Doit-on fêter le Canada ?

25 juin 2021

Le 1er juillet est la fête du Canada. Ce jour commémore l’entrée en vigueur du British North America Act, cette loi adoptée par le parlement britannique et qui servit de constitution au Canada jusqu’en 1982.

Depuis la conquête anglaise, le Canada s’est construit sur la dépossession violente des terres occupées par les peuples autochtones du pays pour faire place à des colons européens.

Plus précisément, le péché originel de la Confédération canadienne, c’est le génocide des Premières Nations.

D’abord un génocide (au sens strict du terme) inachevé, suivi d’un génocide culturel dont on apprend ces jours-ci les sombres dessous.

Ce qui n’a pas empêché les premiers ministres canadiens de faire hypocritement la morale aux autres pays quant au respect des droits de la personne.

En conséquence, on doit distinguer le peuple canadien d’une part, et le Canada de l’autre.

Les Canadiens ont inventé la fermeture éclair, le téléphone, l’insuline, la pénicilline et d’innombrables inventions dont l’humanité tout entière ne pourrait plus se passer.

Le talent et l’excellence de nos artistes ensoleillent nos vies en plus de faire rayonner le pays à l’Étranger.

Et des millions de parents préparent l’avenir aidant leurs enfants à développer le meilleur d’eux-mêmes. C’est ce père qui prend le temps d’assister à la joute de hockey de son fils. C’est cette mère qui transmet la culture en chantant une cantine pour endormir son enfant.

Près de 38 millions de Canadiens méritent d’être honorés le premier juillet.

Mais pas le pays honteux qu’ils habitent.

Plus tôt nous, Québécois, en sortirons, plus tôt nous pourrons nous laver de cette tache originelle et construire un pays sur des bases nouvelles.

Un pays où femmes et hommes vivront libres et égaux. Où l’État sera laïc et républicain. Où nous protègerons l’eau de nos rivières, l’air que nous respirons et les terres fertiles qui nous nourrissent. Un pays imperméable au tribalisme anglo-saxon. Et un pays neuf où vivront en harmonie les gens qui ont choisi d’y coexister.

D’ici là, fêtons donc le peuple canadien — dont les angloCanadiens avec lesquels nous avons beaucoup plus d’affinités qu’on pense — et évitons d’exprimer une fierté indécente et déplacée à l’égard cette chose qu’on appelle le Canada.

Parus depuis :
« Avoir une célébration, ce n’est pas correct » (2021-06-29)
Une fête du Canada marquée par des refus de célébrer (2021-07-01)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Verdir le désert californien : la fin des illusions

24 juin 2021

Hydrologie du sud de la Californie

Situé au sud-ouest des États-Unis, à la frontière mexicaine, le sud de la Californie possède un climat semi-désertique.

Si on exclut quelques hauts plateaux frais et le versant ouest des chaines côtières du Pacifique — où se condense l’humidité de l’océan — tout l’arrière-pays est aride.

C’est là qu’on trouve notamment la vallée de la Mort, l’endroit le plus sec et le plus chaud d’Amérique du Nord.


 
Dans la plupart des vallées qui s’étirent entre les chaines montagneuses côtières, la végétation ne comprend normalement que des touffes de broussailles; les arbres peu nombreux qu’on y voit de nos jours sont le fruit de l’irrigation humaine.

La guerre de l’eau

En 1850, en pleine ruée vers l’or, la Californie ne comprenait que 92 597 habitants.

La construction du chemin de fer entre 1870 et 1890 et le développement minier à la même époque feront passer la population californienne à près de 1,5 million de personnes en 1900.

Pour alimenter en eau cette population croissante, on détourna d’abord quelques rivières.

Afin d’amortir les couts importants de ces ouvrages, les dirigeants politiques augmentèrent leurs revenus fonciers en encourageant la création de vastes domaines agricoles.

Or justement, grâce à ces travaux, l’eau abondait. Quant aux terres à développer, elles s’étendaient à perte de vue,


 
Mais pendant qu’on verdissait de vastes territoires arides en les fertilisant et en les arrosant généreusement, la consommation d’eau à des fins agricoles augmentait. D’autant plus qu’en climat chaud et sec, l’arrosage des champs s’accompagne d’une forte évaporation.

Et plus secteur agricole se développait, plus il réclamait de l’eau afin de créer ou de maintenir les emplois.

Pensez que la culture des amandes — la Californie en est le plus important producteur mondial — nécessite plus d’un gallon d’eau par amande.



 
Au fil des décennies, on détourna d’autres rivières, on créa d’immenses réservoirs (parmi les plus importants au monde) et on achemina l’eau sur des distances de plus en plus longues.

De nos jours, le système hydraulique intégré de Californie distribue 49 km³ d’eau par année (ou 49 milliards de mètres cubes d’eau).

Quotidiennement, c’est l’équivalent de 3,5 m³ d’eau par personne. Exprimé autrement, ce sont les deux tiers du contenu d’une piscine hors terre de cinq mètres de diamètre chaque jour par famille de deux parents et de deux enfants.

Pourtant, comme nous le verrons plus loin, ce n’est pas la consommation personnelle qui est la principale cause de la consommation d’eau en Californie.

Cette consommation dépasse la quantité d’eau résultant de la fonte des neiges et des pluies. Si bien que les réservoirs californiens seront à sec dans quelques années si la tendance (qui dure déjà depuis presque une décennie) se maintient.

Selon Wikipédia, la consommation urbaine et industrielle d’eau n’y représente que 11 % de la consommation totale.

Ce qui fait que même si les Californiens cessaient totalement de se laver, cessaient d’utiliser de l’eau pour cuire leurs aliments, cessaient de boire, n’arrosaient plus leur pelouse et cessaient d’utiliser leur piscine — chacune de ces choses n’ayant aucune chance de se réaliser — la Californie ne pourrait pas renverser la tendance à l’assèchement de ses réservoirs.

Comme les sept plaies d’Égypte, la Californie est frappée par une suite ininterrompue de calamités; incendies incontrôlables lors de ‘la saison des feux de forêt’ (sic), agrumes atteints par la maladie, amandiers desséchés par manque d’eau, etc.

Les premières années de cette longue sècheresse, on a imposé des limites à l’utilisation de l’eau. Mais par ailleurs, on a accordé des dérogations aux secteurs industriel et agricole au nom de la protection de l’économie.

Maintenant que l’ensemble de la population risque d’être privée d’eau potable si le niveau des réservoirs continue de baisser, on révoque les passe-droits agricoles avec comme conséquence l’abandon, les unes après les autres, des cultures les plus gourmandes en eau.

Conclusion

La crise hydraulique californienne se résume en une phrase; la nature reprend ses droits.

Pendant un siècle, quelques-uns des plus brillants ingénieurs américains ont mis leur talent à vouloir dompter la nature. Ils y ont presque réussi.


 
Mais après avoir construit des ouvrages pharaoniques destinés à verdir le désert, il aura suffi d’une hausse minuscule de la température du globe pour donner raison à ces scientifiques du climat qui sonnent en vain l’alarme depuis des années.

Comme c’est toujours le cas, on donne finalement raison aux cassandres de ce monde quand il est déjà trop tard pour arrêter le cours de leurs sombres prédictions.

Références :
Aqueduc de Los Angeles
Californie
Démographie de la Californie
La Californie est à sec
Ruée vers l’or en Californie
Water in California

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (2e photo) et PanLeica 8-18 mm (les autres photos)
1re photo : 1/1600 sec. — F/3,3 — ISO 200 — 11 mm
2e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 21 mm
3e  photo : 1/2500 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 18 mm
4e  photo : 1/1600 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 14 mm
5e  photo : 1/2000 sec. — F/3,0 — ISO 200 — 9 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Mon pays

24 juin 2021

© 2015 — Michel Rivard, auteur-compositeur

Mon pays n’est pas un rêve.
Mon pays est ici et maintenant.
C’est le Québec de ce matin.
Ce sera le Québec de ce soir.

Et demain,
si nous faisons tomber nos peurs,
si nous acceptons nos différences,
si nous relevons les manches,
ce sera le Québec (tout court).

Un pays.
Un vrai de vrai.
Pas mieux, pas pire.
Mais un pays qui nous ressemble déjà,
et nous rassemble encore plus.

Un pays avec des souches,
des racines,
et des ancêtres dont on se souvient des noms et des actions.

Un pays avec des branches solides
pour accueillir les oiseaux venus d’ailleurs
et apprendre leurs chansons,
écouter leurs histoires,
et leur apprendre la nôtre.

Mon pays est ici et maintenant.
Et demain, nous y entrerons la tête haute,
même si,
comme dit Gaston (Miron),
nous y sommes déjà.

Ce sera le Québec tout grand.
Fier de son eau et de son air.
Fier de ses Premières nations.
Assumé dans son passé
et fébrile de son avenir.

Un pays.
Un vrai de vrai.

Où tout le monde mange.
Où tout le monde parle.
Où tout le monde écoute.
Où les problèmes se règlent.
Où les grands se penchent
pour aider les petits à grandir.

Un pays.
Un vrai de vrai.

Pour pouvoir dire aux autres pays :
« Vous voyez cette rivière, cette ville, cette montagne,
ce fleuve qui devient la mer.
Vous voyez cette neige,
cette forêt rouge.

Vous sentez ce vent qui chante comme une guitare,
ce cœur qui bat comme un beat de drum.
Vous goutez ces fruits et ces légumes.

Vous voyez ces enfants qui font danser leur langue
et apprennent en souriant les mots du voisin.

Vous voyez ce pays qui s’ouvre et qui respire.
Bien c’est chez nous.
C’est le Québec.
C’est mon pays.

Bienvenue ! »


(Note : ce texte était autrefois disponible sur le site de tagtélé, aujourd’hui fermé).

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’infrarouge rose bonbon amélioré

23 juin 2021







 
Avec un appareil infrarouge à spectre complet, on obtient de l’infrarouge rose bonbon en vissant à l’objectif deux filtres : un filtre vert jaunâtre et un autre bleu de cobalt.

Afin d’enlever aux photos leur légère teinte rose résiduelle, on peut ajouter un troisième filtre, soit un 80A.

Le résultat est que la verdure demeure rose, alors que la pierre perd sa teinte rosâtre et que les ciels deviennent beaucoup plus séduisants.

Compléments de lecture :
L’infrarouge pamplemousse rose
L’infrarouge rose rétro

Détails techniques : Panasonic GX1 infrarouge à spectre complet, objectifs [M.Zuiko 12 mm F/2,0 (4e et 5e photos) et Lumix 20 mm F/1,7 (les autres photos)]+ filtre vert jaunâtre Лomo ж3-2* + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80A d’Hoya
1re photo : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 250 — 20 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 160 — 20 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 20 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/7,1 — ISO 250 — 12 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/7,1 — ISO 250 — 12 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/8,0 — ISO 250 — 20 mm

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à l’infrarouge couleur, veuillez cliquer sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Doit-on recevoir une ou deux doses de vaccin si on a déjà attrapé le Covid-19 ?

23 juin 2021


 
Introduction

La Santé publique du Québec estime que les personnes ayant un antécédent de Covid-19 ont conservé une mémoire immunitaire qui fait en sorte qu’une seule dose suffit à les protéger convenablement alors qu’il en faut deux chez les personnes qui n’ont jamais contracté le virus.

Par contre, les autorités américaines et européennes, de même que les autorités canadiennes pensent au contraire que si on a déjà attrapé le Covid-19, il faut, comme tout le monde, recevoir deux doses d’un vaccin à deux doses.

Qui croire ?

Les preuves en laboratoire vs la vraie vie

La politique sanitaire du Québec à ce sujet est basée sur des études in vitro, c’est-à-dire sur la mesure en laboratoire de la réponse immunitaire de personnes qui reçoivent une ou deux doses de vaccin et qui ont attrapé ou non le virus précédemment.

La Santé publique du Québec présume qu’il existe une corrélation entre ces mesures in vitro et la vraie vie. Dans ce cas-ci, rien ne le prouve.

On possède déjà l’expérience de Manus, une ville brésilienne peuplée de deux-millions d’habitants.

Lors de la première vague, 76 % des citoyens de cette métropole ont attrapé le Covid-19. Au point qu’on ne savait plus où enterrer les morts.

Puisque tout malheur a du bon, les survivants se sont dit que grâce à leur expérience douloureuse, ils avaient maintenant atteint l’immunité grégaire.

Mais l’immunité naturelle ne dure pas. Le système immunitaire des gens conserve en mémoire la recette de la fabrication des anticorps contre le Covid-19 mais juge inutile de continuer à en fabriquer lorsque l’exposition au virus a disparu.

Conserver la recette des anticorps suffit en cas de réinfection ‘lente’, c’est-à-dire dans le cas où l’envahissement du virus dans le corps est plus lent que le temps que met l’organisme à redémarrer sa production d’anticorps.

Dans un article publié sur ce blogue au début de la pandémie au Québec, nous expliquions que dans la majorité des cas, le nez sert d’incubateur au Covid-19 avant que des millions de copies du virus se lancent à l’assaut des poumons.

Tant qu’on n’aura pas mis au point un vaccin administré par vaporisation nasale qui rende cet incubateur impropre à la réplication virale, on doit compter sur de très grandes quantités d’anticorps sanguins et tissulaires pour empêcher toute réinfection.

Dans la ville de Manus, il aura suffi de l’apparition d’un variant (le P1) pour que cette ville — qui se croyait protégée — soit de nouveau atteinte durement en janvier 2021. On y comptait jusqu’à 22 % plus de morts quotidiens qu’au cours de la première vague.

Selon le New York Times, sur cent personnes atteintes par cette deuxième vague à Manus, entre 25 et 61 personnes avaient contracté le virus précédemment.

Conclusion

Le bilan de la lutte sanitaire, c’est qu’il y a eu 2,6 fois plus de morts par million d’habitants au Québec que dans les provinces anglophones du Canada.

Donc, lorsque les autorités sanitaires du Québec et du Canada donnent des avis contraires, les plus crédibles sont ceux qui ont causé moins de morts.

La série intitulée L’histoire d’un fiasco est le récit ahurissant de la lutte sanitaire menée par les autorités de la Santé publique du Québec.

Il ne s’agit pas d’une lutte au cours de laquelle beaucoup de décisions devaient être prises et du nombre, il est normal qu’on se soit trompé à l’occasion.

Au contraire, il s’agit d’une lutte où, dès le départ, les responsables ont déclaré vouloir laisser se développer l’immunité ‘naturelle’, c’est-à-dire vouloir que les gens attrapent le Covid-19 pour en devenir immunisés.

En conséquence, on a fait campagne contre le port du masque. On a mené une campagne de dépistage lilliputienne (tout en la qualifiant de ‘massive’). On a embauché insuffisamment de préposés à la recherche de contacts. On a laissé moisir les tests rapides reçus gratuitement du fédéral. On a déconseillé l’utilisation de scanneurs thermiques en usine comme mesure de dépistage. Et on a interdit les purificateurs d’air HEPA dans nos écoles (préférant de simples ventilateurs).

Bref, tout ce qui aurait pu nous protéger, ils étaient contre. Il n’est donc pas surprenant qu’il y ait eu tant de morts au Québec.

Alors que le principe de précaution veut qu’on tienne compte de l’expérience brésilienne, voilà que les autorités sanitaires du Québec préfèrent économiser les vaccins chez ceux qui ont déjà attrapé le Covid-19.

À l’heure actuelle, il n’est pas clair si la Santé publique ne fait que déconseiller la deuxième dose à ces personnes ou si elle leur refusera la double vaccination. Conséquemment, ma suggestion est simple.

Si vous avez attrapé le Covid-19 depuis plus d’un mois, n’avez pas encore été vacciné et souhaitez maintenant rattraper votre retard, mentez si la Santé publique vous demande si vous avez déjà eu des symptômes typiques du Covid. Vous n’êtes pas sous serment. Faites-leur croire que vous n’avez jamais eu le Covid-19.

Mieux vaut être trop protégé que pas assez.

Références :
Covid-19 : évolution en quatorze mois
Les gens qui ont eu la COVID devraient avoir une 2e dose, selon le Dr Karl Weiss
Les mystères du Covid-19 (2e partie)
Virus Variant in Brazil Infected Many Who Had Already Recovered From Covid-19
Québec affirme qu’une seule dose de vaccin suffit aux personnes qui ont eu la COVID-19

Parus depuis :
Une deuxième dose est-elle nécessaire pour ceux qui ont eu la COVID-19? (2021-06-26)
Deux fois plus de risques d’être réinfecté lorsqu’on n’est pas vacciné (2021-08-06)
Les double vaccinés ont-ils besoin d’une dose de rappel s’ils ont déjà été infectés? (2021-12-10)
Le rêve « utopiste » de l’immunité collective contre la COVID-19 (2022-05-01)

Postscriptum du 12 juillet 2021 : La position du Québec ayant pour conséquence d’empêcher les Québécois de voyager (puisqu’elle n’est pas reconnue à l’Étranger), on a décidé de faire exception dans le cas des voyageurs; toute personne avec un diagnostic confirmé de Covid-19 qui souhaite obtenir une deuxième dose de vaccin pourra la recevoir dans un centre de vaccination de masse, en pharmacie ou en entreprise, sans avoir à fournir de justification autre que son désir de voyager.

Référence :
Pandémie de la COVID-19 – Les personnes qui ont déjà eu la COVID-19 et qui souhaitent voyager pourront obtenir une deuxième dose de vaccin

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : un G7 superpropagateur

22 juin 2021

Pour la première fois depuis des mois, les chefs d’État de sept des dix plus grandes puissances mondiales se sont réunies en personne. La réunion eut lieu du 11 au 13 juin dans le duché de Cornouailles, cette pointe de terre située à l’extrémité sud-ouest de l’Angleterre.

Évidemment, toutes les précautions sanitaires avaient été prises afin d’éviter que des personnes contagieuses se retrouvent dans la délégation de ces pays.

Et puisque tout ce monde s’est déplacé en avion, les compagnies aériennes étaient très fières que les chefs d’État fassent la preuve que, grâce à la vaccination, il est maintenant possible d’effectuer dès maintenant des vols internationaux de manière parfaitement sécuritaire.

Malheureusement, ce sommet fut un évènement superpropagateur.

Non pas que des chefs d’État furent contaminés lors de leur séjour à l’Étranger. Mais, c’est l’inverse; il s’est avéré que plusieurs délégués ont contaminé les Cornouaillais lors de leurs contacts avec la population locale.

Pourtant, la région du sud-ouest est celle où la proportion des personnes vaccinées est la plus forte en Angleterre.

Au 30 mai dernier, 66,2 % de sa population avait reçu au moins une dose de vaccin et 46,9 % des gens étaient complètement immunisés. À titre de comparaison, la moyenne anglaise est respectivement de 61,8 % et de 40,8 %.

Malgré son bouclier vaccinal, pour la première fois depuis le début de la pandémie, cette région s’est retrouvée au-dessus de la moyenne nationale anglaise quant au nombre de nouveaux cas de Covid-19. Et ce, depuis la réunion du G7.

Au 3 juin 2021, dans le duché de Cornouailles, le taux de contagion était de 49 cas par million d’habitants. Dix jours après le G7, il avait explosé à 1 306 cas par million, soit 26 fois plus.

Dans les parties du duché tournées vers la Manche (au sud) — où sont domiciliés les étudiants des universités Exeter et Falmouth — les experts soupçonnent que la cause serait liée à une augmentation des cas sur le campus de ces universités.

Mais les éclosions les plus importantes sont survenues du côté tourné vers la mer Celtique (au nord). Or c’est là qu’ont séjourné les délégations internationales du G7.

Si la Chine avait été invitée à ce sommet, la propagande anglo-américaine aurait immédiatement semé le doute quant à l’efficacité du dépistage chinois et réclamé une série d’enquêtes internationales jusqu’à ce qu’on en arrive à la ‘bonne’ conclusion; c’est la faute de la Chine.

Mais comme il n’y avait là que des pays amis, le gouvernement britannique préfère imputer la cause au variant Delta.

Effectivement, ce variant a causé une légère résurgence des cas partout en Angleterre, passant d’environ 2 400 cas au 7 mai à 10 633 cas hier. Mais c’est sans commune mesure avec l’explosion des cas dans le duché de Cornouailles.

Références :
Cornouailles
Covid cases in Cornwall above national average for first time
Covid vaccine rollout MAPPED: Staggering speed of jabs across England exposed
Le secteur aérien espère une annonce sur les liaisons transatlantiques
No 10 says G7 summit not to blame for rise in Cornwall’s Covid cases

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La perspective

21 juin 2021
Cliquer sur l’image pour l’agrandir

La perspective est une manière de représenter des objets en trois dimensions sur une surface plane.

Dans la photo ci-dessus, sur les surfaces perpendiculaires au regard (autrement dit, vues de face), les lignes horizontales sont parallèles. Tout comme les lignes verticales. Elles ne se rejoignent jamais.

Mais sur les surfaces de biais, les lignes de fuite sont dirigées vers ce qu’on appelle le point de fuite (le point blanc sur la photo).

Lorsque l’horizon est invisible (comme ici sur cette photo), le point de fuite permet toujours de savoir à quel niveau il est situé.

Détails techniques : Panasonic GX1 infrarouge à spectre complet, objectif Lumix 20mm F/1,7 + filtre vert jaunâtre Лomo ж3-2* + filtre bleu B+W KB20 (photo travaillée sous Photoshop) — 1/100 sec. — F/8,0 — ISO 160 — 20 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La montée variable du nationalisme culturel

21 juin 2021

La culture anglaise en Europe continentale

Le Royaume-Uni est le principal producteur européen de films et de séries télévisées. Annuellement, cela lui rapporte 2,4 milliards de dollars canadiens en redevances à travers le monde, dont le tiers en Europe continentale.

On apprend dans l’édition d’aujourd’hui du quotidien The Guardian que l’Union européenne se prépare à limiter la quantité de films et de séries télévisées britanniques programmées à la télévision des pays membres.

Les talents existent partout. Mais le Royaume-Uni a pu compter sur l’abondante littérature anglo-américaine et sur ses riches producteurs pour proposer des séries et des films attrayants et très bien faits qui font de l’ombre aux productions de petits pays dotés de moyens plus modestes.

C’est donc au nom de la menace à la diversité culturelle qu’on songe en Europe à contrer l’invasion culturelle britannique. Une préoccupation qui, toutefois, n’était venue à l’esprit de personne avant le Brexit…

Mais mieux vaut tard que jamais.

Les bonbons de la CAQ

Depuis plus de 150 ans, le gouvernement canadien finance la colonisation anglaise du Québec sous le prétexte de soutenir la minorité anglophone du Québec. Dans les faits, celle-ci est plutôt l’annexe québécoise de la majorité anglophone canadienne.

Il y a une décennie, l’anglicisation de Montréal était un des thèmes récurrents sur ce blogue.

Mais depuis, celle-ci a tellement progressé que même le principal artisan de cette colonisation — le Parti libéral du Canada — s’en inquiète.

Comme quoi l’approche des élections, comme le Brexit, ouvre les esprits…

La bilinguisation à outrance de Montréal est l’étape intermédiaire vers l’assimilation du peuple francoQuébécois.

On la voit partout et notamment dans les chansons hip-hop où les vedettes admirées par nos jeunes contribuent à la croyance selon laquelle mélanger le français et l’anglais dans une même phrase fait ‘cool’ et moderne.

Il y a un prix à tout, dont celui d’être ce que nous sommes. Or même un parti nationaliste comme la CAQ n’est pas prêt à payer ce prix. Si bien que la réforme ‘costaude’ des lois linguistiques promise par le ministre Jolin-Barrette s’est avérée très décevante.

Défendre le français est un combat contre nature; perdu dans l’océan anglophone nord-américain, il est beaucoup plus simple (donc plus économique) de laisser l’érosion des vagues faire disparaitre l’ilot francophone que nous sommes.

À défaut d’une réelle défense du peuple francoQuébécois, on saluera néanmoins les petites mesures qui sont les bienvenues comme cette décision de la ministre de la Culture de faire en sorte que seule de la musique québécoise jouera dans les établissements et les lignes téléphoniques gouvernementaux.

Encore un peu et on n’aura plus qu’à réduire le nombre des téléphonistes — et donc de prolonger notre attente en ligne — pour que cela soit une manière économique (dans tous les sens du mot) de promouvoir la culture québécoise.

Selon l’annonce gouvernementale, 90 % de la musique utilisée contiendra des paroles en français. Les langues autochtones et l’anglais occuperont les 10 % restants.

Or les chansons bilingues sont des chansons québécoises qui contiennent des paroles en français. Elles feront donc partie du quota majoritaire.

Ce qui fait qu’on ignore la proportion des chansons québécoises réellement en français qui seront diffusées en vertu de cette politique.

La ministre de la Culture pourrait décider que dès qu’une phrase contient un mot en anglais, sa compréhension exige la connaissance de cette langue. Et que dès que cette connaissance est nécessaire dans plus de 10 % des phrases (et non des mots), la chanson cesse de faire partie du quota majoritaire.

Mais cette décision réduirait la proportion de chansons authentiquement écrites dans la langue de Shakespeare dans le quota qui leur est réservé.

Conséquemment, le plus simple serait peut-être que toute chanson dite francophone qui contient plus de 10 % de phrases dont la compréhension exige la connaissance de l’anglais n’entre plus dans aucune catégorie et du coup, est bannie des ‘ondes’ gouvernementales.

De quoi faire réfléchir les chantres de la modernité du bilinguisme musical.

Références :
Anglicisation du Québec : l’omelette de la loi 96
EU prepares to cut amount of British TV and film shown post-Brexit
Seule de la musique québécoise pourra jouer dans les établissements gouvernementaux

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| 2018-202X (années Legault), Anglicisation du Québec, Langue française, Politique québécoise | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Dominique Ducharme vs le Covid-19 : questions et réponses

19 juin 2021

Comment l’entraineur-chef du club de hockey Canadien a-t-il attrapé le virus ?

Dans plus de 99,9 % des cas, le Covid-19 s’attrape en respirant les gouttelettes respiratoires d’une personne contagieuse.

Lorsqu’elle parle, crie, tousse, chante ou éternue, toute personne contagieuse est une fontaine à Covid; elle émet alors de grosses gouttelettes respiratoires qui tombent généralement à moins de deux mètres d’elle — d’où la distance sanitaire fixée à cette distance — et tout un panache de minuscules gouttelettes invisibles qui, comme un nuage de fumée de cigarette, reste en suspension dans l’air et sont entrainées un peu avec elle lorsqu’elle se déplace dans un endroit clos.

Le respect de la distance sanitaire de deux mètres protège contre les grosses gouttelettes mais n’offre aucune protection contre les petites, particulièrement avec les variants, renommés pour être plus contagieux.

L’idée soutenue par la Santé publique du Québec selon laquelle seules les grosses gouttelettes sont contagieuses ne repose sur aucune base scientifique.

Toutes les gouttelettes respiratoires, les grosses comme les petites, naissent de la fragmentation du liquide qui baigne notre bouche, notre gorge et notre nez. Les gros fragments sont les grosses gouttelettes et le petits fragments sont les petites gouttelettes.

Donc un millilitre de grosses gouttelettes et un millilitre de petites gouttelettes contiennent exactement le même nombre de virus si toutes ces gouttelettes ont été prélevées chez la même personne contagieuse.

Un masque retient les grosses gouttelettes, mais ne retient pas les petites qui s’échappent le long des joues et de chaque côté du nez.

Quiconque porte un masque par temps froid a bientôt les lunettes embuées; c’est signe que le masque ne retient pas tout. Mais c’est mieux que rien et notamment, mieux de simplement se laver les main et garder la distance sanitaire.

Toutefois, en inspirant, le masque se colle au visage et retient toutes les grosses gouttelettes. Depuis l’apparition des variants, ma recommandation est de porter un masque N95 dans des endroits clos tant qu’on n’est pas complètement immunisé.

On devient positif un peu avant l’apparition des symptômes (environ cinq jours après le contact). Donc l’entraineur-chef s’est retrouvé à respirer des gouttelettes respiratoires contaminés il y quelques jours, très probablement dans un local clos; aréna, ascenseur, avion, taxi à l’air climatisé, etc.

Dominique Ducharme, était-il été vacciné ?

Oui, il avait reçu sa deuxième dose de vaccin le 9 juin dernier. Ni le Canadien ni M. Ducharme lui-même n’ont jugé bon préciser le nom du fabricant des vaccins reçus.

Comment peut-il avoir attrapé le Covid-19 s’il a été vacciné ?

On est complètement vacciné dès l’instant où on reçoit la deuxième dose d’un vaccin à deux doses. Mais on ne devient complètement immunisé qu’entre trois et six semaines (selon l’âge) plus tard. Ce qui n’était pas le cas de l’entraineur-chef.

Même lorsqu’on est complètement immunisé, les vaccins ne sont pas efficaces à 100 %. Ceux de Pfizer/BioNTech et de Moderna sont efficaces à environ 94 % tandis que celui d’AstaZeneca est efficace à environ 60 %.

Toutefois, dans le cas de Pfizer et de Moderna, le taux d’efficacité est connu seulement lorsque les deux doses sont espacées trois ou quatre semaines (comme dans les études scientifiques financées par le fabricant).

Toutefois, en raison de la pénurie de vaccins reçus par Ottawa, on a jugé bon au Québec d’espacer les doses de trois mois, ce qui est valable pour le vaccin d’AstraZeneca, mais contraire à la posologie officielle des vaccins de Pfizer et de Moderna.

Donc il est certain que ces deux vaccins sont efficaces quand même. Mais personne ne sait précisément le taux d’efficacité en suivant ce protocole de vaccination ‘déviant’.

Lorsqu’on soustrait 100 % moins le taux d’efficacité, on obtient le taux d’échec vaccinal.

Ce taux d’échec est le pourcentage des personnes qui attrapent le Covid-19 même si elles sont vaccinées. Dominique Ducharme en fait partie.

Alors qu’est-ce que ça donne de recevoir un vaccin si on peut attraper le Covid-19 quand même ?

Lorsqu’on n’est pas vacciné et qu’on respire les gouttelettes respiratoires d’une personne contagieuse, le risque d’attraper le Covid-19 est de 100 %.

Après avoir été immunisé par une ou deux doses de vaccin, ce risque est moindre.

Plus important encore est le fait que les conséquences graves de la pandémie sont considérablement réduites lorsqu’on est immunisé.

En cas d’échec vaccinal, une partie des vaccinés qui attrapent le Covid-19 quand même ne s’en rendent même pas compte, tandis que le reste développe habituellement des symptômes mineurs qui ne justifient pas leur hospitalisation.

Même dans le cas des variants plus contagieux, les deux doses du vaccin de Pfizer préviennent 94 % des hospitalisations alors que celles d’AstraZeneca les préviennent à 92 %. Donc, c’est pareil… lorsqu’on suit la posologie du fabricant.

Quant aux morts chez les vaccinés, dans le cadre des études réalisées chez environ trente-mille volontaires, personne ne mourait du Covid-19 en cas d’échec vaccinal.

Dans la vraie vie, cela est très rare; on a eu un décès chez une Québécoise âgée de 87 ans en attente de recevoir sa deuxième dose. Mais sans vaccination du tout, rappelons-nous de l’hécatombe dans nos hospices au cours de la première vague…

Donc oui, il faut se faire vacciner même s’ils ne nous protègent pas à 100 % contre les formes mineures de la pandémie.

Doit-on s’inquiéter du sort de Dominique Ducharme ?

Lorsqu’on attrape le Covid-19 même vacciné, on est contagieux. Voilà pourquoi l’entraineur-chef s’est mis en retrait.

Mais la charge virale — c’est-à-dire la quantité de virus dans sa gorge — est beaucoup moindre que s’il n’était pas vacciné.

Donc il est contagieux, mais moins dangereux grâce à la vaccination.

Dans sept à dix jours, il secrètera encore des débris de virus morts mais il ne sera plus contagieux. Donc on devrait le revoir bientôt derrière le banc des Canadiens.


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Poulets : le gouvernement Legault doit se mêler de ses affaires

18 juin 2021


 
Introduction

Je devais avoir entre huit et dix ans. En me promenant dans ma ville natale, Joliette, je m’étais arrêté à un abattoir de poulets.

Les uns après les autres, les camions déchargeaient leurs casiers de bois décorés de plumes et de duvet dans lesquels s’entassaient les poulets.

Dans une grande pièce ouverte vers l’extérieur, des employés en sarrau blanc ouvraient les casiers, empoignaient les poulets par les pattes et les suspendaient la tête en bas sur un convoyeur.

Près d’eux sur cette chaine de production, d’autres employés, le sarrau maculé de sang, infligeaient une profonde entaille dans le cou de la volaille. Insuffisante à provoquer la mort de l’animal, la blessure provoquait une hémorragie destinée à vider lentement le poulet de son sang.

Le but étant d’obtenir une volaille à la belle chair blanche dans les comptoirs de nos épiceries.

Évidemment, on aurait pu abréger leur agonie en les décapitant. Mais justement, on comptait sur les battements du cœur pour maintenir la circulation sanguine et obtenir une vidange plus complète du sang.

Une manipulation de l’opinion publique

Ces jours-ci, les producteurs québécois de poulets ont euthanasié près d’un million de poulets, incapables d’écouler leur production en raison d’une grève à l’abattoir d’Exceldor.

Aux actualités télévisées, on nous montre des milliers de poulets nouveau-nés dans leur mignonne parure de duvet jaune, alors que sur les médias sociaux, on accuse les grévistes de cruauté animale.

La méthode utilisée pour euthanasier les poulets est la suivante. On calfeutre toutes les ouvertures d’une ferme d’élevage. On fait entrer du gaz carbonique. Au fur et à mesure que les taux d’oxygène diminuent, les poulets deviennent d’abord somnolents, puis décèdent endormis.

Les carcasses sont envoyées à une usine où elles sont transformées en farine animale.

Toutefois, les poulets qu’on euthanasie, ce ne sont pas ces nouveau-nés qu’on nous montre à la télévision. Ce sont des poulets ‘à maturité’ qui, s’ils n’avaient pas été tués dans leur sommeil, seraient morts au bout de leur sang.

La seule différence, c’est que ces poulets ne seront pas consommés par des humains, mais par des animaux de boucherie, mêlés sous forme de farine à leur moulée.

C’est d’ailleurs parce qu’ils seront consommés qu’on ne tue pas à l’aide d’un poison qui laisserait des résidus toxiques.

Les grévistes et la pandémie

Les abattoirs du Québec font partie du petit nombre d’entreprises qui n’ont pas été obligées de fermer leurs portes lors du confinement.

Sauf en cas d’éclosions. Or il y en a eu beaucoup.

Au cours de la première vague, la Santé publique du Québec faisait campagne contre le port du masque. Même en juin 2020, on déconseillait l’usage systématique des scanneurs thermiques et on recommandait aux employés de tousser dans leur coude. Toute la stratégie sanitaire du Québec reposait alors sur la distance sanitaire et le lavage des mains.

Or dans un abattoir, les employés sur la chaine de production sont près les uns des autres. En somme, il leur était impossible de respecter la distance sanitaire.

Avant qu’on les sépare de panneaux de Plexiglass, leur seule protection était le lavage des mains. Or le Covid-19 ne s’attrape presque jamais par le toucher.

Conséquemment, après les hospices, les abattoirs ont été les principaux sites d’éclosion de la pandémie.

De nombreux travailleurs en ont été atteints et ont transmis le virus aux membres de leur famille. Et une partie d’entre eux sont affligés, pour une période indéterminée, du syndrome postcovid.

Dès avril 2020, à son usine de Saint-Bruno-de-Montarville, 23 des 350 travailleurs d’Exceldor avaient déjà attrapé de Covid-19, soit un taux de contamination 17 fois supérieur à la moyenne québécoise.

L’intervention du gouvernement Legault

Le gouvernement Legault est un gouvernement de droite. Plus charismatique que le détestable gouvernement libéral précédent. Mais de droite quand même.

En 2019, lors du conflit à l’aluminerie de Bécancour, le premier ministre avait publiquement qualifié des demandes syndicales de ‘déraisonnables’. Ce qu’il fait rarement lorsque des dirigeants d’entreprise québécoises majorent substantiellement leurs salaires. Or, de nos jours, la croissance du salaire de ces derniers dépasse largement celle du salaire de leurs ouvriers.

En 2020, lors de la grève au port de Montréal, le premier ministre pressait Ottawa de forcer le retour au travail des grévistes.

Et voilà maintenant que M. Legault somme les grévistes de l’abattoir de volailles Exceldor d’accepter l’offre d’arbitrage déjà acceptée par la partie patronale.

Parmi les douze abattoirs de volaille du Québec, celui d’Exceldor représente environ 13 % de la production aviaire québécoise.

Contrairement à la grève au port de Montréal, celle à Exceldor ne risque pas de paralyser l’économie québécoise.

Du coup, on comprend mal ce qui justifie que le premier ministre vienne mettre son nez dans un conflit de travail au sein d’une entreprise privée.

Il est possible que la médiation soit une bonne idée. Mais ce n’est pas au premier ministre de dicter au syndicat la stratégie qu’il devrait adopter. Surtout quand on sait que les grévistes ont déjà fait les frais du fiasco de sa lutte sanitaire.

Références :
COVID-19: 23 cas à l’usine d’Exceldor de Saint-Bruno-de-Montarville
Exceldor: François Legault presse le syndicat d’accepter l’arbitrage
Grève au port de Montréal : Ottawa privilégie la négociation
Les syndicats doivent être «plus raisonnables», selon Legault
Nouveau propriétaire pour l’abattoir Avicomax
Parlons poulet
Près d’un million de poulets euthanasiés
Recommandations sanitaires — Industrie des abattoirs

Paru depuis :
Grève chez Exceldor : des milliers de poulets font des allers-retours (2021-06-20)

3 commentaires

| 2018-202X (années Legault), Politique québécoise | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


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