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80A d’Omega
1re photo : 1/160 sec. — F/4,0 — ISO 160 — 14 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/4,7 — ISO 200 — 23 mm
3e  photo : 1/125 sec. — F/4,0 — ISO 160 — 16 mm
4e  photo : 1/800 sec. — F/9,0 — ISO 10000 — 16 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les légumineuses canadiennes, elles aussi, empoisonnées au glyphosate

29 juillet 2021

Il y a deux ans, lorsque j’ai appris que le blé canadien était tué au glyphosate avant d’être récolté — une pratique agricole non autorisée mais sur laquelle le gouvernement canadien ferme les yeux — ma réaction avait été de purger mon garde-manger de toutes les pâtes et les céréales qui s’y trouvaient et de les remplacer par des produits bios.

La semaine dernière, à la demande de Mosanto/Bayer, Santé Canada annonçait son intention de hausser les teneurs permises de glyphosate dans les céréales et les légumineuses vendues au pays.

Doit-on comprendre qu’au Canada, on empoisonne également les légumineuses au défoliant afin de simplifier leur récolte ?

Pour en avoir le cœur net, j’ai tenté de faire germer quelques-uns des pois chiches dont je me sers pour fabriquer mon houmous maison.

Ceux-ci, au lieu de germer, ont simplement pourri. Or des graines incapables de germer, ce sont des graines mortes.

Comme je l’ai fait il y a deux ans pour mes pâtes alimentaires, j’ai purgé ce matin mon garde-manger de la provision de pois chiches en vrac que je possédais et j’ai acheté deux kilos de pois chiches bios (à 4,99$ du 454g).

Ceux-ci sont importés de Turquie.

Je sais, il est plus écologique d’acheter localement. Mais que voulez-vous ? Quand le gouvernement de son propre pays préfère obéir aux intérêts des géants de l’agrochimie mondiale plutôt qu’à la volonté populaire, que faire ?

Références :
Encore et toujours plus de glyphosate
Les céréales canadiennes contaminées au glyphosate

Paru depuis :
Cancers liés au Roundup — Bayer perd de nouveau en appel (2021-08-10)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


D’autres hémérocalles de juillet 2021

28 juillet 2021
Hémérocalle ‘Tootsie’
Hémérocalle ‘Ruby Spider’
Hémérocalle ‘Mystery Black’
Hémérocalle ‘Mini Stella’

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 120 mm
2e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
3e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
4e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le thalidomide et le MER/29

27 juillet 2021

Il y a soixante ans, plus précisément en avril 1961, le thalidomide était autorisé à être prescrit comme somnifère au Canada.

Au moment de sa mise en marché, ce médicament répondait parfaitement aux normes canadiennes, parmi les meilleures au monde, disait-on.

Les médecins de famille aimaient prescrire ce somnifère aux femmes enceintes puisqu’il combattait également la nausée qui accompagne la grossesse.

Parallèlement, aux États-Unis, le distributeur américain (la compagnie Merrell) faisait valoir dans sa demande d’homologation l’absence totale d’effets secondaires du produit comme en faisaient foi les millions de doses déjà prescrites à travers le monde.

Cet argument ne réussissait pas à convaincre la Dr Frances Kesley, responsable du dossier à la Food and Drug Administration (FDA).

Celle-ci jugeait insuffisantes les preuves d’innocuité du produit. Pendant des mois, la Dr Kesley exigea que Merrell lui fasse la preuve scientifique de l’innocuité de son médicament.

Alors que la compagnie Merrell manifestait son impatience croissante à obtenir le feu vert de la FDA, et que les supérieurs hiérarchiques du Dr Kesley faisaient pression sur elle, les premiers rapports de malformations congénitales causées par le thalidomide furent publiés.

Dès décembre 1961, le médicament fut interdit en Europe. Si bien qu’il ne fut jamais commercialisé aux États-Unis, grâce au retard occasionné par le scepticisme Dr Kesley.

En dépit de cela, quelques Américains sont nés avec des malformations causées par le thalidomide puisque Merrell avait commencé à en donner des échantillons aux médecins avant même sa commercialisation. Ce qui était permis à l’époque.

Au Canada, il fallut attendre jusqu’en aout 1962, pour que notre pays se décide finalement à interdire le thalidomide, également distribué dans notre pays sous le manteau avant même son homologation.

Durant ce temps, entre cent et cent-cinquante bébés canadiens furent mis au monde atteints de diverses malformations, habituellement des bras ou des jambes sévèrement atrophiés.

À l’hôpital Notre-Dame de Montréal, le médicament ne fut jamais prescrit en raison du refus obstiné de la pharmacienne-chef, Paule Benfante, d’ajouter le thalidomide au formulaire de cet hôpital.

Le scandale du thalidomide fut l’occasion pour les gouvernements occidentaux d’exiger des fabricants qu’ils fassent la preuve de l’efficacité et de l’innocuité de leurs médicaments.

Mais les compagnies étaient encore libres de soumettre les études favorables à leurs produits, tout en cachant celles qui ne leur convenaient pas.

Tout changea avec le MER/29.

À l’époque du thalidomide, les chercheurs de la pharmaceutique Merrell travaillaient à la mise au point d’un médicament très prometteur.

Connu sous le nom de code MER/29, le triparanol devait être le premier médicament réellement efficace pour bloquer la synthèse du cholestérol.

On l’avait testé chez un grand nombre d’animaux et le médicament était dépourvu d’effets secondaires graves… sauf chez le chien; le MER/29 le rendait aveugle.

Mais chez les autres animaux, tout allait bien.

Fallait-il l’avouer à la FDA ?

Le produit avait déjà été autorisé à être utilisé dans des petites études cliniques en vue de sa commercialisation. Lorsqu’il fut rendu à l’étape des études de plus grande envergure, les dirigeants de Merrell estimèrent que leur risque de connaitre deux catastrophes de suite était presque impossible.

En conséquence, on décida de ne rien dire.

Mais alors que les petites études chez l’humain n’avaient rien révélé d’anormal, les études de plus grande envergure prouvèrent que le MER/29 était capable de provoquer des cataractes.

Si bien que le produit ne fut jamais commercialisé.

Depuis ce temps, la loi oblige les fabricants à soumettre toutes les études en leur possession en vue de l’homologation d’un médicament.

On peut espérer qu’un jour, il en soit de même des pesticides et des insecticides…

Références :
Milestones in U.S. Food and Drug Law
Thalidomide
Thalidomide, un médicament à l’effet dévastateur
The Thalidomide Tragedy: Lessons for Drug Safety and Regulation
Triparanol

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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