En marge du meurtre de George Floyd

4 juin 2020

Les types d’homicides

Dans le système judiciaire américain, il y a trois sortes d’homicides.

Le meurtre au troisième degré est l’équivalent de l’homicide involontaire.

Imaginez que vous tirez au hasard dans une foule. Votre balle pourrait simplement blesser quelqu’un. Mais vous pourriez tout aussi bien tuer une personne. Si c’est le cas, vous n’avez pas délibérément décidé de tuer cette personne. Vous avez simplement tiré dans le tas, faisant ainsi preuve d’une grave imprudence entrainant la mort. Voilà un homicide au troisième degré.

Le meurtre au second degré survient lorsqu’on tue quelqu’un intentionnellement, mais sans l’avoir prémédité. Une bagarre éclate, vous frappez votre adversaire un peu trop longtemps. Vous vous doutiez que vos derniers coups pouvaient entrainer sa mort. Mais vous avez choisi de continuer, sans avoir choisi au départ de provoquer son décès.

Et le meurtre au premier degré est non seulement intentionnel, mais également prémédité. Il n’est pas nécessaire que ce meurtre soit longuement planifié. Quelques minutes pourraient suffire. Mais pour obtenir une condamnation, il faut avoir la preuve (un enregistrement, un écrit, le témoignage d’un témoin) qui fasse la preuve de cette préméditation. Ce qui arrive rarement.

Si la poursuite échoue à faire la preuve de la préméditation, l’accusé d’un meurtre au premier degré sera automatiquement condamné au second degré si son intention criminelle est indéniable.

La preuve en droit criminel

Dans une cause civile, l’accusé sera condamné s’il y a prépondérance de preuve. En d’autres mots, si les preuves de sa culpabilité l’emportent sur les preuves de son innocence.

Dans une cause criminelle, l’accusé sera condamné s’il n’y a aucun doute raisonnable quant à son innocence. S’il subsiste le moindre doute dans l’esprit du juge ou du jury, l’accusé sera innocenté.

Ce qui ne veut pas dire que toutes les preuves doivent aller dans le sens de sa culpabilité. Cela signifie qu’aucune preuve de son innocence ne doit être jugée crédible par le tribunal.

La création du doute

Le système judiciaire américain est profondément raciste. On ne compte plus le nombre de fois que les meurtriers (policiers ou civils) ont été innocentés d’accusations d’homicides de ‘Noirs’ alors que leur culpabilité était flagrante.

Dans 39 États américains, les juges de première instance sont élus par la population, tout comme les procureurs généraux d’État ou de comté. Le procureur du comté d’Hennepin (où est située la ville de Minneapolis) a été élu grâce à l’appui du syndicat des policiers, comme ce fut le cas de la grande majorité des procureurs élus à travers le pays.

Dans l’affaire George Floyd, tout avait été mis en place pour que les dés soient pipés en faveur des policiers.

Dès le départ, le doute avait été semé par l’autopsie officielle.

Le médecin choisi par le procureur du comté concluait que la cause de la mort de George Floyd était : « Cardiorespiratory arrest complicating law enforcement subdual, restraint, and neck compression.»

En d’autres mots, le suspect est mort d’un arrêt cardiorespiratoire. Ce qui est une lapalissade; on meurt tous quand notre cœur cesse de battre et qu’on cesse de respirer.

Dans le cas précis de George Floyd, cet arrêt n’a pas été causé par les forces policières mais est venu compliquer leur travail. C’est du moins l’avis du médecin légiste.

George Floyd était obèse, hypertendu et était atteint d’athérosclérose. Les analyses sanguines ont révélé la présence d’un stupéfiant (le Fentanyl®) et de traces de métamphétamine.

En somme, selon le rapport officiel, George Floyd était très mal en point. Il l’était tellement qu’on peut imaginer qu’il serait peut-être mort de lui-même ce jour-là s’il n’avait pas été arrêté.

Bref, qui peut dire avec certitude que les policiers ont causé sa mort ?

En réaction à ce rapport, la famille de George Floyd a dû commander non pas un, mais deux rapports indépendants concluant unanimement au meurtre de George Floyd, de manière à décrédibiliser l’autopsie complaisante du médecin de mèche avec les forces policières.

Et on peut s’attendre à ce que les policiers viennent dire sous serment que George Floyd résistait à son arrestation alors qu’en réalité, menotté et plaqué au sol, il gigotait comme le ferait n’importe quel pendu encore conscient au bout de sa corde.

La vidéo

La vidéo où on voit clairement le policier Derek Chauvin étouffer à mort George Floyd n’est pas une preuve au sens légal du terme.

Pour être admise par le tribunal, la personne qui l’a prise doit venir témoigner et déposer ce clip vidéo en preuve.

Or d’ici ce procès (qui pourrait débuter dans deux ans), bien des choses peuvent survenir. Il suffit que les forces policières fouillent le passé de la personne qui a filmé la scène, l’appréhendent pour des délits mineurs et la convainquent (sous la menace d’accusations) de simplement s’arranger pour perdre l’original de sa vidéo et de ne plus être absolument certaine que la copie qu’on lui présentera en cour est parfaitement conforme à l’original.

En droit criminel, aucun tribunal ne peut tenir compte d’une preuve qui a peut-être été trafiquée.

Les nouvelles accusations

Si votre voisin tue sa femme en plein jour, sur la rue, à la vue de tous, il faudra combien de jours avant qu’il soit arrêté ?

Le policier Derek Chauvin a été arrêté quatre jours après le meurtre de George Floyd.

De plus, dans le cas de ses trois collègues complices, il a fallu la nomination d’un nouveau procureur (celui de l’État, se substituant à celui du comté) pour qu’ils soient inculpés.

Dans leur cas, c’est un renversement de situation très important.

Leur complicité pour meurtre est passible de plusieurs années d’emprisonnement. Leur sentence pourrait être réduite s’ils collaborent à l’enquête. En d’autres mots, s’ils témoignent contre Derek Chauvin.

Avant leur congédiement et leur arrestation, ces policiers avaient tout intérêt à s’entendre sur une version commune et fallacieuse des faits afin d’innocenter Derek Chauvin et de provoquer son retour triomphal au travail. À défaut de quoi, ils auraient été considérés comme des traitres par les autres policiers de l’État et privés de toute perspective de promotion au sein des forces policières.

Maintenant, ce sont de simples citoyens, accusés de complicité d’un crime. Les choses sont complètement différentes.

La mort de George Floyd


Avertissement : La lecture de cette section du texte est déconseillée aux personnes sensibles. Celles-ci devraient aller directement à sa conclusion.

Menotté dans le dos, couché sur le côté, George Floyd a dû subir le poids de l’ex-policier Derek Chauvin, agenouillé sur son cou, en plus de subir un poids sur son thorax.

Chez l’adulte, il faut une pression de 15 kg pour obstruer complètement la trachée. Strictement parlant, Georges Floyd n’a pas été étranglé. C’est pourquoi la victime pouvait quand même parler.

Après s’être plaint à plusieurs reprises de ne pouvoir respirer, il a fallu à George Floyd quelques minutes pour réaliser que les policiers étaient en train de l’assassiner.

Aux derniers instants de sa vie, tel un petit garçon terrorisé, il urine dans ses culottes et appelle sa maman à l’aide.

Non seulement l’a-t-on tué, mais on l’a privé d’une mort dans la dignité.

En plus de la trachée, les veines carotidiennes passent par le cou. Celles-ci sont responsables de l’irrigation de sang vers le cerveau. Pour les bloquer, il faut une pression entre 2,5 et 10 kg.

L’ex-policier a évité d’appliquer une pression trop grande de son genou gauche, ce qui aurait provoqué l’évanouissement du suspect en moins de 18 secondes. C’est le temps que prennent les pendus à perdre connaissance.

Il s’est contenté de nuire à l’oxygénation du cerveau de Georges Floyd afin de provoquer sa lente agonie.

Plus précisément, lorsque le tronc cérébral (situé sous le cerveau et devant le cervelet) est partiellement privé d’oxygène, il ne peut commander correctement la contraction du diaphragme. Ce muscle est responsable de 90 % du travail de la respiration.

De plus, le poids des policiers sur le thorax de George Floyd nuisait également à sa respiration en provoquant la fatigue du muscle.

Recevant de moins en moins d’oxygène, le cœur bat de plus en plus lentement jusqu’à cesser de se contracter.

Les policiers ont continué d’appliquer leur poids sur George Floyd 2 minutes et 53 secondes après que George Floyd ait cessé de respirer.

Les policiers qui ‘assistaient’ Derek Chauvin n’ont pas cru bon mesurer le pouls de la victime. Ce qui fait qu’ils peuvent témoigner sous serment qu’ils ignorent si George Floyd était encore vivant quand l’ambulance est arrivée.

Dans les faits, on sait le moment précis de la mort de George Floyd; c’est quand il s’est arrêté de respirer.

Derek Chauvin s’est assuré que même si les ambulanciers avaient pu ressusciter George Floyd — ce qu’ils ont tenté en vain de faire en chemin vers l’hôpital — les dommages à son cerveau étaient tels (après trois minutes d’anoxie complète), que le ressuscité aurait vécu le reste de son existence tellement tarée intellectuellement qu’il aurait été incapable de livrer en cour un récit cohérent de ce qu’il a vécu.

Conclusion

La collusion entre une police dont le racisme violent s’exerce impunément au quotidien et une profession juridique (juges et procureurs) qui dépend des corps policiers pour son élection, est la base du racisme systémique américain. En d’autres mots, la base d’un racisme érigé en système.

Dans les États où cette collusion existe, le respect de l’ordre établi est l’acceptation implicite de ce racisme systémique.

Voilà le tableau général.

Pour revenir au cas particulier de cette affaire, selon tous les témoignages que j’ai entendus, le procureur du Minnesota (maintenant responsable du dossier) est un homme intègre qui fera tout pour que la famille de George Floyd obtienne justice.

Au départ de cette mobilisation de millions d’Américains, le meurtre sadique de George Floyd n’était que la goutte qui faisait déborder le vase. Et ce, après des décennies (sinon des siècles) d’injustice à l’égard des ‘Noirs’ américains.

Malheureusement, on ne voit pas l’ombre d’une mesure concrète qui puisse garantir aux protestataires que les choses aient profondément changé; le racisme systémique est toujours en place, prêt à resurgir.

Est-ce que leur victoire dans le cas particulier de George Floyd sera suffisante pour que tous ces gens rentrent chez eux satisfaits ?

L’avenir nous le dira…

Parus depuis :
Hopeful that Minneapolis policing will change? Meet the police union’s chief… (2020-06-05)
Revealed: police unions spend millions to influence policy in biggest US cities (2020-06-23)
Mapping fatal police violence across U.S. metropolitan areas: Overall rates and racial/ethnic inequities, 2013-2017 (2020-06-24)
Nearly 1,000 instances of police brutality recorded in US anti-racism protests (2020-10-29)


Compléments de lecture :
L’invention des races humaines
Risk of being killed by police use of force in the United States by age, race–ethnicity, and sex

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Mon combat

3 juin 2020
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : l’exemple de la ville de Côte-Saint-Luc

3 juin 2020

Introduction

La ville de Côte-Saint-Luc est une municipalité comprise dans l’agglomération urbaine de Montréal. Cette ville est devenue la première au Québec à obliger le port du masque dans tous les établissements commerciaux sur son territoire.

Théoriquement, ce règlement prend effet dès aujourd’hui et sera en vigueur jusqu’au 31 aout prochain.

Les amendes ne seront pas imposées aux clients des commerces, mais à leurs propriétaires. Tout comme à ceux des immeubles résidentiels puisque l’obligation du port du masque s’applique également à leurs aires communes.

Dans les faits, les autorités accorderont un délai aux propriétaires pour s’y conformer.

De plus, la ville distribuera gratuitement des masques et encouragera les citoyens à en acheter ou à fabriquer le leur.

Les mesures universelles de l’OMS

Les mesures d’austérité de l’ancien gouvernement libéral n’ont pas seulement fragilisé notre réseau de Santé, elles ont aussi frappé les directions de Santé publique.

En temps normal, celles-ci s’occupent, entre autres, de l’inspection sanitaire des restaurants et des campagnes de vaccination.

Contre la pandémie actuelle, elles ont fait de leur mieux. Mais elles n’ont pas cherché à savoir dans quelle mesure les recommandations universelles de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) étaient pertinentes à la réalité québécoise.

Après le confinement, la deuxième mesure sur laquelle compte l’OMS pour ralentir la pandémie au Covid-19, c’est la distanciation sociale.

Une étude récente publiée dans The Lancet prouve en effet l’efficacité de cette mesure contre les trois bêtacoronavirus sans faire de distinction entre le Covid-19 et le virus du SRAS et celui du SRMO.

Or le Covid-19 est différent des deux autres; il est beaucoup plus contagieux. Si bien que la distance sanitaire recommandée par l’OMS est utile, mais très insuffisante.

Voilà pourquoi la pandémie a fait beaucoup plus de morts dans les pays qui ont tenté de suivre scrupuleusement cette mesure sanitaire tout en déconseillant le port du masque. Alors qu’au contraire, elle a frappé légèrement les pays qui ont appliqué des mesures sanitaires adaptées à leur réalité.

La ville de Hong Kong en est un exemple.


Hong Kong est la ville la plus densément peuplée au monde.

L’immense majorité des habitants de cette ville ne peuvent monter à leur logement ou en descendre sans emprunter un ascenseur ou un petit escalier de service où ils ont souvent à côtoyer de près une autre personne.

Quand on peut disposer seul d’une cabine d’ascenseur, il est toujours possible qu’une personne contagieuse ait dispersé des millions de copies du virus en empruntant le même ascenseur quelques instants plus tôt.

Et pourtant, le taux de mortalité dans cette ville est de 0,5 personne par million d’habitants, huit-cent fois moins qu’en France et mille fois moins qu’au Québec.

Ce succès, les autorités sanitaires l’ont obtenu parce qu’ils se sont servis de leur jugement.

Au Québec, les autorités sanitaires se sont contentées d’appliquer benoitement les mesures universelles de l’OMS.

Ce sont des mesures excellentes sur papier et bonnes quand il est possible de les respecter.

Toutefois, à l’essai, la distanciation sociale est tout simplement inapplicable.

Elle est inapplicable chez les bébés (évidemment). Lors d’un vrai retour en classe, il est impossible de la faire respecter par les enfants. Par les adolescents. Par la grande majorité des jeunes adultes célibataires. Dans les transports en commun.

Les autorités sanitaires de la région de Montréal ont commencé à exprimer leur dissidence avec les mesures préconisées par les autorités provinciales.

C’est donc dans la ville de Côte-Saint-Luc que s’entame un nouveau chapitre dans la lutte québécoise contre le Covid-19.

Laissons à ses citoyens quelques semaines pour s’y adapter et s’y soumettre.

Mais dès que le port du masque y sera devenu une nouvelle habitude sociale — si possible accompagnée de distanciation sociale — on devrait voir chuter très rapidement le nombre de nouveaux cas dans cette partie de Montréal.

Si, comme je le présume, le pari des autorités de Côte-Saint-Luc se réalise, espérons qu’il sera imité ailleurs.

Références :
Côte-Saint-Luc: le couvre-visage exigé dans les édifices municipaux et les commerces
Physical distancing, face masks, and eye protection to prevent person-to-person transmission of SARS-CoV-2 and COVID-19: a systematic review and meta-analysis

Paru depuis :
Mauricie et Centre-du-Québec: la distanciation sociale appliquée entre les travailleurs des établissements (2020-06-07)

Détails techniques des photos : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 100 — 14 mm
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : Évolution en deux mois

2 juin 2020

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un demi-million d’habitants.

On notera une correction récente du nombre officiel de morts en Espagne.


Tableau comparatif des pays les plus atteints, en nombre de morts par million d’habitants

Pays 1 avr 16 avr 1 mai 16 mai 1 juin
Belgique 72,6 426,1 675,7 789,9 833,8
Grande-Bretagne 35,4 206,6 414,1 518,8 592,5
Espagne 194,0 410,0 532,0 590,7 581,4
Italie 205,5 366,6 466,9 525,2 554,4
Québec 3,7 74,2 238,2 410,2 549,0
Suède 23,6 131,7 262,1 363,0 441,5
France 52,6 267,5 367,1 412,4 432,0
Pays-Bas 68,3 193,0 284,8 330,0 347,3
Irlande 14,7 100,6 261,9 317,4 343,3
États-Unis 12,4 105,4 199,1 272,0 330,3
Suisse 53,8 149,5 204,7 219,3 224,0
Équateur 5,5 23,2 51,5 157,2 210,1
Brésil 1,1 9,1 28,5 71,8 149,3
Pérou 2,3 23,5 32,5 78,8 149,0
Portugal 18,2 61,1 97,9 116,9 139,6
Allemagne 9,9 47,6 80,5 96,7 104,8
Danemark 18,6 57,3 82,1 96,7 103,6
Iran 37,4 60,0 75,0 85,5 97,9
RoC* 2,9 19,7 51,0 78,9 93,9
Mexique 0,2 3,5 14,4 37,0 80,6
Autriche 16,6 46,5 66,8 71,3 75,9
           
Japon 0,4 1,5 3,6 5,7 7,1
Corée du Sud 3,2 4,4 4,8 5,0 5,3
Chine 2,4 2,4 3,4 3,4 3,4
Hong Kong 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5
Taïwan 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3

*— ‘N.D.’ signifie non disponible et ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.


Référence : Covid-19 Coronavirus Pandemic

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Horaire de la collecte des ordures pour les nuls

1 juin 2020
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Dans plusieurs arrondissements de Montréal, l’horaire de la collecte des ordures ménagères a changé.

Dans le graphique publié par la ville de Montréal, on a coloré en cyan et en rouge les endroits où ces changements ont lieu.

La légende en bas à droite parle des collectes prévues le matin ou le soir alors qu’en haut à gauche, on parle de collecte de jour et de soir.

En français, le jour peut durer 24 heures. Ou il peut signifier l’intervalle de temps entre le lever et le coucher su soleil.

Pour plus de clarté, lorsqu’on veut lui donner ce deuxième sens, il est préférable de parler de ‘journée’.

Le mot ‘matin’ est précis et ne porte pas à confusion.

Pour la collecte de soir, on doit déposer ses ordures à l’endroit approprié entre 16h et 19h ce soir-là. C’est clair.

Mais pour la collecte de jour, on doit sortir ses ordures en 19h et 7h. Mais de quel jour parle-t-on ?

Doit-on sortir ses ordures entre la veille à 19h et le lendemain à 7h ou les sortir entre ce soir-là à 19h et le lendemain à 7h ?

Après avoir téléphoné à la mairie de l’arrondissement, on apprend que le texte ‘il faut déposer vos ordures ménagères entre 19h et 7h’ devait se lire ainsi : ‘il faut sortir ses ordures ménagères entre 19h la veille de la collecte et 7h le matin du jour prévu pour cette collecte.

Une fois qu’on le sait, c’est clair.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La poudrière américaine

1 juin 2020

Préambule

En 2012, George Zimmerman, fils d’un magistrat, s’était donné la mission de sécuriser son quartier. Le soir du 26 février, cette sentinelle bénévole remarque et suit un jeune ‘Noir’ qu’il juge suspect. Excédé par sa longue traque, Trayvon Martin, 17 ans, se retourne contre son harceleur et exprime sa vive contrariété. Les deux en viennent aux coups. George Zimmerman sort alors son arme et tue Trayvon Martin, non armé.

Invoquant la légitime défense, l’assassin sera innocenté par un jury. La cause ne sera pas portée en appel.

La banalité de l’assassinat aux États-Unis

Les émeutes qui perdurent ces jours-ci aux États-Unis étaient parfaitement prévisibles.

Depuis des siècles, ce pays se caractérise par l’exploitation de l’homme par l’homme. Une exploitation verrouillée par un système juridique d’extrême-droite toujours prête à innocenter le meurtre d’un ‘Noir’ américain par un ‘Blanc’, qu’il soit policier ou non.

Les faits relatés en préambule à ce texte ne constituent pas qu’une simple anecdote dans un grand pays où il est normal que quelques bizarreries surviennent; ces faits sont l’illustration parfaite de la violence banale exercée quotidiennement contre les ‘Noirs’ et légitimée par un système juridique raciste.

Les États-Unis sont un pays où règne l’importance démesurée accordée à la pigmentation de la peau. Où même l’antiracisme perpétue malgré lui cette démesure. Ce qui explique, par exemple, le concept d’appropriation culturelle dont l’effet est de museler les artistes ‘Blancs’ qui critiquent l’esclavage.

Ce policier de Minneapolis — agenouillé sur la gorge d’un ‘Noir’ menotté (donc impuissant) qu’il étrangle froidement — se sait filmé. Il opère en plein jour. Il l’assassine publiquement pendant huit longues minutes. Sourd aux supplications de sa victime. Pourquoi le fait-il sans gêne ?

Parce qu’il sait qu’il s’en tirera. Que derrière lui, un système juridique profondément raciste l’innocentera de tout reproche. Qu’il sera même grassement dédommagé pour les sanctions qu’on lui imposera pour calmer l’indignation éphémère de protestataires sans pouvoirs réels.

Ces émeutes ne sont pas les premières contre le racisme aux États-Unis. Depuis des décennies, toutes les autres ont échoué à changer durablement ce pays. Parce que le respect de l’ordre établi y prévaudra. Seule une seconde révolution américaine pourrait y parvenir.

Les Américains y sont-ils prêts ? Je n’en suis pas certain.

Conclusion

Il y a moins de dix jours, j’écrivais un texte prémonitoire intitulé ‘Les États-Unis : sur la voie d’une guerre civile ?’.

Ce texte permet de comprendre que ces émeutes actuelles sont l’expression de la perte de confiance d’une partie des Américains (surtout les jeunes) à l’égard des institutions de leur pays.

Le tout s’inscrivant dans un contexte où les cent-mille morts américains du Covid-19 ont laissé derrière eux un grand nombre de citoyens endeuillés qui croient les dirigeants politiques du pays partiellement responsables de ce bilan meurtrier. Et où plus de quarante-millions de chômeurs — sur une population adulte de 209 millions de personnes — ont tout le loisir d’exprimer leur ras-le-bol et leur colère.

Références :
Affaire Trayvon Martin
Appropriation culturelle et racisme anglo-saxon
De Minneapolis à Washington, une 6e nuit de fureur
Les États-Unis : sur la voie d’une guerre civile ?

Parus depuis :
FBI Affidavit About the Plot to Kidnap and Kill Governor of Michigan (2020-10-07)
Six people charged in plot to kidnap Michigan governor Gretchen Whitmer (2020-10-08)
Rochester Officers Will Not Be Charged in Killing of Daniel Prude (2021-02-23)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : doit-on craindre les moustiques ?

29 mai 2020

Les insectes piqueurs peuvent transmettre la malaria et la maladie de Lyme. Pourquoi ne pourraient-ils pas transmettre le Covid-19 ?

On peut cultiver la bactérie qui cause la maladie de Lyme sur un milieu de culture inanimé; il suffit que ce milieu contienne toutes les substances nutritives dont le microbe a besoin pour assurer sa croissance.

Cette bactérie n’a besoin d’un être vivant que pour sa transmission. Mais pas pour sa multiplication.

Elle se multiplie naturellement dans l’intestin de la tique du cerf de Virginie. Une fois que cette bactérie a gagné les glandes salivaires de la tique, cette dernière peut infecter n’importe quel animal victime de sa morsure.

Par contre, le Covid-19 est un virus. Non seulement est-il incapable de se reproduire à l’extérieur d’une cellule vivante, mais la surface de cette cellule doit posséder un récepteur spécifique, appelé ACE2, pour que le virus puisse y pénétrer.

Pour qu’un moustique transmette le virus d’une personne à une autre, il faudrait que ses cellules soient dotées de tels récepteurs, que l’insecte pique deux fois et qu’entre les deux, le virus ait migré de l’intestin du moustique à ses glandes salivaires.

Pour l’instant, il n’existe pas de preuve scientifique que le Covid-19 soit capable de pénétrer dans les cellules des moustiques.

Mais supposons que ce soit le cas.

Lorsqu’un moustique prélève du sang d’une personne contagieuse, ce sang peut contenir du virus. Mais cela est improbable.

En effet, ce qu’on trouve dans le sang des personnes guéries du Covid-19 et dans le sang d’une bonne partie des personnes contagieuses, ce sont des anticorps au Covid-19 et non le virus lui-même.

Les parois des vaisseaux sanguins ont des récepteurs à Covid-19. Donc, rien n’empêche le virus de s’y multiplier et d’être libéré dans le sang.

Toutefois, quand le virus est dans le sang d’une personne atteinte, son état est d’une extrême gravité; cette personne est mourante ou aux soins intensifs.

L’immense majorité de ceux qui batifolent au grand air et qui sont piqués par des moustiques n’ont pas de virus dans leur sang. Même contagieux, ils en ont sur leurs muqueuses, mais pas dans leur sang.

Donc le risque d’être piqué par un moustique qui a préalablement sucé du sang dans lequel le virus était présent est extrêmement faible. Pour cela, il faudrait que la zone rouge de nos hôpitaux soit infestée de moustiques. Nous n’en sommes pas là. Dieu merci.

Même si cette situation invraisemblable était une réalité, il n’existe aucune preuve scientifique qu’un moustique puisse transmettre le Covid-19 par le biais de ses glandes salivaires.

Je vous invite donc à profiter de l’été en toute quiétude.

Références :
Les mystères du Covid-19
Les mystères du Covid-19 (2e partie)

Paru depuis :
Une étude italienne prouve que les moustiques ne transmettent pas le coronavirus (2020-06-26)


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Réforme des soins aux ainés : l’exemple cubain

26 mai 2020



 
Deux raisons expliquent le taux de mortalité plus élevé du Covid-19 au Québec en comparaison avec les autres provinces canadiennes.

La première est une pyramide des âges où les ainés sont plus représentés que dans la moyenne canadienne. C’est aussi le cas en Italie en raison de la fuite des cerveaux des jeunes Italiens vers les autres pays d’Europe occidentale.

La deuxième raison est la concentration des vieillards québécois dans des hospices. Ces ghettos de vieux offraient un terreau fertile aux conséquences les plus sévères de l’épidémie.

L’irrespect de la dignité humaine qui a entouré ces décès est la conséquence du sous-investissement chronique des hospices au Québec. Mais strictement parlant, ce n’est pas la cause de cette mortalité.

Dans les EHPAD français et les maisons de retraités suédois, mieux financés, ceux-ci furent également des lieux de mortalité élevée.

Chez nous, cette mortalité serait survenue probablement de manière aussi importante si nos vieillards étaient logés dans de luxueuses résidences desservies par un personnel abondant.

Dès qu’une épidémie très contagieuse circule dans une collectivité, toute personne provenant de l’extérieur (employé ou visiteur) est susceptible d’être le cheval de Troie du virus si on ne la teste pas fréquemment.

Or c’est encore le cas au Québec en dépit du dépistage dit ‘massif’ qu’on effectue quotidiennement chez 0,16 % (sic) de la population.

D’où l’idée, non pas de construire de plus beaux ghettos, mais de consacrer des sommes beaucoup plus importantes aux soins à domicile.

Depuis le début de cette pandémie, on s’est intéressé au modèle chinois (confinement massif), au modèle sud-coréen et taïwanais (port du masque généralisé et mise en quarantaine forcée des personnes contagieuses), au modèle allemand (dépistage massif), et au modèle suédois (quarantaine limitée aux ainés).

Mais personne ne semble s’intéresser au modèle cubain. Dans ce pays, on ne crée pas de ghettos de vieux; les hospices y sont extrêmement rares.

Toutefois, dans le quartier populaire de Centro, à La Havane, on peut voir quotidiennement des infirmières, toutes de blanc vêtues, aller au domicile des gens qui nécessitent des soins de longue durée (diabétiques, hypertendus, etc.).

Dans ce pays où, officiellement, il n’y a que sept morts du Covid-19 par million d’habitants — six-cents fois moins qu’au Québec — il serait intéressant de faire abstraction de l’idéologie politique et de voir, de manière pragmatique, s’il n’y a pas matière à réflexion quant à la création chez nous d’une véritable politique de soins à domicile…

Paru depuis :
Cuba sets example with successful programme to contain coronavirus (2020-06-07)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : l’OMS et les mesures sanitaires non prouvées

24 mai 2020

Introduction

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), il n’est pas prouvé scientifiquement que la fermeture des frontières arrête les épidémies. Que le port du masque protège du Covid-19. Qu’on développe des anticorps lorsqu’on en est infecté. Que si des anticorps sont produits, leur protection soit durable. Et que la pandémie ne reviendra pas en vagues successives, d’année en année, tant qu’il restera des survivants de la fois précédente.

Nous sommes reconnaissants à l’OMS pour ses bons mots d’encouragement…

Les bases scientifiques des mesures sanitaires

La fermeture des frontières

Effectivement, l’OMS a raison; il n’est pas prouvé scientifiquement que la fermeture des frontières protège des pandémies.

Mais il est logique de penser qu’en début de pandémie, cette fermeture réduit le nombre de foyers d’infection à partir desquels la pandémie commence à se généraliser de manière communautaire.

Le confinement

Il n’est pas prouvé scientifiquement que le confinement individuel fonctionne.

Mais une telle preuve est superflue puisqu’il est impossible d’attraper une infection à laquelle on n’est pas exposé ni directement ni indirectement.

Le lavage des mains

Dans le cas précis du Covid-19, il n’est pas prouvé scientifiquement que le lavage des mains protège; des centaines de médecins italiens sont morts les mains propres.

Pourquoi ? Parce que cette pandémie se répand principalement par des gouttelettes respiratoires et non par le toucher.

Aurait-on eu encore plus de morts si les médecins italiens ne s’étaient pas lavé les mains ? Très certainement. Mais ce n’est pas prouvé scientifiquement.

La distanciation sociale

Cette mesure phare de l’OMS est basée sur le raisonnement suivant : puisque les postillons tombent au sol à moins de deux mètres de la personne qui les émet, respecter une distance avec les autres de plus de deux mètres constitue une version ‘portative’ du confinement.

C’est logique.

Le problème est que les études ont démontré que les gouttelettes respiratoires sont éjectées bien au-delà de cette distance (sauf chez ceux qui portent un masque).

Lorsqu’une personne contagieuse tousse, environ trois-mille gouttelettes respiratoires sont expulsées à une vitesse de vingt mètres par seconde.

Lorsqu’elle éternue, jusqu’à dix-mille gouttelettes sont expulsées quatre fois plus vite.

Les plus petites de ces gouttelettes peuvent demeurer des heures en suspension dans l’air.

Conséquemment, ce substitut économique au confinement ‘fixe’ est dépourvu de tout fondement scientifique.

Par exemple, il n’existe pas d’étude comparative entre un premier groupe de personnes qui respectent scrupuleusement la distance sanitaire et un deuxième groupe composé de gens qui portent un masque sans la respecter scrupuleusement.

Non seulement son efficacité n’est pas prouvée scientifiquement, mais à l’essai, la distanciation sociale est tout simplement inapplicable.

Elle est inapplicable chez les bébés (évidemment). Lors d’un vrai retour en classe, il est impossible de la faire respecter par les enfants. Par les adolescents. Par la grande majorité des jeunes adultes célibataires. Dans les transports en commun. Dans les grandes villes surpeuplées. Et dans la presque totalité des pays du Tiers-Monde.

Mais elle fonctionne très bien chez les ermites et les agriculteurs qui vivent en autarcie sur leur ferme. Chez les personnes qui se déplacent à dos de chameau. Et chez les peuples qui vivent tellement coupés du reste du monde qu’ils ignorent l’existence de l’OMS…

La distanciation sociale est une mesure imparfaite qui est utile seulement lorsqu’associée au port du masque. Mais cela n’est pas prouvé scientifiquement.

Le port du masque

L’expérience remarquable des pays où le port du masque est généralisé — notamment en Extrême-Orient — ne constitue pas une preuve scientifique.

Cela le deviendra le jour où un épidémiologiste patenté l’écrira de sa plume dans un journal spécialisé.

Puisqu’aucun d’entre eux n’a jugé bon de le faire, ce n’est pas prouvé selon l’OMS.

La recherche technologique des personnes contagieuses

Il n’existe pas de preuve scientifique de l’efficacité des logiciels qui alertent les utilisateurs de téléphones multifonctionnels lorsqu’ils sont à proximité de personnes contagieuses.

Cette preuve est inexistante parce que ces logiciels téléphoniques sont trop récents.

La saison chaude

Il n’est pas prouvé scientifiquement que la saison estivale protège du Covid-19. En effet, la pandémie se répand aussi en Amérique du Sud en dépit du fait que les saisons sont inversées dans l’hémisphère austral.

S’il est vrai que la membrane du virus est à caractère lipidique et devient molle à la chaleur, pourquoi le virus fondrait-il un jour d’été quand il prolifère très bien à la température du corps ?

D’ailleurs, un autre coronavirus (le SRMO) se propage depuis des années en Arabie saoudite.

Bref, il n’est pas prouvé scientifiquement que la pandémie au Covid-19 cessera aux beaux de l’été.

Conclusion

Depuis six mois, on a accumulé une somme colossale de connaissances au sujet du Covid-19.

On connait la taille du virus, son aspect, son code génétique, le mécanisme précis de son invasion dans le corps, les espèces vivantes qu’il peut contaminer, les symptômes qu’il provoque, etc.

Toutefois, la recherche épidémiologique prend du temps.

Si bien que le combat collectif contre cette pandémie s’appuie encore sur des intuitions, sur des preuves incidentes, et sur beaucoup de perspicacité.

Depuis le début, l’OMS a découragé l’adoption de toute mesure de protection qui ne venait pas d’elle.

L’OMS a préféré les décourager sous le prétexte que leur efficacité n’était pas prouvée scientifiquement. Pourtant, à l’inverse, leur inefficacité n’était pas démontrée non plus.

La vérité est que les mesures proposées par l’OMS ne sont basées sur aucune recherche épidémiologique effectuée strictement sur le Covid-19.

Au mieux, dans certains autres cas, elles sont basées sur l’extrapolation de preuves obtenues dans un contexte différent, notamment celui du SRAS en 2003.

En somme, l’OMS exige des autres une rigueur scientifique qui lui fait défaut.

Voilà pourquoi nos propres experts en Santé publique, qui pourtant suivent scrupuleusement ses recommandations et répètent benoitement ses messages, obtiennent de si piètres résultats.

Références :
A Sneeze
Coronavirus : pourquoi l’OMS conseille de ne pas fermer les frontières avec la Chine
COVID-19: aucune preuve que des patients guéris soient immunisés, dit l’OMS
How Fast Is a Sneeze Versus a Cough? Cover Your Mouth Either Way!
« Lâchez le 2 mètres pour les moins de 18 ans ! »
Notre erreur sur les masques

Parus depuis :
La distanciation et le développement des enfants (2020-05-27)
Neuf élèves d’une même classe infectés au coronavirus (2020-06-03)
239 Experts With One Big Claim: The Coronavirus Is Airborne (2020-07-04)
La COVID-19 peut se propager dans l’air, confirment les autorités sanitaires américaines (2020-10-06)
We are over-cleaning in response to covid-19 (2020-12-11)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les États-Unis : sur la voie d’une guerre civile ?

23 mai 2020

La confiance aux autres

Selon un sondage effectué aux États-Unis entre le 27 novembre et le 10 décembre 2018, 78 % des ‘Blancs’ présumaient que les gens (en anglais : people) s’entraideraient en période de crise. Cette proportion était presque aussi grande chez les ‘Noirs’ (67 %) et les Latino-Américains (69 %).

Depuis deux ans, cette confiance s’est érodée chez un quart du peuple américain.

Du 19 au 24 mars dernier, seulement 53 % des Américains croyaient qu’on peut faire confiance à la plupart des gens alors que 46 % sont persuadés du contraire.

Cette confiance augmente avec l’âge, passant de 34 % chez les 18 à 29 ans, à 74 % chez les Américains de 65 ans ou plus.

Elle augmente aussi avec le degré d’instruction et le revenu.

Toutefois, il existe de grandes différences ethniques; cette confiance atteint 61 % chez ceux qui se définissent comme ‘Blancs’, mais n’est que de 36 % et de 29 % respectivement chez les ‘Noirs’ et les Latino-Américains.

L’hyperpartisanerie politique

Depuis des années, les débats entre élus démocrates et républicains sont particulièrement acerbes.

Cette polarisation s’est généralisée à l’ensemble de la société américaine, insufflée par les milliers de gazouillis méprisants ou haineux de Donald Trump.

Au XIXe siècle, il était inconcevable d’épouser une personne d’une autre religion. Avant le milieu du XXe siècle, il était tabou d’épouser quelqu’un dont la pigmentation de la peau était très différente. Maintenant, les deux grands partis politiques américains sont en train de devenir des ghettos idéologiques.

En 1960, moins de 5 % des électeurs (démocrates ou républicains) affirmaient qu’ils n’aimeraient pas qu’un de leurs enfants épouse un conjoint d’une autre allégeance politique.

En 2019, cette proportion avait grimpé à 35 % chez les partisans républicains et encore plus, à 45 %, chez les partisans démocrates.

La propagande des médias canadiens a tendance à nous faire croire que l’extrémisme politique ne se loge que du côté des Républicains.

Sans le dire explicitement, le panneau new-yorkais (sur Times Square) qui dénombre l’excès de morts causé par l’incompétence de Donald Trump qualifie implicitement ce dernier d’assassin.

Que cela soit vrai ou non, cela est une incitation à la haine.

Par contre, le mois dernier, lorsque des manifestants équipés d’armes automatiques pénétrèrent dans l’enceinte du Capitole du Michigan afin d’y intimider les parlementaires, cette intimidation faisait penser à celle des chemises brunes, en Allemagne, il y a quelques décennies.

Alors que le président américain incite ses concitoyens à ignorer les recommandations des experts sanitaires au sujet du port du masque, certains commerces s’opposent à lui en n’acceptant que des clients qui le portent.

Frustrés, les consommateurs qui n’en ont pas et à qui on refuse l’accès crachent ou toussent volontairement sur le personnel de ces établissements au nom de la liberté.

À l’opposé, d’autres commerces obligent les personnes masquées à le retirer et à s’exposer au virus.

Jugez de cette polarisation par vous-mêmes, en cliquant sur ceci

Conclusion

Lorsqu’on pense à la guerre civile américaine, on songe à ces régiments qui se sont affrontés sur des champs de bataille.

En général, les guerres civiles ne se déroulent pas comme cela. S’y opposent les régions, les quartiers, et même les voisins dans une lutte fratricide dictée par une haine sourde à la raison.

Des chercheurs de l’université Vanderbilt ont trouvé qu’à la fois les électeurs démocrates et républicains ont de plus en plus tendance à utiliser une rhétorique qui déshumanise les partisans du parti opposé.

Comme la rhétorique de la Radio des Milles Collines, cette radio qui provoqué le génocide rwandais.

Tout pays dont les citoyens sont armés jusqu’aux dents est une poudrière.

De la part du président américain, les appels à la haine et à l’intolérance sont tellement devenus usuels que nous sommes devenus sourds aux alarmes qui devraient susciter les plus vives inquiétudes.

On en vient presque à souhaiter que l’imprudence sanitaire du président américain se retourne contre lui…

Références :
Before the pandemic, three-quarters of Americans said people would cooperate with each other in a crisis
Confinement: des hommes armés manifestent dans le Capitole du Michigan
How America Ends
No masks allowed: stores turn customers away in US culture war
The Art of Navigating a Family Political Discussion, Peacefully
The state of Americans’ trust in each other amid the COVID-19 pandemic
Trump Death Clock
Trump is not the only one who calls opponents ‘animals.’ Democrats and Republicans do it to each other
Trump Ratings Remain Low Around Globe, While Views of U.S. Stay Mostly Favorable

Parus depuis :
‘It’s a constant barrage of hate’: how Trump sparks heated clashes in Florida’s retirement resort (2020-07-04)
FBI Affidavit About the Plot to Kidnap and Kill Governor of Michigan (2020-10-07)
Six people charged in plot to kidnap Michigan governor Gretchen Whitmer (2020-10-08)
Arkansas police chief resigns after calling for violence against Democrats (2020-11-08)
Tech companies under pressure to ban far-right forum used for militia organizing (2020-11-13)
Appel à un « soulèvement » contre la gouverneure du Michigan (2020-11-17)
Trump lawyer: ex-election security chief Krebs should be ‘taken out and shot’ (2020-12-01)
An Idaho official left a meeting in tears as anti-maskers swarmed her home (2020-12-09)
The next US civil war is already here – we just refuse to see it (2022-01-04)
Is the US really heading for a second civil war? (2022-01-09)

Compléments de lecture :
La poudrière américaine
La secte

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