L’Empêchement du 45e président américain

11 janvier 2021

Nature de l’impeachment

En raison d’une nouvelle procédure intentée contre lui, Donald Trump pourrait bientôt devenir le premier président américain impeached une deuxième fois.

Toutefois, puisque la procédure d’impeachment est souvent traduite par ‘procédure de destitution’, on se demande comment Donald Trump peut encore être en fonction s’il a déjà été destitué.

L’impeachment se trouve dans le droit de quelques pays, dont le Brésil, la Corée du Sud, l’Inde, l’Irlande, les Philippines, et la Russie. Mais il n’a pas d’équivalent au Canada.

En deux mots, la procédure d’impeachment est un procès politique. L’accusé peut être le président, son vice-président, ou un de ses ministres (c’est-à-dire un membre du cabinet présidentiel). Ce peut être également un juge fédéral.

Ce procès politique se déroule en trois étapes.

Pour bien comprendre ce qui va suivre, précisons que le parlement américain est de type bicaméral. Cela signifie que son assemblée législative (le Congrès) est composée de deux chambres; la Chambre des représentants et le Sénat.

La première étape de ce procès est la mise en accusation par la Chambre des représentants. Au sens le plus strict du terme, l’impeachment est le nom porté par cette première étape. Voilà pourquoi on dit que Trump pourrait être impeached une deuxième fois.

La deuxième étape est le procès proprement dit devant le Sénat. Et la dernière étape est la sanction imposée par lui.

1re étape : la mise en accusation

Lorsqu’il n’est pas urgent, ce procès politique débute par une enquête préliminaire menée par le Comité judiciaire de la Chambre des représentants.

Dans ce cas-ci, l’évidence des faits reprochés à Trump et l’urgence d’agir font que cette étape a été sautée.

On procèdera donc demain au dépôt de sa mise en accusation à la Chambre des représentants. C’est à majorité simple que les députés de cette chambre l’adopteront ou la rejetteront.

2e étape : le procès

Après l’adoption de la mise en accusation par la Chambre des représentants, le procès proprement dit débute au Sénat.

Il est dirigé par le juge en chef de la Cour suprême des États-Unis. L’accusé peut être entendu et/ou se faire représenter par des avocats.

Pour condamner l’accusé, les deux tiers des sénateurs doivent se prononcer en faveur d’un verdict de culpabilité.

Et puisque nous ne sommes pas en droit criminel, la poursuite n’a pas besoin de présenter une preuve hors de tout doute raisonnable; une prépondérance de preuve suffit.

Rappelons que la première procédure d’impeachment de Trump s’est déroulée de septembre 2019 à février 2020. À l’issue de celle-ci, le Sénat, contrôlé par des élus républicains, avait refusé de condamner le président, contrairement à la Chambre des représentants.

C’est donc à dire que Donald Trump est le premier président contre lequel on a entamé deux procédures d’impeachment. Et c’est le premier qui sera impeached une deuxième fois par la Chambre des représentants.

Mais jusqu’ici, Trump n’a jamais été condamné par le Congrès puisque le Sénat ne l’a pas reconnu coupable à la suite de sa première mise en accusation. Voilà pourquoi il est encore en fonction.

3e étape : la sanction

Lorsque l’accusé est reconnu coupable par le Sénat, il y a deux sanctions possibles : la destitution ou la disqualification.

La destitution est immédiate.

Quant à la disqualification, c’est l’inaptitude permanente à occuper n’importe quelle fonction au sein de l’État fédéral.

Impeachment pourrait donc se traduire par ‘Empêchement’; l’empêchement de continuer à occuper une fonction spécifique ou l’empêchement d’être élu ou nommé à une fonction qu’on n’a jamais occupée.

C’est le Sénat seul qui décide de la sanction, à majorité simple.

Puisqu’il doit quitter son poste dans quelques jours, à quoi ça sert de destituer Donald Trump ?

En le menaçant d’une destitution, les élus démocrates veulent le motiver à démissionner de lui-même dans les plus brefs.

Sinon le nouveau Sénat (contrôlé par les élus démocrates) pourrait le condamner à ne plus pouvoir se présenter à la présidence. Et lui faire perdre automatiquement sa pension présidentielle et la protection des services secrets.

Références :
Impeachment
Impeachment (États-Unis)
Procédure de destitution de Donald Trump

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : vaccination vs immunisation

9 janvier 2021

Le but de la vaccination contre le Covid-19 est de protéger les gens. Cette protection s’obtient en stimulant le développement d’anticorps par l’organisme. Et lorsque celui-ci en a développé suffisamment, on le dit immunisé.

L’immunisation n’est pas immédiate; cela prend quelques jours avant que l’organisme ait produit suffisamment d’anticorps en réponse à la vaccination.

Si le statut de ‘vacciné’ est permanent, l’immunité ne l’est pas.

Au moment où ces lignes sont écrites, personne ne connait la durée de la protection offerte par les vaccins anticovids. Les experts américains l’estiment à environ huit mois.

De plus, la réponse immunitaire est variable.

C’est ainsi que le vaccin de Pfizer provoque une réponse immunitaire modeste chez 89 % des vaccinés après une première dose. Et une réponse immunitaire robuste chez 95 % des vaccinés après une deuxième dose.

La différence est telle que le manufacturier déconseille l’administration d’une seule dose.

Le texte Le fiasco prévisible de la vaccination québécoise contre le Covid-19 a été écrit alors que les autorités sanitaires du Québec prévoyaient vacciner 650 000 personnes d’ici la fin du mois de mars.

Depuis ce temps, ceux-ci ont décidé de remettre à plus tard l’administration de la deuxième dose afin de vacciner le plus de gens possible avec une première dose.

Si tout va bien — c’est-à-dire si on ne manque ni de vaccins ni de personnes pour l’administrer — la Santé publique prévoit maintenant de vacciner 900 000 personnes d’ici trois mois, plutôt que 650 000.

Au premier coup d’œil, cela semble beaucoup. En réalité, cela est grossièrement insuffisant.

Pour atteindre l’immunité grégaire, au moins 70 % de la population québécoise doit être réfractaire au virus, c’est-à-dire immunisée (et non seulement vaccinée).

En d’autres mots, l’effet de la vaccination doit encore être présent de manière importante chez 70 % des gens.

Au rythme de 900 000 vaccinés en trois mois, on devrait avoir vacciné environ 6 millions de personnes — 70 % des 8,5 millions de Québécois — en vingt mois.

Ce qui veut dire qu’à la fin de la campagne de vaccination, les 2,4 millions de vaccinés au cours des huit derniers mois seront encore protégées par la dose reçue. Par contre, les 3,6 millions de vaccinés depuis au-delà de huit mois ne seront plus protégés.

Le résultat, c’est qu’au bout de vingt mois, la pandémie continuera de faire des victimes parmi les 3,6 millions de vaccinés dont l’immunité aura disparu, auxquels s’ajouteront les 2,5 millions de Québécois qui n’auront pas encore été vaccinés en raison de la lenteur de la campagne de vaccination. Soit un total de 6,1 millions de personnes.

Bref, au lieu d’avoir atteint l’immunité grégaire — quand 70 % de la population est réfractaire au virus — ce sera plutôt l’inverse; 72 % des 8,5 millions de Québécois seront redevenus vulnérables à la pandémie.

Après vingt mois d’une campagne de vaccination, il faudra recommencer. On aura ainsi gaspillé des centaines de millions$ et fait perdre le temps à des milliers de préposés à la vaccination.

Bref, avec une certitude absolue, on peut déjà prédire que la campagne de vaccination sera un fiasco. Comme tout ce qu’ont entrepris jusqu’ici ceux qui dirigent la lutte sanitaire contre la pandémie au Québec.

Référence : INSP : Report de la 2e dose en contexte de pénurie

Parus depuis : Sept résidents vaccinés du Centre Maimonides contractent la COVID-19 (2021-01-13)
Le rêve « utopiste » de l’immunité collective contre la COVID-19 (2022-05-01)

Postscriptum : Un mois après la publication de ce texte, plus précisément à partir du 18 février 2021, la campagne de vaccination du Québec s’est considérablement accélérée, ce qui a évité l’échec prévisible vers lequel elle se dirigeait.

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Comment configurer un Macintosh pour recevoir des courriels

8 janvier 2021

Prérequis

Normalement, il est très facile de créer une boite aux lettres sur un ordinateur d’Apple. Dans le cas de toutes les grandes messageries, il suffit de la choisir dans une liste et de préciser votre nom d’utilisateur et votre mot de passe.

Mais dans le cas de petits fournisseurs de messagerie, il en est autrement. Si vous avez de la difficulté à configurer votre boite aux lettres, ce texte s’adresse à vous.

Mais avant d’aller plus loin, il vous faut d’abord créer une adresse de courriel chez votre fournisseur.

Une fois cela fait, vous devez obtenir quatre précisions auprès de ce dernier :
• le type de compte de courriel (IMAP ou POP),
• le nom du serveur de réception et celui du serveur d’expédition de vos courriels,
• le numéro du port de réception et celui du port d’expédition, et
• l’utilisation (ou non) d’un protocole de sécurisation par ce serveur.

Le nom du serveur est toujours composé de trois mots séparés par un point. Ces mots sont formés de lettres, de chiffres ou de traits d’union. Exemples : mail.aei.ca ou imap-mail.outlook.fr.

Il arrive parfois que le nom des deux serveurs soit le même.

Le numéro du port est toujours formé de deux ou de trois chiffres.

Étape No 1


 
En haut à gauche du bureau, cliquez sur /Préférences Système… Puis choisissez l’item Comptes Internet.


 
Dans le panneau de droite de la fenêtre qui s’ouvrira, choisissez l’item ‘Ajouter un autre compte…’.


 
Puis, si votre ordinateur est connecté à l’Internet, cliquez sur ‘Compte Mail’.


 
Dans la boite de saisie qui s’ouvrira, précisez votre nom, de même que votre adresse de courriel et le mot de passe préalablement déterminés lors de la création de votre adresse électronique chez votre fournisseur.

Cliquez sur ‘Se connecter’. Vous obtiendrez alors le message d’erreur ‘Impossible de vérifier le nom ou le mot de passe du compte’.


 
Précisez le type de compte (IMAP ou POP). Puis le nom du serveur de réception et celui du serveur d’expédition.

Une fois cela précisé, le bouton ‘Se connecter’ deviendra actif (soit bleu). Cliquez-le.


 
Finalement, cochez les applications à partir desquelles vous utiliserez cette boite de courriel.

Étape No 2

Fermez les ‘Préférences Système’.


 
Ouvrez votre logiciel de gestion de courrier électronique (habituellement, c’est Mail).

Dans le panneau de gauche, votre nouvelle boite aux lettres devrait apparaitre sous l’item ‘Boîte de réception’. Cliquez droit sur son nom et choisissez de la modifier.


 
Vers le haut du panneau de droite, cliquez sur l’onglet ‘Réglages du serveur’ (ici en bleu).

Par défaut, tout ce que vous avez précisé à la première étape s’y trouvera déjà.

Autant pour le serveur de réception que pour celui d’expédition, décochez la case ‘Gérez automatiquement les réglages de connexion’.


 

Et c’est là que vous devez fournir les deux dernières précisions techniques dont a besoin votre logiciel de gestion de courrier électronique; le numéro du port (celui de réception et celui d’expédition) et l’utilisation (ou nom) d’un protocole de sécurisation du serveur.


 
Si vous possédez plusieurs adresses de courriel, vous voudrez probablement déterminer celle qui sera votre adresse par défaut.

Dans la même fenêtre que précédemment, cliquez sur l’onglet ‘Rédaction’. Puis, à la droite du texte ‘Les nouveaux messages seront expédiés depuis :’, choisissez l’adresse par défaut dans la liste déroulante.

Fermez cette fenêtre et testez le résultat en vous envoyant un courriel bidon.

Et voilà !

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : doit-on s’inquiéter de la réticence aux vaccins ?

7 janvier 2021

Enfant, quand j’exprimais mon déplaisir à manger des choux de Bruxelles — un légume que j’ai toujours détesté — mon père disait : « Si t’en veux pas, ça en fera plus pour les autres…».

Avant d’ajouter : «…Mais t’auras pas de dessert avant d’avoir fini ton assiette.»

De manière analogue, dans un contexte où le nombre de personnes qui veulent être vaccinées contre le Covid-19 est considérablement supérieur au nombre de doses disponibles, si quelqu’un veut passer son tour… ça en fera plus pour les autres.

En Amérique du Nord, le pourcentage des irréductibles antivaccins est de l’ordre de 14 %. Ce qui veut dire qu’il est possible d’atteindre l’immunité grégaire sans eux.

À cela s’ajoutent ceux qui pourraient se faire se vacciner mais qui craignent que les vaccins adoptés à la hâte soient moins sécuritaires qu’on le dit.

On peut s’attendre à ce que leur nombre diminue au fur et à mesure où des millions de gens auront été vaccinés avant eux. Sans autre problème qu’une réaction allergique importante, mais non mortelle, chez une personne sur cent-mille.

En Europe occidentale, c’est en France où l’hésitation vaccinale est la plus élevée, atteignant environ 60 % de la population. Ce qui veut dire qu’à l’inverse, 40 % des Français veulent être vaccinés.

Au Québec, l’hésitation vaccinale est moins fréquente.

Chez nous, l’objectif de la Santé publique est de vacciner 7,6 % des Québécois d’ici trois mois. Si tout va bien.

À ce rythme, même dans un an, on sera loin d’avoir vacciné toutes les personnes consentantes. Voilà pourquoi la réticence à se faire vacciner n’a aucune importance. Pour l’instant.

Une des raisons pour lesquelles il faut vacciner rapidement la population consentante, c’est que la motivation des gens à se faire vacciner diminuera avec le temps.

La raison en est simple.

À juste titre, on a commencé à vacciner prioritairement les personnes les plus susceptibles d’en mourir.

Conséquemment, le nombre de morts diminuera au fil des mois puisque les personnes qui n’auront pas encore été vaccinées seront éventuellement comprises dans des groupes d’âge qui en décèdent rarement.

Alors que l’on compte 1,7 million de morts du Covid-19 à travers le monde, beaucoup de personnes en Occident nient la dangerosité de la pandémie. En dépit de toutes les preuves du contraire, ces gens croient que le Covid-19 n’est pas plus dangereux que la grippe annuelle. Leur nombre augmentera sans doute quand presque plus personne n’en mourra.

Même chez les personnes consentantes à se faire vacciner, plusieurs perdront leur motivation liée à la peur de la mort.

D’où l’importance de mener promptement une campagne généralisée de vaccination. À défaut de quoi on risque de rendre permanent le bourbier laissé par toute campagne de vaccination ‘broche à foin’ comme celle qui s’annonce au Québec.

Références :
Québec sommé d’offrir une 2e dose de vaccin aux résidents du CHSLD Maimonides
Vaccins : la France championne du monde du scepticisme

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les chauvesouris

6 janvier 2021
Sérotine boréale (Eptesicus nilssonii)

Les chauvesouris sont les seuls mammifères capables de voler (et non seulement planer comme le peuvent certains écureuils).

Elles comptent pour 1 400 des 5 000 espèces de mammifères. Ce qui en fait le groupe le plus varié après les rongeurs.

Comme on peut le voir sur la photo ci-dessus, l’aile part de l’épaule à la queue. Attachée au talon, elle s’étire grâce à quatre des cinq doigts de l’animal. Le pouce fait exception; libre et de petite taille, il sert de crochet.

Si les chauvesouris ne sont actives que le soir ou la nuit, c’est que leur vol — d’une grande vivacité — provoque une très forte dépense énergétique.

Leur corps étant poilu, seules leurs ailes peuvent dissiper efficacement cette chaleur. Mais le jour, la peau sombre des ailes absorbe la chaleur du soleil. Ce qui les met à risque d’hyperthermie.

Voilà pourquoi ce sont des animaux nocturnes.

Et pour réussir à se nourrir dans le noir, ils ont développé un moyen unique de ‘voir’ la nuit: en émettant des ultrasons et en captant — à l’aide de leurs longues oreilles — ceux qui rebondissent de leurs proies.

Selon une étude réalisée en 1998 par l’université de Floride, une chauvesouris peut consommer 850 insectes volants durant ses quatre heures d’activité nocturne. Qu’ils dépècent prestement de leurs petites dents acérées.

Afin de vous présenter ces petites bêtes mal aimées, en voici quelques-unes qui font partie de la collection du musée d’Histoire naturelle d’Helsinki.

Sérotine commune (Eptesicus serotinus)
Vespertilion de Brandt (Myotis brandtii)
Sérotine bicolore (Vespertilio murinus)
Oreillard roux (Plecotus auritus)
Pipistrelle de Nathusius (Pipistrellus nathusii)
Murin de Daubenton (Myotis daubentonii)

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re, 3e et 5e photos) et M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 32 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 32 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 32 mm
6e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 250 — 25 mm

Référence : Chiroptera

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le fiasco prévisible de la vaccination québécoise contre le Covid-19

4 janvier 2021

Sous le régime d’austérité du gouvernement libéral de Philippe Couillard, notre système de santé a souffert d’importantes restrictions budgétaires.

Ces coupures ont affecté la Santé publique du Québec; son budget d’exploitation de 72 millions$ a été amputé de 23,7 millions$. Essentiellement, ce que la Santé publique a perdu, c’est une partie de son expertise.

Et cela parait.

Avant même le déclenchement de la pandémie actuelle, elle n’avait déjà plus l’envergure nécessaire pour faire face à une telle catastrophe. C’est alors que le Covid-19 est arrivé.

Depuis des mois, nous assistons au fiasco de la lutte québécoise contre cette pandémie.

Mais nous en sommes aujourd’hui à l’étape de la vaccination. Et cette étape est l’occasion unique pour la Santé publique de se reprendre. Puisque la vaccination, c’est sa spécialité.

Chaque année depuis longtemps, la Santé publique orchestre la vaccination contre la grippe saisonnière. Elle sait le nombre de vaccins à acheter. Où les obtenir. À quel prix les payer. Les endroits où les acheminer. Etc.

Bref, tout cela roule habituellement sur des roulettes. Or vacciner contre le Covid-19 ou contre le virus de la grippe, c’est pareil.

La seule différence, c’est qu’on doit vacciner presque toute la population. Ce qui est plus que d’habitude, mais pas la mer à boire.

La vaccination en est à ses débuts. Comme toute opération d’envergure, il est normal d’observer du cafouillage aux premiers jours. Par la suite, tout devrait rentrer dans l’ordre.

Toutefois, il y a un problème majeur; l’objectif de la Santé publique est de vacciner (avec deux doses) 650 000 personnes d’ici le 1er avril 2021.

Cela veut dire que si tout va bien — en d’autres mots, si on manque ni de vaccins ni de personnel pour l’administrer — seulement 7,6 % des Québécois auront été vaccinés dans trois mois. À ce rythme, il faudra plus de deux ans pour vacciner 70 % de la population et atteindre ainsi l’immunité grégaire.

Malheureusement, on ne peut pas accélérer ce rythme. Pourquoi ?

Parce que faire pénétrer une seringue dans le bras de quelqu’un d’autre est un acte médical. Ce qui n’a été délégué qu’à d’autres professionnels de la Santé.

Dans le cas des infirmières, on ne peut pas les déplacer massivement à faire de la vaccination quand les hôpitaux débordent.

Quant aux pharmaciens, ils ont déjà d’autres tâches professionnelles à accomplir. Ils ne peuvent pas vacciner du matin jusqu’au soir.

Il aurait été souhaitable que la direction de la Santé publique réclame un règlement de délégation d’acte autorisant de simples techniciens, formés adéquatement, à procéder à cette campagne de vaccination généralisée.

Mais on n’a pas jugé bon exiger un tel règlement.

Au moment où ces lignes sont écrites, on ne sait pas la durée de la protection offerte par les vaccins contre le Covid-19. Les experts américains estiment que cette protection pourrait durer huit mois.

Ce qui veut dire que toute campagne de vaccination qui prend plus de temps que la durée de cette protection est perpétuellement à recommencer.

À l’issue de la protection offerte, si on doit attendre la fin de la première campagne de vaccination (des mois plus tard) avant d’être vacciné de nouveau, que fait-on d’ici là ? C’est quoi le plan ? A-t-on même un plan ?

Face aux critiques, la Santé publique peut bien adopter une cible de vaccination plus ambitieuse : mais s’est-elle donné les moyens de l’atteindre ?

Ce qui est certain, c’est qu’au rythme actuel, la campagne de vaccination au Québec est vouée à l’échec.

Références :
Covid-19 : évolution en neuf mois
COVID-19 : le gouvernement atteindra-t-il sa cible de vaccination?

Parus depuis :
Single Covid vaccine dose in Israel ‘less effective than we thought’ (2021-01-19)
Québec cherche 6,4 millions de seringues (2021-01-27)
La Santé publique « sous-financée » pendant plus de 15 ans au Québec (2021-04-29)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : évolution en neuf mois

1 janvier 2021

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants.


Tableau comparatif des pays les plus atteints au premier jour de chaque mois, en nombre de morts par million d’habitants

Pays Avr. Mai Juin Juil. Aout Sep. Oct. Nov. Déc. Jan.
Belgique 73 676 834 842 849 853 863 1002 1434 1681
Slovénie 2 46 54 56 60 67 76 175 717 1312
Bosnie-Herzég. 1 21 47 57 100 189 263 381 833 1249
Italie 206 467 554 575 581 587 594 642 933 1235
Macédoine du N. 6 41 70 147 237 290 357 482 860 1205
Pérou 2 33 149 299 588 880 983 1042 1087 1136
Bulgarie 1 10 20 34 56 93 121 187 583 1099
Rép. Tchèque 4 22 30 33 36 40 63 312 783 1093
Royaume-Uni 35 414 593 647 680 611 621 687 868 1089
Espagne 194 532 581 607 608 623 684 767 973 1087
États-Unis 12 199 330 395 477 570 642 713 831 1074
Hongrie 2 33 55 61 62 64 81 188 516 1002
France 53 367 432 457 464 470 490 567 819 991
Mexique 0 37 81 215 362 499 601 709 818 971
Croatie 1 18 25 26 35 46 69 137 455 968
Québec 4 238 549 651 669 679 689 734 834 958
Argentine 1 5 12 35 79 193 448 687 854 954
Arménie 1 11 46 153 253 297 325 460 739 953
Panama 7 44 80 149 335 463 551 624 709 935
Brésil 1 29 149 286 440 576 680 751 815 916
Suisse 54 205 224 227 229 232 239 268 568 882
Chili 1 14 66 301 498 591 669 743 804 868
Suède 24 262 442 532 568 575 583 587 671 861
Colombie 0 6 19 68 203 393 513 617 723 850
Roumanie 5 39 66 87 124 192 253 368 601 826
Équateur 6 52 210 259 325 372 646 715 760 790
Bolivie 1 5 27 96 255 430 680 744 763 780
Pologne 1 17 28 39 46 54 67 153 465 766
Moldavie 1 31 76 136 195 250 331 447 576 746
Autriche 16 65 74 78 80 82 89 126 368 693
Portugal 18 98 140 155 170 179 194 250 449 685
Pays-Bas 68 285 347 357 359 363 374 434 550 672
Iran 37 75 98 130 202 257 313 418 576 655
Géorgie 0 2 3 4 4 5 10 84 327 634
Lithuanie 3 17 26 29 30 32 34 61 192 588
Afrique du Sud 0 2 12 46 137 240 283 326 363 484
Grèce 5 14 18 19 20 27 39 63 242 469
Irlande 15 262 343 352 357 359 365 386 417 453
Ukraine 1 6 16 27 39 60 96 167 288 428
Costa Rica 0 1 2 3 30 87 180 271 339 427
Slovaquie 0 4 5 5 5 6 9 40 158 412
Albanie 5 11 11 22 56 100 135 180 286 411
Allemagne 10 81 105 108 110 112 114 126 207 410
Tunisie 1 4 4 5 5 7 27 114 275 398
Russie 0 8 33 65 96 119 143 193 277 394
Jordanie 1 1 1 1 1 2 7 87 273 376
Serbie 3 21 28 33 67 82 86 95 189 373
Israel 3 24 31 35 57 104 176 278 313 365
Lettonie 0 8 13 16 17 18 19 39 111 343
Irak 1 2 5 51 119 176 228 271 303 315
Honduras 1 8 21 50 135 189 237 268 293 315
Paraguay 0 1 2 3 7 48 121 196 245 315
Oman 0 2 10 36 88 135 182 242 277 290
Palestine 0 0 1 2 16 31 61 94 144 275
Guatemala 0 1 6 43 109 155 181 207 231 267
Azerbaïdjan 0 1 3 22 45 54 59 74 143 262
RoC* 3 51 94 106 113 117 120 135 175 256
               
Japon 0,4 3,6 7,1 7,7 8,0 10,0 12,4 14,0 16,9 27,4
Hong Kong 0,5 0,5 0,5 0,9 4,5 12,0 14,0 14,0 14,5 19,7
Corée du Sud 3,2 4,8 5,3 5,5 5,8 6,4 8,1 9,1 10,2 17,9
Singapour 0,5 2,7 4,1 4,4 4,5 4,5 4,6 4,7 4,9 4,9
Chine 2,4 3,4 3,4 3,2 3,3 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2
Vietnam 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4
Taïwan 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3

*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.

Cet été, l’épicentre de la pandémie était en Amérique latine, notamment au Pérou, au Chili, au Brésil, au Mexique, en Bolivie, au Panama et en Colombie.

Après avoir atteint dernièrement l’Europe Centrale et l’Europe de l’Est, la pandémie a frappé depuis un mois les Balkans et les républiques baltes (où la pandémie avait fait relativement peu de victimes jusque-là).

En décembre, les augmentations les plus importantes ont été rapportées en Slovénie, en Croatie, en Bulgarie, en Hongrie, en Bosnie-Herzégovine, en Lituanie, et en Macédoine du Nord.

Références :
Covid-19 : le nombre de cas en temps réel
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Données COVID-19 au Québec

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La galaxie Caldwell 45

31 décembre 2020
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Pour célébrer le 30e anniversaire de son télescope Hubble, la NASA a rendu publiques ce mois-ci les photos de trente galaxies, nébuleuses et objets célestes éloignés.

Ces photos ont été prises par Sir Patrick Caldwell-Moore, un vulgarisateur scientifique et astronome amateur britannique.

Parmi elles, voici cette photo spectaculaire de la galaxie Caldwell 45.

Découverte en 1784 par William Herschel, cette galaxie est située à 59 millions d’années-lumière, plus précisément dans la constellation de Boötes (soit à l’ouest de la constellation du Lion et au nord de la constellation de la Vierge).

C’est dans ses nuages rouges que naissent des étoiles.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les canards en riziculture biologique

30 décembre 2020
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Afin d’assurer la santé de leurs champs, certains riziculteurs comptent sur des milliers d’ouvriers qui, du matin au soir, travaillent bénévolement pour eux.

Depuis des siècles, les canards sont utilisés pour débarrasser les rizières des mauvaises herbes, des escargots et des autres ravageurs.

Jeunes, ils suivent spontanément les sillons à la recherche de petits escargots et d’insectes. En piétinant le lit de la rizière, ils contribuent à y oxygéner l’eau. Et en troublant l’eau, cela bloque partiellement la lumière nécessaire à la croissance des mauvaises herbes.

Et c’est sans compter sur le fait que leurs fientes engraissent le sol.

Adultes, ils sont encore plus efficaces contre les mauvaises herbes. Ils les broutent sélectivement puisque les plans de riz contiennent trop de cellulose. Or les oiseaux, contrairement aux ruminants, n’ont pas de dents.

S’il leur arrive de piétiner des plants de riz, ces derniers se redressent dans les heures qui suivent.

Bien nourrie, une cane adulte pond un œuf par jour. Si bien que la vente d’œufs et de viande de canard (engraissés gratuitement), de même que l’économie de produits chimiques, compensent en bonne partie la baisse de productivité (environ -20 %) de la riziculture bio.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le 250e anniversaire de l’Opéra Royal de Versailles

28 décembre 2020

Introduction

Vingt-trois mois après le début des travaux, l’Opéra Royal fut inauguré au château de Versailles le 16 mai 1770.

Conçu par Ange-Jacques Gabriel (1698-1782) — premier architecte du roi depuis 1742 — c’était alors la plus grande salle de spectacle d’Europe; elle pouvait accueillir près de 1 500 personnes et, dans sa fosse d’orchestre, quatre-vingts musiciens.

À l’époque, les scènes étaient éclairées à la bougie. Puisque la salle était entièrement en bois, on construisit l’opéra à l’extrémité de l’aile nord du palais, immédiatement après le grand réservoir qui alimentait les fontaines.

Ce qui constituait le choix le plus sécuritaire en cas d’incendie.

Le 16 mai était un grand jour. Le dauphin de France, âgé de seize ans, épousait Marie-Antoinette d’Autriche, un an plus jeune que lui.

La jeune princesse était l’avant-dernière enfant de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche.

C’est dans la salle d’opéra réaménagée que fut donné le festin de noce des époux.

Le contexte politique

En 1756, la Prusse, longtemps alliée de la France contre l’Autriche, s’était retournée contre la première en concluant un traité avec l’Angleterre, rompant ainsi un équilibre diplomatique destiné à assurer la paix en Europe.

En réaction, la France s’était rapprochée de l’Autriche, ennemie de longue date, et avait proposé de concrétiser ce rapprochement par l’union dynastique des deux plus prestigieuses lignées royales d’Europe.

La seule exigence de Louis XV était que la jeune princesse autrichienne apprenne correctement le français. Ce qu’elle fit.

Nef de l’église des Augustins, à Vienne

Un premier mariage eut lieu par procuration (c’est-à-dire en l’absence du marié) le 19 avril 1770 à l’église des Augustins. Celle-ci est la plus grande des deux églises situées dans le palais impérial de Vienne.

Le 21 avril, accompagnée d’un cortège d’une quarantaine de carrosses, Marie-Antoinette entreprit le voyage inconfortable de 1 258 km qui relie Vienne à Versailles. Le périple dura vingt jours.

Au moment de traverser en sol français, on lui présenta ses nouvelles dames d’honneur et les robes à la française qu’elle devait revêtir dans une jolie cabane de bois construite pour l’occasion et qui la protégeait de la pluie battante.

Le plus difficile fut de se séparer de son petit chien, un carlin (appelé ‘pug’ au Québec) qu’elle possédait depuis son enfance.

Vers la fin de son périple, le roi, le dauphin et la cour allèrent à sa rencontre dans la forêt de Compiègne, au nord-est de Paris.

Voute de la Chapelle Royale

Le lendemain, le mariage officiel fut célébré à la Chapelle Royale. Les cinq-mille invités étaient disposés le long de leur parcours dans le château. Quelques centaines de privilégiés trouvèrent place dans la chapelle.

Scène de l’Opéra Royal

Le repas du soir eut lieu dans le nouvel opéra dont le parterre avait été haussé au niveau de la scène afin d’accueillir le maximum de convives.

Peu après minuit, les mariés se rendirent à leur chambre nuptiale. Le coucher des époux se fit devant public. Puis les jeunes mariés furent laissés à eux-mêmes.

Les cérémonies se poursuivirent durant plusieurs jours. Dans la salle de l’opéra, réaménagé comme il se doit, on présenta un opéra (Persée de Lully), trois pièces de théâtre, de même qu’un bal.

Le tout se termina le 30 mai par un feu d’artifice sur la place qui, de nos jours, est appelée Place de la Concorde (où le couple royal sera guillotiné vingt-quatre ans plus tard).

Visite de l’opéra

Intérieur de l’Opéra Royal

Le parterre y est en gradins, descendant du premier niveau jusqu’à l’orchestre. Tout autour, les trois niveaux, en retrait les uns par rapport aux autres, sont des loges à la française (sans cloisons hautes qui les séparent). Au troisième niveau, les loges sont plus profondes et le bord des loges est décoré d’une colonnade.

Colonne en faux marbre

Le décor sculpté fut réalisé par Augustin Pajou (1730-1809).

Parce qu’ils ne sont pas faits de matériaux nobles, ses éléments décoratifs n’ont pas été prélevés pour être vendus aux enchères à la Révolution. Le lieu est donc à peu près intact, tel qu’on pouvait le voir sous Louis XV.
 



 
Le plafond de cette salle fut peint en 1769-1770 par Louis-Jean-Jacques Durameau (1733-96). L’œuvre s’intitule Apollon distribuant des couronnes aux Muses.
 


 
Au fond de la salle, au deuxième niveau, se trouvent trois petites loges fermées dont l’ouverture est décorée d’arabesques dorées.

Celle du milieu était fermée par un treillis en métal lorsque le roi était absent ou lorsqu’il voulait assister à un spectacle sans être remarqué.

On y accédait en traversant l’une ou l’autre des loges où étaient stationnés les soldats chargés de protéger le roi.

Amours de Durameau

Au dernier niveau, le plafond à caissons est décoré de scènes évoquant les amours des dieux, peintes par Louis-Jacques Durameau.

Détails techniques des photos : Appareils Panasonic GH1 (1re photo) et Olympus OM-D e-m5 (les autres photos), hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (4e et 5e photos), objectifs M.Zuiko 7-14 mm F2,8 (2e et 3e photos), M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos).
  1re photo : 1/13 sec. — F/3,5 — ISO 400 — 14 mm
  2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 7 mm
  3e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 8 mm
  4e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 640 — 8 mm
  5e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm
  6e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 32 mm
  7e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 40 mm
  8e  photo : 1/25 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 12 mm
  9e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 14 mm
10e  photo : 1/50 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 16 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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