En Finlande, le Vappuaatto (ou Veille du Premier Mai) correspond à la Nuit de Walpurgis dans les pays germaniques.
Célébrée dans la nuit du 30 avril au 1er mai, elle marque la fin de l’hiver. Dans la capitale finlandaise, la fête du Vappu dure deux jours.
Statue Havis Amanda
Le 30 avril, selon la tradition, les étudiants de l’université viennent nettoyer la statue Havis Amanda érigée en 1908 à la rencontre de l’Esplanade (un long parc étroit) et de la place du Marché (qui donne accès au port).
Ce long congé est l’occasion pour les familles d’aller piqueniquer dans l’immense parc boisé de Kaivopuisto, aménagé en bordure de la mer Baltique.
Place du Sénat et Cathédrale luthérienne
En soirée, un grand spectacle est organisé sur la Place du Sénat, la plus grande place de la ville.
Celle-ci est située aux pieds de la superbe Cathédrale luthérienne, de style néoclassique, dont les coupoles sont décorées d’étoiles dorées.
Cette année, ce spectacle mettait en vedette le duo de rap finlandais JVG.
L’évènement a réuni une foule de plus de 150 000 participants; en comptant ceux qui n’y sont pas demeurés longtemps, les organisateurs estiment que le spectacle a attiré 460 000 personnes.
Mais comment la Finlande, un des pays européens les moins touchés jusqu’ici par la pandémie au Covid-19 — 44 morts par million d’habitants vs 283 pour le pays voisin, la Suède — a-t-elle pu commettre une telle imprudence sanitaire ?
C’est qu’il s’agissait d’une foule virtuelle.
Helsinki possède l’ambition de devenir la capitale mondiale des festivités en ligne.
Dès qu’il se choisissait un avatar tridimensionnel (d’aspect réaliste), le participant se voyait apparaitre dans la foule et pouvait animer son avatar à l’aide de commandes du clavier ou d’une manette.
Dans un avenir rapproché, les organisateurs des festivals d’été de Montréal pourraient s’inspirer d’Helsinki et créer des spectacles attirant des millions d’internautes à travers le monde, équipés de casques de réalité virtuelle et partageant (dans une certaine mesure) l’atmosphère ludique de la métropole sans quitter le confort de leur salon.
Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40 mm F/2,8
1re photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 34 mm
2e photo : 1/8000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
Le cas de la France est semblable à celui de tous les pays qui ont cru au merveilleux monde de la mondialisation heureuse.
Encore aujourd’hui, beaucoup de professionnels de la Santé peinent à obtenir des masques. Mais heureusement, ils peuvent en trouver depuis peu dans les magasins à grande surface…
Il y a quelques jours, le gouvernement québécois annonçait qu’à partir de la semaine qui vient, on procèdera à 14 000 tests du Covid-19 quotidiennement, au lieu des six-mille actuels (officiellement, mais en réalité cinq-mille).
Cela est qualifié de dépistage ‘massif’. Un qualificatif repris en chœur par les quotidiens du Québec.
Soyons sérieux; 14 000 tests, cela correspond à tester quotidiennement 0,16 % de la population québécoise. Imaginez : moins du cinquième d’un pour cent.
Et ce, alors que le virus se répand rapidement.
Si l’hécatombe du Covid-19 dans les hospices était inévitable, la contamination qui a commencé à s’emparer des hôpitaux du Québec est l’illustration parfaite du fiasco des politiques de dépistage du gouvernement.
En principe, les hôpitaux sont des lieux où on guérit des maladies et non là où on les attrape.
Comment a-t-on pu en arriver là ?
Des prémisses erronées
• Le port du masque inutile ?
Actuellement, les autorités sanitaires du Québec soutiennent encore que le port du masque, même artisanal, n’est utile que lorsque la distance sanitaire est impossible à respecter.
Après s’être entêtées pendant des semaines à soutenir l’invraisemblable; le masque était complètement inutile, sauf pour les professionnels de la Santé.
L’expérience des pays d’Extrême-Orient démontre exactement le contraire. Et cette expérience se transformera soudainement en preuve scientifique le jour où un épidémiologiste patenté l’écrira de sa plume dans une revue spécialisée.
Dès lors, la direction de la Santé publique du Québec découvrira ce secret de Polichinelle et abandonnera l’idée saugrenue que le diplôme académique potentialise l’efficacité du masque et/ou qu’on a besoin de quatre ans d’université pour apprendre comment le mettre.
• Pas de contagiosité sans symptôme ?
Depuis des semaines, on sait que certaines personnes (dites asymptomatiques) sont atteintes secrètement par le Covid-19; elles sont contagieuses sans le savoir et demeureront contagieuses jusqu’à leur guérison.
Chez les personnes chez qui des symptômes se manifestent, le maximum de contagiosité est le jour d’apparition des symptômes et la veille de ce jour. Ce sont les deux jours où ces personnes sont les plus dangereuses. On sait cela depuis la fin du mois de mars.
Portant, la direction de la Santé publique du Québec s’entête à soutenir qu’on n’est pas contagieux lorsqu’on est sans symptôme.
Allonger les délais
Pour être testé, le citoyen doit donc être symptomatique.
De plus, il doit prendre rendez-vous. Celui-ci lui est accordé le jour même. J’ai cru comprendre que dans le quartier ‘chaud’ de Montréal-Nord, les intéressés n’auront pas besoin de prendre rendez-vous, ce qui ne change rien de fondamental.
Les tests dont les résultats seraient obtenus en trente minutes n’ont pas été homologués par Santé Canada. Conséquemment, on reçoit les résultats le lendemain, ce qui est après le pic de contagiosité.
Conséquemment, les autorités sanitaires du Québec sont comme le chien qui court après sa queue; toujours en retard sur le virus.
Protéger les hôpitaux et les écoles
Pour protéger adéquatement le personnel hospitalier, on doit tester tous les employés fréquemment, même ceux qui sont asymptomatiques. Exception faite pour ceux qui ont déjà attrapé le Covid-19 et qui en sont guéris.
Dès qu’une charge virale est détectée dans les cavités nasales ou dans la gorge d’un employé, celui-ci doit quitter immédiatement le travail et se mettre en quarantaine.
De plus, on doit tester tous les patients qui se présentent à l’hôpital à l’exception de ceux admis par ambulance à l’urgence, déjà testés à bord de ces véhicules.
C’est ça, un dépistage massif.
Voilà comment on doit protéger dorénavant nos établissements de santé.
Pour ce qui est des écoles, on doit instaurer une stratégie de dépistage équivalente.
Tester la population
Une politique de dépistage doit avoir un but clair. Que veut-on au juste ?
• Empêcher l’infection de se répandre
Empêcher ? C’est trop tard; la pandémie s’est enracinée et elle poursuivra irrémédiablement son cours en raison des erreurs passées qu’on s’entête à répéter.
• Ralentir la pandémie au Québec
Si on veut vraiment ralentir la propagation de la pandémie, cela se fait en ajustant l’importance du déconfinement. Pas autrement.
• Savoir où nous en sommes rendus
Si c’est ce qu’on veut, il ne sera plus question de tester n’importe quelle personne qui répond à des critères de sélection, mais de tester un échantillonnage de la population choisi au hasard.
Pour deviner les intentions de vote lors des élections, les maisons de sondage ont besoin d’un maximum de mille répondants parmi la population.
Si on veut savoir le pourcentage de la population contagieuse, on fait mille prélèvements dans les voies respiratoires supérieures parmi un échantillonnage de la population choisi aléatoirement. On obtiendra le pourcentage actuel des gens contagieux (symptomatiques ou non).
Si on veut connaitre où en est l’immunité grégaire, on fait mille tests sérologiques effectués à partir d’une goutte de sang prélevée au bout des doigts. Encore une fois, parmi un échantillonnage préalablement choisi.
Et ces deux-mille tests — au maximum, quelques centaines pourraient suffire — permettraient de savoir exactement où nous en sommes rendus et d’ajuster en conséquence les politiques de déconfinement.
Voilà la démarche scientifique qui semble faire cruellement défaut à nos experts en Santé publique.
• Rassurer les gens qui se croient atteints
En plus, on devrait offrir des tests au besoin à l’ensemble de la population.
Ceux qui ont des symptômes qui laissent penser qu’ils ont attrapé le Covid-19 veulent sans doute éviter de se mettre en quarantaine pour rien. On devrait leur offrir la possibilité d’en avoir le cœur net, moyennant un frais modérateur.
Toutefois, on doit se rappeler que tester n’importe qui, n’importe quand, cela n’a aucune valeur scientifique; plus on teste, plus on trouve.
Et ce qu’on trouve, ce n’est que le pourcentage de gens atteints parmi ceux qui ont été testés, et non le pourcentage des gens atteints parmi la population.
Le mot ‘hospice’ vient du mot latin hospitium. Celui-ci se prononce ‘ospicioum’ et signifie hospitalité.
Pendant des siècles, les hospices étaient des établissements religieux qui portaient assistance aux miséreux, aux indigents, aux vieux, aux malades, aux isolés, et aux estropiés.
Le mot désignait aussi une maison où des religieux offraient le gite aux pèlerins.
À la Révolution française, l’État s’est emparé des biens de l’Église, dont les hospices.
Au Québec, il faudra attendre la Révolution tranquille pour que le gouvernement québécois se porte acquéreur des établissements de Santé.
Ceux-ci avaient été créés par des religieuses et n’existaient qu’en raison de leur bénévolat et de leur dévouement.
Mais au début des années 1960, l’évolution technologique de la médecine exige des investissements hors de portée des moyens financiers de ces communautés. Celles-ci transfèrent donc à l’État leurs établissements sans contrepartie financière.
La popularité des hospices
Il y eut une époque où les jeunes adultes prenaient en charge les aïeuls de la famille en perte d’autonomie.
Mais grâce à l’offre de places abordables dans les hospices publics, un grand nombre de familles ont décidé de ‘placer’ leurs vieux.
Ces hospices — qu’on appelle au Québec CHSLD (Centre d’hébergement de soins de longue durée) — offrent généralement de grands avantages :
• visite d’un médecin à l’hospice, une ou deux fois par semaine,
• présence d’une ou de plusieurs infirmières sur place,
• cantine ou livraison des repas aux chambres,
• choix de diètes (pour diabétiques, hypertendus, édentés, etc.),
• programme d’activités sociales,
• aires de socialisation autant à l’intérieur qu’à l’extérieur.
Depuis 2011, le nombre de personnes vivant seules dans des CHSLD a augmenté considérablement au Québec sous l’effet du vieillissement de la population, particulièrement chez les 70 ans et plus.
En comparaison avec le reste du Canada, deux fois plus de Québécois âgés de 75 à 84 ans demeurent en résidence (publique ou privée) pour vieillards. Au-delà de 85 ans, 40 % y vivent.
Et pour alimenter les CHSLD, certains responsables des soins à domicile dans le réseau de la Santé sont en réalité des ‘chasseurs de vieux’. Parmi leurs fonctions est celle d’alimenter les CHSLD en vieillards en perte d’autonomie, avec le consentement des familles.
Dans d’autres cas, vivre en ghetto est un choix librement consenti par des vieillards qui préfèrent la compagnie exclusive de gens de leur âge.
Les risques des hospices
Le sous-financement chronique des CHSLD depuis des décennies est responsable du chaos engendré par le Covid-19. Mais il n’est pas responsable de l’hécatombe qui y est survenue; celle-ci était inévitable.
N’importe quel agriculteur sait que la monoculture intensive et l’élevage d’immenses troupeaux d’animaux de boucherie augmentent considérablement les conséquences destructrices des maladies (et l’impact des ravageurs).
De la même manière, tout ghetto de vieux est du pain béni pour un pathogène qui s’attaque spécifiquement aux vieillards.
La culpabilité
L’image idéalisée de la mort en CHSLD est celle de l’ainé(e) de la famille qui s’éteint doucement, amoureusement entouré(e) des siens.
Même quand la décision de placer un vieillard en CHSLD a été prise unanimement par un Conseil de famille, il est difficile d’échapper à un sentiment de culpabilité; celui de s’être débarrassé de quelqu’un qui méritait davantage de reconnaissance.
Beaucoup de ceux qui avaient confié leur aïeul à ces établissements se sont demandé s’ils avaient fait le bon choix lorsqu’ils ont vu ces reportages télévisés au sujet de ces vieillards déshydratés trouvés morts du Covid-19 des heures après leur décès, dans une chambre dont le plancher était souillé d’excréments et d’urine séchée.
On comprend donc l’émoi que ces reportages ont causé.
S’il est vrai que le Covid-19 a fait de nombreuses victimes dans tous les CHSLD du Québec, une proportion inconnue (probablement majoritaire) des décès se sont produits dans un contexte décent au sein d’établissements de Santé où œuvrait un personnel dévoué et compétent.
Cet émoi ne doit pas nous faire oublier que fondamentalement, les CHSLD correspondent à une nécessité économique.
Quand les deux membres d’un couple peuvent travailler, on augmente substantiellement le revenu familial.
Voilà pourquoi ont été créés les maternelles et les hospices publics; en confiant les enfants et les vieux à des établissements spécialement conçus pour en prendre soin, on augmente la productivité d’une société.
Voilà pourquoi les hospices sont là pour demeurer.
Peut-on faire mieux ?
Le problème essentiel des CHSLD est double; le sous-financement chronique et une gestion par des dirigeants dont la carrière est dictée par leur aptitude à ‘faire avec’.
Ce qui signifie ne pas faire de vagues et imposer une omerta au personnel afin que jamais le ministre de la Santé n’ait à répondre publiquement des lacunes qui y sévissent.
L’objectif ultime de tout bon gestionnaire est de respecter le budget alloué en ignorant, s’il le faut, la mission sociale de l’établissement qu’il dirige.
Conséquemment, ces établissements de Santé sont lentement devenus des exemples d’exploitation de l’homme par l’homme.
Pour humaniser le réseau, on pourrait expérimenter la création d’hospices communautaires. C’est-à-dire des CHSLD administrés par la progéniture de ceux qui y habitent.
L’État accorderait un budget global en fonction de la condition médicale des pensionnés et de leur nombre, imposerait un ratio minimum d’infirmières et de médecins à respecter, mais laisserait chaque hospice libre de dépenser les sommes obtenues à leur guise, y compris quant à la rémunération du personnel (professionnel ou de soutien).
À l’égard du personnel de soutien, il leur serait difficile de faire pire que l’État alors que, jusqu’à tout récemment, ces employés étaient payés au salaire minimum.
Le conflit inhérent entre d’une part, des gestionnaires qui exigent des soins de qualité envers ceux qu’ils aiment et d’autre part, l’État qui veut plaire à des électeurs désireux de payer le moins cher possible en taxes, instaure une dynamique créatrice qui m’apparait de nature à donner de bons résultats et à retrouver le sens étymologique du mot ‘hospice’.
Partout en Occident, le message des États est maintenant le même : « Nous contrôlons la situation. Et d’ici peu, nous lèverons progressivement le confinement que nous vous avons imposé, quitte à faire marche arrière et opérer des ajustements si les choses dérapent.»
En réalité, le ‘contrôle’ dont on parle est dans une perspective hospitalo-centrique; au Québec, on a libéré six-mille lits pour soigner les patients gravement malades du Covid-19 et cette réserve a amplement suffi jusqu’à maintenant. Voilà le contrôle dont il s’agit.
Mais l’État québécois n’a aucun contrôle sur la pandémie elle-même; par exemple, c’est l’hécatombe dans les hospices.
Si bien que le bilan meurtrier au Québec est passé de 3,7 à 178,4 morts par million d’habitants en 25 jours. Soit une augmentation de près de cinq-mille pour cent.
S’il s’agit d’une situation bien contrôlée, on se demande ce que serait une situation qui ne l’est pas…
Le tribut meurtrier du Covid-19
Lorsqu’on empêche une pandémie de se répandre, on amortit son impact sur les ressources hospitalières. Mais cela ne fait que différer sa mortalité.
La pandémie continuera de faire des ravages, plus lentement, jusqu’à ce que la population en devienne réfractaire.
À moins que d’ici là, un vaccin soit mis au point, qu’un remède soit découvert, ou que la pandémie disparaisse d’elle-même.
Les experts estiment que la population sera devenue réfractaire lorsqu’environ 60 % des gens seront immunisés contre le Covid-19.
Or, en absence de vaccin, être immunisé contre le Covid-19, cela veut dire l’attraper et en guérir.
Selon la modélisation du gouvernement canadien, daté du début du mois, la pandémie causerait la mort de plus de 250 000 Canadiens avant que 60 % d’entre eux en soient immunisés.
Ce qui représente un peu plus de 56 200 Québécois, soit un taux de mortalité de 6 660 personnes par million d’habitants.
En somme, il s’agit d’un tribut meurtrier 37 fois plus important qu’actuellement.
Jusqu’à tout récemment, il était impossible de vérifier dans quelle mesure la modélisation du fédéral était juste.
Mais le gouverneur de l’État de New York annonçait récemment les résultats d’une étude immunologique qui donne un poids considérable à la modélisation canadienne.
Selon une étude new-yorkaise en cours, 21,2 % des citoyens de New York et près de 14 % des habitants de l’État sont maintenant immunisés contre le Covid-19.
Rappelons que dans l’État de New York, ce 14 % d’immunité grégaire a été obtenu au prix de plus de vingt-et-un-mille morts.
Par règle de trois, pour atteindre un seuil de 60 %, il faudra donc plus de quatre-vingt-dix-mille morts dans cet État.
Puisque le Québec possède une population de 8,4 millions d’habitants (vs 19,5 millions pour l’État de New York), cela signifie que nous devrons payer un tribut de près de trente-neuf-mille morts pour atteindre une immunité grégaire de 60 %.
Ce qui est le deux tiers des prédictions fédérales; 39 000 vs 56 200 morts, soit respectivement 0,5 % et 0,7 % de la population québécoise. En somme, c’est dans le même ordre de grandeur.
Il est simple, rapide et peu couteux d’effectuer une étude sérologique de l’immunité acquise d’une population au Covid-19.
On l’a fait dans l’État de New York, dans le comté de Santa Clara en Californie, dans la ville allemande de Gangelt, de même que dans une école du département de l’Oise en France.
Animé par la nécessité du déconfinement, le gouvernement québécois a plutôt choisi de procéder à l’aveugle, par tâtonnement.
L’utopie de la distanciation sociale
Pour atténuer l’impact du déconfinement, on compte sur l’hygiène des mains et sur la distanciation sociale au travail et à l’école.
Officiellement, le masque n’est recommandé que lorsque la distanciation sociale est impossible.
Malgré le fait que cette pandémie se propage principalement par des gouttelettes respiratoires, il est étonnant de constater que le port du masque n’est qu’une mesure secondaire dans le plan de déconfinement du gouvernement québécois.
Dans le quotidien de l’activité industrielle, on oubliera vite l’importance de la distanciation sociale en franchissant les cadres de porte et on négligera bientôt la désinfection fréquente des toilettes exigües des petits commerces.
Or la moindre imprudence peut s’avérer grave de conséquence pour les travailleurs.
En classe, même si les écoliers étaient assis à deux mètres les uns des autres, il faut être naïf pour penser que cette distance sera respectée lorsque les petits écoliers se précipiteront dans les couloirs ou se bousculeront dans les escaliers et les toilettes.
À moins, évidemment, de créer un climat répressif qui tuera toute spontanéité chez les jeunes écoliers et qui pourrait les marquer durablement.
Quant à l’idée de faire respecter la distance sanitaire dans les cours de récréation, je crois le ministre de l’Éducation trop brillant pour y croire une seule seconde.
En réalité, ce qu’on souhaite vraiment, c’est que chaque écolier qui aura contracté le Covid-19 contamine sa classe. Et par l’effet multiplicateur de ses camarades, il inoculera le virus aux membres adultes de leurs familles respectives.
Dans la mesure où l’infection au Covid-19 est déjà bien installée dans les sociétés occidentales et que sa propagation sera inévitable à la suite du déconfinement, c’est par le biais des écoliers — généralement peu affectés par l’infection — que nos gouvernements ont choisi d’immuniser leur population.
Conclusion
À partir du moment où les États réalisent le cout astronomique du confinement et leur manque d’autorité pour le faire respecter (notamment aux États-Unis), ceux-ci ont décidé de jeter la serviette et de laisser les choses évoluer d’elles-mêmes à la condition que leur système hospitalier ne soit pas submergé par la pandémie.
Les pays qui s’en tireront le mieux sont ceux qui ont retenu les leçons des pandémies antérieures et qui ont agi promptement (en particulier en Extrême-Orient).
Ailleurs, les citoyens qui auront su s’inspirer du succès de ces pays — notamment quant à l’importance du port du masque — seront avantagés en comparaison de ceux qui auront suivi benoitement les conseils des États qui, de toute évidence, ont failli à les protéger adéquatement et qui ont choisi, de manière pragmatique, de les abandonner à la pandémie.
À l’exposition Les Incas… c’est le Pérou ! (remis à cet automne… avec un peu de chance), le Musée Pointe-à-Callière présentait ces vases en terre cuite.
Bouteille
Vase
Ces deux œuvres ont été créées entre l’an 600 et 900, à l’époque où cette partie du monde était dominée par les peuples Moche, puis Wari.
Récipient pansu à huile (de Bolivie)
Récipient à huile à goulot céphalomorphe
Cruche décorée d’une kantuta (la fleur sacrée des Incas)
Ces trois œuvres furent créées entre l’an 1450 et 1532, à l’ère inca.
On admirera la variété des styles et le décor extraordinaire de certaines de ces pièces.
Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs PanLeica 8-18 mm (3e photo) et M.Zuiko 25 mm F/1.2 (les autres photos)
1re photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
2e photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 1250 — 25 mm
3e photo : 1/40 sec. — F/3,6 — ISO 6400 — 14 mm
4e photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 1250 — 25 mm
5e photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
L’État ne peut pas prendre indéfiniment à sa charge les millions de citoyens qu’il oblige à se confiner.
Il est clair que le déconfinement est une nécessité. Encore faut-il qu’il se fasse de manière prudente et rationnelle.
L’hospitalo-centrisme
Selon la modélisation du gouvernement canadien, daté du début du mois, si on laisse la pandémie se répandre à sa guise, elle causerait la mort de plus de 250 000 personnes avant que la population canadienne en soit globalement devenue réfractaire.
À la condition, évidemment, que guérir du Covid-19 signifie en être immunisé. Ce que je crois.
La stratégie du gouvernement québécois est essentiellement hospitalo-centriste.
On a libéré six-mille lits pour soigner les patients gravement malades du Covid-19. Et on cherche à amortir l’impact de la pandémie de manière à ce que jamais il n’y plus de six-mille personnes à la fois qui aient besoin d’être hospitalisées en raison d’elle.
Toutefois, lorsqu’on ‘aplatit la courbe’, on amortit l’impact de la pandémie sur le système de Santé sans en changer le macabre tribut.
À moins, bien sûr, qu’un vaccin ou qu’un remède soit mis au point entretemps. Dans ce cas, la meilleure politique aura été celle qui étirait le temps.
Des arguments superficiels
Pour justifier la politique de déconfinement, en plus des raisons économiques évidentes, on invoque deux arguments superficiels.
• Prévenir la violence conjugale
Lorsqu’on oblige deux conjoints qui se détestent à vivre confinés, on augmente le risque de violence.
Toutefois, est-on en mesure d’affirmer que 250 000 Canadiens seraient tués par leur conjoint si on poursuivait le confinement ?
L’argument que le déconfinement préviendra certains cas de violence conjugale est vrai, mais anecdotique.
• Priver les enfants pauvres de petits déjeuners
Dans les quartiers déshérités de Montréal, les écoles primaires offraient des petits déjeuners gratuits à leurs élèves.
On justifie le déconfinement au nom de ces enfants affamés depuis la fermeture de toutes les écoles du Québec.
Puisque nos gouvernements dépensent déjà des milliards$ pour soutenir l’économie, pourquoi ne trouve-t-on pas quelques millions$ pour que des cantines mobiles se stationnent chaque matin dans la cour de récréation des écoles fermées afin de poursuivre la distribution des déjeuners gratuits ?
Le déconfinement à l’aveugle
Toute politique de Santé publique doit se baser sur la science.
Mais la science, il ne suffit pas de l’invoquer; on peut la créer.
À l’heure actuelle, personne ne connait la véritable proportion de Québécois qui ont attrapé le Covid-19 et qui en sont immunisés.
En Californie et dans l’État de New York, on a entrepris de vérifier la proportion de citoyens immunisés. Les résultats d’une telle étude sont connus en moins d’une semaine.
L’a-t-on fait au Québec ? Non. S’apprête-t-on à le faire ? Pas à ma connaissance.
Puisque la pandémie se propage principalement par des gouttelettes respiratoires, pourquoi fait-on reposer la stratégie de lutte contre la pandémie sur deux très bonnes mesures (le lavage des mains et la distanciation sociale) alors que, de toute évidence, celles-ci donnent des résultats insuffisants ?
C’est au Québec qu’on possède le meilleur laboratoire au pays capable de vérifier l’efficacité des masques protecteurs, dont les masques artisanaux.
De tous les masques créés par nos artisans, lequel est le plus efficace ? En ajoutant une barrière filtrante jetable (ex.: un filtre à café) entre les deux couches de tissus d’un masque artisanal, en augmente-t-on l’efficacité au point d’atteindre (ou de dépasser) l’efficacité d’un masque chirurgical ? Le masque artisanal, est-il plus efficace sec ou mouillé ?
Toutes ces questions sont sans réponse alors qu’elles sont capitales pour équiper la population des armes qui lui seront nécessaires pour faire face au déconfinement.
Conclusion
Il ne fait aucun doute à mon esprit que le gouvernement actuel désire sincèrement protéger la population québécoise contre cette pandémie.
De la même manière que la création de ghettos de vieux — que sont les CHSLD au Québec et les EHPAD en France — rendait inévitable le carnage que pouvait causer un virus gériatro-meurtier, le déconfinement met en péril cette fois le nombre considérablement plus important des vieux qui vivent hors de ces établissements.
À quelques jours de l’annonce d’un plan de déconfinement, je constate la négligence à créer les bases scientifiques d’une telle politique et la superficialité des arguments invoqués jusqu’ici pour préparer l’opinion publique à ce sujet.
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