Extraterritorialité et pétainisme

3 mars 2021

L’extradition vers les États-Unis

Le Canada et les États-Unis sont partenaires en vertu de la Loi sur l’extradition du Canada.

En vertu de celle-ci, une demande d’extradition vers les États-Unis ne peut être respectée que si les actes reprochés sont reconnus comme criminels par les deux pays.

À titre d’exemple, le Canada ne peut pas honorer une demande d’extradition qui concernerait des citoyens américains qui se sont enfuis au Canada pour échapper à la conscription obligatoire à l’occasion de la guerre au Vietnam.

Autrement, ce serait l’équivalent de ces Juifs que le régime de Vichy arrêtait en sol français parce que l’Allemagne nazie l’exigeait.

Ce qui est vrai pour des Américains réfugiés au Canada est encore plus vrai pour les citoyens canadiens.

À titre d’exemple, le Canada ne peut honorer une demande d’extradition qui viserait à soumettre à la justice américaine les entrepreneurs québécois qui font affaire avec Cuba, en violation de l’embargo américain. Parce que commercer avec Cuba est légal au Canada.

Si faire affaire avec Cuba était également illégal au Canada, notre pays ne pourrait non plus les extrader. Pourquoi ?

Le traité d’extradition ne concerne pas le cas des criminels qui ont commis leurs méfaits dans leur pays. Le Canada étant souverain, c’est à lui de punir les crimes commis chez lui.

En pareil cas, si le Canada choisissait de fermer les yeux — notamment au sujet de crimes économiques — ce n’est pas aux États-Unis à le faire à sa place.

Bref, ce traité est conçu pour éviter que le Canada serve de refuge à n’importe quel criminel américain qui aurait commis son méfait dans son pays.

L’extraterritorialité des lois américaines

Depuis 1977, la loi intitulée Foreign Corrupt Practices Act habilite les États-Unis, par le biais de son ministère de la Justice, à poursuivre toute entreprise étrangère qui violerait une loi américaine.

Et ce, même lorsque cette entreprise ne possède aucune succursale aux États-Unis et que le ‘délit’ a été commis dans un pays étranger.

Il suffit que l’entreprise effectue de l’Étranger une transaction facturée en dollars américains, qu’elle ait un site web hébergé sur un serveur américain ou qu’elle possède une adresse de courriel offerte par un service américain de messagerie.

Le principe de l’extraterritorialité des lois américaine est soutenu par Washington, mais n’est actuellement reconnu par aucun autre pays.

Par le biais des lois que des politiciens à sa solde font adopter à Washington, le grand capital veut ainsi dicter ses volontés à la planète tout entière.

L’exemple de l’affaire Wuawei

Le 1er décembre 2018, lorsque la directrice financière de Wuawei, Mme Meng Wanzhou, fut arrêtée à l’aéroport de Vancouver, le crime qu’on lui reprochait ne répondait pas aux critères pouvant justifier une demande d’extradition vers les États-Unis.

Wuawei était visé par des allégations américaines selon lesquelles sa succursale Skycom (basée à Hong Kong) aurait tenté de vendre (ou aurait vendu) pour deux millions$US d’équipement informatique à une compagnie iranienne en 2010.

Il ne s’agissait pas d’une violation des sanctions économiques adoptées par l’ONU que s’est engagé à respecter le Canada. Il s’agissait plutôt d’une violation présumée de l’embargo beaucoup plus sévère décrété unilatéralement par les États-Unis contre l’Iran.

L’histoire remontait déjà à plusieurs années et son importance économique (deux-millions de dollars) est dérisoire pour une compagnie de la taille de Wuawei. Bref, ce sont des broutilles.

Le ‘crime’ avait été commis hors du territoire canadien et même hors du territoire américain.

Bref, il ne s’agissait pas d’un délit reconnu comme tel par la législation canadienne.

En dépit de cela, l’arrestation de Mme Meng Wanzhou s’est opérée de manière urgente à la demande des États-Unis.

Selon l’article 10 de la Canadian constitution, toute personne doit être informée dans les plus brefs délais des motifs qui justifient son arrestation.

Or les États-Unis mirent trois mois à trouver les motifs tirés par les cheveux qui justifient leur demande d’arrestation.

Si vous n’arrivez pas à comprendre pourquoi cette affaire traine en longueur, c’est que le Canada n’est pas pressé de reconnaitre le principe de l’extraterritorialité des lois américaines.

Et il ne veut pas non plus susciter la colère des États-Unis en refusant de le reconnaitre.

Le plus simple est donc de faire en sorte que ce procès traine en longueur afin de donner au juge les motifs d’une remise en liberté pour vice de forme (l’irrespect de l’article 10 de la constitution) ou en raison des délais déraisonnables de cette affaire.

Voilà le fond de l’histoire.

Références :
Aperçu général de l’extradition en droit canadien
L’affaire Huawei : dure pour le Canada, la vie de caniche américain

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le ‘génocide’ des Ouïgours en Chine

2 mars 2021
Ouïgours vendant des fruits séchés à Shanghai

Introduction

Le 22 janvier dernier, la Chambre des Communes du Canada adoptait une résolution conservatrice condamnant le génocide de la Chine contre sa minorité ouïgoure.

À cette occasion, tout le cabinet fédéral s’est abstenu de voter (y compris le premier ministre). La résolution a donc été adoptée unanimement par les députés qui ont choisi de s’exprimer.

De son côté, Wikipédia parle de génocide culturel des Ouïgours. Mais pas de génocide au sens strict, soit l’extermination massive de cette minorité chinoise.

Qu’en est-il ?

L’exemple vertueux du Canada

En Nouvelle-France, les colonisateurs français avaient développé des relations relativement harmonieuses avec tous les peuples autochtones d’Amérique du Nord, à l’exclusion des Iroquois (alliés militaires des Anglais).

Mais à partir de la conquête anglaise, le Canada s’est construit sur la dépossession violente des territoires occupés par des peuples autochtones.

Aujourd’hui éteint, le peuple des Béothuks habitait autrefois Terre-Neuve, devenue province canadienne en 1949.

Certains auteurs considèrent leur extermination (hommes, femmes et enfants) par la force des armes comme étant le premier génocide réussi en territoire canadien.

À cela s’ajoute, entre autres, le financement par Ottawa des pensionnats autochtones dont le but avoué était le génocide culturel des peuples autochtones du pays.

Les troubles sociaux au Xinjiang

Depuis leur migration vers l’Est le long de la Route de la soie, les Ouïgours (un peuple turcophone) habitent la province chinoise actuelle du Xinjiang.

À partir de la Révolution chinoise, de plus en plus de Hans — l’ethnie la plus importante en Chine — choisirent de s’établir au Xinjiang. De 1949 à 2010, la proportion de Hans passa de 6,7 % à 39 % dans cette province.

Encouragée par Beijing, cette colonisation suscita l’animosité des Ouïgours.

Au cours de la deuxième moitié des années 1980, des évènements violents opposèrent des Ouïgours aux forces gouvernementales.

Dans un premier temps, la réaction de Beijing fut de resserrer son contrôle sur les organismes de la région, dont les institutions islamiques (puisque les Ouïgours sont majoritairement de religion musulmane).

Toutefois, la contestation populaire s’intensifia, occasionnant environ deux-cents actes ‘terroristes’ entre janvier 1997 et avril 1999.

Fuyant vers les pays voisins que sont le Pakistan et l’Afghanistan, certains exilés tissèrent des liens avec les Talibans. Mais il faudra attendre 2008 pour que cette alliance porte ses fruits.

En 2009, de violentes émeutes firent officiellement 197 morts au Xinjiang, dont les trois quarts parmi les Hans.

De 2009 à 2014, la construction d’une ligne de TGV desservant le Xinjiang y a accéléré l’établissement de colons Hans.

La violence culmina en 2014, alors que trois-cents personnes succombèrent à des actes terroristes. Choquée, l’opinion publique chinoise exigea qu’on mette fin à ces désordres.

Xinjiang est alors devenu un terrain d’expérimentation des technologies dont la Chine possède la suprématie mondiale, notamment celles liées à la reconnaissance faciale.

Des mosquées sont détruites. Le port de la barbe est règlementé. Les femmes sont arrêtées parce qu’elles portent le voile. Des dissidents sont emprisonnés et des malfaiteurs, exécutés. Parler ouïgour à l’école est interdit.

De plus, l’État chinois a construit d’immenses camps de ‘rééducation’ dans lesquels on enseigne le mandarin (la langue principale de Chine). Entre cent-mille et un million d’Ouïgours y seraient internés.

Des milliers de Ouïgours parlant le mandarin sont réquisitionnés pour travailler dans d’autres régions de la Chine dans le cadre d’une politique officielle de lutte à la pauvreté.

Selon le Washington Post, on poserait des stérilets aux femmes ouïgoures sans leur consentement.

Cette pratique n’est pas sans rappeler la stérilisation forcée des femmes autochtones. Une pratique courante jusqu’aux années 1970 dans certaines provinces canadiennes, mais qui se poursuivrait encore à échelle réduite de nos jours.

Conclusion

Quelle que soit la gymnastique intellectuelle à laquelle se plie la propagande américaine pour nous le faire croire, il n’existe pas d’extermination de masse des Ouïgours en Chine.

La plus grande tuerie de masse qui a cours actuellement, c’est celle que fait le Covid-19 aux États-Unis; plus d’un demi-million de morts. C’est un scandale. Ces morts sont les victimes d’une classe politique qui préfère se quereller au sujet du port du masque plutôt que de protéger leur population comme le font la Chine et le Vietnam, deux pays communistes.

Toutefois, il est vrai que Beijing subventionne la colonisation des Hans au Xinjiang. Tout comme Ottawa, par le biais de sa politique des langues officielles, subventionne la colonisation du Québec par l’ethnie dominante du pays.

En plus, l’État chinois pratique un génocide culturel à l’égard des Ouïgours. Ce qui n’est pas sans rappeler celui que le Canada a longtemps pratiqué à l’égard de l’ensemble de ses peuples autochtones.

L’adoption par le Canada d’une résolution condamnant le ‘génocide’ des Ouïgours est un alignement de notre pays sur la propagande américaine.

Plutôt que de se préparer à l’émergence de la Chine comme première puissance mondiale, le Canada préfère mettre tous ses œufs dans le panier d’un voisin en déclin technologique et commercial.

Un voisin raciste et belliqueux, au bord de la guerre civile.

Si demain matin tous les Ouïgours déménageaient aux États-Unis, ils échapperaient ainsi aux politiques assimilatrices de Beijing, mais vivraient sous la terreur des suprémacistes blancs. Et dans trois générations, presque plus rien de leur culture serait encore vivant.

Les États-Unis constituent la plus puissante machine d’assimilation culturelle de toute l’histoire de l’Humanité. À coté d’eux, les Chinois sont des amateurs.

Références :
Génocide culturel des Ouïghours
La Chambre des communes reconnaît formellement le « génocide » des Ouïgours en Chine
L’affaire Huawei : dure pour le Canada, la vie de caniche américain
Les Ouïgours à l’épreuve du « vivre-ensemble » chinois
LGV Lanzhou – Ürümqi
Stérilisation des femmes autochtones au Canada

Parus depuis :
New Zealand draws back from calling Chinese abuses of Uyghurs genocide (2021-05-04)
La stérilisation forcée est encore présente au pays, dit un comité du Sénat (2021-06-04)

Complément de lecture :
«Casser la société ouïgoure» par le travail et le déplacement forcés (2021-03-06)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : évolution en onze mois

1 mars 2021

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants.

Dans ce tableau, l’évolution en 2020 est montrée tous les quatre mois alors que pour 2021, l’évolution est représentée mensuellement.


Tableau comparatif des pays les plus atteints au premier jour de certains mois, en nombre de morts par million d’habitants

Pays Avr. Aout Déc. Jan. Fév. Mars
Rép. Tchèque 4 36 63 1093 1529 1909
Belgique 73 849 863 1681 1815 1899
Slovénie 2 60 717 1312 1694 1854
Royaume-Uni 35 680 868 1089 1565 1805
Italie 206 581 933 1235 1471 1622
Portugal 18 170 449 685 1253 1607
États-Unis 12 477 831 1074 1367 1586
Hongrie 2 62 516 1002 1304 1561
Bosnie-Herzég. 1 100 833 1249 1445 1552
Macédoine du N. 6 237 860 1205 1376 1509
Bulgarie 1 56 583 1099 1322 1491
Espagne 194 608 973 1087 1263 1488
Mexique 0 362 818 971 1222 1430
Pérou 2 588 1087 1136 1239 1403
Croatie 1 35 455 968 1236 1354
Panama 7 335 709 935 1216 1341
Slovaquie 0 5 158 412 863 1331
France 53 464 819 991 1171 1328
Suède 24 568 671 861 1144 1265
Québec 4 669 834 958 1157 1214
Lithuanie 3 30 192 588 1046 1199
Brésil 1 440 815 916 1055 1198
Colombie 0 203 723 850 1060 1168
Pologne 1 46 465 766 984 1158
Suisse 54 229 568 882 1087 1148
Argentine 1 79 854 954 1062 1145
Arménie 1 253 739 953 1040 1077
Chili 1 498 804 868 965 1075
Roumanie 5 124 601 826 960 1065
Bolivie 1 255 763 780 882 989
Moldavie 1 195 576 746 855 987
Autriche 16 80 368 693 861 948
Pays-Bas 68 359 550 672 817 908
Équateur 6 325 760 790 837 888
Géorgie 0 4 327 634 802 884
Irlande 15 357 417 453 667 868
Lettonie 0 17 111 343 641 866
Allemagne 10 110 207 410 696 845
Afrique du Sud 0 137 363 484 743 836
Iran 37 202 576 655 686 710
Liban 2 10 167 240 462 697
Tunisie 1 5 275 398 572 674
Albanie 5 56 286 411 484 631
Grèce 5 20 242 469 561 629
Israel 3 57 313 365 524 626
Ukraine 1 39 288 428 522 598
Russie 0 96 277 394 504 592
Eswatini 0 37 104 185 492 558
Costa Rica 0 30 339 427 514 546
Serbie 3 67 189 373 463 512
Jordanie 1 1 273 376 422 460
Estonie 4 48 93 180 324 451
Paraguay 0 7 245 315 380 445
Honduras 1 135 293 315 361 415
Danemark 19 106 146 227 370 407
RoC* 3 113 175 256 354 401
             
Japon 0,4 8,0 16,9 27,4 45,3 62,5
Corée du Sud 3,2 5,8 10,2 17,9 27,8 31,3
Hong Kong 0,5 4,5 14,5 19,7 24,3 26,7
Singapour 0,5 4,5 4,9 4,9 4,9 4,9
Chine 2,4 3,3 3,2 3,2 3,2 3,2
Vietnam 0,0 0,0 0,4 0,4 0,4 0,4
Taïwan 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3 0,4

*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.

En février, les augmentations les plus importantes ont été rapportées en Slovaquie (+468), en République Tchèque (+380), et au Portugal (+354), ces deux derniers aux prises avec le variant britannique.

Dans un tout autre ordre de grandeur, la situation sanitaire se dégrade au Japon (+17), un pays dont la population est une des plus âgées au monde.

Références :
Covid-19 : le nombre de cas en temps réel
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Données COVID-19 au Québec

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Histoire d’un fiasco – 1re partie : la lutte québécoise contre le Covid-19 en février 2020

28 février 2021

Sur les médias sociaux, lorsque quelqu’un affirme que la pandémie au Covid-19 n’est pas plus dangereuse qu’une petite grippe, on accuse cette personne de propager des nouvelles fallacieuses.

Il y a un an, c’est le directeur de la Santé publique du Québec en personne qui affirmait au Devoir que la grippe saisonnière était plus à craindre que le coronavirus.

Il est facile d’imaginer que derrière des portes closes, la Santé publique se préparait au pire, mais que le Dr Arruda disait cela pour être rassurant afin d’éviter à la population québécoise de paniquer.

Hélas, c’était vraiment ce que les autorités sanitaires du Québec pensaient.

À preuve, un médecin de la Santé publique était venu quelques jours plus tôt à l’Hôpital chinois de Montréal (un hospice, en dépit de son nom) afin de déconseiller le port du masque de protection, autant pour les travailleurs de la santé que pour les personnes hébergées.

Une mesure déconseillée parce que prématurée et dangereuse, disait-on.

En février 2020, l’Alberta se préparait à la pandémie en achetant massivement de l’équipement de protection pour ses travailleurs de la santé. Cette province en a tellement acheté qu’elle devait en donner plus tard au Québec, pris de court.

L’Alberta en aurait bien acheté plus tôt. Mais en décembre 2019 et en janvier 2020, la Chine était occupée à combattre la pandémie chez elle.

Or sa propre production nationale ne suffisait pas à ses besoins. La Chine s’est donc procuré tout ce qui était disponible sur le marché international.

Mais en février, la pandémie était contrôlée chez elle. La première moitié de ce mois fut donc une brève fenêtre d’opportunité pour se préparer à la pandémie.

Ce mois-là, la Santé publique n’avait pas la tête à la pandémie. Le Dr Arruda était alors occupé à préparer la conférence sur le cannabis qu’il allait prononcer au Maroc à la fin du mois. Un voyage dans ce pays qui coïncidait avec ses vacances personnelles, du 26 février au 8 mars 2020.

Comme le capitaine du Titanic québécois qui quitte le navire à l’approche de l’iceberg de la pandémie.

À son retour de vacances, c’était déjà la panique à Québec; rien n’était prêt pour faire face à la suite des choses.

(À suivre)

Références :
Au Québec, la grippe saisonnière est plus à craindre que le coronavirus
Covid-19 et l’hôpital chinois de Montréal
COVID-19: l’Alberta donne des équipements médicaux
Gestion des équipements de protection dans le réseau québécois de la santé
Panique à Québec : dans les coulisses de la course aux masques
Voyage au Maroc : le Dr Arruda s’est absenté 12 jours au début de la crise

Parus depuis :
Les tensions au sein de l’État québécois face à la crise révélées dans un livre (2021-03-01)
Les couleuvres du mammouth de la Santé (2021-11-23)

Pour consulter tous les textes de la série sur l’histoire de la lutte québécoise contre le Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Pourquoi pas un projet d’égouts aériens pour Montréal ?

24 février 2021

Le prolongement du Réseau express métropolitain (REM) dans l’est et le nord de Montréal représentera l’ajout de trente-deux kilomètres de voies, principalement en mode aérien.

À partir de la Gare Centrale, le REM s’élancerait vers l’est au milieu du boulevard René-Lévesque, supporté par une structure de béton de cinq mètres de hauteur.

Deux cabinets d’architectes qui collaboraient à ce projet ont renoncé à y participer, conscients que ce tronçon aérien en plein centre-ville entachera leur réputation et enlaidira le cœur de Montréal pendant des décennies (sinon des siècles).

Tout en regrettant le départ des architectes, les responsables du projet font valoir que le sous-sol du centre-ville est déjà encombré d’infrastructures : lignes de métro, aqueducs, réseau d’égouts, câbles électriques, etc. Les contourner entrainera des couts importants.

Dans la capitale catalane, le TGV entre Paris et Barcelone a été construit en mode souterrain. De plus, le Réseau express régional de Paris est lui aussi en mode souterrain malgré l’encombrement du sous-sol de la capitale française.

Selon le grand responsable du REM à Montréal, construire celui-ci en mode souterrain mettrait à risque d’effondrement les édifices à proximité, dont quelques-uns des gratte-ciels de Montréal.

Au lieu de prolonger le REM vers l’est, imaginons que nos dirigeants politiques aient donné priorité à la construction d’un système d’égouts de plus grande capacité afin de remplacer l’actuel qui serait devenu insuffisant en raison de l’augmentation de la population.

Les mêmes arguments pourraient être invoqués.

Quelle serait notre réaction si on tentait de nous convaincre qu’un réseau souterrain d’égouts mettrait en danger la vie de milliers d’employés dans les tours à bureau fragilisées du centre-ville…

On en rirait, sans doute.

Le centre-ville de Montréal est déjà très bien desservi par le métro. Quel est le problème qu’on pourrait y corriger en ajoutant des stations de REM ?

En d’autres mots, se peut-il que le passage du REM suspendu au centre du boulevard René-Lévesque soit une solution couteuse à un problème qui n’existe pas ?

À mon avis, il serait préférable de transformer en gare intermodale une des stations actuelles du métro vers l’est — la station Frontenac, par exemple — et d’y raccorder le REM.

On économiserait de l’argent et on éviterait d’avilir le centre-ville de Montréal pour des siècles.

Références :
Deux firmes d’architectes tournent le dos au REM
Enfouir le REM serait « une catastrophe »
Voici à quoi ressemblera le REM dans l’est et le nord de Montréal

Paru depuis :
Le REM de l’Est inquiète des ministères (2021-08-13)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Sainte-Chapelle

23 février 2021
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Introduction

En 1239, le roi Louis IX — qui sera canonisé sous le nom de saint Louis — achète la Couronne d’Épines du Christ que détenait jusqu’alors son cousin l’empereur Baudoin II de Constantinople.

Deux ans plus tard, il lui achète également un fragment de la Vraie Croix et d’autres reliques de la Passion (dont un clou ayant servi à la Crucifixion).

Le tout couta au trésor royal la somme de cent-trente-cinq-mille livres d’or. Ce qui représentait six mois de revenus du royaume.

De manière temporaire, les Saintes Reliques furent entreposées à Paris dans la chapelle Saint-Nicolas du Palais Royal, aujourd’hui disparue.

Conscient du prestige religieux et politique que lui conférait la propriété d’un tel trésor, le roi de France ordonna la construction d’un écrin destiné à recevoir les Saintes Reliques : ce fut la Sainte-Chapelle, consacrée le 26 avril 1248.

Extérieur

Large de 17 mètres et longue de 36 mètres, la Sainte-Chapelle s’élève à 42 mètres en excluant la flèche (refaite pour la cinquième fois au XIXe siècle).

Haute de 33 mètres, celle-ci est décorée à sa base de la statue des douze apôtres (à 0:11). Au-dessus d’eux, des gargouilles, puis des anges musiciens complètent le décor que lui a ajouté Adolphe Geoffroy-Dechaume vers 1855.

Au sommet de chacun des contreforts qui soutiennent la toiture se trouvent deux gargouilles (à 0:13).

Au-dessus de l’abside du chœur, la statue de l’archange saint Michel est également l’œuvre d’Adolphe Geoffroy-Dechaume (à 0:15).

Les deux tours octogonales de chaque côté de la façade cachent des escaliers d’angle qui donnent accès au toit. Près du sommet de chacune d’elles, on peut voir une couronne d’épines sculptée (à 0:09).

La crête du toit est rehaussée d’une balustrade décorée de fleurs de lys (à 0:11).

La Chapelle haute et la Chapelle basse possèdent chacune son propre portail.

Derrière sa balustrade, le portail de la Chapelle haute (à 0:23) est sur le thème de la Résurrection des morts et du Jugement dernier.

Le portail de la Chapelle basse sert d’entrée aux visiteurs (à 0:26).

Son tympan représente le Couronnement de la Vierge (à 0:28). Une Vierge à l’Enfant est adossée à son trumeau (à 0:29) tandis qu’à ses pieds, une chimère (à 0:32), de même qu’un soubassement décoré de fleurs de lys et de châteaux de Castille (à 0:34) complètent le tout.

La Chapelle basse

Au premier coup d’œil, la Chapelle basse ressemble à une crypte.

À l’origine, elle était le lieu de culte des serviteurs du roi. En 1690, une inondation y a complètement détruit son décor d’origine.

Celui qu’on y voit de nos jours date du XIXe siècle. Il est superbe. Ce décor se compose d’un ciel étoilé et de colonnettes rehaussées de fleurs de lys dorées sur fond azur ou de châteaux de Castille dorés sur fond rouge.

Aux murs, les médaillons métalliques sont décorés d’émaux champlevés et de cabochons de verre coloré représentent les apôtres et la Vierge.

Dans l’abside, on trouve une statue de saint Louis en attente de restauration (à 1:18).

La Chapelle haute

À l’origine, la Chapelle haute accueillait la famille royale et leurs invités. On y accédait de plain-pied à partir de l’ancien palais royal.

C’est ici qu’étaient conservées les Saintes Reliques, dans une châsse située au fond de l’abside et sous laquelle se dressait un autel en bois doré (aujourd’hui conservé au château d’Écouen).

Les 22 reliques se trouvaient dans une châsse de trois mètres de haut (en or, en argent et en pierres précieuses) pouvant pivoter sur elle-même.

En ouvrant deux fenêtres basses derrière le chœur, la foule des fidèles assemblés dans la cour du palais pouvait apercevoir les reliques. On ignore à quelle fréquence cette exposition publique avait lieu.

De nos jours, les reliques se trouvent dans le Trésor de Notre-Dame de Paris.

Dans la Chapelle haute, les vitraux occupent 700 mètres carrés de surface, sur 15 mètres de hauteur. Ils représentent mille-cent-treize scènes tirées des Évangiles et de l’Ancien Testament.

En somme, c’est une Bible illustrée. Et ce, à une époque où presque personne ne savait lire ni écrire.

Cinq différents oxydes sont responsables de la coloration du verre; le cobalt le colore en bleu, deux oxydes de cuivre donnent naissance au rouge et au vert, le manganèse teint en violet tandis que l’antimoine est responsable du jaune.

Afin d’ajouter des détails — comme les plis des vêtements ou les traits des visages — on a peint en grisaille de l’oxyde de fer. Celui-ci est fixé à la surface du verre au cours d’une deuxième cuisson.

Environ les deux tiers des vitraux sont d’origine (c’est-à-dire qu’ils datent du XIIIe siècle).

Tout autour de la nef, douze statues d’apôtres — considérés comme des piliers de l’église chrétienne — sont adossées symboliquement aux piliers de la chapelle. Alternativement, ces derniers sont décorés de fleurs de lys dorées sur fond azur ou de château de Castille sur fond rouge.

Les fines colonnettes peintes qui servent de piliers sont en réalité le bout effilé des contreforts massifs qui soutiennent l’édifice.

Au fond de la Chapelle haute, la rosace — d’un diamètre de neuf mètres — est sur le thème de l’Apocalypse. Elle date de la fin du XVe siècle.

Trois compositions dorées d’Adolphe Steinheil prennent place sous la rosace, à l’endroit qu’occupait autrefois l’orgue (dont le dernier, daté de 1762, créé par François-Henri Cliquot, fut transféré à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois en 1791).

À gauche, dans le sens des aiguilles d’une montre, on voit Moïse et le serpent d’airain, Le Sang sur la maison des Hébreux et L’Immolation de l’agneau pascal (à 2:30).

Au centre, il s’agit d’un Christ bénissant (à 2:32).

Et à droite, on voit Melchisédech offrant les Saintes Espèces, Le Sacrifice d’Isaac par Abraham et Abel sacrifiant l’agneau (à 2:34).

Le tout se termine par deux petits anges saluant discrètement les fidèles quittant la Chapelle haute (à 2:40).

Complément de lecture : Le mystère de la Sainte-Chapelle

Détails techniques : Le diaporama présente 76 photos réalisées à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5.

En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le PanLeica 25 mm F/1,4 (37 photos), le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (24 photos), le M.Zuiko 75 mm F/1,8 (9 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (5 photos), et l’hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (1 photo).

Voir aussi : Liste des diaporamas de Paris

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : justifier à postériori l’espacement des doses du vaccin de Pfizer

18 février 2021

En raison de leurs difficultés d’approvisionnement, certains États américains ont décidé de reporter à six semaines l’administration de la deuxième dose des vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna.

Un sondage d’opinion effectué par The New England Journal of Medicine révèle que 58 % des médecins désapprouvent cette décision et que seulement 41 % sont d’accord.

S’il avait été question d’espacer les doses de douze semaines (comme au Québec et non de six, comme dans ces États américains), on peut présumer que le pourcentage de la désapprobation médicale aurait été encore plus grand.

De plus, la décision de retarder de beaucoup l’administration de la deuxième dose est l’objet d’une poursuite judiciaire au Québec.

On ne doit donc pas se surprendre que la Santé du publique du Québec ait senti le besoin d’opérer une campagne de relations publiques pour ‘vendre’ sa décision arbitraire.

Plus tôt aujourd’hui, on apprenait dans La Presse qu’une nouvelle étude justifierait la décision de la Santé publique du Québec d’espacer de trois mois les deux doses du vaccin de Pfizer contre le Covid-19.

En réalité, il s’agit d’une courte lettre d’opinion parue dans The New England Journal of Medicine. Dans cette lettre, les deux signataires — dont le Dr Gaston De Serres, de la Santé publique du Québec — donnent leur avis sans apporter de faits nouveaux.

Sans parler d’une nouvelle étude, le quotidien Le Devoir rapporte aujourd’hui les propos tenus récemment par le même Dr De Serres lors d’un breffage technique.

À cette occasion, celui-ci déclarait :

Pour le moment, selon ce qu’on peut voir dans les données au Québec, il n’y a pas de grande urgence à donner la deuxième dose parce que cette première dose-là protège bien. Les données scientifiques sont très rassurantes.

De quelles données scientifiques parle-t-on ?

La semaine dernière, la Santé publique du Québec publiait des données préliminaires selon lesquelles une seule dose protège 80 % des travailleurs de la Santé vaccinés (d’où le titre du Devoir).


 
Dans le graphique ci-dessus, l’efficacité (la courbe en rouge) s’exprime selon l’échelle placée au côté gauche du graphique. Effectivement, on y voit que l’efficacité d’une seule dose de vaccin atteindrait 80 %.

Toutefois, l’incidence — le nombre de cas par dix-mille travailleurs — diminue à la fois chez ceux vaccinés (en vert) et chez ceux qui ne le sont pas (en bleu), passant de neuf cas par dix-mille personnes à environ un seul.

Quant à la diminution plus rapide de la contagion chez les vaccinés, rien n’indique ici que cette différence soit statistiquement significative.

En réalité, ce qu’on observe, c’est l’effet du confinement actuel; la contagion diminue au sein de la population québécoise, notamment chez les travailleurs de la Santé, qu’ils soient vaccinés ou non.

L’utilité de cette publication, c’est de révéler l’abyssal manque de rigueur scientifique des autorités sanitaires du Québec, justifiant leurs décisions à partir d’études tellement mal faites qu’elles seraient refusées par n’importe quelle revue scientifique digne de ce nom.

Ceci étant dit, il est possible que des études scientifiques justifient un jour la décision d’espacer de trois mois les deux doses du vaccin de Pfizer/BioNTech. Mais pour l’instant, cette décision québécoise ne repose sur aucune base scientifique.

Références :
Données préliminaires sur l’efficacité vaccinale et avis complémentaire sur la stratégie de vaccination contre la COVID-19 au Québec en contexte de pénurie
DLes vaccins contre la COVID-19 sont efficaces à 80% après la première dose, constate l’INSPQ
Safety and Efficacy of the BNT162b2 mRNA Covid-19 Vaccine
Une seule dose serait presque aussi efficace, selon une étude

Parus depuis :
Mourir en attendant sa deuxième dose (2021-05-25)
Pfizer vaccine second dose has ‘sweet spot’ after eight weeks, UK scientists say (2021-07-23)

Postscriptum du 21 février : Ce matin, sur les ondes de CNN, le Dr Anthony Faucy — une des plus grandes autorités mondiales au sujet du Covid-19 — s’opposait pour l’instant à l’espacement des deux doses du vaccin de Pfizer/BioNTech et ajoutait :
Lorsqu’on administre une dose du vaccin de Pfizer suivie d’une deuxième dose 21 jours plus tard, on obtient une efficacité de 94 ou 95 %. Or les taux d’anticorps sont dix fois plus grands après deux doses qu’après une seule. Cette différence est importante puisque c’est le ‘coussin’ qu’on aimera avoir pour combattre un variant contre lequel le vaccin offre moins de protection.

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Mes vœux de Saint-Valentin en temps de pandémie

14 février 2021

S’il y a une chose que la pandémie au Covid-19 devrait nous avoir apprise, c’est l’importance des néoQuébécois et des travailleurs étrangers.

Sans ces travailleurs mexicains qui, chaque saison des récoltes, viennent au Québec accomplir les tâches agricoles les plus épuisantes à cueillir ce que la machinerie lourde est incapable de faire, nous aurions manqué de certains aliments frais.

Un grand nombre de nos vieillards seraient morts par manque de soins sans ces immigrants ‘illégaux’ qui n’ont trouvé d’emplois que dans les zones rouges de nos établissements de santé à effectuer des tâches que plus personne n’était en mesure d’accomplir.

Combien de restaurants ont survécu aux confinements grâce à des gens issus de l’immigration qui ont accepté d’être sur la route à livrer des repas plutôt que de rester chez eux à subsister grâce à l’aide gouvernementale ?

Tous ces gens nous ont rendu service et ont sauvé des vies.

En temps normal, personne ne parle d’eux. Ils représentent ces mains invisibles qui aident à tisser les liens de solidarité sur lesquels repose notre cohésion sociale.

Aujourd’hui, c’est à eux que je dis : Bonne Saint-Valentin et merci…

Complément de lecture : Bonne Saint-Valentin

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le racisme systémique en mode binaire

11 février 2021

Racisme et racisme

Lorsque j’étais adolescent, le racisme, c’était tout ou rien; ou bien on était raciste, ou bien on ne l’était pas.

Depuis, je me suis rendu compte qu’il y a des degrés dans le racisme.

On peut être indifférent aux problèmes éprouvés par les membres d’une communauté ethnique. Ce manque d’empathie généralisé est une forme minimale de racisme.

On peut aussi craindre ou ne pas aimer leur présence. Ou croire qu’ils partagent les mêmes défauts ou les mêmes insuffisances. Parce que, dit-on, ils sont tous comme ça

Au-delà du préjugé, on peut leur souhaiter collectivement du mal.

Et finalement, on peut prendre des moyens pour leur infliger soi-même des sévices ou leur causer la mort.

À des degrés divers, tout cela est du racisme.

Même si chaque personne raciste est susceptible d’évoluer (positivement ou non), on doit distinguer les degrés de sévérité du racisme. En effet, on n’applique pas les mêmes remèdes lorsqu’une maladie est bénigne ou sévère.

Il en est de même du racisme systémique.

Les degrés du racisme systémique

Le Canada et les États-Unis sont deux pays nés de la dépossession violente de territoires occupés par des peuples autochtones et l’assujettissement de ces derniers à un apartheid juridique qui vise à leur extermination physique ou à leur assimilation culturelle.

Sans entrer dans de longues discussions quant au sens qu’on doit donner au qualificatif systémique, il est clair qu’une politique coloniale l’est toujours dans la mesure où elle s’appuie sur tous les pouvoirs répressifs de l’État.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada, a donc raison de reconnaitre le racisme systémique exercé contre les peuples autochtones du pays.

Là où le Canada se distingue de son voisin du Sud, c’est à l’égard des groupes ethniques dispersés au sein de la population, notamment les personnes à la peau pigmentée.

Depuis des décennies, les Québécois qui sont membres de la communauté haïtienne de Montréal sont l’objet de contrôles d’identité alors qu’aucun méfait n’a été commis.

Ceux-ci ont raison de s’en plaindre puisqu’il s’agit de microagressions qui, à la longue, constituent une forme de harcèlement. Un harcèlement contre lequel les autorités politiques n’ont pas fait grand-chose jusqu’ici.

À titre de comparaison, de toute ma vie, il ne m’est jamais arrivé d’être interpelé par un policier pour rien.

Comparons cela à la situation aux États-Unis.

Le cas de George Floyd — étranglé publiquement par un policier (avec la complicité de trois autres) — est mondialement connu.

Ce qu’on ignore généralement, c’est que dans ce pays, tous les parents ‘Noirs’ doivent un jour procéder à The Talk auprès de leurs adolescents.

The Talk est un exposé au sujet de la soumission dont doit faire preuve tout ‘Noir’ interpelé par un policier ‘Blanc’; s’adresser à lui en l’appelant ‘Sir’, ne pas élever la voix, obéir sans discussion à chacune de ses requêtes même celles qui semblent humiliantes, ne faire aucun geste brusque, etc.

À défaut de quoi ce dernier pourrait abattre le ‘Noir’ sans préavis et être innocenté ultérieurement de toute accusation sous le prétexte qu’il s’est senti menacé.

Références :
En marge du meurtre de George Floyd
Kenosha : les mauvaises fréquentations policières
Le meurtre de Rayshard Brooks
Le transport aérien d’urgence d’enfants autochtones malades : la cruauté de l’État québécois
Racisme systémique : la complicité de Washington à l’égard du KKK
Risk of being killed by police use of force in the United States by age, race–ethnicity, and sex
Trois viols masculins célèbres aux États-Unis

Paru depuis :
Des jeunes Inuits interdits de parler l’inuktitut (2021-05-19)

Complément de lecture : L’invention des races humaines

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| Racisme, Sociologie | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : l’intervalle entre les injections des vaccins à deux doses

10 février 2021


 
Qu’il s’agisse du vaccin d’AstraZeneca, de Moderna, de Pfizer/BioNTech, ou du Sputnik-V, tous les vaccins contre le Covid-19 actuellement homologués en Occident sont des vaccins à deux injections.

Typiquement, leur homologation a été accordée sur la base d’études effectuées sur environ trente-mille sujets dont les deux tiers ont reçu le vaccin. On compare alors leur taux d’infection avec celui qui prévaut dans le dernier tiers (qui sert de groupe témoin).

Dans le cas des deux seuls vaccins approuvés au Canada — celui de Moderna et celui de Pfizer/BioNTech — leur efficacité a été prouvée lorsqu’ils sont administrés à raison de deux injections espacées de trois ou quatre semaines.

Peut-on imaginer que ces vaccins puissent être également efficaces lorsqu’administrés selon des protocoles de vaccination complètement différents ?

Probablement. Mais l’homologation est un processus rigoureux qui exclut les approximations et les spéculations.

Voilà pourquoi les autorités fédérales, tant au Canada qu’aux États-Unis, ne recommandent que les protocoles de vaccination qui respectent scrupuleusement les données scientifiques.

Pourtant, en Grande-Bretagne, on autorise les deux doses du vaccin d’AstraZeneca à être espacées de trois mois. Pourquoi ?

C’est que dans le cas précis de ce vaccin, une étude effectuée auprès de 17 177 participants (répartis en deux groupes égaux) a prouvé qu’une seconde dose administrée trois mois après une première conférait une protection de 82,4 %. De plus, entre les deux doses, l’efficacité ‘temporaire’ se maintenait à 76 %.

Chez ceux qui attrapaient le Covid-19 en dépit de leur vaccination à l’aide d’une première dose, la charge virale dans leurs voies respiratoires supérieures diminuait de 67 %, reflétant ainsi une diminution de leur contagiosité.

Le même phénomène a été observé avec le vaccin de Pfizer/BioNTech lorsque les deux doses sont espacées de trois semaines. Chez les vaccinés qui contractent le Covid-19 quand même, on observe une réduction de la charge de 1,6 à 20 fois.

Le mois dernier, les autorités sanitaires du Québec annonçaient leur intention de repousser l’administration de la deuxième dose du vaccin de Pfizer/BioNTech à trois mois. Comme la Grande-Bretagne le fait pour le vaccin d’AstraZeneca.

La décision québécoise aurait été prise à la suite de la recommandation d’un comité consultatif dont les délibérations sont secrètes et dont les procès-verbaux sont confidentiels.

La conseillère médicale principale de Santé Canada, la Dre Supriya Sharma, a comparé cette décision à du gribouillage sur un bout de papier fait par des amateurs.

Cette controverse est devenue secondaire depuis que les délais de livraison des vaccins importés par le Canada ont compromis pour l’instant tous les protocoles de vaccination au pays.

Radio-Canada estime aujourd’hui qu’au rythme actuel, la vaccination québécoise contre le Covid-19 sera complétée dans neuf ans, plus précisément en février 2030.

On devra donc s’armer de patience…

Références :
Covid-19 : après la Hongrie, le vaccin russe Spoutnik pourrait séduire d’autres pays européens
La stratégie du Québec compromet de futures livraisons de vaccins au pays, selon Ottawa
Le vaccin russe Spoutnik V contre la COVID-19 efficace à 91,6%
Pfizer/BioNTech vaccine reducing viral load, data from Israel suggests
Oxford coronavirus vaccine shows sustained protection of 76% during the 3-month interval until the second dose
Report de la deuxième dose des vaccins : Ottawa met en doute la stratégie de Québec
Single Dose Administration, And The Influence Of The Timing Of The Booster Dose On Immunogenicity and Efficacy Of ChAdOx1 nCoV-19 (AZD1222) Vaccine
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Parus depuis :
Mourir en attendant sa deuxième dose (2021-05-25)
Pfizer vaccine second dose has ‘sweet spot’ after eight weeks, UK scientists say (2021-07-23)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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