Jusqu’au 13 avril prochain, le Musée Pointe-à-Callière — le seul musée d’archéologie au Canada — devait présenter l’exposition Les Incas… c’est le Pérou !.
Le sort en a décidé autrement.
À l’aide de trois-cents artéfacts, l’exposition était centrée sur la culture andine. Celle-ci ne fut dominée par les Incas que tardivement, peu de temps avant la conquête espagnole.
Avant eux, plusieurs cultures se sont succédé dans cette partie du monde à partir d’environ 1800 avant notre ère.
Les pièces en terre cuite ci-dessous ont été créées entre 100 et 600, à l’époque où brillaient les peuples Mochita et Nasca.
Vase peint à double goulot et anse-pont
Vase céphalomorphe
Vase céphalomorphe
Vase décoré d’un être mythique à langue en forme de serpent
Vases
Personnage endormi portant un petit sac à coca sur l’épaule gauche
Vase représentant un personnage assis
Personnage avec coiffe, cape, spectre, collier et grands disques d’oreilles
Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1.2
1re photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 500 — 25 mm
2e photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm
3e photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
4e photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 250 — 25 mm
5e photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm
6e photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm
7e photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 500 — 25 mm
8e photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
Peut-on faire confiance à des masques artisanaux ?
C’est la question à laquelle ont tenté de répondre trois chercheurs américains en 2010.
Leur étude visait à vérifier dans quelle mesure des jets d’eau propulsés à deux vitesses différentes — 5,5 et 16,5 cm/sec.— réussissaient à traverser une couche de diverses textiles : gaminet (T-shirt), foulard, serviette de bain, et coton ouaté (ou molleton).
Il s’agissait de donner des indices de l’efficacité d’un masque artisanal porté par celui qui éternue ou qui tousse.
Ce modèle expérimental est moins pertinent pour celui qui n’est pas atteint du Covid-19 et qui voudrait se fabriquer un masque pour se protéger des autres.
En pareil cas, le porteur d’un masque exerce une pression négative en inspirant au travers du masque qu’il porte. Ce qui n’a pas été évalué dans le cadre de cette expérience.
En dépit de ces lacunes, les résultats de l’étude permettent de voir que certains tissus ne sont pas propices à la fabrication d’un masque artisanal.
Les gaminets ont bloqué moins de 14 % des gouttelettes.
Les foulards en ont bloqué entre 11 et 27 %.
Les serviettes de bain ont fait un peu mieux entre 34 et 40 %.
Les cotons ouatés ont bloqué entre 18 et 30 % des gouttelettes sauf celui de marque Hanes qui a bloqué 60 % d’entre elles. Dans l’étude, ce fut le matériau le plus performant.
À titre de comparaison, les masques N95 bloquent plus de 95 % des particules, y compris celles mesurant 20 nm (vingt-milliardièmes de mètre), soit la taille d’un virus.
D’autres études ont révélé que les masques chirurgicaux (contrairement aux masques N95) bloquent entre 11 et 49 % des gouttelettes, ce qui est comparable à l’efficacité de certains tissus testés dans cette expérience-ci.
Il faut garder à l’esprit la possibilité que les masques chirurgicaux d’aujourd’hui soient plus performants que ceux d’il y a une décennie.
Soulignons que l’efficacité d’un tissu ne dépend pas seulement de sa composition, mais aussi du diamètre de ses fibres et de leur densité.
C’est ce qui explique sans doute que les gaminets, légers parce que portés généralement l’été, ont été beaucoup moins efficaces que les cotons ouatés (ou molletons).
Pour terminer, il est probable qu’un masque artisanal composé de deux couches de tissus (au lieu d’une) offre une protection appréciable dans un contexte de pénurie d’articles de protection antivirale, particulièrement si on a pris soin d’insérer un filtre à café entre elles.
On sait depuis longtemps qu’il suffit de tousser ou d’éternuer pour émettre des milliers de gouttelettes capables de propager des infections.
Voilà pourquoi les autorités sanitaires recommandent de tousser ou d’éternuer dans le creux de notre coude.
De plus, en parlant, nous émettons des gouttelettes de salive (appelées postillons) qui, elles aussi, peuvent transmettre des maladies infectieuses.
Jusqu’ici, on croyait qu’en raison de leur taille, les postillons ne voyageaient pas très loin, tombant au sol assez rapidement.
D’où la distance sanitaire recommandée de 1,5 ou 2 mètres, selon les pays.
Selon une étude dont le rapport préliminaire a été rendu public le 2 avril dernier, quatre chercheurs de l’US National Institute of Health ont démontré que le simple fait de prononcer les mots ‘Stay Healthy’ génère des centaines de gouttelettes invisibles à l’œil nu.
Leur nombre est proportionnel à l’intensité de la voix. Leur taille suffit à transporter des milliers de virus.
Heureusement, un masque facial artisanal humide peut réduire totalement la quantité de microgouttelettes émises.
En temps normal, ces gouttelettes se composent essentiellement de salive et contiennent peu de sécrétions nasales ou pulmonaires.
Toutefois, lorsqu’on éternue ou qu’on tousse, la bouche est le passage obligé de l’air expulsé; elle se contamine alors soudainement de virus chez les personnes infectées en provenance de leur gorge ou de leurs poumons.
Chez ces personnes, on trouve alors un grand nombre de particules virales de Covid-19 dans la salive ‘buccale’ — ‘buccale’ pour la distinguer de celle qui tapisse la gorge — même si leurs glandes salivaires elles-mêmes ne sont pas un lieu de prolifération du Covid-19.
Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19. Ces pays sont classés par le nombre de morts par million d’habitants (mpm).
À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas du Québec et de quelques pays d’Extrême-Orient.
Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un demi-million de personnes.
Que nous dit ce tableau ?
Le nombre cumulatif des morts n’est plus en croissance exponentielle en Italie. En dépit du fait que cela n’est pas aussi évident, c’est aussi le cas en Espagne.
Ce qui laisse entrevoir une embellie pour ces deux pays si les mesures de confinement continuent d’être respectées.
À l’heure actuelle, il est trop tôt pour penser au relâchement des mesures sanitaires en Europe.
Au Québec, le nombre de morts y est en croissance exponentielle, à la moitié de la mortalité américaine.
Au Japon, l’épidémie poursuit sa lente progression.
Quant à la Chine, la Corée du Sud et Taïwan, le nombre de nouveaux cas et de nouveaux décès y est minime.
Ces pays seront guéris un mois après le dernier nouveau cas décelé. D’ici là, ils devront poursuivre leur politique de dépistage et de confinement des personnes atteintes.
Une fois ces pays guéris, leurs citoyens seront libres de vaquer à leurs occupations.
Toutefois, tant que l’épidémie n’aura pas disparu du globe, il leur restera à maintenir la mise en quarantaine systématique de tout nouvel arrivant. Sinon, l’épidémie reviendra chez eux.
Tableau comparatif des pays les plus atteints
Pays
N. de morts au 6 avril
mpm au 1er avril
mpm au 6 avril
Espagne
12 641
194,0
270,9
Italie
15 887
205,5
262,7
Belgique
1 447
72,6
126,9
France
8 078
52,6
120,6
Pays-Bas
1 766
68,3
102,8
Suisse
715
53,8
83,4
Grande-Bretagne
4 934
35,4
74,2
Iran
3 603
37,4
44,4
Suède
401
23,6
39,6
Irlande
158
14,7
32,7
Danemark
179
18,6
32,0
États-Unis
9 616
12,4
29,4
Portugal
295
18,2
28,7
Autriche
204
16,6
23,1
Allemagne
1 584
9,9
19,1
Québec
121
3,7
14,3
Norvège
71
5,4
13,2
Corée du Sud
183
3,2
3,6
Chine
3 331
2,4
2,4
Hong Kong
4
0,5
0,5
Japon
85
0,4
0,5
Taïwan
5
0,2
0,2
Référence : Covid-19 Coronavirus Pandemic
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Puisque la pandémie au Covid-19 se propage principalement par l’air que nous respirons, toute personne qui désire se protéger à l’aide d’un masque N95 devrait pouvoir le faire.
Mais voilà, on en manque. Ce qui oblige nos gouvernements à les réserver pour ceux qui sont au front de la lutte contre la pandémie. À juste titre.
« Ça joue dur.» C’est par ces mots que le premier ministre du Québec faisait allusion à la compétition féroce que se livrent les pays afin d’acquérir du matériel médical de protection.
Le 15 mars, on apprenait la tentative des États-Unis de s’approprier l’exclusivité — pour la somme d’un milliard de dollars — d’un vaccin que cherche à mettre au point un laboratoire allemand.
Ces jours-ci, sans viser directement Washington, la présidente du Conseil régional d’Ile-de-France accuse ‘des Américains’ d’avoir détourné des masques destinés à la région parisienne.
Dans un pays aussi contrôlé que la Chine, on voit mal comment des contrebandiers américains pourraient exercer sur le tarmac d’aéroports chinois sans que les États-Unis aient officieusement obtenu la permission des autorités chinoises de les laisser opérer.
Une accusation analogue a été formulée par le ministre terre-neuvien de la Santé et le président français du Conseil régional du Grand Est.
Le 2 avril, un importateur québécois recevait une partie de sa commande de masques chinois; il a bien reçu les masques sanitaires, mais pas les 10 000 masques KN95 qui, eux, ont été expédiés par erreur en Ohio. On ignore si l’erreur a été corrigée par le transporteur.
Le 3 avril, un ministre de la cité-État de Berlin a accusé les États-Unis de piraterie après que 200 000 masques N95 destinés à la police berlinoise eurent été détournés à Bankok vers les États-Unis.
Cette semaine, les États-Unis ont officiellement interdit à un fabricant américain de masques N95 d’exporter une partie de sa production vers le Canada.
La France fait pareil. En vertu d’un décret adopté récemment, les masques fabriqués par la succursale française de Medicom seront uniquement destinés à la France.
La Chine fait l’inverse. Dans ce pays, les simples citoyens ont de la difficulté à obtenir des masques parce que leur pays préfère vendre au plus vite (et aux plus offrants) des milliards$ d’équipement de protection médicale pendant que les pays occidentaux se battent pour en avoir.
Bref, c’est la foire d’empoigne entre les pays pour obtenir des masques.
L’atout secret du Canada
Ces jours-ci, la France attend la livraison de près de deux-milliards de masques chinois.
Dans la lutte contre le Covid-19, vouloir une telle quantité de masques est raisonnable pour un grand pays.
Le Canada pourrait, lui aussi, obtenir autant de masques et même, les obtenir assez rapidement.
Mais comment est-ce possible ?
Parmi tous les pays qui se battent pour obtenir des masques, le Canada possède un atout qui vaut de l’or, à donner à la Chine en plus du prix usuel pour les masques; Mme Wanzhou, une des dirigeantes de Huawei.
Celle-ci est détenue au Canada en vertu d’un mandat d’arrestation que les États-Unis mirent trois mois à justifier.
Donald Trump a déjà déclaré que si elle était détenue aux États-Unis, il l’aurait libérée en échange d’un bon accord commercial avec la Chine.
Au Canada, elle pourrait être exfiltrée vers la Chine et remplacée par un sosie. Cela serait fait clandestinement puisque la résidence où elle est confinée est certainement épiée par des espions américains.
Lorsque la substitution sera découverte après l’élection présidentielle américaine, on fera semblant d’être surpris. Ce qui justifiera une enquête-bidon qui aboutirait à un cul-de-sac, raison d’État oblige.
Tout dépend d’Ottawa : est-ce que les vies de centaines ou de milliers de Canadiens — qu’on pourrait sauver en se procurant suffisamment de masques — valent plus que l’issue d’une affaire juridique qui est une source d’embarras pour le pays depuis plus d’un an ?
Afin d’incriminer la Chine, on publie ces jours-ci des photos prises à Wuhan — le berceau de la pandémie au Covid-19 — qui montrent les files de citoyens qui attendent de recevoir l’urne funéraire d’un être cher.
On suggère ainsi que l’épidémie a causé beaucoup plus de victimes que ce que suggèrent les chiffres officiels.
De plus, on affirme qu’en début d’épidémie, les responsables chinois n’auraient comptabilisé que les morts survenus en établissements de Santé. Comme en France.
En début de pandémie
Au début de l’infection, les dirigeants de la province d’Hubei se sont empressés d’emprisonner les lanceurs d’alerte, accusés de saper l’harmonie sociale en répandant des nouvelles inquiétantes.
Mais quand il s’est avéré qu’on avait effectivement affaire à un problème sanitaire majeur, les choses ont été rapidement prises en main par Beijing; les autorités locales ont été limogées au profit d’hommes de confiance de Xi Jinping.
Ce dernier a alors ordonné la mise en quarantaine de dizaines de millions de personnes en plus d’annuler les célébrations de la Nouvelle année chinoise. À défaut de quoi, des centaines de millions de travailleurs chinois seraient retournés dans leurs provinces respectives, répandant l’infection partout dans le pays.
Dès la mi-janvier, les autorités chinoises ont publié le code génétique du virus, permettant ainsi la fabrication de tests de diagnostic.
Le bilan chinois
Au 1er avril 2020, il y avait 2,4 morts causées par le Covid-19 par million de personnes (mpm) en Chine, 3,2 mpm en Corée du Sud, 0,4 mpm au Japon, et 0,2 mpm à Taïwan.
Indépendamment de leurs systèmes politiques, les citoyens de ces pays sont soumis à un contrôle social beaucoup plus important de la part de l’État que chez nous et ont une longue habitude du port du masque sur la voie publique (pour différentes raisons).
Compte tenu des données dans les pays environnants, le bilan chinois est donc plausible. Dans tous les cas, on est loin du bilan de 12,4 mpm (présentement) en sol américain.
De retour au sujet des urnes
La population du Québec est de 8,5 millions de personnes. En 2018, 68 000 Québécois sont décédés, principalement de causes naturelles.
L’agglomération urbaine de Wuhan compte onze-millions d’habitants. En présumant que le taux de mortalité dans cette mégapole est analogue à celui au Québec, il y aurait 88 000 morts par année.
Ce qui veut dire que durant les trois mois de l’épidémie de Covid-19, il y aurait eu 22 000 morts dans cette mégapole, sans compter la mortalité additionnelle due au Covid-19.
Bref, en quoi une file de quelques centaines de personnes attendant une urne funéraire prouve quoi que ce soit ?
L’inquiétude de Washington
Donald Trump s’est fait élire sous la promesse de redonner la gloire d’autrefois à son pays.
Quatre ans plus tard, aux élections présidentielles de novembre prochain, il devra justifier pourquoi la bourse s’est effondrée, pourquoi des millions de travailleurs américains sont maintenant sans emploi, pourquoi la dette américaine est montée en flèche, et pourquoi le taux de mortalité du Covid-19 dans son pays dépasse celui de nombreux autres pays.
Et, humiliation suprême, les États-Unis seront devenus (temporairement) la deuxième puissance économique mondiale, derrière la Chine.
La réponse américaine à ces questions est simple : parce que la Chine a caché la dangerosité du virus ‘chinois’ et qu’elle l’a laissé sortir de chez elle.
Tout l’arsenal de propagande des États-Unis (aidés par les ONG qu’ils financent) s’évertueront à nous convaincre d’ici novembre que Donald Trump a été induit en erreur par les mensonges de Beijing, lui si vertueux en matière de franchise…
Malheureusement, même en ignorant le bilan ‘falsifié’ de le Chine, la lutte américaine contre le Covid-19 sera un fiasco qui aura obligé ce pays à se comporter comme un brigand dans l’acquisition du matériel médical de protection.
Le fond du problème
Au début, la pandémie s’est répandue autour du globe par le biais des voyages aériens transcontinentaux.
Puisque les gens qui ont les moyens d’effectuer de tels voyages sont principalement des Occidentaux, ce sont leurs pays qui furent les premiers affectés, après les pays voisins de la Chine.
Malheureusement pour nous, les pays occidentaux sont aussi ceux dont les dirigeants ont cédé aux chantres de la mondialisation aveugle.
Quand Trump interdit à un fabricant américain d’exporter ses masques N95 vers le Canada, il a raison; son pays est 3 à 4 fois plus atteint que le Canada. Que ferions-nous à sa place ? Et si l’ONU avait le pouvoir de trancher ce différent, est-on certain qu’elle donnerait raison au Canada ?
La France fait pareil. En vertu d’un décret adopté récemment, la production de masques par la succursale française de Medicom sera uniquement destinée à la France.
Le gars stupide, ce n’est pas Trump ou Macron; c’est celui qui laisse produire en Inde et en Chine de l’équipement médical de première nécessité et des médicaments essentiels à la vie de ses citoyens et qui se dit : « Si jamais on en a besoin, on leur fera signe…»
Dans le cas des médicaments, les pénuries actuelles ne surprendront personne. De telles pénuries se succèdent depuis plus d’une décennie.
Dès 2011, j’écrivais sur ce blogue : ‘Le jour où l’approvisionnement en médicaments sera jugé aussi stratégique que l’approvisionnement en pétrole, les gouvernements seront davantage soucieux d’établir des règles qui garantissent à leurs citoyens l’accès ininterrompu en médicaments essentiels à leur vie.´
Malheureusement, le Canada n’a constitué et maintenu de réserves stratégiques ni pour l’équipement médical ni pour des médicaments de base.
De plus, le Canada n’a rien retenu de la pandémie de SRAS de 2003.
On n’a pas équipé les douaniers de scanneurs thermiques, tant aux aéroports qu’aux frontières. Contrairement à la Chine, à la Corée du Sud, au Japon et à Taïwan.
Actuellement, à Beijing, à l’aide de scanneurs thermiques, on vérifie la température de toute personne qui se promène à l’extérieur. Même si nos directeurs de Santé publique recommandaient qu’on fasse pareil, on ne pourrait tout simplement pas donner suite à cette suggestion.
Le fédéral n’a institué aucun mécanisme de concertation qui permettrait aux provinces d’assurer le suivi des voyageurs qui confient spontanément aux douaniers canadiens être atteints de symptômes suggérant l’infection au Covid-19.
Contrairement aux pays démocratiques d’Extrême-Orient, Ottawa n’a institué aucun plan de confinement obligatoire des voyageurs atteints. Pas de test. Rien. Jusqu’à tout récemment, on entrait dans le pays comme dans une grange.
Tout ce que le fédéral a fait, c’est distribuer des feuillets de renseignements. Wow ! Quel bel effort…
Conclusion
Il est futile de chercher des puces à la Chine.
Le fiasco occidental dans la lutte contre le Covid-19 nécessite une réflexion profonde sur le lien qui unit nos États à leurs peuples.
Suffit-il d’élire nos dirigeants (ce qui est mieux que rien) pour que nous faire accepter le fait que dès qu’ils prennent le pouvoir, ils servent de paravent à une machine étatique à la solde du grand capital international ?
En somme, est-ce que la démocratie parlementaire (élire ses dirigeants) est le seul modèle de démocratie ? Puisque ce n’est pas le cas, est-il vain de désirer mieux ?
Le Covid-19 se compose de deux parties distinctes; une coquille protectrice qui emprisonne un contenu qui lui est indépendant.
Sa coquille grasse et molle est hérissée d’excroissances. Quant à son contenu, il est comme la Belle au bois dormant; vivant mais inerte.
Ce n’est pas le baiser d’un prince charmant qui réveille le Covid-19. Dès que le contenu du virus se retrouve à l’intérieur d’une cellule, c’est alors que le virus s’éveille.
Depuis le début de la vie sur Terre, les espèces vivantes sont confrontées à des microorganismes hostiles. Pour s’en protéger, elles ont développé des mécanismes qui empêchent les microbes d’entrer dans leurs cellules.
Si bien que très peu d’espèces vivantes sont formées de cellules qui laissent entrer les coronavirus.
Selon les connaissances actuelles, seuls la chauvesouris, le chameau, les primates, les furets, la civette palmiste masquée et le hamster doré font exception à cette règle.
À elle seule, la chauvesouris est un immense réservoir de coronavirus. À partir des grottes du sud de Chine, on a identifié deux-mille souches différentes de coronavirus chez cet animal.
C’est ainsi qu’en 2015, la virologue Shi Zhengli a découvert que le virus du SRAS tirait son origine spécifiquement de la chauvesouris Rhinolophus ferrumequinum (ou Grand rhinolophe fer à cheval).
Heureusement, l’immense majorité des coronavirus sont incapables de pénétrer dans les cellules des primates (dont les humains).
Sept le peuvent. Quatre font partie du groupe hétéroclite des virus responsables d’infections respiratoires bénignes; on estime que de 15 à 30 % des rhumes banals sont causés par un coronavirus.
Mais trois coronavirus peuvent causer de graves épidémies : le virus du SRAS, celui du SRMO et le tout dernier, le Covid-19.
La plupart des virus respiratoires qui s’attaquent à l’humain colonisent soit les voies respiratoires supérieures (nez, bouche et gorge) ou bien les voies respiratoires inférieures (les poumons).
Les premiers provoquent des infections qui se répandent facilement, mais dont la gravité est généralement mineure. Ceux qui s’attaquent aux poumons se transmettent plus difficilement, mais causent des symptômes beaucoup plus graves.
Le Covid-19 est capable d’infecter tout le système respiratoire. Ce qui le rend à la fois très contagieux et très virulent.
Il se transmet non seulement par la toux, mais aussi par les gouttelettes de salive (ou postillons) projetées en parlant.
Voilà comment il se propage d’une personne à l’autre.
Mais comment le virus du Covid-19 réussit-il à déjouer les mécanismes cellulaires de défense que l’espèce humaine a mis des centaines de milliers d’années à developper ?
Les ventouses du Covid-19
Si la ‘coquille’ du Covid-19 est hérissée d’excroissances, ce n’est pas à titre décoratif.
Celles-ci sont des ‘ventouses’ qui adhèrent à des récepteurs à la surface de nos voies respiratoires.
Pour entrer dans une cellule, le coronavirus doit fixer une de ses excroissances au cœur (ou site actif) d’un enzyme appelé ACE2 (ou Enzyme de Conversion de l’Angiotensine 2). Cet enzyme est présent à la surface de certaines de nos cellules.
C’est la muqueuse du nez qui possède la plus forte concentration de récepteurs à Covid-19 de tout le système respiratoire. Chez les personnes symptomatiques, on récolte dans le nez entre un tiers et un demi-million de copies du virus par écouvillon.
Les ‘ventouses’ du Covid-19 adhèrent tellement bien à l’ACE2 (en comparaison avec celles du SRAS) qu’il faut beaucoup moins de copies du Covid-19 pour que l’une d’elles réussisse à entrer dans une cellule et débuter l’infection.
Évidemment, au cours de son évolution, l’espèce humaine n’a pas développé l’ACE2 pour qu’un jour des coronavirus puissent s’y fixer et nous rendre malades.
En plus des voies respiratoires, on trouve cet enzyme dans le cœur, le rein, l’intestin et les testicules.
L’ACE2 sert principalement à fabriquer une substance vasodilatatrice essentielle au bon fonctionnement du cœur et des reins.
On ne sait pas très bien pourquoi nous avons des ACE2 dans nos poumons. Peut-être servent-ils à dégrader des protéines et faciliter le nettoyage des bronches.
De tous les organes qui contiennent de l’ACE2, c’est le système respiratoire qui sert de porte d’entrée à l’infection par le Covid-19.
Comment procède-t-il ?
Lorsqu’une des excroissances du virus se fixe fermement sur une molécule d’ACE2, il en bloque le fonctionnement.
La réaction de la cellule est alors de phagocyter le virus tout entier, c’est-à-dire de l’entrainer à l’intérieur de la cellule.
Or à l’intérieur des cellules, les vacuoles servent de vidangeurs et de nettoyeurs. Dès qu’un Covid-19 est phagocyté, les vacuoles se mettent à l’œuvre pour digérer ce qu’elles croient être une simple impureté. C’est alors qu’elles grugent la paroi virale, libérant son dangereux code génétique.
Celui-ci s’empare aussitôt de la machine reproductrice interne de la cellule.
Cette machine reproductrice est celle qui permet normalement à une cellule-mère de se diviser en deux cellules-filles. Une fois piratée par le Covid-19, elle ne sert plus qu’à produire d’autres petits virus comme lui.
En somme, la cellule devient une machine à produire des virus. Ce qu’elle fait jusqu’au moment où elle est pleine à craquer.
C’est là que cette poche de virus libère son contenu, permettant aux ‘virus-fils’ de se lancer à la conquête exponentielle d’autres cellules des voies respiratoires.
Ces voies sont tapissées de cils vibratoires dont le rôle est de repousser les poussières et les particules qui tentent d’aller vers les poumons. Plus les particules sont petites, plus elles sont capables d’aller loin au creux de l’arbre respiratoire avant d’être décelées et repoussées par les cils vibratoires.
Dans la gorge ou le nez, lorsqu’une cellule infectée éclate, ce qu’elle éjecte, ce sont des particules virales de taille infime, capables d’être inhalées profondément vers les bronches.
Les conséquences
Dans le poème épique Roland furieux, écrit à la Renaissance par l’Arioste, l’auteur décrit un long combat à l’épée entre deux chevaliers.
Il y précise qu’au fur et à mesure que le combat se prolongeait, le sol se jonchait des anneaux métalliques brisés de leurs cottes de mailles.
C’est ce qui arrive aux poumons lors d’une pneumonie à Covid-19.
En éclatant sous la pression de son trop-plein de ‘virus-fils’, la cellule piratée déverse alors tout le reste de son contenu dans les bronches.
Peu à peu, les bronches s’encrassent de cellules mortes et de débris cellulaires. Il y en a tellement que les cils vibratoires ne suffisent plus à la tâche.
Appelé en renfort, le système immunitaire s’active.
Normalement, les cellules de la paroi des vaisseaux sanguins s’écartent légèrement pour laisser passer les cellules immunitaires appelées pour aller combattre l’infection dans les tissus.
Mais fragilisés par l’affaissement des tissus autour des cellules mortes, les vaisseaux sanguins deviennent trop perméables, laissant les fluides sanguins et le pus engorger les bronches.
De fil en aiguille, le patient se noie de l’intérieur, en plus d’être épuisé par la tempête immunitaire qui s’abat sur lui et qui s’attaque à tout, y compris aux cellules saines.
Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19. Leur population est exprimée ici en millions d’habitants et ces pays sont classés par le nombre de morts par million de personnes.
À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas du Québec et de quelques pays d’Extrême-Orient.
Ont été exclus de cette liste quelques micro-États.
Tableau comparatif des pays les plus atteints
Pays
N. de morts
Population
Morts/million
Italie
12 428
60,5
205,5
Espagne
9 053
46,7
194,0
Belgique
828
11,4
72,6
Pays-Bas
1 173
17,2
68,3
Suisse
461
8,6
53,8
France
3 523
67,0
52,6
Iran
3 036
81,2
37,4
Grande-Bretagne
2 352
66,4
35,4
Suède
239
10,1
23,6
Danemark
104
5,6
18,6
Portugal
187
10,3
18,2
Autriche
146
8,8
16,6
Irlande
71
4,8
14,7
États-Unis
4 066
327,2
12,4
Allemagne
821
82,8
9,9
Norvège
43
5,4
8,0
Québec
31
8,5
3,7
Corée du Sud
165
51,5
3,2
Chine
3 312
1 386,0
2,4
Hong Kong
4
7,4
0,5
Japon
57
126,8
0,4
Taïwan
5
23,8
0,2
Référence : Covid-19 Coronavirus Pandemic
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Ce matin, en conférence de presse, la ministre québécoise de la Santé a déclaré :
« Les établissements [de santé] se sont organisés pour que les opérations d’approvisionnement [en masques] se fassent de façon optimale.
(…)
Il faut vraiment insister sur l’utilisation judicieuse des masques. Que ce soit les N95 ou les masques de procédure.
(…)
Il faut vraiment s’assurer que les masques, par exemple les N95, soient pour les bons intervenants dans les bonnes procédures. Je ne pense pas que c’est normal qu’un gardien de sécurité porte un N95.
(…)
Je sais que les gens qui sont dans le maintien à domicile, les CHSLD, la protection de la jeunesse sont préoccupés. Ils ont ce qu’il faut. Mais il faut absolument qu’ils les utilisent dans les bonnes constances.
(…)
C’est la condition pour en avoir suffisamment pour la suite des choses.»
Traduction
Ce que la ministre veut dire, c’est qu’on manque de masque.
Voilà pourquoi on estime que des ‘subalternes’ (comme des gardiens de sécurité) devront accepter de courir un certain risque afin qu’on ait suffisamment de masques N95 pour ceux qui sont au cœur de la lutte contre la pandémie.
La ministre a raison de fixer des priorités. Dans une guerre, il arrive qu’un général doive sacrifier un bataillon si cela lui permet d’infliger à l’ennemi une défaite plus décisive sur un autre front.
Or dans ce cas-ci, le front, il est aux urgences, aux soins intensifs, aux cliniques de dépistage, et non à la porte de l’hôpital.
Si on avait tellement de masques qu’on ne savait pas où les mettre, la ministre ne serait pas obligée de les rationner au bénéfice des ‘bonnes personnes’ aux ‘bons endroits’.
Ces temps-ci, on insiste beaucoup sur l’importance du lavage des mains. Effectivement, l’eau et le savon tuent plus efficacement le virus du Covid-19 que n’importe quel désinfectant.
Mais cela ne doit pas nous faire oublier que si la pandémie du Covid-19 se propageait par le toucher, elle n’aurait pas fait le tour du globe en trois mois.
Pour que l’épidémie se soit répandue aussi facilement, c’est que son principal mode de transmission, c’est par voie pulmonaire. En somme, par des particules virales en suspension dans l’air.
Dans le contexte d’une pénurie de masques, la distanciation sociale devient la seule alternative.
Comment en est-on arrivé là ?
Réponse : on a mal évalué ce qui fait partie des ressources stratégiques. Au Canada, comme dans tous les pays du G7, on a cédé aux chantres de la mondialisation aveugle.
Dans une guerre conventionnelle, si on manque de pétrole, les bombardiers sont cloués au sol et les chars d’assaut ne peuvent plus avancer. Alors qu’on a toujours suffisamment de chair à canon pour continuer les hostilités.
Voilà pourquoi l’accès à des réserves pétrolières est qualifié de stratégique; l’issue de la guerre en dépend.
Le Canada a perdu la presque totalité de sa capacité de produire des ingrédients actifs et des médicaments finis, laissant l’industrie pharmaceutique internationale délocaliser sa production en Chine ou en Inde afin de réaliser des économies d’échelle.
De la même manière, on n’a pas jugé stratégique la production nationale de tout ce qui est essentiel pour lutter efficacement contre de graves pandémies.
L’Inde n’a pas encore été touchée par le Covid-19. Au moment où ces lignes sont écrites, on y compte vingt-neuf morts. Deux de plus qu’hier.
Dans ce pays de 1,3 milliard d’habitants, la distanciation sociale est impossible à faire respecter. On doit donc s’attendre à ce que ce pays détrône facilement les États-Unis au premier rang des pays les plus touchés par la pandémie.
On ne sera donc pas surpris d’apprendre qu’un million de masques destinés au Québec sont présentement bloqués en Inde. Les dirigeants du pays savent ce qui s’en vient. À leur place, que ferions-nous ?
Conclusion
Lorsqu’ils auront enterré leurs morts, les peuples occidentaux seront mûrs pour une révolution.
L’annonce que des centaines de milliards de dollars seront dépensées pour sauver l’économie ne doit pas nous faire oublier que cet argent sera puisé dans nos poches ou, comme toute dette, puisé dans celles de nos enfants.
Pour nous convaincre qu’ils sont réellement au service du peuple, nos dirigeants politiques devront financer la relance de l’économie en faisant main basse sur les sommes colossales cachées dans les paradis fiscaux et en taxant substantiellement le chiffre d’affaires des géants de l’Internet.
Comment nos dirigeants peuvent-ils être à ce point inféodés au grand capital international pour se soumettre volontairement à des traités internationaux qui leur interdisent d’assurer la sécurité de leur population ?
Alors que la pandémie débute en Amérique du Nord, le nombre de morts par million de personnes est déjà de 8 aux États-Unis et de 2 au Canada.
Dans certains pays d’Extrême-Orient, il y a presque plus de nouveaux décès. À l’issue (ou presque) de la pandémie dans ces pays, le nombre de morts par million de personnes est de 2 en Chine, 0,5 à Hong Kong, 0,4 au Japon et de 0,2 à Taïwan.
La Chine, le Japon, Taïwan et la Corée du Sud ont retenu les leçons de l’épidémie du SRAS en 2003. Cette fois-ci, ils ont agi promptement avec force.
Le gouvernement québécois a annoncé hier l’interdiction de tout déplacement non essentiel entrant ou sortant de huit régions québécoises dites ‘vulnérables’ afin de les protéger de la contamination plus importante ailleurs.
Les politiques néolibérales appliquées depuis des années au secteur de la santé font en sorte que le nombre de lits et les effectifs du personnel soignant suffisent à peine en temps normal. Les ressources deviennent donc insuffisantes en période de crise.
De plus, certaines des régions du Québec peinent à conserver leur population jeune, attirée par les opportunités offertes par les grands centres urbains.
Si bien que les régions éloignées du Québec souffrent d’un vieillissement de la population. C’est ainsi que le quart de la population de la Gaspésie–Côte-Nord est âgé de 65 ans ou plus.
Leurs hôpitaux risquent d’être plus débordés qu’ailleurs par le Covid-19. D’où leur ‘vulnérabilité’.
Le cloisonnement en Chine
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On ignore généralement à quel point la société chinoise est cloisonnée.
Sous Mao Zedong, toute personne née dans une commune y demeurait en principe toute sa vie. Un producteur pouvait aller vendre ses produits dans la commune voisine, mais pas y déménager.
En raison du boum économique des villes côtières de l’Est du pays, la demande en main-d’œuvre a nécessité un assouplissement de ce cloisonnement.
On permet donc au chef de famille d’aller travailler au loin. Mais pour éviter que toute sa famille le suive, on réserve l’école publique d’une ville comme Shanghai aux seuls résidents officiels de la ville. Et c’est par le biais d’une lenteur administrative voulue qu’on décourage la migration familiale.
Voilà pourquoi des centaines de millions de travailleurs chinois envoient de l’argent à leur famille au loin plutôt que de la faire déménager près d’eux. Ces travailleurs ne voient femmes et enfants qu’à l’occasion de la semaine des festivités du Nouvel An.
Ce cloisonnement est valable pour toutes les régions sauf le Tibet, que Beijing veut coloniser.
Déjà, il est évident que la Chine sortira moins meurtrie par la pandémie que n’importe quel pays occidental.
Cela tient en partie à la compétence de son gouvernement basé sur une méritocratie séculaire, mais également à deux facteurs qui sont propres à ce pays : un cloisonnement régional qui fait partie de l’ADN du pays et l’habitude du port du masque, normal pour des millions de Chinois.
On peut donc s’inspirer de l’expérience chinoise, mais on ne doit pas s’attendre à obtenir d’aussi bons résultats.