Entre les ponts Jacques-Cartier et Victoria (2e partie)

17 juillet 2022
Minoterie ADM (et enseigne de la farine Five Roses)
Au bassin Peel
Centre d’esplanade intérieur Allez Up
Pont Monk
Centre-Ville de Montréal de loin

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 + filtre vert jaunâtre B+W 061 + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80C de Calumet + filtre polarisant PL-CIR d’Hoya
1re photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 16 mm
2e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 23 mm
3e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 22 mm
4e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm
5e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Entre les ponts Jacques-Cartier et Victoria (1re partie)

16 juillet 2022
Nouvelle Maison de Radio-Canada

Depuis plusieurs semaines, je caressais le désir de me rendre à l’ile des Sœurs pour y photographier en infrarouge le Domaine Saint-Paul.

Puisque j’évite ces temps-ci les transports en commun et puisque ce boisé est situé à quatorze kilomètres de chez moi, j’avais résolu de m’y rendre en vélo électrique.

Je me suis donc procuré un forfait téléphonique avec wifi — essentiel à la location des Bixi électriques — et, dès mercredi dernier, j’enfourchais un de ces vélos en direction de l’ile des Sœurs.

Le long de la rue de la Commune et du canal de Lachine, Montréalais et touristes profitaient du beau temps pour déambuler, pour se prélasser au soleil, pour piqueniquer ou, comme moi, pour pédaler gaiment.

Monument à John Young et siège de la Société du Vieux-Port de Montréal (1858-9)
Terrasse du Marché des Éclusiers
Près du remorqueur Daniel-McAllister
Écluse

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 + filtre vert jaunâtre B+W 061 + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80C de Calumet + filtre polarisant PL-CIR d’Hoya
1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm
2e  photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 22 mm
3e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 15 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 17 mm
5e  photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 21 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Des lis de juillet 2022 (série No 2)

15 juillet 2022
Lis ‘El Tigre’
Lis asiatique ‘Dancing Eyes’
Lis ‘Bruno’

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
2e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
3e  photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Des lis de juillet 2022 (série No 1)

14 juillet 2022
Lis asiatique ‘Lilium Tiger Babies Group’
Variété non identifiée
Lis asiatique ‘Corsage’

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 125 mm
2e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
3e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Astilbe

14 juillet 2022


 
Je ne suis pas très friand de l’infrarouge couleur en botanique. Parce que tout y est rouge ou magenta.

La photo sera intéressante lorsqu’elle comporte de grands écarts de tonalité (c’est-à-dire lorsqu’il y a de grandes différences de luminosité entre ce qui est pâle et ce qui est foncé).

On peut alors la transformer en blanc et noir ou ici telle quelle, comme s’il s’agissait d’une photo monochrome.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 + filtre vert jaunâtre B+W 061 + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80C de Calumet + filtre polarisant PL-CIR d’Hoya — 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm

Post traitement avec Sharpen AI et Adjust de Topaz Labs.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’expansionnisme toxique de l’Otan

14 juillet 2022

Introduction

À sa création en 1949, l’Otan regroupait les pays qui constituaient les piliers de l’économie occidentale.

Non pas les piliers de la civilisation occidentale puisqu’il aurait fallu ajouter la Russie, occidentalisée depuis Pierre le Grand, mais justement contre laquelle cette alliance militaire a été créée.

À l’origine, toute attaque dirigée contre un pays comme les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, la France ou l’Italie, était de nature à affecter gravement toute l’économie occidentale. D’où l’à-propos d’une telle alliance militaire.

L’élargissement de l’Otan

À l’effondrement du bloc soviétique en 1989, la Russie était ruinée. Ce qui rendait l’Otan vide de sens.

On parlait alors de maintenir cette alliance militaire quand même parce qu’elle permettait de réaliser des économies d’échelle et surtout parce que, sans elle, une Allemagne qui déciderait de se militariser se trouverait de nouveau en position hégémonique en Europe.
 

 
Pendant les années qui suivront, les ‘anciens’ membres de l’Otan (en bleu) accueillirent dans leurs rangs la majorité des anciennes républiques soviétiques d’Europe (en cyan).

Depuis des décennies, celles-ci vivaient dans la crainte d’une invasion soviétique : elles se sont donc empressées de se mettre sous la protection de l’Otan dès que cela fut possible.

En plus, sur cette carte (en vert), sont représentés les pays qui ont officiellement demandé leur adhésion à l’Otan : la Suède et la Finlande (au nord), l’Ukraine (près du centre de la carte), la Bosnie-Herzégovine (près de l’Italie, sur la carte) et la Géorgie (au sud de la Russie).

Ce faisant, l’Otan poursuit une politique d’encerclement militaire contre la Russie.

Le jeu de dominos de la Première Guerre mondiale

La Première Guerre mondiale a été déclenchée à la suite d’un fait divers; l’assassinat du prince héritier de la dynastie austro-hongroise à Sarajevo en 1914.

Un mois plus tard, l’Empire austro-hongrois déclarait la guerre à la Serbie.

Mais comme l’Allemagne était un allié militaire de l’un, alors que la Russie était un allié militaire de l’autre, l’Allemagne et la Russie se déclarèrent mutuellement la guerre.

Puisque la Russie possédait une alliance militaire avec la France, l’Empire austro-hongrois (déjà en guerre avec la Russie) déclarait la guerre à son allié français.

Bref, en raison de tout un réseau complexe d’alliances militaires bilatérales, bientôt toute l’Europe fut mise à feu et à sang.

Les alliances militaires sont belligènes

L’addition des ennemis

Contrairement à ce qu’on pense, les alliances militaires favorisent le déclenchement des guerres. C’est le développement de liens commerciaux et plus précisément l’intégration économique qui fait l’inverse.

Pendant des siècles, les pays européens ont basé vainement la paix sur un ‘équilibre’ entre des blocs militaires hostiles.

Mathématiquement, cet échec s’explique.

Imaginons deux pays, appelés No 1 et No 2, qui s’allient parce qu’ils ont un ennemi commun, le pays X.

En Europe centrale, dans les Balkans et au Caucase, les pays sont entourés d’une multitude d’États voisins.

Imaginons donc que le pays No 1, en plus de son animosité commune contre le pays X, soit également ennemi des pays Y et Z, deux pays avec lesquels le pays No 2 entretient de bonnes relations.

Inversement, imaginons que le pays No 2, en plus de son animosité commune contre le pays X, soit hostile aux pays A, B et C, trois pays pourtant en bons termes avec le pays No 1.

En s’alliant, les pays No 1 et No 2 additionnent leurs ennemis; les voilà ennemis d’A, B, C, X, Y et Z.

Dès que le pays No 1 ou No 2 ‘pète sa coche’ contre l’un de ses ennemis, huit pays entrent en guerre.

Sans alliance militaire, la Première Guerre mondiale n’aurait pas eu lieu; à sa place, on aurait eu la guerre serbo-austro-hongroise et des millions de morts auraient été épargnées.

L’audace des faibles

Lorsque l’Otan accueille dans ses rangs de petits pays (comme les pays baltes, par exemple), ceux-ci reçoivent toute la protection militaire des États-Unis en contrepartie de quoi, les Américains ne reçoivent presque rien de plus que ce qu’ils ont déjà.

Le 31 mars dernier, la première ministre d’Estonie — un pays balte de 1,3 million d’habitants — en appelait aux autres pays pour qu’ils en fassent davantage contre la Russie.

On peut imaginer qu’avant d’adhérer à l’Otan, ce pays vulnérable devait bien se garder de battre le tambour de la guerre contre son puissant voisin.

Mais fort de l’appui inconditionnel de l’Otan, ce pays — comme la mouche dans la fable ‘Le coche et la mouche’ de La Fontaine — se prend pour le portevoix des va-t-en-guerre de l’Otan.

Par ailleurs, la Russie possède une enclave territoriale (l’oblast de Kaliningrad), totalement isolée du reste de la Russie. Elle est située au nord de la Pologne et au sud de la Lituanie (au centre de la carte ci-dessus).

Dernièrement, la Lituanie — un autre pays balte, de 2,7 millions d’habitants — décidait d’interdire le passage ferroviaire du minerai de fer, des matériaux de construction et des produits technologiques en transit sur son territoire vers cette enclave russe.

Il y a une différence entre interrompre nos relations commerciales avec la Russie et instaurer un blocus terrestre contre elle (ce qui va bien au-delà des sanctions économiques décidées par les pays occidentaux).

Un blocus, qu’il soit terrestre ou maritime, est un casus belli, c’est-à-dire un acte considéré comme justifiant une déclaration de guerre.

Le blocus maritime de l’Ukraine en mer Noire, décidé par Moscou, est également un casus belli. Mais il s’agit de deux pays déjà en guerre. Ce qui n’est pas le cas, pour l’instant, entre la Russie et la Lituanie

L’audace insensée de cette dernière est le résultat d’un expansionnisme devenu risqué pour la paix dans le monde.

Conclusion

Entre deux blocs hostiles — comme le sont clairement devenus l’Occident et la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine — il est sage de maintenir une zone tampon entre les deux afin d’éviter qu’une simple escarmouche de frontière dégénère en guerre mondiale.

C’est sur ce principe que reposent les forces d’intervention de l’Onu; s’interposer entre des belligérants épuisés par la guerre et qui aspirent maintenant à être séparés.

En s’étendant jusqu’aux frontières russes, l’Otan augmente considérablement les risques qu’une ‘chicane de clôture’ dégénère en conflit mondial.

À une table où deux ennemis seraient invités, serait-il prudent de les placer côte à côte ? C’est ce que fait l’expansionnisme aveugle de l’Otan.

Références :
Le terrible sort des personnes exilées en Lituanie
Growing tensions between Russia and the Baltic States: the Kremlin threatens NATO members
La tension monte à Kaliningrad, autour de l’enclave russe, la Lituanie bloquant le passage de certaines marchandises
Oblast de Kaliningrad
Organisation du traité de l’Atlantique nord
‘Putin’s Appetite Will Only Grow.’ Estonia’s Prime Minister Says We’re Not Doing Enough to Stop Russia
Résumé de géopolitique mondiale (1re partie)
Russia threatens retaliation as Lithuania bans goods transit to Kaliningrad
Ukraine Is the Latest Neocon Disaster

Paru depuis :
La Pologne construit une barrière à la frontière avec Kaliningrad (2022-11-02)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’écriture woke et la lisibilité du français

12 juillet 2022


 
À la lecture d’un manuel scolaire écrit en woke (comme ci-dessus), pouvez-vous imaginer la difficulté de l’écolier à qui le professeur demanderait d’en faire la lecture à voix haute ?

Pouvez-vous comprendre le découragement du néoQuébécois confronté aux textes écrits de la sorte, lui qui aimerait apprendre le français, mais dont tout l’entourage répète que l’anglais est tellement plus facile à apprendre ?

L’écriture woke est à la mode. C’est le plus ostentatoire des procédés d’écriture regroupés sous le nom d’écriture inclusive.

Justement parce qu’elle donne l’air (parait-il) inclusif, les publicistes de la Banque Nationale ont choisi d’écrire cette publicité de cette manière.

Mais cette banque, est-elle aussi inclusive qu’elle voudrait nous le faire croire ?

D’un côté, de nombreuses personnes ‘issues de la diversité’ composent son personnel d’entretien, c’est-à-dire ceux qui vident ses corbeilles et qui nettoient ses chiottes. De plus, on peut observer un grand nombre de préposés de toutes les carnations possibles aux comptoirs de ses succursales.

Mais tout cela, c’est au bas de l’échelle. Qu’en est-il des postes décisionnels, des postes vraiment payants ?

Malheureusement, ça se gâte…

Le Conseil d’administration de la Banque Nationale est composé de 15 personnes, soit 6 femmes et 9 hommes.

On n’y compte qu’une seule personne dont la peau est très pigmentée (Macky Tall). Aucune personne aux traits asiatiques. Aucun Latino-américain. Aucun Autochtone. Aucun transsexuel (quelle horreur !). Etc.

Alors que le gouvernement du Québec dépense des sommes importantes pour lutter contre l’anglicisation de Montréal, voilà que ce club sélect composé presque exclusivement de ‘Blancs’ de bonne famille s’efforce de compliquer l’apprentissage de notre langue.

Références :
L’écriture inclusive
Membres du Conseil d’administration de la Banque Nationale

Parus depuis :
L’autre «grand remplacement» (2022-10-07)
Une murale en hommage à Yannick Nézet Séguin (2022-10-16)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Fleurs de pavot au soleil

10 juillet 2022





 
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 130 mm
2e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 125 mm
3e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
4e  photo : 1/3200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 110 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Aux alentours de la Place du Canada

8 juillet 2022







 
Ce matin, je me suis rendu dans le centre-ville dans le but de conclure l’achat d’un second iPhone 6s, ce dernier destiné à être doté d’un accès wifi (nécessaire pour louer des Bixi électriques).

Malheureusement, un malentendu a fait que le vendeur (rencontré sur Kijiji) ne s’est pas présenté. C’est remis à demain.

Puisque j’avais apporté mon appareil-photo, j’en ai profité pour rapporter ceci.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 + filtre vert jaunâtre B+W 061 + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80C de Calumet + filtre polarisant PL-CIR d’Hoya
1re photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 17 mm
2e  photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 17 mm
3e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 19 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 15 mm
5e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm
6e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 15 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Finlande croque la pomme de l’Otan

4 juillet 2022


 
Introduction

Les ONG financées par Washington ont mis dix-huit ans à convaincre les Ukrainiens de devenir les ennemis militaires de leurs voisins russes. Avec les conséquences qu’on sait.

Mais il a suffi de quelques semaines à une croisade médiatique occidentale pour persuader les Finlandais de l’urgence d’adhérer à l’Otan avant d’être, eux aussi, envahis par l’armée russe.

La décision finlandaise de demander l’adhésion à l’Otan est la première défaite importante de Vladimir Poutine depuis le début de la guerre russo-ukrainienne.

Les relations russo-finlandaises depuis la Deuxième Guerre mondiale

Craignant qu’en s’alliant à l’URSS contre l’Allemagne nazie, elle ne retrouve plus son indépendance une fois la guerre terminée, la Finlande a choisi d’être un allié de l’Allemagne.

À l’issue de sa défaite, la Finlande perdit le dixième de son territoire et accepta de payer en six ans un tribut de guerre de trois-cent-millions de dollars à l’URSS.

Puisque le pays comptait alors 3,75 millions d’habitants, cela représentait 80 $ par personne, soit 1 329 dollars d’aujourd’hui.

Au cours des années qui suivirent, les deux pays ont entretenu des relations cordiales. Un traité de coopération et d’assistance mutuelle fut signé en 1948 et fut renouvelé en 1955, en 1970 et en 1983.

Par ce traité, la Finlande acceptait d’éviter de joindre toute organisation considérée comme hostile à l’URSS.

Toutefois, lorsque le bloc soviétique s’est effondré en 1991, la Finlande a estimé que cette entente devenait caduque, l’autre signataire ayant disparu.

Une nouvelle entente intervenue avec la Russie l’année suivante ne contenait rien de précis à ce sujet si ce n’est une vague résolution à régler mutuellement leurs différends de manière pacifique.

En 1995, la Finlande adhérait à l’Union européenne et adoptait l’euro comme devise.

Sans être officiellement membre de l’Otan, la Finlande (tout comme la Suède) participait déjà, depuis des années, à des exercices militaires de l’Otan sur son territoire. Des exercices que la Russie, évidemment, voyait d’un mauvais œil.

En 2014, les pays membres de l’Otan se sont lancés dans une course à l’armement, voyant dans l’annexion de la Crimée une preuve de l’expansionnisme russe.

En Finlande, la possibilité que le pays se joigne à l’Otan était un sujet de controverse. En janvier dernier, seul le quart des Finlandais y étaient favorables : toutefois, au 12 mai dernier, ce pourcentage avait bondi à 76 %.

La crise des missiles

En 1962, les États-Unis avaient instauré un blocus maritime autour de Cuba après que ce pays eut décidé de se doter de missiles dirigés contre les États-Unis.

Ne pouvant tolérer des missiles ennemis dans leur cour arrière, les États-Unis avaient menacé de faire sombrer tout navire russe qui s’approcherait des côtes cubaines.

Les navires russes décidèrent de rebrousser chemin. Et c’est ainsi qu’on a évité une Troisième Guerre mondiale.

Les côtes cubaines sont à 1 860 km de Washington alors que la frontière ukrainienne est à 458 km de Moscou (trois fois plus proche).

Du coup, la possibilité que l’Otan déploie en Ukraine des missiles hostiles contre la Russie devenait aussi intolérable pour Moscou que le déploiement de missiles russes à Cuba l’était pour Washington.

C’est encore plus vrai dans le cas de la Finlande puisque Saint-Pétersbourg est à seulement 150 km des frontières finlandaises.

Bref, la décision de la Finlande d’adhérer à l’Otan correspond à un bouleversement géostratégique puisqu’on triple l’interface terrestre entre l’Otan et la Russie.

Autrefois limitée à la frontière orientale de l’Estonie et de la Lettonie, de même que l’extrémité septentrionale de la Norvège (soit au total 480 km), l’Otan possèdera bientôt 1 710 km de frontière commune avec la Russie.

Entre deux blocs hostiles — comme le sont devenus l’Occident et la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine — il est sage de maintenir une zone tampon entre les deux afin d’éviter qu’une simple escarmouche de frontière dégénère en guerre mondiale.

La déstabilisation de la Finlande

Pour avoir une idée des moyens que pourrait utiliser la Russie en Finlande afin de l’inciter à revenir sur sa décision, voyons les moyens utilisés par les États-Unis en Amérique latine afin de lutter contre les gouvernements de gauche.

À Cuba, ils ont financé une opération (celle dite de la baie des Cochons) visant à renverser le régime castriste, et ont soutenu des dizaines de tentatives d’assassinat contre Fidel Castro.

Afin de limiter l’influence de la Révolution cubaine en Amérique latine, ils y ont renversé des gouvernements élus démocratiquement (dont celui de Salvador Allende au Chili en 1973) afin d’installer des dictateurs d’extrême-droite qui ont fait des dizaines de milliers de morts parmi leurs opposants.

De 1979 à 1990, ils ont financé 23 000 terroristes au Honduras dans l’espoir de susciter l’insécurité et le mécontentement contre le gouvernement de Daniel Ortega.

Sous le gouvernement socialiste de Luiz-Inácio Lula da Silva (2003-2011), ils ont soudoyé les syndicats brésiliens afin de déstabiliser l’économie du pays.

Ils ont financé des opérations militaires dans le but de renverser le gouvernement du Venezuela en 2020.

Tout cela donne une idée de ce qui attend la Finlande.

On ne voit pas comment Moscou pourrait avoir des scrupules à utiliser des moyens auxquels les États-Unis eux-mêmes n’hésitent pas à recourir lorsque cela leur convient.

Conclusion

Depuis quelques années, les Finlandais étaient le peuple le plus heureux du monde.

L’histoire d’Adam qui croque la pomme de l’arbre de la connaissance de bien et du mal — ce qui provoque son expulsion du paradis — est l’équivalent biblique de la décision finlandaise d’adhérer à l’Otan; cela ouvre un nouveau chapitre de l’histoire de ce pays. Un chapitre beaucoup plus mouvementé.

Après avoir bénéficié d’une longue période de paix et de stabilité en cultivant des relations harmonieuses avec l’URSS, la Finlande vient de choisir une autre voie, dictée par un nouveau contexte international.

On peut souhaiter que la période qui s’achève, la plus heureuse de l’histoire de ce pays, se poursuive d’une autre manière.

Mais on peut raisonnablement anticiper que cela ne sera pas le cas.

Références :
Arbre de la connaissance du bien et du mal
C’est quoi un parti de droite ou un parti de gauche ?
Débarquement de la baie des Cochons
Contras
Crise des missiles de Cuba
Finland : The postwar period
Guerre américano-mexicaine
Guerre anglo-américaine de 1812
Guerre de Continuation
La Finlande, pays le plus heureux du monde
La Suède et la Finlande aux portes de l’OTAN
Opération Gideon
Opération Mongoose
Salvador Allende

Compléments de lecture :
L’engrenage ukrainien
L’épouvantail russe

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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