Covid-19 : évolution en quatre mois

2 août 2020

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un demi-million d’habitants.


Tableau comparatif des pays les plus atteints, en nombre de morts par million d’habitants

Pays 1 avr. 1 mai 1 juin 1 juil. 1 aout
Belgique 73 676 834 842 849
Grande-Bretagne 35 414 593 647 680
Québec 4 238 549 651 669
Espagne 194 532 581 607 608
Pérou 2 33 149 299 588
Italie 206 467 554 575 581
Suède 24 262 442 532 568
Chili 1 14 66 301 498
États-Unis 12 199 330 395 477
France 53 367 432 457 464
Brésil 1 29 149 286 440
Mexique 0 37 81 215 362
Pays-Bas 68 285 347 357 359
Irlande 15 262 343 352 357
Panama 7 44 80 149 335
Équateur 6 52 210 259 325
Bolivie 1 5 27 96 255
Arménie 1 11 46 153 253
Macédoine du Nord 6 41 70 147 237
Suisse 54 205 224 227 229
Colombie 0 6 19 68 203
Iran 37 75 98 130 202
Moldavie 1 31 76 136 195
Portugal 18 98 140 155 170
Kirgistan 0 5 9 35 151
Afrique du Sud 0 2 12 46 137
Honduras 1 8 21 50 135
Roumanie 5 39 66 87 124
Irak 1 2 5 51 119
RoC* 3 51 94 106 113
             
Japon 0,4 3,6 7,1 7,7 8,0
Corée du Sud 3,2 4,8 5,3 5,5 5,8
Hong Kong 0,5 0,5 0,5 0,9 4,5
Chine 2,4 3,4 3,4 3,2 3,3
Taïwan 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3

*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.


Référence : Covid-19 Coronavirus Pandemic

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : combien de tests faudrait-il faire ?

1 août 2020

Un virus sournois

Louie-Buller Gohmert Jr a quitté la magistrature du Texas en 2004 lorsqu’il fut élu représentant de cet état à la Chambre des représentants des États-Unis, poste qu’il occupe depuis seize ans.

C’est un chaud partisan de Donald Trump et un des plus farouches adversaires du port du masque au Congrès américain.

Mercredi matin, Donald Trump rencontrait de riches contributeurs potentiels à sa caisse électorale. Et sur l’avion présidentiel, Me Gohmert devait l’accompagner afin de l’aider à convaincre ses interlocuteurs texans.

Mais comme tous les gens qui doivent s’approcher du président américain, le congressiste Gohmert a dû subir préalablement un test de dépistage au Covid-19.

C’est alors qu’on s’est rendu compte que le représentant du Texas était positif. Pourtant, il n’en éprouvait aucun symptôme.

Évidemment, Trump a voyagé sans lui.

Depuis, tout le personnel du bureau de Gohmert à Washington a été mis en quatorzaine.

Et parmi les congressistes qui ont récemment été en contact avec Gohmert, son collègue Raúl Grijalva, représentant démocrate de l’Arizona, a senti le besoin de se faire tester.

C’est alors qu’on a découvert qu’il était lui aussi atteint du virus tout en étant asymptomatique.

Également très opposé au port du masque, Herman Cain, ancien sénateur républicain de Géorgie, est décédé du Covid-19 jeudi dernier, un mois après avoir assisté — à visage découvert — au grand rassemblement raté de Donald Trump à Tulsa, en Oklahoma.

Le laxisme dans le dépistage

Aux États-Unis, une forte proportion des tests de dépistage sont analysés par le laboratoire privé Quest Diagnostics.

Depuis des mois, ce laboratoire croule sous la demande. Au fur des récentes semaines, les délais pour obtenir les résultats s’allongent. Ces jours-ci, ils sont de 5 à 7 jours. Mais il n’est pas rare que cela prenne de une à deux semaines.

Pour la personne concernée, ce résultat est utile pour savoir où il en était au moment du test.

Mais pour les experts en santé publique, tout résultat obtenu au-delà de 48 heures rend très difficile la recherche de contacts. Qui, par exemple, se rappelle des personnes qu’il a rencontrées il y a une semaine ?

Dès avril, le réputé Harvard Global Health Institute recommandait qu’on effectue cinq-millions de tests par jour dès juin — pour porter ce nombre à vingt-millions par jour à la fin de juillet — avant de rouvrir l’économie américaine.

Pour le Québec, c’est l’équivalent d’effectuer 130 000 tests par jour en juin, une capacité portée à… un demi-million de tests par jour ces jours-ci.

En somme, les recommandations de Harvard correspondent à tester toute la population du Québec aux deux semaines.

Honnêtement, je ne suis pas convaincu de la nécessité de tester fréquemment des régions du Québec où il n’y a plus aucun cas actif de Covid-19 depuis plusieurs semaines.

Mais les recommandations américaines nous donnent une idée de l’ampleur de la tâche à accomplir dans la région montréalaise où vit la moitié de la population du Québec.

Le dépistage ‘massif’

En mai dernier, j’avais qualifié de plaisanterie l’intention de la Santé publique du Québec de tester 14 000 personnes par jour. Ce qu’elle appelait du ‘dépistage massif’.

Les autorités sanitaires du gouvernement fédéral recommandent de tester les 13 600 travailleurs de la Santé du Québec plusieurs fois par semaine, idéalement aux deux jours.

Puisque cela ‘boufferait’ la moitié des tests du dépistage ‘massif’, cela laisse environ sept-mille tests par jour pour le reste de la population.

En clair, cela laisse de quoi tester quotidiennement 0,08 % de la population, soit un douzième d’un pour cent. Pour que nous soyons tous testés, cela prendrait trois ans. En présumant qu’il restera encore des gens vivants au Québec dans trois ans…

Conclusion

En avril dernier, la Santé publique du Québec annonçait son intention de laisser se développer l’immunité ‘naturelle’ au sein de la population québécoise.

Évidemment, le but n’a jamais été que les gens en décèdent, mais que le maximum de gens l’attrapent et en deviennent immunisés naturellement, tout en se croisant les doigts pour que cela n’entraine pas trop de morts.

Dès le 22 avril, sur le site du quotidien Le Devoir, j’écrivais le commentaire intitulé ‘Doit-on s’empresser à faire 250 000 morts ?’.

Une semaine plus tard, je réitérais sur ce blogue cette même critique sévère contre l’immunité grégaire.

Ce qui n’a pas empêché la Santé publique de poursuivre cette politique.

Voilà pourquoi :
• pendant des mois, elle a fait campagne contre le port du masque (en dépit de son efficacité),
• elle ne s’est toujours pas dotée d’une capacité à mener suffisamment de tests de dépistage,
• elle est encore incapable d’assurer, dans 100 % des cas, le dévoilement des résultats en moins de 48 heures.

Conséquemment, sa recherche de contacts aboutit généralement à un cul-de-sac.

Si le Québec est aujourd’hui un des endroits au monde où il y a eu le plus de morts par million d’habitants, cela n’est pas une coïncidence; c’est le résultat d’une politique délibérée.

À défaut de s’être dotée d’outils prédictifs adéquats, la Santé publique du Québec déconfine par tâtonnements. Elle autorise. Et si ça tourne mal, elle ordonne le reconfinement. Bref, de l’amateurisme.

Dans quelques semaines, le gouvernement du Canada autorisera la commercialisation de tests de dépistage qu’on pourra effectuer chez soi et dont les résultats seront connus en moins de quinze minutes.

Ces tests seront moins fiables que les tests dont se servent actuellement nos centres hospitaliers. Au fil des mois, ces tests seront remplacés par d’autres, de plus en plus fiables, au fur et à mesure de l’évolution des technologies.

Mais même imparfaits, ils permettront aux citoyens de se responsabiliser, de se prendre en main et de ne pas compter sur des autorités sanitaires dont j’avoue ne pas être certain de leur détermination à nous protéger adéquatement.

Références :
Apprendre à vivre sous la menace du Covid-19 : les non-dits de nos gouvernements
Doit-on s’empresser à faire 250 000 morts ?
Herman Cain
Le dépistage ‘massif’ du Covid-19 au Québec : une plaisanterie
Legault mise sur l’«immunité naturelle» des Québécois
Louie Gohmert
Louie Gohmert, who refused to wear a mask, tests positive for coronavirus
Plaidoyer pour l’immunité naturelle au Québec
Quest medical lab sees COVID-19 test speed at ‘acceptable’ level by September
Roadmap to Pandemic Resilience
US needs to conduct 20 million coronavirus tests per day to reopen fully, Harvard report says

Parus depuis :
Le Québec tarde à prévenir les personnes infectées par le coronavirus (2020-09-30)
Combien coûte votre test de COVID-19? (2020-10-29)
Raccourcir à 72 heures le temps entre le dépistage et l’isolement des contacts (2020-11-14)
Underdetection of cases of COVID-19 in France threatens epidemic control (2020-12-21)
Des tests automatisés bloqués par une exigence de dernière minute (2021-03-01)
Ottawa a payé 924 millions pour des tests rapides sous-utilisés par les provinces (2021-07-08)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Covid-19 chez les enfants prépubères

29 juillet 2020

Contagiosité des enfants

Prépubliée le 16 juillet 2020, une étude sud-coréenne a évalué la transmissibilité du Covid-19 selon l’âge des personnes atteintes. La période d’observation dura environ deux mois, soit du 20 janvier au 27 mars 2020.

Des 5 706 personnes infectées en observation, 29 étaient âgées de 0 à 9 ans.

En moyenne, ceux-ci eurent deux contacts familiaux et six contacts extrafamiliaux.

Parmi les 57 contacts familiaux de ces 29 jeunes, seules trois personnes ont été contaminées. Et des 180 contacts extrafamiliaux, seuls deux ont attrapé le Covid-19.

Le groupe d’âge suivant — ceux entre 10 et 19 ans — comprenait 124 jeunes.

En moyenne, ceux-ci eurent 1,9 contact familial et 1,8 contact extrafamilial.

Parmi leurs 231 contacts familiaux, 43 personnes ont été contaminées. Et parmi leurs 226 contacts extrafamiliaux, 2 ont attrapé le Covid-19.

Chez les 5 553 participants de vingt ans ou plus, il y eut en moyenne 1,9 contact familial et 8,7 contacts extrafamiliaux.

Parmi leurs 10 304 contacts familiaux, 1 202 personnes ont été contaminées. Et parmi leurs 48 075 contacts extrafamiliaux, 917 ont attrapé le Covid-19.


Transmissibilité du Covid-19 selon l’âge

Groupe d’âge Transm. familiale Transm. extrafamiliale
De 0 à 9 ans 5,3 % 1,1 %
De 10 à 19 ans 18,6 % 0,9 %
20 ans et plus 11,7 % 1,9 %

Dans ces trois groupes d’âge, si la contamination familiale fut plus élevée que la transmission extrafamiliale, c’est que tous les contacts familiaux ont été testés alors que parmi les contacts extrafamiliaux, on n’a testé que les personnes symptomatiques.

Ces données indiquent que l’aptitude à transmettre le Covid-19 est deux fois moindre chez les enfants prépubères que chez les adolescents et les adultes alors que le nombre moyen de contacts familiaux fut essentiellement le même dans les trois groupes.

Cette contagiosité est moindre lorsqu’il s’agit de personnes avec lesquelles les jeunes enfants entretiennent moins de promiscuité, soit les personnes extrafamiliales.

Par ailleurs, une recherche de contacts réalisée en mars et avril 2020 dans la ville italienne de Trento auprès de 2 812 personnes atteintes a révélé que ceux-ci avaient contaminé 890 (ou 13,3 %) de leurs 6 690 contacts.

Les 14 sujets de l’expérience qui étaient âgés de moins de quinze ans ont transmis l’infection à 11 de leurs 49 contacts, soit une contagiosité de 22,4 %. Dans cette étude, c’est ce groupe qui s’est avéré le plus contagieux.

L’expression génétique des récepteurs ACE2b

Selon une étude chinoise publiée en juin dernier, tous les enfants sont susceptibles de contracter le Covid-19.

Pourtant la sévérité de leurs symptômes est moindre et — comme le démontre cette étude-ci — leur contagiosité est la moitié de celle des adolescents et des adultes.

Comment expliquer cela ?

En avril dernier, nous avons émis l’hypothèse que les récepteurs (appelés ACE2) sur lesquels les coronavirus doivent se fixer afin de pouvoir pénétrer dans les cellules épithéliales étaient différents dans les voies respiratoires supérieures (nez, gorge), comparativement à ceux dans les voies respiratoires inférieures (poumons).

Nous avons appelé les premiers ACE2a et les seconds, ACE2b.

Leurs différences expliqueraient pourquoi les coronavirus grippaux, très contagieux, ont beaucoup plus d’affinité pour les récepteurs ACE2a que pour les récepteurs ACE2b (qu’ils finissent néanmoins par contaminer eux aussi, déclenchant ainsi la toux grippale).

Il est prouvé que les coronavirus du SRAS et du syndrome respiratoire du Moyen-Orient ont peu d’affinité pour les récepteurs ACE2a. Pour contaminer l’humain, ils doivent atteindre directement les récepteurs ACE2b, enfouis profondément dans l’arbre respiratoire.

Ce qui fait que ces virus sont moins contagieux, mais provoquent des symptômes beaucoup plus graves.

Il est également prouvé que le virus du Covid-19 est capable de se fixer aussi facilement aux récepteurs ACE2a qu’aux récepteurs ACE2b. Ce qui le rend à la fois très contagieux et très virulent.

Pour expliquer la susceptibilité moindre des enfants prépubères au Covid-19, on peut imaginer que les humains, peu importe leur âge, ont dans leur bagage génétique le code nécessaire à créer n’importe quel récepteur ACE2, qu’il s’agisse d’un récepteur ACE2a ou ACE2b.

Toutefois, à l’instar des caractères sexuels secondaires (qui ne se révèlent qu’à la puberté), les gènes des récepteurs ACE2b seraient en dormance jusqu’à cette étape de la vie.

En se fixant aux récepteurs ACE2a, accessibles dès la naissance, le Covid-19 :
• contamine leurs voies respiratoires supérieures,
• s’y multiplie à profusion,
• y produit parfois une perte d’odorat (sans que cela ait été rapporté jusqu’ici),
• y crée une importante charge virale au niveau du nez et de la gorge, et
• contamine leurs gouttelettes respiratoires (comme chez l’adulte) puisque celles-ci originent principalement de la salive qui tapisse les voies respiratoires supérieures.

Mais l’inhalation de leurs propres gouttelettes respiratoires hautement contaminées, au lieu d’étendre la contagion virale aux voies respiratoires inférieures, est alors sans effet en l’absence de récepteurs ACE2b au niveau des poumons puisque ceux-ci ne feront leur apparition qu’à la puberté.

Le résultat est que les jeunes enfants sont presque toujours asymptomatiques et que leur contagiosité est moindre parce qu’ils toussent peu.

Contaminés, ils peuvent quand même transmettre le virus parce qu’ils ont souvent un doigt dans le nez ou dans la bouche, que leurs baisers sont contagieux et que leurs joues (lorsque préalablement touchées) dispersent le virus par frottement lors de câlins.

Quant aux très rares cas de jeunes enfants qui sont morts du Covid-19 — pensons à cette fillette de 9 ans décédée en Floride le 18 juillet dernier — on peut supposer qu’il s’agirait de cas de puberté précoce ou d’enfants qui, exceptionnellement, auraient des récepteurs ACE2b pour d’autres raisons.

Références :
Contact Tracing during Coronavirus Disease Outbreak, South Korea, 2020
Contact tracing during Phase I of the COVID-19 pandemic in the Province of Trento, Italy
Epidemiology of COVID-19 Among Children in China
Florida girl who died of coronavirus had no known underlying health issues, family says
Les jeunes enfants responsables d’une faible partie de la transmission
Les mystères du Covid-19 (2e partie)

Parus depuis :
Age-Related Differences in Nasopharyngeal Severe Acute Respiratory Syndrome Coronavirus 2 (SARS-CoV-2) Levels in Patients With Mild to Moderate Coronavirus Disease 2019 (COVID-19) (2020-07-30)
La hausse record des cas de COVID-19 inquiète des pédiatres albertains (2020-11-20)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Désobéissance civile vs militarisation de la répression

27 juillet 2020

Introduction

Apôtre de non-violence, l’Indien Mahatma Ghandi fut le théoricien qui fit de la désobéissance civile de masse un moyen de résistance pacifique à l’oppression.

Depuis cinquante ans, la désobéissance civile a évolué.

À ses débuts, il suffisait aux protestataires de s’assoir en bloquant la voie publique et de refuser de quitter les lieux. Résultat : les policiers avaient la corvée de les soulever un à un, de les placer dans des voitures cellulaires et de les amener pour quelque temps en prison sous l’accusation de méfait.

Lorsque le nombre de protestataires est immense, intenter des poursuites contre eux est de nature à bloquer l’appareil judiciaire d’un pays. D’où l’abandon des poursuites.

Plutôt que de renoncer à leurs mesures impopulaires, il arrive que des régimes autoritaires s’entêtent et décident de militariser la répression des contestataires en utilisant des moyens puissants; des canons à eau, des gaz lacrymogènes, des vaporisateurs de poivre de Cayenne, des armes à mortalité réduite, etc.

En réponse à cela, les protestataires de Hong Kong ont développé des moyens ingénieux de contrer la répression violente.

La tortue romaine


 
Lorsque les légions romaines se retrouvaient en milieu hostile, elles adoptaient la formation défensive dite de ‘la tortue romaine’.

Regroupés en rectangle, serrés les uns à côté des autres, les soldats au premier rang et parfois sur les côtés (sauf à l’arrière) maintenaient leur bouclier à la verticale, alors que tous les autres plaçaient leurs boucliers à l’horizontale, au-dessus de leurs têtes.

Créée par les Gaulois et adoptée rapidement par les Romains, cette formation offrait une bonne protection contre une pluie de flèches ou de projectiles.


 
À Hong Kong, le mouvement de protestation a pris le nom de Révolution des parapluies parce cet accessoire était très utilisé par les manifestants.

Il permettait non seulement de protester des heures sous la pluie ou le soleil ardent, mais également parce cela permettait de bloquer les jets de poivre de Cayenne tirés presque à bout portant.

Et quand plusieurs parapluies adoptaient une disposition en tortue romaine, cela avait pour effet de faire dévier une partie des gaz lacrymogènes, à l’image d’un prototype aérodynamique en soufflerie.

Les cônes de chantier

Généralement en plastique orange, le cône de chantier est l’outil le plus efficace pour inactiver les bonbonnes de gaz lacrymogènes.

Contrairement à l’éteignoir de bougie, il ne suffit pas d’en placer un sur une bonbonne de gaz lacrymogène pour que celle-ci s’éteigne; le cône devient alors comme un volcan fumant.

Toutefois, par l’ouverture supérieure du cône, il suffit de verser le contenu d’un petit format d’eau embouteillé pour que la bonbonne de gaz lacrymogène rende l’âme.

À défaut de cônes de chantier, on peut utiliser des bâtons de hockey ou des raquettes de tennis pour renvoyer à l’expéditeur ces petits engins détestables.

La souffleuse de feuilles

La souffleuse de feuilles, si utile en automne, est bonne en toute saison pour purifier l’air ambiant en accélérant la dispersion des gaz lacrymogènes déjà répandus.

Références :
À Portland, les manifestants antiracistes s’inspirent des célèbres techniques popularisées à Hong Kong
Tortue (formation)
What is the meaning of the umbrellas in Hong Kong’s “Umbrella Revolution”?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Ottawa, nid de corruption

25 juillet 2020

Introduction

UNIS (en anglais WE Charity) est un organisme de bienfaisance mandaté — sans appel d’offres — par le gouvernement Trudeau pour gérer un programme fédéral d’aide financière totalisant plus de 900 millions de dollars destinés à encourager le bénévolat étudiant en lien avec la pandémie au Covid-19.

Annulé en raison de la controverse, UNIS aurait eu la responsabilité de distribuer des bourses allant de 1 000$ à 5 000$ aux étudiants qui font du bénévolat. Et il devait payer 12 000$ par enseignant afin de recruter et gérer ces étudiants.

Même si UNIS est un organisme de bienfaisance sans but lucratif, cela ne veut pas dire que ses dirigeants travaillent gratuitement.

Si le scandale n’avait pas éclaté, UNIS aurait empoché 43,5 millions en frais de gestion pour administrer ce fonds

En 2018, Graig Kielburger, le cofondateur d’UNIS, recevait une rémunération de 125 173$. Mais avec un pactole de 43,5 millions$, a-t-on prévu des mécanismes qui empêcheront les dirigeants d’UNIS de s’en mettre plein les poches ?

Ce qui est certain, c’est qu’en confiant la gestion de ce fonds à un organisme privé, cela soustrayait automatiquement cette gestion à la Loi fédérale d’accès à l’information (comme c’est le cas du Programme de contestation judiciaire, administré par l’université d’Ottawa).

Le ministre des finances pris la main dans le sac

Lorsque vous et moi voulons prendre l’avion, il faut payer d’avance. Mais pas les membres du cabinet Trudeau.

En 2017, alors que Bill Morneau était ministre des Finances,
sa famille et lui ont effectué deux voyages (au Kenya et en Équateur) qui ont occasionné des déboursés de 52 000$.

Convoqué par le comité des Finances, Bill Morneau s’est rappelé in extremis qu’il avait oublié de rembourser UNIS pour ces voyages.

Le 22 juillet 2020, avec trois ans de retard, il a posté un chèque de 41 366$ pour régler la note, juste avant sa convocation devant le comité.

Quand un organisme fait un cadeau personnel de plus de 40 000$ au ministre des finances d’un pays, et paie 300 000$ à la mère et au frère de Justin Trudeau pour qu’ils prononcent des conférences promotionnelles en faveur d’UNIS, et qu’en retour, cet organisme reçoit sans appel d’offres un contrat de 900 millions$, cela porte un nom; c’est de la corruption.

D’autant plus que ni Bill Morneau ni Justin Trudeau n’ont pas cru bon de se retirer des discussions du Conseil des ministres lorsque ce contrat gouvernemental a été accordé, en dépit de leurs conflits d’intérêts évidents.

Une corruption répandue

À Ottawa, Bill Morneau n’est pas le seul parlementaire corrompu.

L’ex-président de la Société des ponts fédéraux a été accusé d’avoir accepté pour 1,5 million$ de pots-de-vin de la part de SNC-Lavalin.

En aout 2005, le Devoir révélait que la nomination à la magistrature fédérale se faisait après consultation d’une liste d’avocats partisans du Parti libéral du Canada.

Selon le ministre fédéral actuel de la Justice, David Lametti, cette consultation n’affecte aucunement l’issue du choix effectué par le Conseil des ministres.

Vraiment ? On se demande pourquoi on se donne la peine de consulter la liste des avocats ‘amis’ avant de procéder à une nomination si cela est inutile…

En réalité, à Ottawa, on ne peut pas s’acheter un poste de juge. Mais en contribuant à la caisse au Parti libéral, cet investissement augmente vos chances de le devenir.

Dans un autre ordre d’idées, l’émission The Fifth Estate révélait en 2017 que le juge Randall Bocock (de la Cour de l’impôt), de même que le juge Denis Pelletier (de la Cour d’appel fédérale), avaient participé à Madrid à un cocktail financé par un cabinet d’avocats spécialisé dans la fraude fiscale destinée à tromper le fisc canadien.

En d’autres mots, des juges fédéraux responsables de lutter contre l’évasion fiscale acceptent des faveurs de cabinets qui aident les riches canadiens à frauder le fisc sous le couvert du secret professionnel.

À la suite de ces révélations, le juge Bocock s’est récusé dans une cause qu’il avait pourtant accepté d’entendre et dans laquelle l’accusé était justement défendu par ce cabinet d’avocats.

Le député conservateur Pierre Poiliève et son épouse ont profité de 11 705 $ de voyages payés par le gouvernement de Taïwan. Quant à la députée NPD Ruth-Ellen Brosseau, elle a fait un voyage de 11 705 $ en Israël, gracieuseté d’intérêts israéliens.

Au total, c’est plus de 600 000$ en voyages gratuits qui ont été payés par des gouvernements étrangers à des parlementaires fédéraux. Le tout de manière parfaitement légale parce que rien ne s’y oppose.

Bill Morneau est un multirécidiviste

En octobre 2017, plus de deux ans après son élection, le ministre des Finances possédait toujours des dizaines de millions de dollars d’actifs qu’il avait négligé de placer dans une fiducie sans droit de regard, comme l’exige la loi.

En novembre 2017, il était condamné à payer une amende symbolique (200$) pour avoir oublié de déclarer une luxueuse villa en France qu’il s’était acheté pour son usage personnel, mais avec l’argent d’une de ses sociétés.

Faire payer une dépense personnelle par une de ses compagnies (pour qui cette dépense sera déductible d’impôt) est une fraude fiscale très répandue. Violer la loi de l’impôt est déjà inacceptable de la part de n’importe quel élu; imaginer quand le violeur est ministre des Finances…

Conclusion

À Ottawa, des fonctionnaires fédéraux se font corrompre. Des députés fédéraux se font corrompre. Des ministres fédéraux se sont corrompre. Des sénateurs se font corrompre. Et même des juges se font corrompre.

Cela est compréhensible; l’État canadien représente des dizaines de milliers de personnes et les êtres humains sont imparfaits.

Ce qui est anormal, c’est la réaction de l’État canadien à la corruption.

Quand ce sont des juges, le Conseil de la magistrature n’y voit pas d’objection. Quand ce sont des parlementaires (députés, ministres et sénateurs), le gouvernement n’y voit pas d’objection.

Depuis toujours, le champion des conflits d’intérêts est le parti de Justin Trudeau.

Le Parti libéral du Canada est corrompu pour les mêmes raisons que le Parti libéral du Québec l’a été sous Jean Charest.

La commission Charbonneau a révélé que l’assujettissement des ministres à rapporter 100 000$ par année à la caisse du Parti libéral du Québec (PLQ) s’est soldé par un vaste pillage du Trésor public.

Ce système permettait à des entrepreneurs de gonfler le cout des contrats d’infrastructures moyennant le paiement d’une modeste contribution à la caisse du PLQ.

L’obligation de rapporter annuellement 100 000$ créait une relation d’assujettissement du ministre à la caisse du Parti libéral du Québec plutôt qu’à la nation. La contribution de l’entrepreneur était d’autant plus appréciée que sans elle, le ministre se trouvait relégué au rang de simple député.

Justin Trudeau a mis en place un système semblable; en vue de la récente campagne fédérale, chaque député libéral sortant devait générer 51 000$ de financement politique.

Dans le cas précis du ministre Morneau, celui-ci est un pourri; il n’a plus la crédibilité pour demander aux contribuables de payer leur juste part d’impôt alors qu’il a violé à de multiples reprises les règles élémentaires d’intégrité politique.

Références :
Affaire UNIS : le ministre Morneau rembourse plus de 40 000 $ en frais de voyages
Corruption fédérale : les voyages forment la vieillesse
Corruption : le ‘verrou’ libéral
Inside The “Cult” Of Kielburger
Juges et cocktails commandités : le Conseil de la magistrature n’y voit pas de problème
Le Bloc menace de faire tomber les libéraux
Les «affaires» Bill Morneau: les scandales collent à la peau du ministre des Finances du Canada
Réforme de la nomination des juges de la Cour suprême – La transparence rendra-t-elle la sélection moins partisane?
Trudeau comparaitra devant un comité, Morneau rembourse 41 000$
Trudeau demande 51 000$ à chaque député
UNIS administre un généreux programme fédéral pour les élèves et les professeurs

Parus depuis :
Sélection des juges à Ottawa : « matière à scandale » (2020-10-20)
De nombreux signes d’ingérence dans la nomination des juges (2020-10-31)
Sélection des juges : Ottawa blâmé par le principal regroupement d’avocats au pays (2020-11-09)
La corruption au ministère du Revenu du Canada (2021-07-11)
Un ex-fonctionnaire fait faux bond à sa sentence pour fraude (2021-07-22)
Deux ex-cadres de SNC-Lavalin arrêtés (2021-09-23)
Coupable, un fonctionnaire s’en tire in extremis (2021-11-09)
Postes d’ambassadeurs – Salaires gonflés pour d’ex-ministres libéraux (2022-01-17)

Post-Scriptum : Bill Morneau a finalement remis sa démission à titre de ministre des Finances du Canada le 17 aout 2020, soit trois semaines après la publication du texte ci-dessus.

Référence : Le ministre Bill Morneau annonce sa démission

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Grande astrance

22 juillet 2020
Grande astrance ‘Sparkling Stars Pink’

Avec ses couleurs plutôt ternes, la Grande astrance passe facilement inaperçue parmi les iris et les hémérocalles.

Toutefois, à y regarder de près, cette plante — qui fleurit tout l’été — est très élégante.

Protégée dans le Limousin et dans la Principauté d’Andorre, la Grande astrance est une annuelle haute de 30 à 90 cm qui habite les collines et les montages de l’Est et du Sud de l’Europe.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Blanches ou vieux rose, les fleurs disposées en ombelle sont portées par de longs et fins pédoncules au bout desquels les sépales semblent agripper la fleur comme les griffes du chaton retiennent la pierre précieuse qui sertit une bague.

Les fleurs semblent jaillir d’un bol dont les parois délicates et dentelées sont décorées de feuilles stylisées.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/1000 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 106 mm
2e  photo : 1/3200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les chemises brunes de Trump

21 juillet 2020

Dans tous les pays, il existe différents types d’agents de la paix, placés sous administration locale, régionale ou nationale.

Le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis a été créé en 2002 en réponse aux attentats du 11 septembre 2001.

Son but est d’organiser et d’assurer la sécurité intérieure des États-Unis; c’est l’équivalent d’un ministère de la Défense, mais contre les ‘ennemis’ du pays qui opèrent en sol américain.

Il dispose d’un budget de 40,6 milliards$ et compte plus de 229 000 employés.

Le 26 juin dernier, Donald Trump signait un décret présidentiel s’adressant spécifiquement au Département de la Sécurité intérieure.

Ce décret lui ordonne de protéger les monuments, les mémoriaux et les statues de propriété fédérale, et de combattre la violence criminelle récente (une allusion au vent de contestation qui a suivi l’assassinat policier de George Floyd).

Quelques jours plus tard, dans un mémo confidentiel daté du 1er juillet et révélé par l’hebdomadaire The Nation, le département annonce la création d’une force d’intervention appelée Protecting American Communities Task Force (PACT).

Dotée des pouvoirs découlant du Patriot Act, cette force d’intervention est libre des contraintes imposées aux corps policiers et à l’armée.

Afin de la créer, le Département de la Sécurité intérieure a puisé çà et là au sein de diverses formations militaires ou paramilitaires sous son autorité, dont les unités tactiques d’intervention frontalière (renommées pour leur brutalité).

Il y a moins d’une semaine, c’est à Portland que cette nouvelle force d’intervention a été à l’œuvre pour la première fois.

Lourdement armées, masquées, habillées d’uniformes de camouflage, sans badge d’identification ni de caméra de surveillance, les chemises brunes de Trump ont utilisé des gaz lacrymogènes et des armes à mortalité réduite contre des protestataires ou de simples passants. Ceux-ci étaient presque tous des protestataires pacifiques. Les autres ne s’en prenaient ni à des statues ni à des édifices fédéraux.

Les yeux bandés, les personnes arrêtées ont été transportées par fourgons banalisés dans des ‘lieux surs’ tenus secrets et relâchées quelques heures plus tard sans qu’elles aient pu bénéficier de l’assistance d’un avocat.

Au moins treize protestataires et un certain nombre de passants ont ainsi été arrêtés sans qu’on leur précise les motifs de leur arrestation.

Dans au moins un cas, ces agents ont nié avoir détenu un citoyen dont l’arrestation a pourtant été captée sur vidéo.

Non armé, un des protestataires a été hospitalisé en raison d’une fracture du crâne causée par l’utilisation d’armes à mortalité réduite.

Pour le maire de Portland, la violence exercée par les agents fédéraux contre les protestataires est une attaque contre la démocratie américaine dans la mesure où elle vise à réprimer la liberté d’expression.

Le dirigeant municipal a déclaré : « Leur présence cause plus de violence et plus de vandalisme. Cela n’aide pas du tout à calmer la situation. Ils ne sont pas les bienvenus et nous voulons qu’ils partent.»

Dans les jours qui viennent, 150 de ces agents seront déployés à Chicago.

C’est à suivre…

Références :
Département de la Sécurité intérieure des États-Unis
Federal Law Enforcement Use Unmarked Vehicles To Grab Protesters Off Portland Streets
Homeland Security set to deploy 150 agents in Chicago this week; scope of duty unknown
House Democrats call for ‘urgent’ investigation into federal policing in Portland
La Ville de Portland réclame le départ des troupes fédérales américaines
The Border Patrol Was Responsible for an Arrest in Portland
Trump says he signed executive order to protect monuments
United States Department of Homeland Security
Watching Trump’s paramilitary squads descend on Portland, it’s hard not to feel doomed

Complément de lecture :
Racisme systémique : la complicité de Washington à l’égard du KKK

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : doit-on s’inquiéter des rebelles antimasques ?

20 juillet 2020

Le désamour des contraintes

Le port d’un masque protecteur est rarement agréable.

On se plie à l’obligation d’en porter un par civisme. Et on est rassuré de voir les gens autour de soi séquestrer leurs propres gouttelettes respiratoires par un couvre-visage.

Pour la personne habillée de pied en cap dont seuls les mains et le visage sont à découvert, porter un masque en pleine canicule correspond à bloquer une bonne partie de la surface corporelle dont elle dispose pour dissiper la chaleur.

Pensons également au cuisiner qui doit travailler dans une cuisine surchauffée, dépourvue de ventilation extérieure…

Gravir une côte à pic est plus difficile quand l’air qu’on inspire se compose en partie de l’air appauvri en oxygène qu’on vient d’expirer.

Et il y a des maskaphobes qui angoissent même à l’idée de porter un masque…

À toutes ces réticences s’ajoutent celles des rebelles antimasques qui y voient une entrave à leur liberté.

Pour bien comprendre le présent, rien de mieux qu’un retour dans le passé.

Le combat pour le ‘droit’ des fumeurs

Souvenons-nous de l’époque où on adoptait les premières mesures antitabagiques.

Dès qu’on a fait la preuve scientifique que la fumée secondaire était elle aussi cancérigène, fumer devenait un acte asocial.

Puisqu’il était impossible pour un fumeur de conserver sa boucane pour lui, on a considérablement réduit le nombre d’endroits où le tabagisme était permis.

Se rappelle-t-on des accusations de ‘fascisme’ adressées aux antifumeurs par ceux qui se disaient victimes de leurs persécutions ?

Aujourd’hui, la poussière est retombée. Et les fumeurs respectent le droit des non-fumeurs à respirer de l’air sain.

La même chose attend les antimasques; leur combat est voué à l’échec.

Même sans répression policière, l’étau se refermera sur ces irréductibles, bientôt victimes de l’ostracisme de l’immense majorité des Québécois qui voient dans l’obligation du port du masque une question de civisme le plus élémentaire.

Conclusion

Comment peut-on s’imaginer sérieusement qu’il existe un droit d’obliger les autres à inspirer ses gouttelettes respiratoires ?

L’obligation de porter un masque, c’est comme l’obligation de boucler sa ceinture de sécurité en auto; cela sauve des vies en contrepartie d’inconforts mineurs.

Il y eut une époque où on ignorait que simplement en parlant, deux inconnus s’échangent leurs gouttelettes respiratoires.

Maintenant qu’on le sait, n’est-ce pas franchement répugnant ?

Parus depuis :
Sondage CROP: les trois quarts des Québécois favorables au port du masque (2020-07-22)
Les Canadiens très favorables au masque dans les lieux publics (2020-09-22)


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : la protection très limitée des visières

19 juillet 2020

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J’écoutais dernièrement un reportage télévisé au sujet de la reprise des croisières.

Le but de ce reportage était de montrer à quel point les organisateurs de croisières avaient retenu la leçon du drame survenu à bord du Diamond Princess, un drame au cours duquel les passagers, prisonniers à bord, avaient été en bonne partie décimés par le Covid-19.

Le reportage nous montrait les officiers et les matelots masqués, de même que l’infirmière à son poste de travail effectuant des tests de dépistage sous une hotte laminaire.

Comme sur la photo ci-dessus (tirée d’un autre reportage), on y voyait aussi à l’œuvre un serveur de restaurant ne portant qu’une visière.

Filmé en contreplongée (le point de vue de ses clients attablés), le serveur du paquebot ne semblait pas réaliser qu’une fois retroussée, sa visière ne retenait aucune de ses gouttelettes respiratoires. En somme, c’était comme s’il ne porterait rien.

En milieu hospitalier, la visière est un complément au masque; essentiellement, elle protège les yeux du porteur.

Selon l’Institut national de santé publique, la visière seule doit être considérée comme solution de dernier recours, par exemple lorsque la buée provoquée par le masque dans les lunettes de prescription mettrait la vie en danger de cette personne.

Le ministère de la Santé est encore plus catégorique : les citoyens qui portent uniquement la visière se verront refuser l’accès aux transports publics et aux commerces parce qu’elle n’offre aucune étanchéité.

« Les gouttelettes projetées par la personne qui porte une visière peuvent facilement se répandre dans l’air en passant par les côtés ou le dessous de la visière. Une personne atteinte de la COVID-19 qui porte uniquement une visière est donc susceptible de contaminer les gens autour d’elle.»

À l’exception d’un lieu où de grandes quantités de virus seraient en suspension dans l’air, la visière ne protège pas plus le porteur qu’une paire de lunettes.

Références :
Des experts prônent le port du masque ou de la visière à l’école
La visière ne protège pas autant que le masque, disent les Villes
Le port d’une visière peut-il remplacer celui d’un masque?
Non, la visière ne peut pas remplacer le masque

Parus depuis :
Comment visières et masques à valve laissent passer des gouttelettes invisibles (2020-09-01)
La visière anti-Covid-19, vrai gadget fausse protection (2020-10-17)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Bourrache officinale

17 juillet 2020



 
Couverte de poils raides, la Bourrache officinale est une fine herbe annuelle qui, à maturité, mesure de 20 à 60 cm de haut.

Commune dans les terrains vagues, cette plante est originaire du sud et du centre de l’Europe.

Ses tiges contiennent une substance toxique pour le foie. Cette substance est aussi présente dans les feuilles et les fleurs, mais en quantité beaucoup plus faible.

En dépit du fait que certaines auteurs déconseillent la consommation régulière et prolongée de Bourrache officinale, on la trouve dans la composition de nombreux plats traditionnels, notamment dans des potages froids en Allemagne.

Au gout de concombre, ses feuilles crues se mangent en salade. Cuites, elles parfument des légumes cuits et des omelettes.
 


 
Souvent bleues, parfois blanches ou rose violacé, les fleurs de la Bourrache officinale peuvent servir à décorer des plats; par exemple, le Gargouillou du chef Michel Bras (trois étoiles Michelin).

Le gout des fleurs rappelle celui de l’huitre.

Anatomiquement, les fleurs se composent de cinq sépales verts et de cinq pétales souvent bleus (mais parfois blancs ou rose violacé) soudés à leur base. Le pistil blanc est gainé de cinq étamines noires coniques.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14
1re photo : 1/200 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 56 mm
2e  photo : 1/200 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 56 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 640 — 210 mm
4e  photo : 1/800 sec. — F/5,0 — ISO 200 — 210 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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