Covid-19 : l’État doit-il sauver les compagnies aériennes ?

22 mai 2020

Introduction

En raison de la pandémie au Covid-19, tous les grands transporteurs aériens sont menacés de faillite.

Pour l’instant, le transport de marchandises leur assure un peu de revenus. S’ils font également du transport régional, celui-ci n’est rentable qu’au prix de la violation des règles les plus élémentaires de la distanciation sociale entre les passagers.

Beaucoup d’entre eux sont considérés, a tort, comme des fleurons nationaux; Air Canada pour le Canada, KLM pour les Pays-Bas, Lufthansa pour l’Allemagne, et ainsi de suite.

En réalité, ces entreprises ne sont nationales que de nom. Leurs actionnaires viennent de partout à travers le monde. Elles pratiquent l’évasion fiscale; leurs profits sont donc délocalisés dans des paradis fiscaux avant d’être dispersés aux actionnaires. Leurs dirigeants, grassement payés, font partie du jetset ayant œuvré d’un continent à l’autre.

On considère ces entreprises comme des fleurons parce qu’ils maintiennent leur siège social au pays (moyennant d’importantes déductions fiscales). Parce qu’ils transitent par un aéroport au pays : Toronto pour Air Canada, Paris pour Air France, Zurich pour Swiss Air, etc. Et parce que leurs ateliers de réparation sont également situés au pays.

À qui profite le sauvetage ?

Pendant que leurs avions sont cloués au sol, leurs ateliers de réparation ne fonctionnent pas. Ils ne paient pas de taxe d’aéroport. Leur personnel est au chômage forcé mais bénéficie des divers plans d’aide aux travailleurs.

Que ces compagnies fassent faillite ou non, pour l’instant, cela ne change rien pour leurs employés.

La seule différence, c’est que les actionnaires maintiennent la valeur de leur investissement et les dirigeants continuent de toucher les millions de dollars de rémunération.

Après avoir bénéficié de prêts garantis par l’État, si une compagnie décide de faire faillite quand même, ce sont les contribuables qui se trouvent, finalement, à payer la note.

Comme l’a fait Chrysler Canada, effaçant une dette de deux-milliards$ obtenue en vertu du plan canadien de sauvetage de l’industrie ontarienne de l’automobile en 2007.

Nous, Canadiens payons des taxes en retour de quoi l’État canadien nous protège.

Eh bien, les compagnies qui préfèrent payer leurs impôts dans des paradis fiscaux doivent s’adresser aux gouvernements de ces pays s’ils ont besoin d’un plan de sauvetage.

Tough Love

Selon l’idéologie néolibérale qui prévaut en Occident depuis les années 1980, le capitalisme doit servir de modèle aux États.

Or que ferait n’importe quel investisseur privé s’il était à la place de nos gouvernements ?

Il laisserait les compagnies aériennes moisir dans leur jus. Il attendrait qu’elles soient au bord de la faillite et les achèterait pour une bouchée de pain. Il les mettrait en veilleuse jusqu’à la fin de la pandémie. Et il les revendrait avec de juteux bénéfices dès que les vols internationaux reprendraient de nouveau.

Évidemment, les grands perdants seraient les spéculateurs à travers le monde qui perdraient leur mise. Dont font partie les fonds de placement qui gèrent nos fonds de pension. Mais puisque leur portefeuille d’actifs est très diversifié, leurs pertes seraient minimes.

Une transition écologique

L’époque actuelle constitue une occasion unique de rebâtir nos économies sur des bases nouvelles.

Supposons qu’un petit nombre de compagnies aériennes soient nationalisées au creux de leur valeur et que beaucoup d’autres soient abandonnées, c’est-à-dire laissées à elles-mêmes faire faillite.

Et après ?

À la reprise des vols internationaux de passagers, le nombre réduit de transporteurs et leur capacité insuffisante entraineront une nette majoration des prix.

Depuis des années, on sait que le transport aérien est une cause importante de pollution. En dépit de cela, le tourisme de masse se développe inexorablement. Il en est ainsi parce que voyager est de plus en plus abordable. Au point d’être accessible à des centaines de millions de personnes qui, évidemment, en profitent.

Cette accessibilité économique est due à l’apparition de transporteurs à rabais et à des plateformes de location de type Airbnb.

La seule manière de réduire la pollution causée par le tourisme international, c’est de rendre celui-ci onéreux. Il n’y a pas d’autres moyens.

Ce qui ne veut pas dire que les gens cesseront de voyager. Mais ils le feront localement, sur de plus courtes distances, en polluant moins.

Conclusion

Selon l’adage, tout le monde veut aller au ciel, mais personne ne veut mourir.

D’abord et avant tout, cette pandémie est une catastrophe humaine. C’est aussi une période de grandes difficultés économiques pour des milliers de petits entrepreneurs dans les domaines du tourisme, de la restauration, de la culture, etc.

Par contre, d’autres — centres de jardinage, épiceries, ateliers de couture, quincailleries — font des affaires d’or. Tout comme les thanatologues, évidemment.

Bref, les bouleversements actuels sont une occasion d’accélérer la transition vers une économie plus verte. Ce qui veut dire, entre autres, laisser s’effondrer certains secteurs de notre économie.

Il faut abandonner l’idée qu’on peut traverser cette pandémie sans que personne en sorte perdant.

Références :
Coronavirus : Les compagnies aériennes font la loi
Les compagnies aériennes, voyous corporatifs
Pétition pour exiger le remboursement des billets d’avion


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le procès de l’OMS

19 mai 2020

Ces jours-ci, beaucoup de dirigeants occidentaux — notamment à Washington, à Paris et à Londres — reprochent à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) son manque d’esprit critique envers la Chine.

Se querellant sans cesse avec ses alliés et opposée à toute forme de collaboration internationale, l’administration Trump est irritée par l’attitude bienveillante de l’OMS. Selon la rhétorique belliqueuse américaine, cette collaboration fait figure de trahison puisque les États-Unis paient une bonne partie du budget de cet organisme.

Alors que la transmission communautaire du Covid-19 est évidente depuis le début, l’administration Trump accuse l’OMS d’avoir sous-estimé la dangerosité du Covid-19 et d’avoir ignoré les alarmes des autorités sanitaires de Taïwan, cette ile où est exilé le seul gouvernement légitime de la Chine (selon Washington).

On oppose donc la bonne ile taïwanaise à la méchante Chine. Comme on opposerait la vaillance d’une poignée de guerriers gaulois à la multitude des légionnaires romains.

Il est vrai que Taïwan a très bien fait face à l’épidémie du Covid-19. Mais ce succès a un prix.

Taïwan oblige la géolocalisation de ses 24 millions de citoyens. Parmi ceux en quarantaine, le pays prête même un téléphone multifonctionnel à ceux qui n’en ont pas.

Les personnes en quarantaine qui osent quitter la zone de confinement qui leur est alloué reçoivent alors l’ordre d’appeler la police immédiatement sous peine d’une amende de 33 000$.

Si on faisait la même chose au Canada, de nombreux défenseurs des droits de la personne compareraient les mesures de type taïwanais au contrôle liberticide imposé aux personnages du roman ‘1984’.

Mais revenons aux ‘mensonges’ et aux cachoteries présumées de la Chine. En réalité, cela sert d’excuse à la gestion calamiteuse de cette crise par les dirigeants occidentaux.

Tout comme la Corée du Sud, le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, Taïwan n’a pas eu accès à des informations privilégiées au sujet de la Chine. Pourtant, tous ces pays ont agi promptement. Pas les nôtres.

Lorsque la Chine a mis en quarantaine des dizaines de millions de ses citoyens, la planète tout entière ne pouvait ignorer la dangerosité du nouveau virus.

Le rôle des diplomates américains en Chine n’est pas limité à venir en aide aux Américains dans ce pays; ce sont des espions. Plus précisément, ce sont des experts dans différents domaines qui transmettent à Washington tout ce qu’on doit savoir au sujet du pays où ils sont en fonction.

Dès novembre 2019, les services américains du renseignement ont averti leurs alliés de l’OTAN et Israël au sujet d’une nouvelle épidémie humaine de nature virale en Chine. Une épidémie extrêmement dangereuse. Ces informations ont été détaillées dans un rapport confidentiel du National Center for Medical Intelligence de l’armée américaine, un rapport que celle-ci a tenté par la suite de nier.

Ces alarmes ont été ignorées par Donald Trump comme il a ignoré celles des responsables sanitaires en sol américain. Des responsables qu’il a congédiés lorsqu’ils refusaient de soutenir son aveuglement et son insouciance.

Donald Trump ne peut pas à la fois accuser la Chine de lui avoir caché la dangerosité du Covid-19 alors qu’il a été sourd aux avertissements des experts de son propre pays.

Nous sommes dans un beau pétrin parce que l’Occident en général et le Canada en particulier n’a rien retenu des leçons de l’épidémie du SRAS. Contrairement à Taïwan.

On ne s’est pas équipé de scanneurs thermiques aux aéroports. On a tardé à fermer les frontières. On n’a assuré aucun suivi des personnes contagieuses qui entraient au pays. On a détruit les réserves stratégiques de masques. Et en raison de leur pénurie, on a malicieusement prétendu que les masques n’étaient efficaces que lorsque portés par des professionnels de la Santé.

Mais c’est plus simple de dire que c’est la faute de la Chine…

Références :
ABC News: US intelligence warned of China’s spreading contagion in November
Report: Israeli Health Ministry Ignored US Warning in November of Viral Threat from China

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le bannissement partiel de l’écriture inclusive sur ce blogue

19 mai 2020

Introduction

Jusqu’en octobre 2007, j’étais le rédacteur en chef du dBASE Developers Bulletin, une revue électronique (aujourd’hui à l’abandon) que j’avais fondée en mai 1999.

Au sein de cette revue multilingue, principalement anglophone, mes fonctions étaient celles d’un editor plutôt que celles d’un rédacteur en chef.

Dans le monde francophone, l’auteur est un créateur dont le texte est sacré. On peut y corriger les fautes de français. Mais aller au-delà, sans sa permission, expose le rédacteur en chef à des accusations de censure.

Chez les Anglophones, l’editor dispose de plus de latitude. Lorsqu’une phrase est incompréhensible, il pourra reformuler le texte s’il est certain de ce que l’auteur voulait dire. Et généralement, ce dernier lui en sera reconnaissant.

L’écriture inclusive

L’écriture inclusive possède plusieurs aspects intéressants auxquels je m’efforce d’adhérer. Toutefois, l’un d’eux est très controversé; c’est la mitraille de points, accusée d’être un obstacle à la lisibilité des textes.

Il s’agit d’un reproche majeur puisque toute langue écrite est essentiellement un outil de communication dont on réduit l’efficacité quand on s’attaque à sa lisibilité.

Exemple : « Cher.e.s lecteur.rice.s ».

Comme de la dentelle inutile, la ‘mitraille de points’ est une parure décadente qui cache la beauté simple du français.

Le quotidien Le Devoir a déjà publié plusieurs lettres de lecteurs rédigées ainsi.

Sur ce blogue, un seul des 3 148 commentaires a été écrit et publié de cette manière. Il le demeurera.

Toutefois, ce matin, la publication d’une première chronique dans Le Devoir écrite en écriture inclusive m’a convaincu de mettre fin à mon attitude tolérante face à ses excès.

Conséquemment, les lecteurs qui voudraient publier ici leurs commentaires sont les bienvenus. Mais à partir d’aujourd’hui, la correction des fautes de français s’étendra sans autre avis à la correction de la ‘mitraille de points’.

Merci de votre compréhension.

Référence : L’écriture inclusive

Paru depuis :
L’«écriture inclusive» interdite à l’école française (2021-05-12)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Théâtre : les délices du confinement

18 mai 2020

Pour tous les artistes qui vivent des arts de la scène, la pandémie du Covid-19 est une catastrophe qui accentue leur précarité.

Afin de faire vivre le théâtre en ces temps de confinement, la Comédie-Française a décidé d’offrir des captations théâtrales puisées dans ses riches archives et qui changent à chaque jour.

Pour les amateurs de théâtre, tout cela est une mine d’or.

Le programme de la journée ne comprend pas seulement la diffusion d’une pièce de théâtre.

De 16h (heure de France) à la fin de la soirée, on peut voir successivement une lecture de poésie, la présentation d’un des métiers de la scène (costumier, décorateur, éclairagiste, etc.), des entrevues, l’analyse d’un extrait littéraire, et finalement la présentation d’une pièce de théâtre ou, à défaut, d’un opéra ou d’un ballet mis en scène par un sociétaire de la Comédie-Française.

Tout ce programme fait partie d’un gros fichier vidéo sur YouTube qui cesse d’être disponible le lendemain. Un fichier dont on peut choisir de ne regarder que ce qui nous intéresse.

Dans certains cas, la captation n’était pas destinée au public, mais aux archives de la troupe afin de rafraichir la mémoire des artisans en vue d’une reprise ou pour conserver une trace du travail effectué.

Voilà pourquoi, à de rares occasions, la bande sonore est franchement médiocre, ce qui en limite l’intérêt.

Parmi les choses extraordinaires qui j’y ai vu jusqu’ici, signalons :
• le 17 avril, Le Système Ribadier de Georges Feydeau (je ne rappelle pas d’avoir autant ri depuis dix ans),
• le 18 avril, La Trilogie de la villégiature de Carlo Goldoni (le regard tendre de Goldoni sur les petits travers de ses concitoyens),
• le 28 avril, Lucrèce Borgia de Victor Hugo (violent et génial),
• le 1er mai, La Tête des autres de Marcel Aymé (drôle et cynique),
• le 7 mai, La clemenza di Tito, opéra de Mozart (transposé à l’époque moderne),
• le 9 mai, Electre/Oreste d’Euripide (barbare et fascinant),
• le 14 mai, La Source dans une chorégraphie de Jean-Guillaume Bart (un des plus beaux ballets que j’aie vus de ma vie).

S’il est vrai que le confinement tire à sa fin, les règles de distanciation sociale seront toutefois de mise jusqu’à la fin de la pandémie. On peut donc présumer que le programme de la Comédie-Française se poursuivra encore quelques mois.

Si vous voyez passer Un chapeau de paille d’Italie d’Eugène Labiche (dans une mise en scène de Georgio Barberio Corsetti) ou Un fil à la patte de Georges Feydeau (dans une mise en scène de Jérôme Deschamps), surtout ne manquez pas ça.

Après un certain temps, il est possible que certains des spectacles dont j’ai parlé soient programmés de nouveau. Si c’est le cas, je vous invite à ne pas rater l’occasion.

L’initiative de la Comédie-Française contribue au plaisir d’être francophone puisqu’elle est sans équivalent, par son ampleur, à tout ce qui se fait actuellement à travers le monde.

Pour plus de détails, les intéressés cliqueront sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’impatience du gouvernement Legault

17 mai 2020

Introduction

Il était une fois un tsar qui eut l’idée d’aller voir comment ses gouverneurs locaux s’acquittaient de leurs fonctions.

Jusqu’aux confins de l’empire, la nouvelle suscita une vive inquiétude parmi tous ceux qui tyrannisaient les paysans, réduits au servage, qui formaient l’immense majorité de la population.

Rapidement, la rumeur s’était répandue; le monarque allait traverser son empire en naviguant sur la Volga plutôt que d’emprunter en calèche les routes inconfortables de Russie.

Un de ses gouverneurs fit donc construire à grands frais des panneaux en trompe-l’œil sur lesquels étaient représentées de jolies maisons campagnardes en bois, dont les fenêtres étaient décorées de fleurs. Des panneaux qu’il plaça au loin, le long du parcours impérial.

Puis, çà et là, la nuit tombée, des musiciens et des danseurs avaient été embauchés pour festoyer autour d’un feu de joie allumé au passage du monarque.

Et dès que le tsar était hors de vue, ces artistes étaient transportés à toute vitesse un peu plus loin afin de répéter leur numéro sous une musique folklorique différente.

Je ne me rappelle plus très bien comment finit cette histoire. Mais la partie dont j’ai le souvenir ressemble beaucoup à la perception que le gouvernement Legault possède de notre système de Santé.

Ne pas attirer l’attention

Depuis que notre système de Santé s’est calqué sur le modèle de l’entreprise privée, on a perdu de vue qu’il s’agissait d’un service public.

Sous le prétexte de l’efficience et de l’efficacité, les établissements sont maintenant dirigés par des administrateurs qui ne se perçoivent pas comme des serviteurs du peuple, mais plutôt comme des gestionnaires du budget qui leur est alloué.

Et si le gouvernement sabre leur budget, la dernière chose qu’il veut entendre, ce sont les protestations de ces gens-là.

Le gestionnaire qui sait imposer une omerta au personnel, l’obliger à travailler dans des conditions impossibles, et qui réussit à faire en sorte que leur dévouement transcende les conditions difficiles de leur travail est certain de faire une longue carrière dans le secteur public.

Car c’est ce qu’on attend de lui. L’important est que jamais le ministère n’ait à répondre des décisions des gestionnaires locaux.

Les rapports envoyés au ministre doivent être positifs et les objectifs, essentiellement atteints. Bref, tout doit être beau. Avec cette petite dose d’imperfections qui font vrai et qu’on corrigera au rapport suivant.

Une lutte contre le Covid-19 en trompe-l’œil

Si les ministres du Québec passaient en limousine devant ces édifices consacrés à soigner le peuple québécois, ils éprouveraient la même fierté de ce tsar, heureux de constater le bonheur de son peuple.

Toutefois, depuis le début de l’épidémie au Covid-19 au Québec, derrière ces belles façades, des choses importantes ne fonctionnent pas comme prévu.

D’un côté, le Québec peut être fier de ses travailleurs de la Santé. Par milliers, ceux-ci dispensent des soins de qualité en dépit des coupures infligées par les gouvernements québécois successifs.

Mais de l’autre, en temps de crise, tout déraille.

L’approvisionnement en matériel de protection frise la rupture de stock. Pendant plusieurs semaines, le gouvernement est sur la corde raide; on en a pour moins de deux semaines. Parfois pour quelques jours. Alors on rationne.

Puis c’est l’hécatombe dans les hospices. Sous-financés depuis des décennies, ces établissements n’avaient le personnel qui leur était nécessaire que grâce au recours à du personnel d’appoint fourni par des agences privées.

Mais la demande accrue en personnel occasionnée par la pandémie et le danger qu’elle représente ont fait effondrer le nombre de ceux qui pouvaient (ou qui voulaient) y travailler.

Tels les paysans russes réduits au servage, les ‘employés de soutien’ étaient payés au salaire minimum et menacés de sanctions s’ils refusaient d’effectuer des heures supplémentaires ou s’ils décidaient de porter un masque artisanal pour se protéger. Face au péril du Covid-19, beaucoup d’entre eux ont jugé que c’en était assez.

Les appels aux médecins, aux étudiants en sciences de la Santé, puis à des volontaires se sont avérés insuffisants.

La mort dans l’âme, le premier ministre s’est résigné à faire appel à l’armée canadienne, faute de bras parmi les millions de Québécois en chômage forcé…

Et que dire des tests.

Se fiant aux informations qu’on lui transmet, le gouvernement annonce fièrement que des milliers de tests seront effectués.

Mais quand il compile le nombre de résultats de ces tests, cela ne balance pas; leur nombre est toujours nettement inférieur. C’est qu’on en a fait moins que prévu.

Les justifications varient. Ici, on manquait d’infirmières. Là, on a été à court d’écouvillons. Plus loin, les employés qui font les analyses étaient malades. Ou on a simplement oublié de prévenir les citoyens qui, évidemment, ne se sont pas présentés. Et ainsi de suite. Bref, tout va de travers.

Et quand la ministre de la Santé affirme catégoriquement que les résultats des tests prennent de 24 à 48 heures, cela n’est toujours vrai que dans les rapports qu’elle reçoit. Comme ces belles isbas que voyait le tsar au loin.

Quant à ceux chargés de retracer les contacts des personnes contagieuses, ils font avec des résultats qu’on leur transmet trop tard. Et ce, à partir de foyers d’infection qu’on n’a trouvé que parmi les personnes contagieuses. Ignorant ainsi la propagation par les personnes asymptomatiques.

Si bien que le nombre de morts par million de personnes est passé au Québec de 3,7 à 410,2 en un mois et demi.

Et par-dessus tout, le gouvernement est pris à essayer de paraitre en maitrise de la situation alors que la direction de la Santé publique est, de toute évidence, incapable de penser par elle-même, répétant comme un perroquet les avis insensés de l’Organisation mondiale de la Santé quant à l’importance minime, selon cet organisme, du port du masque.

D’où l’obligation pour la Santé publique, finalement, de se contredire tout en faisant semblant que c’est ce qu’elle avait toujours recommandé.

Conclusion

Depuis des semaines, le gouvernement éteint les feux qui s’allument çà et là.

Il est pris avec un système de santé géré tellement serré qu’il ne peut sauver les apparences qu’en temps normal.

Or justement, le gouvernement découvre que les rapports qu’il reçoit visent à l’endormir. Tout n’est qu’illusion.

Un exemple patent est le pourcentage des gens hospitalisés atteints du Covid-19. Ce pourcentage transmis par les hôpitaux est calculé non pas en fonction de l’ensemble des patients hospitalisés, mais en fonction du nombre de lits, ce qui inclut les lits inoccupés.

Et quand on l’informe de la situation dans un hospice en particulier, c’est que les choses sont devenues à ce point catastrophiques que les gestionnaires locaux ne peuvent plus cacher au ministère l’état d’une situation qui se dégrade depuis longtemps, mais demeurée secrète jusque-là.

Imaginez un général qui doit livrer bataille sans savoir ce qui se passe au front.

C’est exactement la situation dans laquelle se trouve François Legault. D’où sa venue à Montréal et sa rencontre à huis clos avec les gestionnaires du réseau.

Références :
La ministre McCann dit vouloir mettre fin à l’omerta
Legault insatisfait du nombre de tests au Québec
Legault s’impatiente et se rend à Montréal

Parus depuis :
Dans les méandres de «Je contribue» (2020-05-19)
L’omerta du système de santé (2020-05-19)
L’omertà est maintenue dans le système de santé québécois (2021-04-26)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : Évolution en un mois et demi

16 mai 2020

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un demi-million d’habitants.


Tableau comparatif des pays les plus atteints, en nombre de morts par million d’habitants

Pays 01 avr 16 avr 01 mai 16 mai
Belgique 72,6 426,1 675,7 789,9
Espagne 194,0 410,0 532,0 590,7
Italie 205,5 366,6 466,9 525,2
Grande-Bretagne 35,4 206,6 414,1 518,8
France 52,6 267,5 367,1 412,4
Québec 3,7 74,2 238,2 410,2
Suède 23,6 131,7 262,1 363,0
Pays-Bas 68,3 193,0 284,8 330,0
Irlande 14,7 100,6 261,9 317,4
États-Unis 12,4 105,4 199,1 272,0
Suisse 53,8 149,5 204,7 219,3
Équateur 5,5 23,2 51,5 157,2
Portugal 18,2 61,1 97,9 116,9
Danemark 18,6 57,3 82,1 96,7
Allemagne 9,9 47,6 80,5 96,7
Iran 37,4 60,0 75,0 85,5
RoC* 2,9 19,7 51,0 78,9
Pérou 2,3 23,5 32,5 78,8
Brésil 1,1 9,1 28,5 71,8
Autriche 16,6 46,5 66,8 71,3
         
Japon 0,4 1,5 3,6 5,7
Corée du Sud 3,2 4,4 4,8 5,0
Chine 2,4 2,4 3,4 3,4
Hong Kong 0,5 0,5 0,5 0,5
Taïwan 0,2 0,3 0,3 0,3

*— ‘N.D.’ signifie non disponible et ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.


Référence : Covid-19 Coronavirus Pandemic

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Un patron de masque artisanal contre le Covid-19

13 mai 2020
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Présentation générale

Les masques artisanaux possèdent généralement deux lacunes.

La première est que l’élastique ou les bandes qui servent à attacher le masque au visage créent une tension qui s’exerce tout le long du bord supérieur à partir de l’arête du nez.

Cela crée une ouverture de chaque côté du nez par laquelle de l’air peut pénétrer au moment de l’inspiration, court-circuitant ainsi le masque.

La deuxième lacune est que les côtés du masque n’adhèrent pas parfaitement aux joues.

Afin de corriger ces deux lacunes, j’ai créé différents modèles. Je vous présente ici le meilleur de ceux que j’ai conçus.

Le patron ci-dessus montre la forme du masque une fois les ourlets créés. C’est donc à dire qu’on prendra plus de tissus que ce qu’on voit.

La partie supérieure du masque

Avant d’assembler les deux faces du masque, on devra coudre séparément la partie destinée à suivre l’arête du nez (en bleu).

Une fois cela fait, on devra coudre toute la partie supérieure du masque et de la longue bande destinée à être attachée derrière la tête. Cette bande doit être de longueur suffisante.

On remarquera qu’à sa partie supérieure, le masque adopte une forme concave de chaque côté. C’est afin de dégager les paupières.

De plus, la bande qui tient le masque en place (en pâle) est décalée vers le bas du masque, laissant sa partie supérieure libre de suivre le contour du visage.

La pression exercée par cette bande oblige l’inspiration par la bouche à se faire au travers du masque. En contrepartie, cela rend pénible le port de ce masque par les personnes qui effectuent un effort physique intense.

La partie inférieure du masque

Le bord inférieur chaque face du masque devrait avoir un ourlet. Mais on évitera de coudre ensemble les deux faces du masque afin de permettre l’insertion, entre elles, d’un filtre poreux (un filtre à café, par exemple).

Je passe habituellement mon filtre à l’eau du robinet avant de l’insérer et j’apporte un petit vaporisateur d’eau pour l’humecter périodiquement lorsqu’il commence à manquer de souplesse.

Le filtre sera jeté après chaque usage.

Au bas, le ‘V’ inversé est pour le menton. Cette forme particulière n’est pas essentielle; on pourrait donner une forme différente à sa guise.

Le bas de la photo montre la taille du masque, en centimètres. En cliquant sur la photo ci-dessus, on a accès à la version à haute résolution qui, une fois imprimée, devrait être approximativement de taille réelle.

Aux intéressés : bonne chance !

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : le test de la réalité

7 mai 2020

Au moment où on s’apprête à rouvrir prochainement les écoles et les garderies, la nouvelle ne pouvait pas plus mal tomber.

Rares sont les garderies encore ouvertes; seules le sont celles qui s’adressent aux jeunes enfants des travailleurs essentiels.

On apprenait ce matin que l’une d’elles, située à Mascouche, avait été contaminée par le Covid-19.

Montrant des symptômes s’apparentant à ceux du Covid-19, un des enfants a été testé ‘autour du 23 avril’ (sic) selon le directeur de la Santé publique de Lanaudière.

Même lui ne sait pas précisément quand.

Ce qu’on sait, c’est que les résultats du test n’ont été connus que le 30 avril. Et ce, alors qu’on nous dit et qu’on nous répète qu’on obtient les résultats des tests le lendemain (ou le surlendemain dans le pire des cas).

Faites le calcul.

Lorsque j’ai lu cette nouvelle, j’ai cru à une coquille typographique. Il a fallu que je lise la même chose sur le site de Radio-Canada pour y croire.

En panique, la direction de la Santé publique a testé tous les enfants de cette garderie pour découvrir que 12 enfants sur 27 avaient eu le temps d’être contaminés, de même que 4 membres du personnel.

Depuis, une trentaine de personnes travaillent à plein temps pour documenter à postériori la chaine de cette transmission virale.

Dimanche dernier, j’écrivais sur ce blogue que les autorités sanitaires du Québec étaient comme le chien qui court après sa queue; toujours en retard sur le virus.

Le cas de cette garderie, fermée depuis, en est un parfait exemple.

Autre cas.

Mardi dernier, le chroniqueur Patrick Lagacé, de La Presse, rapportait l’anecdote suivante.

Il y quelque temps, sa collègue Katia Gagnon se sent malade et décide de passer un test de diagnostic au Covid-19.

Puis elle attend. Et elle attend.

Lasse d’attendre, elle appelle à Info-Santé. Au téléphone, la préposée lui dit que pour les tests, c’est 11 ou 12 jours d’attente.

La journaliste argumente : « Je m’excuse, mais à sa conférence de presse, la ministre de la Santé a bien dit que ça prend de 24 à 48 heures

La réponse de la préposée est sans équivoque :

« Je regarde les mêmes conférences de presse que vous, madame, mais moi je vous dis ce qui se passe dans la réalité

Soyons gentils et présumons que ces deux exemples sont des cas particuliers et qu’ils ne reflètent pas la réalité.

Alors la question qui se pose est la suivante : Est-ce que la direction de la Santé publique effectue des contrôles de qualité au sujet de ce qui se passe réellement.

Dans le cas d’une pandémie meurtrière qui se répand à toute vitesse, il ne suffit pas d’un taux d’excellence de 90 % ou de 95 %; on doit viser la perfection. Il faut une rigueur militaire.

Donc, est-ce que quelqu’un, quelque part, connait le pourcentage des résultats qui sont communiqués aux personnes testées en moins d’un jour, de deux jours, de trois jours, et ainsi de suite.

Et s’il existe des données fiables à ce sujet, peut-on les rendre publiques afin de restaurer la confiance des citoyens envers la direction de la Santé publique du Québec alors que celle-ci ressemble de plus en plus au Titanic ?

Références :
À la grâce de Dieu
Éclosion de COVID-19 dans une garderie de Lanaudière
La stratégie de dépistage du Québec vivement critiquée par une conseillère de Trudeau
Le dépistage ‘massif’ du Covid-19 au Québec : une plaisanterie
Un premier foyer d’éclosion de coronavirus dans une garderie au Québec


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le pouvoir des étagères

7 mai 2020
Prunksaal de Vienne ou Salle d’apparat de la Bibliothèque nationale

Sur l’internet, j’écoutais dernièrement les propos d’un artiste de la Comédie française.

Confinement oblige, celui-ci s’était filmé assis entre un grand miroir (derrière lui) et la fenêtre de son appartement.

Nous, spectateurs, avions donc l’acteur de face, éclairé par sa fenêtre. Et dans le miroir, on voyait son reflet de dos, l’iPhone au bout du bras. En arrière-fond, par la fenêtre, se déployait le feuillage majestueux d’un arbre vu du premier étage.

Le résultat était aussi charmant qu’original.

Au cours des grands concerts collectifs en appui aux travailleurs américains de la Santé ou aux banques alimentaires canadiennes, on pouvait comparer l’intérieur bourgeois du logis des vedettes de la chanson américaine avec celui, plus modeste (et plus sympathique), des vedettes canadiennes. Ces décors révélaient des différences de niveaux de vie.

Durant les entrevues par Skype, on se plait à observer la décoration intérieure des appartements de nos vedettes quand nous ne sommes pas distraits par le chat qui s’invite à marcher en gros plan sur le clavier de son ordinateur.

Et lorsque des experts — médecins, infectiologues, et épidémiologistes — sont invités à parler du Covid-19, on remarque leur souci de faire sérieux et de se mettre en scène. Comme des artistes.

Ceux qui s’expriment de leur cabinet prennent soin de se filmer devant un mur de diplômes académiques.

Mais que faire lorsqu’on doit répondre à une entrevue de la maison ?

Pour rehausser la crédibilité, l’urgentologue animé de compassion évitera de se filmer devant la tête empaillée d’un trophée de chasse.

Pour ce qui est du directeur tout endimanché d’un CIUSSS, d’un CLSC, d’un CHSLD — ou de tout autre organisme dont le nom, impossible à prononcer, témoigne de la déshumanisation que des technocrates lui ont fait subir — celui-ci évitera d’accorder l’entrevue du sous-sol de son bungalow, devant la belle peinture à la craie d’une nue sur velours noir.

Au contraire, rien de mieux qu’une étagère de livres pour rehausser la crédibilité d’un expert.

Vous noterez; la plupart d’entre eux font la mise au point sur l’étagère derrière eux plutôt que sur leur visage. C’est ce qui s’appelle une entrevue de fond.

Évidemment la basse résolution de l’image ne permet pas de distinguer tous les titres. Mais on peut lire les plus gros.

Et on se dit : « C’est merveilleux, il a lu ça, lui aussi.» ou « Tiens, ç’a l’air intéressant; l’ont-ils chez Archambault ?»

Et quand l’entrevue est terminée, on se demande : « Mais de quoi parlait-il au juste…»

Malheureusement, les experts de demain ne pourront pas se filmer devant leur collection de livres électroniques. Toutefois, en réalité virtuelle, ils pourraient choisir d’apparaitre devant les étagères des plus grandes bibliothèques du monde…

Détails techniques de la photo : Panasonic GH1, objectif Lumix 7-14mm F/4,0 — 1/15 sec. — F/4,0 — ISO 400 — 10 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Un traitement écologique du Covid-19

6 mai 2020

Avertissement

La toute première chose à faire lorsqu’apparaissent les premiers symptômes du Covid-19, c’est de prendre rendez-vous pour un test de diagnostic.

Or le traitement qui suit est basé sur une hygiène des cavités nasales qui a pour effet d’y réduire la quantité de virus présents.

Pour établir le diagnostic d’infection au Covid-19, si la présence abondante de particules virales est essentielle, il est possible que ce traitement nuise aux tests de diagnostic.

Il vous faudra le préciser au moment de la prise de rendez-vous. Si ce traitement nuit au diagnostic, il n’est pas fait pour vous.

Par contre, s’il ne pose pas de problème, vous pouvez poursuivre la lecture du présent texte.

Limites du traitement

Il n’a pas d’action préventive

Les conseils qui suivent ne servent pas à prévenir l’infection au Covid-19.

On évite de l’attraper par le confinement ou le port du masque associé à la distanciation sociale.

Et on l’évite aussi par le lavage fréquent des mains à l’eau savonneuse ou, à défaut, par le badigeonnage des mains avec un gel alcoolisé.

Il n’a pas d’action curative

Actuellement, il n’existe pas de remède à l’infection par le Covid-19. Le but du traitement n’est donc pas non plus d’en guérir.

Une atténuation hypothétique de la gravité

Le traitement est basé sur l’hypothèse que la réduction de la charge virale du nez atténue la gravité de l’infection.

Un tel traitement n’a jamais été testé. Il repose donc uniquement sur des considérations théoriques.

Il consiste en un ensemble de soins qui respectent un principe de base de la médecine depuis l’Antiquité : Primum non nocere, c’est-à-dire En premier lieu, ne pas nuire.

Début immédiat du traitement

Le traitement doit être débuté immédiatement après la prise d’un rendez-vous, c’est-à-dire dans l’heure qui suit l’apparition des premiers symptômes.

Pas quelques jours plus tard. Pas même le lendemain ni même plus tard au courant de la première journée.

En clair : le traitement doit être débuté sur-le-champ.

Les fondements du traitement

Le traitement est basé sur une des rares choses qui, à ce jour, ont été prouvées scientifiquement au sujet du Covid-19; l’intérieur du nez est l’incubateur de l’infection.

C’est dans le nez que le virus se multiplie avant de se lancer à l’assaut des poumons.

Dans de très fines gouttelettes, le virus peut atteindre directement les poumons. Mais stratégiquement, il est plus efficace pour lui de s’arrêter d’abord dans le nez, de s’y multiplier en des millions d’exemplaires, puis d’attaquer en masse les poumons.

De plus, l’autre chose également prouvée scientifiquement, c’est que la charge virale atteint son sommet le jour de l’apparition des symptômes et la veille. C’est à ce moment-là qu’on trouve le plus de virus dans le nez.

Puisqu’on ne peut pas savoir d’avance qu’on aura bientôt des symptômes, on doit donc commencer le traitement dès qu’ils apparaissent, faute de n’avoir pu le faire avant.

L’équipement nécessaire

Puisqu’on devra s’équiper et débuter le traitement avant de passer un test de diagnostic plus tard dans la journée, il est suggéré de s’équiper minimalement au cas où le test s’avèrerait négatif.

Si votre pharmacien n’a pas ce qu’il vous faut et vous propose de le commander pour vous, refusez et allez dans une autre pharmacie. Vous devez débuter le traitement dans les plus brefs délais.

Ce qu’il faut obtenir sur-le-champ, c’est ce qui est nécessaire pour effectuer des bains nasaux. Pas un simple vaporisateur nasal, mais un produit qui permet d’effectuer des douches nasales.

Il peut s’agir d’une trousse Sinus Rince (15$ à 20$), d’un format d’HydraSense Nasal isotonique (environ 12$), ou de leurs équivalents. Ce sont les produits les plus faciles à utiliser.

Une autre catégorie de produits comprend les nécessaires à douche nasale intégrale.

Cette catégorie comprend la théière NasaFlo (moins de 20$), Rhino Horn (en Europe), et l’appareil Naväge (environ 90$).

On les utilise avec une quantité d’eau précise à laquelle du sel est ajouté sous forme de sachet ou de capsule. À la fréquence suggérée ici (à l’heure), je déconseille l’utilisation de toute solution saline qui ne soit pas isotonique.

Les douches nasales intégrales nettoient les cavités nasales de manière beaucoup plus complète. Toutefois, ils ne sont conseillés ici (pour lutter contre l’infection à Covid-19) qu’à ceux qui sont déjà familiers avec leur utilisation.

Ceux qui s’en servent pour la première fois risquent d’avaler maladroitement une partie de l’eau qui a servi à nettoyer leurs narines. Or cette eau souillée est fortement contaminée de virus. Ce qui provoquera la diarrhée.

Tout ce qui aura servi à donner des douches nasales devra être nettoyé à l’eau chaude savonneuse à la suite de chaque utilisation, puis asséché. Dans le cas de l’appareil Naväge, on doit le démonter avant de nettoyer ses parties (sauf le moteur).

Posologie

Jusqu’à la fin de votre infection, vous devrez irriguer vos deux narines à une fréquence horaire lorsque vous êtes éveillé et profiter de vos visites nocturnes à la toilette pour procéder à des bains nasaux supplémentaires.

Le confinement

Si le test de dépistage s’avère positif, aménagez le lieu de votre confinement.

Idéalement, ce serait une pièce située à proximité d’une salle de bain ou d’une toilette dont vous aurez l’accès exclusif. Cette pièce devra être maintenue dans un état de propreté impeccable et être bien aérée vers l’extérieur; si possible, sa fenêtre devrait être ouverte jour et nuit.

Si cette salle de bain communique avec un espace commun (un couloir, par exemple), on conservera la porte fermée afin d’éviter de contaminer tout le logis.

Normalement, une douche nasale fait jaillir des gouttelettes qui, dans votre cas, seront hautement contaminées. Cette pièce deviendra donc l’équivalent de la ‘zone chaude’ des hôpitaux. L’idéal est donc que vous soyez le seul à y accéder.

Heureusement, le Covid-19 est un colosse aux pieds d’argile. Aussi contagieux et meurtrier qu’il soit, il est détruit simplement par de l’eau savonneuse, particulièrement lorsque l’eau est chaude.

Après le bain nasal, toutes les surfaces éclaboussées devront être nettoyées et asséchées. Cela comprend la robinetterie et l’évier de la salle de bain, de même que les produits ou appareils utilisés pour donner les bains.

Les serviettes qui serviront à éponger les dégâts devraient être lavées à part, simplement au détergent à lessive. L’ajout d’eau de Javel à la lessive n’est pas nécessaire puisque le virus est très sensible aux détergents.

Mot de la fin

Il n’existe aucune preuve que ce traitement, basé sur la réduction de la charge virale du nez, soit efficace pour réduire la gravité de l’infection au Covid-19.

Mais il certain qu’il est totalement inoffensif. Même pour l’environnement puisqu’on n’utilise ici que de l’eau et du sel.

En réduisant la quantité de virus que peut émettre la personne atteinte, il est possible que cette mesure hygiénique réduise sa contagiosité lors d’éternuements. Toutefois, cela est moins évident dans le cas de la toux puisqu’alors les gouttelettes respiratoires proviennent surtout des voies respiratoires inférieures.

Dans tous les cas, j’aimerais inviter toutes les personnes qui l’essaieront à prendre la peine de partager avec nous leur expérience et de nous dire si, selon elles, ce traitement les a aidées.

Merci à l’avance.

Références :
Aerodynamic analysis of SARS-CoV-2 in two Wuhan hospitals
Les mystères du Covid-19 (2e partie)
Primum non nocere
Temporal dynamics in viral shedding and transmissibility of COVID-19

Paru depuis :
Risque de transmission aéroportée du coronavirus SARS-CoV-2 : de l’importance du port du masque et de locaux bien ventilés (2020-05-09)


Remerciements : J’aimerais remercier mesdames Louise Bernier et Jacynthe Marsolais pour leurs suggestions qui ont contribué à l’amélioration du présent texte.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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