Covid-19 : les données en temps réel

21 mars 2020
Cliquez pour accéder au site de l’Université John Hopkins

Il suffit de cliquer sur la capture d’écran ci-dessus (effectuée le 21 mars 2020) pour accéder aux données en temps réel colligées par l’université John Hopkins.

Entre autres, elles montrent à quel point les mesures énergiques adoptées tôt par le gouvernement québécois portent fruit jusqu’à maintenant.

Le plus grand nombre de cas dans les pays scandinaves (en comparaison avec le Québec) s’explique par le fait que beaucoup d’avions font escale dans ces pays, situés sur le plus court chemin entre États-Unis et le Moyen-Orient.

Cela n’est pas évident sur un planisphère (une mappemonde plane comme ci-dessus), mais le devient à l’examen d’un globe terrestre.

Les premiers cas apparus dans ces pays sont évidemment antérieurs à la fermeture des frontières américaines.

Dans tous les pays, le nombre de cas confirmés représente une grossière sous-évaluation.

Non seulement ce nombre dépend de la disponibilité des tests de diagnostic, mais il est acquis qu’un grand nombre de personnes atteintes légèrement ne se donnent pas la peine de faire confirmer qu’elles sont atteintes par le Covid-19 puisqu’en pareil cas, leur médecin n’y peut rien de toute manière.

Dans le doute, ces gens ont moins tendance à se placer volontairement en quarantaine.

De plus, dans certains pays, le test peut couter jusqu’à deux ou trois-mille dollars. Ce qui est hors de prix dans un pays comme les États-Unis où des millions de personnes n’ont pas d’assurance maladie.

Postscriptum : je remercie mon bon ami Denis Giroux de m’avoir signalé ce site.


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : la quarantaine ou le laisser-faire ? (2e partie)

21 mars 2020

L’exemple israélien

Au fil des années, Israël s’est doté d’un des meilleurs services de renseignement au monde afin de se protéger d’un environnement hostile.

Israël fait maintenant face à un nouvel ennemi, tout aussi meurtrier et sournois qu’une cellule terroriste.

Conséquemment, les autorités ont décidé de consacrer une partie des capacités d’espionnage du pays à suivre à la trace les téléphones de tous les habitants du pays afin de débusquer ceux qui mettent en péril la vie des autres et afin de prévenir les personnes qu’ils auraient pu contaminer.

Selon les révélations d’Edward Snowden, les services de renseignements de nos pays épient déjà tous nos appels téléphoniques, tous nos textos et tous nos SMS.

De plus, la géolocalisation des appareils multifonctionnels permet aux États de procéder à des assassinats sélectifs.

Ce qui est nouveau, c’est qu’Israël a développé des algorithmes qui permettent, en temps réel, de déceler les personnes contaminées qui négligent de se placer en quarantaine.

Le 19 mars dernier, le ministre de la Santé a annoncé qu’un message sera envoyé à tous les citoyens qui seront demeurés pendant au moins deux minutes à moins de deux mètres d’une personne contaminée.

Le message type est le suivant :

D’après nos données, vous avez été en contact rapproché avec un porteur du Covid-19 le 16 mars dernier. Il est donc nécessaire de vous placer en quarantaine jusqu’au 30 mars 2020 afin de protéger vos proches et le public.

Près de quatre-cents personnes ont déjà reçu ce message.

À la suite d’une plainte d’associations de défense de droits de la personne, la Cour suprême d’Israël a reconnu la pertinence d’avoir recours à ce type de technologie, mais a donné cinq jours au gouvernement pour soumettre les mesures à la Commission parlementaire sur le renseignement (ce qui ne devrait être qu’une formalité).

La surveillance électronique ailleurs dans le monde

Tout comme la Grande-Bretagne, les États-Unis songent à accroitre leur surveillance électronique comme le fait déjà Israël.

En Chine, le déploiement de la 5G dans l’est du pays a tellement fait augmenter la masse de données qui transitent par le réseau téléphonique que l’État a obligé ses citoyens à utiliser une application spécifique qui permet aux autorités de suivre le déplacement des citoyens afin de mieux contrôler les foyers d’épidémie.

Sur la carte géographique des environs où on se trouve, cette application permet de voir les endroits visités par les personnes testées positives pour le Covid-19.

De plus, dans ce pays (comme en France), on a recours à des drones équipés de hautparleurs pour ordonner la dispersion de rassemblements de citoyens.

En Corée du Sud, les dizaines de milliers de citoyens à qui on a ordonné la quarantaine sont obligés d’installer une application qui alerte les autorités s’ils quittent leur domicile.

Taïwan oblige la géolocalisation de ses 24 millions de citoyens. Parmi ceux en quarantaine, le pays prête même un téléphone multifonctionnel à ceux qui n’en ont pas.

Les personnes en quarantaine qui quittent la zone de confinement qui leur est alloué reçoivent alors l’ordre d’appeler la police immédiatement sous peine d’une amende de 33 000$.

À Hong Kong, toutes les personnes en quarantaine sont soumises à la géolocalisation par le biais d’un téléphone mobile ou d’un bracelet électronique.

(à suivre)

Références :
Coronavirus : Israël recourt à la surveillance technologique massive pour freiner la pandémie
Government efforts to track virus through phone location data complicated by privacy concerns
How the U.S. can defeat coronavirus: Heed Asia’s lessons from past epidemics
Translating a Surveillance Tool into a Virus Tracker for Democracies

Parus depuis :
Comment se compare la progression de la COVID-19 à travers le monde? (2020-03-28)
Des leçons pour le Québec dans l’approche sud-coréenne? (2020-03-28)
The missing six weeks: how Trump failed the biggest test of his life (2020-03-28)
«La Corée du Sud a réagi vite et bien» (2020-04-02)
Learning from Taiwan’s Covid-19 response (2020-09-13)
I’ve been in Covid quarantine in South Korea – there’s a lot Britain can learn (2021-02-05)
How Taiwan triumphed over Covid as the UK faltered (2021-03-24)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : la quarantaine ou le laisser-faire ? (1re partie)

20 mars 2020

L’exemple chinois

À l’heure actuelle, la Chine est l’étalon auquel on mesure l’efficacité des autres États à prévenir ou combattre la pandémie du Covid-19.

Depuis des milliers d’années, la Chine est une méritocratie. Que veut-on dire par cela ?

Autant à l’époque impériale qu’à l’ère communiste, le pays est dirigé par des chefs puissants, conseillés par les mandarins, c’est-à-dire par des lettrés qui ont mérité leur influence au sein de l’État par leurs conseils judicieux.

Ce tableau idyllique doit être nuancé par les défauts inhérents à la nature humaine.

Li KeQiang est le premier ministre actuel de la Chine. Note : On doit éviter de le confondre avec le président Xi Jinping.

Lorsque le premier des deux était encore gouverneur de la province du Liaoning, il avait confié à l’ambassadeur américain à Beijing qu’il prenait à la légère certains indices économiques officiels, notamment la croissance du PIB.

Pour évaluer la véritable santé économique de sa province, le gouverneur KeQiang se basait plutôt sur trois données : la consommation d’électricité, le niveau du transport ferroviaire de marchandise et le volume de crédits émis.

Selon M. KeQiang, la concurrence vive que se livraient ses collègues les incitait à embellir la croissance économique de leur région afin de prouver leur compétence de gestionnaire et d’améliorer leurs chances d’une promotion au sein de l’appareil du Parti communiste.

Cet angle mort de la méritocratie chinoise est illustré par la réaction initiale des autorités locales à l’éclosion de l’épidémie au Covid-19.

Au début de la crise, les dirigeants de la province d’Hubei se sont empressés d’emprisonner les lanceurs d’alerte, accusés de saper l’harmonie sociale en répandant des nouvelles inquiétantes.

Mais quand il s’est avéré qu’on avait effectivement affaire à un problème sanitaire majeur, les choses ont été rapidement prises en main par Beijing.

Les autorités locales ont été limogées au profit d’hommes de confiance de Xi Jinping. Et surtout, ce dernier a ordonné la mise en quarantaine de dizaines de millions de personnes.

Parmi toutes les décisions prises par le président chinois, la plus dramatique fut l’annulation des célébrations de la Nouvelle année chinoise en février dernier.

Pendant 50 semaines par année, des centaines de millions de travailleurs chinois s’expatrient loin de leur famille afin de travailler dans une autre région du pays.

La quinzaine des festivités du Nouvel An chinois, c’est l’unique occasion de retrouver femme et enfants après un an d’absence.

Normalement, tous les trains du pays sont réquisitionnés et des centaines de millions de Chinois s’y entassent durant de longs trajets.

L’annulation de ce voyage fut une immense déception. Pourtant, les Chinois s’y sont pliés dans l’intérêt commun.

S’ils s’y étaient opposés ou si cette décision n’avait pas été prise, la Chine connaitrait aujourd’hui un sort analogue à celui de l’Italie.

L’Italie compte aujourd’hui plus de morts qu’en Chine, avec une population 21 fois moindre.

Or la réaction italienne fut un mélange de laisser-faire initial, suivi d’une fermeture des frontières lorsqu’il était déjà trop tard, alors que la contamination se faisait principalement d’Italien à Italien.

Le résultat est une catastrophe sanitaire dont l’Italie ne voit pas l’issue pour l’instant.

De nos jours, la Chine libère des médecins expérimentés afin d’aider les médecins d’autres pays et leur apporte le matériel médical qui leur manque.

Même si le Covid-19 régresse en Chine, l’épidémie pourrait néanmoins revenir puisque l’ensemble de la population chinoise n’y a pas été immunisée. Voilà pourquoi toute personne qui entre dans ce pays est automatiquement mise en quarantaine obligatoire.

C’est brillant !

(à suivre)

Paru depuis :
Have Australia and New Zealand stopped Covid-19 in its tracks? (2020-04-09)


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Aperçu de la freguesia de Massarelos, à Porto

19 mars 2020
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En 2011, l’unité administrative (ou freguesia) de Masserelos était peuplée de 6 789 personnes sur un territoire de 1,94 km².

Site de l’exposition internationale de 1865, le Jardim do Palácio de Cristal (de 0:04 à 0:30) a été aménagé par le paysagiste allemand Emille David.

Dans les années 1950, le pavillon central a été remplacé par une structure de béton couronnée d’un dôme qui abrite de nos jours une librairie de livres à prix réduit.

Les jardins sont peuplés de paons, de poules et de coqs. Sans donner directement sur le Douro, ils sont situés sur un promontoire qui offre une vue magnifique sur le fleuve.

C’est également un endroit charmant où se réfugier en cas de canicule.

De 0:34 à 0:38, il s’agit de quelques unes des six créations (réalisées par autant d’artistes) de la Mural Colectivo da Restauração qui décore le fond de la colonnade de la rua da Restauração.

De 0:39 à 0:42, le diaporama se termine par un aperçu de l’Igreja de Massarelos.


Détails techniques : Le diaporama présente 21 photos réalisées soit à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5 mark II équipé de l’objectif M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (18 photos), ou soit avec un Panasonic GH1 transformé en appareil infrarouge équipé de l’objectif Lumix 14-42 mm (3 photos).

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La freguesia de Miragaia, à Porto

19 mars 2020
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En 2014, trois muralistes de Porto — Mesk, Fedor et Mots — ont réalisé la première murale autorisée par la ville, soit D. Quixote de la Mancha, sur la rua de Miguel Bombarda (à 0:28).

À 0:34, Abel de Lima Salazar (qui n’a aucun lien de parenté avec le dictateur Salazar) fut un important médecin et chercheur portugais qui a exercé à Porto et qui a fondé l’institut des sciences biomédicales qui porte son nom.

De 0:40 à 1:32, nous visitons le Museu Nacional Soares dos Reis.

Fondé en 1833, il fut le premier musée portugais des Beaux-Arts. L’année suivante, l’interdiction des ordres religieux proclamée par Pierre IV de Portugal fit en sorte que les collections du musée se garnirent soudainement des biens confisqués des couvents de la région.

De nos jours, les musées ne craignent pas de suspendre leurs œuvres sur des murs aux couleurs chaudes ou foncées.

Ce musée-ci présente plutôt ses tableaux de manière classique, c’est-à-dire sur des murs blanc cassé. Cela laisse une impression de monotonie en dépit du fait que ce qu’on y présente est assez bien.

Une salle est consacrée au sculpteur académique António Soares dos Reis, originaire Vila Nova de Gaia (au sud de Porto), et qui donne son nom au musée.

Sont en vedettes l’art figuratif portugais, la faïence portugaise et la porcelaine chinoise, l’orfèvrerie religieuse et une collection de montres et de bijoux anciens.

À 1:34, il s’agit du Palais de Justice de Porto.

De 1:50 à 1:54, nous sommes au Passeio das Virtudes. Cette ‘Promenade des Vertus’ est un parc allongé qui a été aménagé au sommet d’une petite falaise qui surplombe l’ouest de la ville. De nombreux jeunes aiment y passer la fin du jour.

Au bas de l’escarpement, on trouve (à 1:56) la Fonte das Virtudes (ou Source des Vertus) aménagée en 1629.

Au sud de la promenade, on peut emprunter la rua das Virtudes sur laquelle on trouve, à sa rencontre avec la rua das Taipas, une jolie fontaine créée en 1772 (à 2.02).

De 2:17 à 2:38, nous visitons l’Igreja de São Pedro de Miragaia. Cette église paroissiale sans prétention a été édifiée aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Celle-ci est décorée d’azuléjos autant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Elle se caractérise par son clocher asymétrique (à gauche) et son superbe maitre-autel, profondément encastré, en bois doré.

À 2:42, la façade du cinéma Look at Porto présente un sgraffite du muraliste Vhils (nom d’artiste d’Alexandre Farto). On appelle sgraffite une décoration murale obtenue en grattant un mortier blanc appliqué sur un fond de couleur afin de créer un dessin de la couleur sous-jacente.

Le diaporama se termine (à partir de 2:48) par une visite de World of Discoveries.

Sur 5 000 m², ce musée glorifie les navigateurs portugais lancés à la conquête du monde.

Il comprend une première section présentant les caractéristiques des navires et des instruments de navigation qui ont permis aux Portugais d’affronter les mers. Une autre section idéalise un peu la vie à bord.

Les visiteurs montent ensuite dans des barques lentement tirées sous l’eau par des chaines. Ils parcourent successivement un certain nombre de tableaux tridimensionnels très bien faits qui montrent les merveilles rencontrées par ces explorateurs.

Très ‘Walt Disney’, ce musée présente de manière flatteuse le colonialisme portugais. Prix d’entrée : onze euros.


Détails techniques : Le diaporama présente 101 photos réalisées à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5 mark II.

En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (42 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (36 photos), et le M.Zuiko 25 mm F/1,2 (23 photos).

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Covid-19 : panique à bord

18 mars 2020
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On peut les oublier un peu. Mais c’est toujours un plaisir de revenir aux classiques, même dans le domaine de l’humour.

Ce sketch a été créé voilà plus de dix ans. On dirait hier…


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Covid-19 : oui ou non à l’ibuprofène

18 mars 2020

Introduction

Samedi dernier, le ministre français de la Santé a déconseillé l’usage de l’ibuprofène pour traiter la fièvre des personnes atteintes du Covid-19. À moins, évidemment, que d’autres conditions médicales exigent son utilisation.

Cette recommandation a suscité la controverse au sein des autorités de santé publique à travers le monde parce qu’elle n’est pas basée sur des preuves scientifiques incontestables.

En dépit du doute, la mise en garde française a été cautionnée hier par l’Organisation mondiale de la santé.

Qu’en est-il ?

L’ibuprofène (Motrin, Advil, etc.) n’est pas et n’a jamais été le premier choix dans le traitement pharmacologique de la fièvre, autant chez l’enfant que chez l’adulte.

L’acétaminophène

L’acétaminophène — appelé paracétamol en Europe — est un des médicaments les moins dangereux de tout notre arsenal thérapeutique.

Il abime le foie lorsqu’on dépasse la dose maximale recommandée (un gramme quatre fois par jour) ou lorsqu’on prend ce médicament à une dose qui s’approche de ce maximum alors qu’on est sous l’effet de l’alcool.

La manière la plus sécuritaire de l’utiliser, c’est d’en prendre la plus petite dose efficace. Parfois chez l’adulte, une dose de 325 mg quatre fois par jour suffit.

À moins d’insuffisance hépatique préexistante, l’acétaminophène est le meilleur médicament à prendre dans les cas de fièvre.

Toutefois, on prendra soin d’éviter les préparations à libération prolongée de ce médicament puisqu’aucun organisme règlementaire ne vérifie la fiabilité de leur mode de libération de l’ingrédient actif.

L’ibuprofène

Les antiinflammatoires sont des médicaments très puissants qui agissent sur de nombreuses parties du corps, diminuant par exemple l’irrigation des reins.

Par voie orale, ils sont irritants pour l’estomac, causant fréquemment de l’érosion gastrique, voire des ulcères d’estomac, particulièrement chez les personnes âgées.

Toutefois, ils agissent sur les fièvres résistantes à l’acétaminophène. Voilà leur grand avantage.

Il y a plusieurs décennies, le public jugeait normal d’acheter un médicament à dose… normale, justement.

De nos jours, si ce n’est pas écrit ‘fort’ ou ‘extra-fort’, on évite d’en acheter. En d’autres mots, on n’a pas de temps à perdre, on veut que ça fonctionne.

Si bien que certaines compagnies ajoutent le qualificatif ‘extra-fort’ sur l’emballage de leurs médicaments ordinaires, à défaut de quoi ces derniers ne se vendent pas.

Dans un contexte où tous les citoyens doivent performer de manière optimale, on ne s’étonnera pas de voir le public délaisser les médicaments généralement bons au profit de ceux, inutilement plus puissants, qui offrent la garantie absolue du résultat recherché.

Voilà pourquoi l’ibuprofène est si populaire.

Petite confidence : Je n’utilise jamais l’ibuprofène contre la fièvre. Mais il m’arrive de l’utiliser comme antiinflammatoire à dose pédiatrique unique de 100 mg. J’utilise un comprimé croquable que j’écrase et disperse dans du yogourt. Scientifiquement inefficace chez l’adulte, cette dose fonctionne tellement bien chez moi que je n’ai jamais besoin d’en prendre une deuxième.

Conclusion

L’Humanité est en train d’apprendre comment combattre un nouvel ennemi, le Covid-19.

Différentes approches sont utilisées, du laisser-faire britannique à la manière forte chinoise.

Lorsque l’épidémie aura disparue — parce qu’elle finira bien par disparaitre — on verra quelle approche était la plus efficace.

Dans le cas particulier des craintes françaises au sujet de l’ibuprofène, s’il devait s’avérer qu’elles étaient excessives, elles auront eu l’avantage indiscutable de redonner à l’acétaminophène la place de choix qu’elle n’aurait jamais dû perdre dans le traitement pharmacologique de la fièvre.


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : l’hommage espagnol aux professionnels de la santé

17 mars 2020

 

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À l’heure convenue samedi soir dernier, des centaines de milliers d’Espagnols ont rendu hommage à leurs professionnels de la santé, eux qui demeurent à l’œuvre pour soigner les gens en dépit des risques qu’ils courent à s’exposer ainsi au Covid-19.

De leurs fenêtres ouvertes ou de leurs balcons, les Espagnols ont applaudi, sifflé, tapé sur des casseroles ou chanté en chœur pour les remercier.

Cet ‘applaudissement sanitaire’ a longuement résonné à 22h dans toutes les grandes villes du pays.


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : la course au vaccin

16 mars 2020

Introduction

Tous les jours, des milliers de bactéries tentent d’envahir notre corps, principalement par nos muqueuses. Dans l’immense majorité des cas, nos anticorps non spécifiques réussissent à les détruire et à nous protéger d’une infection.

Cela n’est pas vrai des virus; il suffit d’un nombre beaucoup plus faible de copies d’un virus pour que nous tombions malades.

Le virus Ebola est un exemple de ces virus extrêmement contagieux.

Après l’exposition à un virus, les seules manières d’éviter d’être infecté, c’est par le biais de la vaccination ou par une immunité spécifique acquise à la suite d’une exposition antérieure au même virus.

Sur la quarantaine de coronavirus connus, l’immense majorité d’entre eux sont incapables de se développer chez l’humain.

Sept le peuvent. Quatre font partie du groupe hétéroclite des virus responsables d’infections respiratoires bénignes; on estime que de 15 à 30 % des rhumes banals sont causés par un coronavirus.

Mais trois coronavirus peuvent causer de graves épidémies : le virus du SRAS, celui du SRMO et le tout dernier, le Covid-19.

La recherche d’un vaccin anti-SRAS

Commun chez la chauvesouris, le virus du SRAS s’est propagé à l’humain par le biais d’un carnivore qui a servi d’intermédiaire : la civette palmiste masquée.

Le SRAS a causé une pandémie en 2003.

Mais comme les virus ont un mécanisme de réplication grossier, il a muté tout en se propageant d’un humain à l’autre jusqu’au moment où il devenait inoffensif pour nous.

Voilà pourquoi on ne l’a plus revu depuis.

Et les compagnies pharmaceutiques qui avaient investi des sommes importantes pour mettre au point un vaccin contre lui ont abandonné leurs recherches quand elles ont réalisé que plus personne n’en avait besoin.

La recherche d’un vaccin anti-SRMO

Le virus du SRMO est plus récent. Il est apparu au Moyen-Orient en 2012. Il se propage à l’humain à partir du chameau.

Il aurait disparu depuis longtemps si on avait résolu d’abattre les bêtes qui en sont atteintes.

Conséquemment, il circule lentement dans cette partie du monde depuis sa découverte.

En raison de la richesse des pétromonarchies et leur absence d’infrastructure scientifique, certains laboratoires occidentaux travaillaient à la mise au point d’un vaccin anti-SRMO quand soudainement le Covid-19 est apparu.

La recherche d’un vaccin contre le Covid-19

Découvrir un vaccin contre un nouveau virus peut prendre des années. Pensez au SIDA; on attend toujours.

Les compagnies qui avaient trouvé des approches prometteuses contre le virus du SRMO ont toutes décidé de réorienter leurs recherches contre le Covid-19.

Leur longueur d’avance s’est soudainement réduite lorsque la Chine a pris tout le monde par surprise en publiant la séquence génétique du virus le 11 janvier dernier, soit seulement deux mois après la découverte des premiers cas d’infection humaine.

Ceux qui voient encore la Chine comme un pays arriéré qui ne fait que copier des brevets occidentaux doivent réaliser qu’en 2011, sur les 2 140 000 millions d’inventions dans le monde, 526 412 venaient de Chine, soit 24,6 % (en comparaison avec 23,5 % de provenance américaine).

En 2015, le nombre de brevets chinois était même supérieur au total des brevets américains, japonais, coréens et européens.

Grâce à la publication du génome, des virologues allemands produisaient le premier test de diagnostic une semaine plus tard.

Ces bonds en avant accélèrent la découverte d’un vaccin. Environ trente-cinq compagnies et institutions académiques se ruent présentement pour le découvrir. Prix Nobel garanti.

Les tests cliniques préliminaires débuteront le mois prochain.

Normalement, la mise au point d’un vaccin prendrait plus d’un an.

Mais au printemps 2018, Donald Trump a dissout l’unité chargée de la santé globale au National Security Council, et son équivalent au Department of Homeland Security.

De plus, l’amputation du financement des Centers for Disease Control and Prevention (réduisant leurs activités de détection de 80 %), la fin du programme USAID’s Predict (permettant de freiner la transmission des virus), et les 44 % d’Américains qui renoncent à consulter un médecin parce qu’ils n’en ont pas les moyens, sont autant de raisons qui incitent à anticiper une catastrophe sanitaire aux États-Unis.

À chaque saison de la grippe, 70 à 150 millions d’Américains l’attrapent. Avec un taux de mortalité de 3,6 % (36 fois plus que la grippe), l’épidémie de Covid-19 aux États-Unis pourrait faire plus de 2,5 millions de morts…

Dans son édition de dimanche, le quotidien allemand Die Welt rapporte que Donald Trump aurait offert un milliard de dollars à la pharmaceutique CureVac afin qu’elle ne distribue qu’aux États-Unis le vaccin anti-Covid-19 qu’elle finaliserait d’ici quelques mois (selon son site web).

Outré, le ministre allemand de l’Économie a déclaré ce matin que l’Allemagne n’est pas à vendre.

Un vaccin commercialisé à toute vitesse permettrait à Donald Trump de se présenter aux élections présidentielles en sauveur de la nation américaine.

Souhaitons-lui bonne chance et espérons que ce vaccin approuvé à la hâte pour servir ses intérêts ne soit pas un autre 737 MAX…

Références :
Aux Etats-Unis, la pénurie de tests pour le Covid-19 vire au scandale
Chine ou États-Unis, lequel est plus dangereux ?
Coronavirus
Coronavirus: anger in Germany at report Trump seeking exclusive vaccine deal
COVID-19 Germany: Country holds crisis talks after U.S. reportedly tries to poach vaccine
La bonne question
Trump déclare l’état d’urgence aux États-Unis
When will a coronavirus vaccine be ready?

Parus depuis :
Premier essai clinique d’un vaccin contre le coronavirus (2020-03-16)
COVID-19 : l’immunité « diminue assez rapidement », selon une étude (2020-10-27)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La freguesia de Cedofeita, à Porto

15 mars 2020
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Au recensement de 2011, 22 077 personnes peuplaient les 2,66 km² de l’unité administrative (ou freguesia) de Cedofeita.

En trois minutes, nous visiterons la freguesia d’est en ouest, de l’église du quartier de Lapa à la Maison de la musique.

Au cours de la construction de l’Igreja da Lapa — qui débuta lentement à partir de 1756 et qui dura plus d’un siècle — plusieurs architectes se succédèrent à la tâche, dont José de Figueiredo Seixas et, pour les clochers érigés dans la 2e moitié du XXe siècle, José-Luís Nogueira Júnior.

L’église est décorée d’un maitre-autel et de dix autels latéraux encastrés d’assez bonne facture.

Sur le mur gauche du chœur (à 0:26), on peut voir un mausolée qui renferme depuis 1835 le cœur du roi Pierre IV de Portugal. Le reste de son corps repose au Panthéon national de Lisbonne.

L’église est également célèbre pour son orgue, le plus imposant de la péninsule ibérique. La puissance de cet instrument est remarquable.

Imaginez-vous en Transylvanie, le comte Dracula en personne montant lentement les marches de l’escalier d’honneur de son château poussiéreux alors que les chauvesouris tourbillonnent fébrilement vers les étages supérieurs, là où les invités disparaissent à jamais.

Eh bien, c’est exactement l’impression que vous laisse cet instrument lors de la procession au début de la messe du dimanche.

L’extrait présenté par le diaporama dure 28 secondes. Les mélomanes qui voudraient entendre l’enregistrement au complet cliqueront sur ceci.

On évitera de faire entendre cet enregistrement à des enfants avant de les mettre au lit…

De 0:38 à 0:44, nous voyons trois sculptures au jardin créé en l’honneur de Teófilo Braga, président du gouvernement provisoire issu de la Révolution portugaise de 1910.

La première de ces sculptures (due à Henrique Moreira) représente Américo Monteiro de Agular (1887-1956), un religieux portugais qui a consacré sa vie au travail de rue en faveur des enfants nécessiteux.

La statue República de Bruno Marques date de 2010.

Baco (Bacchus, en français) est un bronze créé en 1916 par António Teixeira Lopes pour célébrer le sixième anniversaire de la proclamation de la République portugaise.

De 1:18 à 1:23, nous avons un aperçu de la chapelle franciscaine de Notre-Dame-des-Anges et, à 1:30, de l’église méthodiste de Mirante (joliment décorée d’azuléjos de style néogothique).

La ville de Porto est très attachée à la préservation des fontaines auprès desquels les citoyens s’approvisionnaient en eau potable pendant des siècles.

Construite en 1718, la Fonte das Oliveiras se caractérise par son bec en dauphin (à 1:34). Remodelée en 1823, démontée en 1866, et reconstruite à son emplacement actuel en 1879, elle fut restaurée en 1941.

De 1:48 à 1:52, nous voyons l’Igreja de São Martinho de Cedofeita.

Construite de 1087 au début du XIIIe siècle, cette église romane fut dépouillée en 1935 des attributs décoratifs ajoutés à l’époque baroque. C’est la plus vieille église chrétienne du Portugal.

Selon l’inscription gravée en 1767 sur le tympan du portail principal (à 1:50), elle fut construite sur le site d’une église plus ancienne élevée en 559 sur ordre du roi franc Théodomir.

Ce dernier voulait remercier le Ciel de la guérison miraculeuse de son fils Ariamiro à la vue de reliques de saint Martin de Tours. L’église originelle aurait été édifiée tellement rapidement qu’on lui donna le nom de São Martinho de Cedofeita (ce qui veut dire Saint-Martin de tôt faire, d’où le nom actuel de la freguesia).

De 2:00 à 2:14, nous voici au Mercado Bom Sucesso.

On y trouve une série de comptoirs de restauration et de produits alimentaires artisanaux. Ils ont l’allure des galions des explorateurs portugais. Tout ce qu’on y présente est appétissant.

À 2:16, il s’agit de la synagogue Kadoorie Mekor Haim, une des plus grandes d’Europe, inaugurée en 1938.

L’automne, tout comme à Paris, on voit à Porto et à Lisbonne des vendeurs de marrons sur la rue. Au Portugal, les marrons sont rôtis au charbon de bois et vendus couverts de suie blanche (très certainement cancérigène).

Pour se nettoyer les poumons de la fumée de charbon, quoi de mieux pour ce vendeur que de s’allumer une bonne cigarette…

Au Jardim da Rotunda da Boavista (de 2:22 à 2:24), on a dressé (de 1909 à 1951) un monument qui célèbre la victoire portugaise contre l’occupation française du pays durant la Guerre d’indépendance espagnole (1807-1814).

Le diaporama se termine par une visite de la Casa da Música, conçue par l’architecte néerlandais Rem Koolhaas et terminée en 2005.

L’esplanade ondulée qui entoure l’édifice est en marbre. C’est un des lieux favoris des planchistes de la ville.

À l’intérieur de l’édifice, le mur des voies de circulation est soit laissé en béton poli gris perle, soit revêtu de plaques d’aluminium trouées.

L’édifice est un octogone irrégulier traversé par sa salle principale (d’une capacité de 1 238 spectateurs).

Sur les côtés de cette salle, les murs sont revêtus de bois décoré d’un motif métallique qui correspond à l’agrandissement pixelisé du grain de ce bois. À chacune de ses extrémités, la salle s’ouvre sur le quartier à l’aide de deux grandes fenêtres panoramiques en verre ondulé à doubles parois.

Le générique du diaporama est un montage de photos que je me suis amusé à prendre de la réflexion d’un planchiste dans les fenêtres de cette salle de concert.


Détails techniques : Le diaporama présente 86 photos réalisées à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5 mark II.

En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (68 photos), le M.Zuiko 25 mm F/1,2 (11 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (6 photos), et l’hypergone 8 mm F/1,8 (1 photo).

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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