La bijouterie Fouquet

15 mars 2021




 
De nos jours, le nom ‘Fouquet’ est associé à un restaurant situé sur les Champs-Élysées.

Mais au début du XXe siècle, qui disait ‘Fouquet’ voulait parler du bijoutier Georges Fouquet, dont les créations hors de prix faisaient l’envie de toute la haute société parisienne.

Avant d’acquérir cette célébrité, Georges Fouquet n’était qu’un des nombreux maitres de la haute joaillerie française.

En 1899, il fait la rencontre d’Alfons Mucha, artiste touche-à-tout, déjà renommé pour ses affiches. À deux, ils conçoivent une série de bijoux étranges et fascinants qui remportèrent un vif succès à l’exposition universelle de 1900.

Cette exposition fit de Fouquet le joaillier parisien à la mode et donc, le grand rival du bijoutier René Lalique. Ce dernier avait travaillé pour différents joailliers (dont Fouquet) avant d’ouvrir sa propre bijouterie en 1885.

Conscient de son nouveau prestige, quand Fouquet décida en 1901 de déménager sa bijouterie sur la rue Royale, il demanda à Mucha d’en concevoir la décoration.




 
Ce dernier imagina un espace intime d’une grande complexité décorative où plâtres, vitraux, mosaïques et sculptures en bronze n’avaient pour utilité que d’émerveiller et rendre la clientèle vulnérable à la beauté de quelques bijoux d’Art protégés ici et là sous une bulle de verre.


La boutique était tellement Art nouveau qu’elle se démoda rapidement quand ce style fut remplacé par l’Art déco.

Elle fut démontée en 1923. Heureusement, Georges Fouquet fit don en 1938 de la plupart de ses éléments au musée Carnavalet (où ces photos ont été prises).

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5, objectifs PanLeica 25 mm F/1,4 (2e, 5e et 6e photos) et M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 7 mm
2e  photo : 1/200 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 7 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 14 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 250 — 25 mm
6e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 7 mm
8e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 14 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : les trois premiers mois de la vaccination au Québec

14 mars 2021

Introduction

Le 14 décembre 2020, il y a donc trois mois, une première personne au Canada était vaccinée contre le Covid-19.

Sous l’œil des caméras de tout le pays, Gisèle Lévesque, 89 ans, recevait la première de ses deux doses du vaccin de Pfizer/BioNTech. Prévue trois mois plus tard, sa deuxième dose lui a finalement été administrée le 5 mars dernier.

Un mauvais présage

Dès le départ, les autorités sanitaires du Québec ont choisi d’espacer de trois mois les deux doses du vaccin de Pfizer alors que ce dernier a été homologué pour être utilisé à raison de deux doses espacées de trois semaines et non de trois mois.

Dans l’hospice où demeure Mme Lévesque, sur les 230 résidents, 202 ont accepté d’être vaccinés, tout comme 125 membres du personnel.

Le 14 janvier 2021, soit un mois plus tard, Radio-Canada rapportait : “ La COVID-19 continue de se propager au CHSLD Saint-Antoine, malgré l’opération de vaccination de la mi-décembre. (…) Depuis décembre, 37 résidents du CHSLD Saint-Antoine sont décédés de la maladie et 95 travailleurs de l’établissement l’ont contracté…” …soit 76 % du personnel.

De toute évidence, cette première séance de vaccination fut un évènement super-propagateur. On ne saura jamais si le virus a été apporté par les équipes de vaccination ou par les journalistes invités à couvrir l’évènement.

Mme Lévesque contracta le Covid-19 deux semaines après avoir reçu sa première dose : heureusement, elle y survécut.

Immunité modeste et immunité robuste

Au moment de la mise en marché de son vaccin, Pfizer soutenait qu’il protégeait 89 % des vaccinés après une première dose et 95 % des vaccinés après leur deuxième dose.

En se basant sur cette différence minime, la Santé publique a décidé de différer l’administration de la deuxième dose afin de vacciner le maximum de personnes avec les vaccins disponibles.

Toutefois, cette décision ne tenait pas compte du fait que le fabricant qualifiait de modeste l’immunité conférée par une première dose et de robuste celle résultant d’une deuxième dose.

Depuis, les résultats des campagnes de vaccination démontrent qu’on obtient une réponse immunitaire robuste dès la première dose du vaccin de Pfizer chez ceux qui ont déjà contracté l’infection puisque dans leur cas, le vaccin sert de rappel (comme la deuxième dose chez ceux qui n’ont jamais contracté l’infection).

De plus, dans une autre étude réalisée auprès de douze-mille vaccinés, celle-ci a démontré que le vaccin de Pfizer prévient 57 % des infections symptomatiques dès la première dose et 88 % après la deuxième dose.

Si une dose vaccin protège à 57 %, cela veut dire que la vaccination échoue dans le reste, soit 43 % de ceux qui ne reçoivent qu’une seule dose.

Qu’en est-il de l’expérience atypique du Québec ?

À part une étude très mal faite dont nous avons parlé sur ce blogue, la Santé publique n’a publié aucune donnée à ce sujet.

Quel est le pourcentage d’échec vaccinal au Québec ? On ne sait pas. Combien de vaccinés ont attrapé l’infection d’une manière suffisamment sévère pour être hospitalisés ? On l’ignore. Et quel est le pourcentage des vaccinés qui sont morts quand même du Covid-19 ? On l’ignore aussi.

Bref, si la Santé publique effectue un suivi de sa campagne de vaccination, elle est demeurée complètement opaque à ce sujet.

Ce qui n’augure rien de bon.

Par contre, lorsque la vaccination s’effectue conformément à la science, les études scientifiques ont démontré qu’aucun décès et aucune hospitalisation ne résulte de l’échec de la vaccination.

En d’autres mots, les personnes chez qui la vaccination échoue peuvent de nouveau attraper le Covid-19. Toutefois, ils l’attraperont sans s’en rendre compte ou de manière tellement faible qu’ils ne sentiront pas le besoin de se rendre à l’urgence d’un hôpital.

Ceci étant dit, une fois le vaccin administré à des millions de personnes, on pourrait se rendre compte que la probabilité d’effets graves à la suite d’un échec vaccinal n’est pas totalement nulle. Toutefois, on peut présumer que ces cas seront rarissimes.

Une vaccination à pas de tortue

La population américaine est de 330 millions d’habitants. Au moment où ces lignes sont écrites, 107 millions de doses du vaccin de Pfizer et de Moderna ont été administrées aux États-Unis.

Plus précisément, dix pour cent des gens y ont reçu une seule dose, et un autre dix pour cent ont reçu leur deuxième dose (et sont donc complètement vaccinés). En d’autres mots, un cinquième des Américains sont vaccinés, dont la moitié de ceux-ci, parfaitement.

Le président Biden s’est fixé comme objectif de faire en sorte que tous les habitants du pays qui le veulent soient vaccinés au 4 juillet prochain (le jour de la Fête nationale américaine).

Avant même que le Canada éprouve des difficultés d’approvisionnement en vaccins, les autorités sanitaires du Québec avaient comme objectif de vacciner 650 000 personnes d’ici la fin du mois de mars.

À ce jour, 648 663 doses de vaccin ont été administrées au Québec. Depuis le 5 mars, Mme Gisèle Lévesque fait partie des rares personnes qui ont reçu leur deuxième dose.

Pour atteindre l’immunité grégaire, 70 % de la population québécoise doit être complètement immunisée au virus.

Au rythme de 650 000 vaccins en trois mois, l’immunité grégaire sera atteinte dans vingt-huit mois, c’est-à-dire dans plus de deux ans, s’il suffit de recevoir une seule dose pour l’atteindre. S’il en faut deux, il faudra patienter plus de quatre ans… si l’immunité conférée dure aussi longtemps. Sinon, il faudra recommencer et vacciner perpétuellement.

Calcul détaillé

Le calcul est simple. En trois mois, administrer 650 000 doses, cela correspond à une moyenne mensuelle de 217 000 injections. C’est le rythme actuel de la campagne ‘massive’ (sic) de vaccination du Québec.

Pour atteindre l’immunité grégaire, il faut que 70 % des Québécois soient complètement immunisés au Covid-19. Or 70 %, c’est six-millions de personnes.

Divisons six-millions d’injections d’un vaccin à une dose ou douze-millions d’injections d’un vaccin à deux doses par le rythme actuel de vaccination et cela prendra respectivement 27,6 mois et 55,3 mois.

C’est un rythme sept à quatorze fois plus lent qu’aux États-Unis, sans parler d’Israël et de la Grande-Bretagne.

Conclusion

À moins d’accélérer la cadence de manière substantielle, le Québec aura donc été soumis à l’alternance incessante des confinements et des déconfinements lorsque surviendront les prochaines élections québécoises, prévues en octobre 2022.

D’une fois à l’autre aura augmenté le nombre des personnes exaspérées par les mesures sanitaires.

Pendant ce temps, aux États-Unis, les restaurants, les cinémas, et les endroits de villégiature seront noirs de gens souriants et décontractés célébrant l’éradication de la pandémie en sol américain.

Peut-être y a-t-il là matière à inquiétude pour nos dirigeants politiques.

En effet, l’heure des explications approche…

Références :
COVID-19 : Gisèle Lévesque devient la première personne vaccinée au Canada
Covid-19 : vaccination vs immunisation
Données de vaccination contre la COVID-19 au Québec
La première vaccinée du Canada a contracté la COVID-19
Sept résidents vaccinés du Centre Maimonides contractent la COVID-19
Single Pfizer vaccine shot provides strong protection for those who’ve had Covid-19, UK studies suggest
UK study finds one dose of Pfizer/BioNTech vaccine reduces risk of infection by 72%

Parus depuis
La moitié des soignants de première ligne ne sont toujours pas vaccinés dans le Grand Montréal (2021-03-17)
Même vaccinée, une femme de 50 ans est sous oxygène à cause d’un variant (2021-04-08)
St. Mary’s Hospital installs air purifiers in ER after staff outbreak (2021-05-07)
Mourir en attendant sa deuxième dose (2021-05-25)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : oui aux ventilateurs, non aux purificateurs HEPA ?

12 mars 2021

Introduction

Les ventilateurs sont des appareils destinés à faire circuler l’air. Ils sont habituellement constitués de pales qui tournent autour d’un axe.

Les purificateurs sont des dispositifs qui aspirent, filtrent et rejettent l’air débarrassé de particules en suspension.

Ceux équipés d’un filtre HEPA sont utilisés dans les salles d’opération. Ils débarrassent l’air de 99,97 % des particules d’un diamètre supérieur ou égal à 0,3 µm.

L’interdiction des purificateurs

En janvier dernier, dans le but de diminuer le risque de transmission du Covid-19 en classe, des parents se sont cotisés pour acheter deux purificateurs d’air portatifs dotés de filtres HEPA.

Malheureusement, la directrice de l’école a confisqué l’appareil après avoir été avisée que pour installer un tel dispositif, il fallait obtenir au préalable l’autorisation d’un comité tripartite formé du ministère de l’Éducation, du ministère de la Santé et des Services sociaux, et de la CNESST (commission des Normes, de l’Équité, de la Santé et de la Sécurité au travail).

Pour sa part, le ministère de l’Éducation (le premier des trois) s’en remet aux experts de la Santé publique. Or ceux-ci s’y opposent pour les raisons suivantes.

Premièrement, s’il est vrai que la transmission du Covid-19 par aérosols est possible dans les locaux mal ventilés, il ne s’agit pas du mode d’infection principal selon eux.

En réalité, mode principal ou non, le principe de précaution exige qu’on mettre tout en œuvre pour protéger nos écoliers.

Deuxièmement, les dispositifs de filtration pourraient, en théorie, aider à réduire ce risque. Sauf qu’en pratique, selon ces experts, ils sont difficiles à utiliser dans une classe.

Pourtant, il suffit de connecter le fil dans la prise de courant, une tâche extrêmement compliquée, semble-t-il.

Troisièmement, on ignore qui est infecté. Conséquemment, on ignore où les placer pour qu’ils soient efficaces.

Quel dilemme; de toute évidence, les experts de la Santé publique du Québec n’ont pas inventé le bouton à quatre trous.

Les ventilateurs

Dans les édifices de la fonction publique, dans les écoles, et dans les hôpitaux, des milliers de personnes doivent travailler dans des locaux mal ventilés.

Quand ces travailleurs ont chaud, que font-ils ? Ils se plaignent. Et quand il ne se passe rien, ils se plaignent de nouveau. Jusqu’à ce qu’on trouve une solution.

Cette solution pourrait être de changer le système de ventilation. Mais cela est onéreux. Alors le plus simple est d’installer un ventilateur sur pied ou ventilateur portatif sur leur bureau.

Et le problème est réglé.

Au fil des années, l’État québécois a acheté des milliers de ventilateurs qu’on trouve un peu partout.

Le 26 février dernier, je suis allé subir des tests dans un hôpital montréalais.

Dans un des locaux où on m’a fait passer, sur une chaise située à côté du bureau de la préposée, se trouvait un ventilateur portatif relié à une prise de courant. Donc, prêt à être utilisé.

A-t-on connaissance d’une directive de la Santé publique interdisant l’usage des ventilateurs dans la fonction publique ou parapublique ? Non.

A-t-on déjà saisi un seul parmi les milliers de ventilateurs en usage dans les édifices gouvernementaux ? Non.

Alors j’aimerais qu’on m’explique pourquoi la Santé publique s’oppose à l’utilisation des purificateurs d’air de type HEPA alors que ceux-ci sont recommandés par le CDC (Centers for Disease Control and Prevention) des États-Unis, et par les autorités sanitaires de toutes les autres provinces canadiennes…

Conclusion

Si le Québec est un des endroits au monde où on trouve le plus de mortalité du Covid-19 par million d’habitants, cela n’est pas l’effet du hasard.

C’est le résultat d’une suite ininterrompue de décisions stupides prises par les autorités sanitaires du Québec.

Références :
Une enseignante sommée de retirer des purificateurs achetés par des parents
Ventilation in Buildings

Parus depuis :
German Covid super-spreader event driven by poor ventilation, study finds (2021-09-08)
Real-world data show that filters clean COVID-causing virus from air (2021-10-06)
COVID-19 : et si on pouvait offrir un purificateur d’air pour 100 $ par classe? (2022-08-16)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Vaccins et dogmes religieux

11 mars 2021

Les savants qui consacrent leur vie à la recherche embryologique utilisent depuis près de cinquante ans une lignée de cellules fœtales obtenue par avortement. Comme le levain du boulanger, cette lignée de cellules rénales se multiplie continuellement depuis 1973.

Leurs découvertes ont permis de sauver des millions de vies humaines, notamment par la mise au point de vaccins, dont ceux d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson.

En raison de l’opposition de l’Église catholique à l’avortement, la Conférence des évêques catholiques du Canada demande aujourd’hui à ses fidèles d’éviter les deux vaccins dont on vient de parler.

En réalité, ces deux vaccins ne contiennent aucune cellule fœtale ni aucune molécule tirée d’un avorton. Mais il est vrai que le développement de ces vaccins a fait appel à cette lignée embryonnaire.

Le respect absolu de l’Église catholique à l’égard de la vie humaine fait partie de son dogme récent.

Un bref retour sur le passé nous fait remémorer l’inquisition espagnole au cours de laquelle on torturait à mort ceux qui ne voulaient pas se convertir au christianisme.

On se rappellera également les Croisades qui ont mis à feu et à sang le Proche-Orient. Et les guerres de religion qui ont ponctué l’histoire européenne pendant des siècles.

Par exemple, il est significatif que le signal du déclenchement du massacre de la Saint-Barthélemy à Paris ait été le tocsin de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois.

Les sites de vaccination au Québec ne sont pas des cafétérias. Qu’on soit catholique ou non, on reçoit le vaccin disponible ce jour-là. Le souhait que les fidèles puissent choisir le vaccin qu’ils préfèrent est un vœu pieux.

Pour un grand nombre de fidèles, la prise de position dogmatique des évêques catholiques crée un problème de conscience qui n’existait pas chez la majorité d’entre eux.

Le principal inconvénient de la ‘fatwa’ des évêques canadiens est de discréditer le catholicisme.

À travers le Canada, il existe des milliers de religieuses et d’hommes d’Église qui consacrent leur vie à aider les autres. À écouter avec empathie les confidences de ceux qui souffrent. À recueillir des vivres pour ceux qui ont faim. À donner des vêtements usagés à ceux qui ont froid.

Ces religieux sont une main-d’œuvre à bon marché pour une aristocratie religieuse coupée des problèmes du monde.

Une aristocratie qui n’a pas compris que l’Église de Rome porte encore, des siècles plus tard, les stigmates de l’excommunication ou des menaces d’excommunication dirigées contre les savants qui soutenaient que la terre n’était pas plate et que c’était notre planète qui tournait autour du soleil et non l’inverse.

Religion et science ne sont pas incompatibles, mais font un très mauvais ménage quand on insiste pour que le dogme religieux réduise au silence les découvertes scientifiques.

Bref, je suggère aux évêques catholiques de sauver les âmes et de laisser les médecins sauver les corps.

Références :
Le clergé demande d’éviter les vaccins d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson
Massacre de la Saint-Barthélemy


Postscriptum du 12 mars : Les évêques des principaux diocèses du Québec — Montréal, Québec et Longueuil — se sont dissociés totalement de la ‘fatwa’ émise par la Conférence canadienne.

Références :
Non, les vaccins contre la COVID-19 ne contiennent pas de tissus d’embryons humains
Vaccination : des diocèses déplorent les propos de la Conférence des évêques

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Doit-on interdire l’accès à la magistrature aux avocats québécois unilingues français ?

10 mars 2021

Introduction

Dans tous les pays du monde, le droit d’être jugé dans sa langue est un droit fondamental.

Mais ce n’est pas le cas au Canada. Dans notre pays, la primauté est accordée au droit discrétionnaire du juge de s’exprimer (oralement ou par écrit) dans la langue de son choix.

Le premier alinéa de l’article 19 de la Canadian Constitution de 1982 prescrit :

Chacun a le droit d’employer le français ou l’anglais dans toutes les affaires dont sont saisis les tribunaux établis par le Parlement [fédéral] et dans tous les actes de procédure qui en découlent.

Cela signifie que devant tous les tribunaux fédéraux, les parties peuvent être francophones, les preuves qu’ils présentent peuvent être rédigées en français, mais finalement, le juge est libre de rendre son jugement en anglais.

L’inverse (un jugement en français dans une cause en anglais) est également possible. Mais cela n’arrive jamais.

En 2013, la juge Karen Kear-Jodoin, nommée par Ottawa à la Cour Supérieure du Québec, a rédigé un jugement en anglais dans une cause où tous les avocats étaient francophones, à la suite d’un procès qui s’était déroulé exclusivement en français, et où l’accusé était unilingue français.

Après que son avocat eût protesté contre ce jugement rédigé dans une langue que son client ne comprenait pas, cet avocat a été condamné par le comité de discipline de son Ordre professionnel pour son refus de soutenir l’autorité des tribunaux.

Le droit constitutionnel du juge de s’exprimer dans sa langue a donc préséance sur le droit fondamental de l’accusé d’être jugé dans la sienne.

Cette primauté est un reliquat du passé colonial du pays.

Historique

En 1760, aucun juge de la Nouvelle-France récemment conquise n’était familier avec le Common Law. C’est pourtant le cadre juridique anglais qui s’appliquait dorénavant dans les affaires criminelles de la colonie.

Le nouveau pouvoir colonial fut donc obligé de nommer urgemment des juges anglais pour traiter des affaires criminelles courantes.

Voilà pourquoi le conquérant a imposé à ses nouveaux sujets le droit du juge de rendre ses décisions en anglais puisque ces nouveaux juges ne parlaient pas français.

Chez un peuple conquis militairement — comme ce fut notre cas en 1760 — tout jugement rendu dans la langue du conquérant est une offense aux yeux du conquis et le rappel de son assujettissement.

De constitution en constitution, cette situation perdure depuis.

La croisade d’une juge fédéraliste

La Commission Bastarache a révélé que pendant qu’il était au pouvoir, le Parti libéral du Québec (PLQ) ne permettait l’accès à la magistrature qu’aux avocats dont l’allégeance politique était libérale.

En 2016, Julie Rondeau a été nommée juge en chef de la Cour du Québec par le gouvernement libéral de Philippe Couillard.

Ces jours-ci, cette juge fédéraliste a quitté son devoir de réserve pour critiquer publiquement les réticences du ministre de la Justice du Québec à donner suite à sa suggestion d’exiger la connaissance de l’anglais comme condition pour être nommé juge.

Le Québec est la seule province canadienne où les procès (autant civils que criminels) se déroulent dans n’importe laquelle des deux langues officielles du pays.

Personne au Québec ne conteste le droit d’un angloQuébécois d’être jugé dans sa langue. Cela ne veut pas dire qu’on doive imposer le bilinguisme à tous les juges du Québec.

À Montréal, 100 % des avocats sont bilingues. Donc tous les juges montréalais le sont.

Mais dans les régions où presque personne ne parle anglais, doit-on exiger la connaissance parfaite de la langue de Shakespeare alors que seulement un ou deux procès en anglais s’y déroulent par année ?

Il serait normal que parmi les juges nommés dans cette région, l’un d’eux soit attitré aux causes en anglais.

Mais qu’on impose le bilinguisme à tous les juges au cas où quelqu’un devrait y être jugé en anglais, c’est comme exiger que tous les employés d’un restaurant situé dans un village reculé du Québec soient bilingues sous le prétexte qu’un jour, un touriste américain pourrait s’y présenter.

Une justification tirée par les cheveux

La juge en chef de la Cour du Québec estime que la maitrise des deux langues officielles est essentielle dans certaines régions, notamment dans le Grand Montréal.

Comme on l’a vu précédemment, cela n’est qu’un prétexte puisque dans les cours de juridiction provinciale, tous les juges montréalais le sont déjà.

Lorsqu’un juge n’est pas vraiment bilingue, c’est qu’il s’agit d’un juge anglophone nommé par Ottawa dans un des tribunaux de sa juridiction.

On invoque également le cas concret d’une juge incapable de présider un procès en anglais dans le Grand-Nord du Québec.

La juge dont il s’agit est Denise Descôteaux. Cette avocate a accédé à la magistrature en 2016 grâce au gouvernement libéral de Philippe Couillard.

Or dans son cas, le ministère de la Justice avait simplement donné suite à une recommandation du juge en chef de la Cour du Québec, recommandation faite à la suite d’un appel de candidatures où le bilinguisme était exigé.

En somme, la Cour du Québec a induit en erreur le ministre de la Justice. Plutôt que de le reconnaitre, la juge en chef estime que ce cas prouve la nécessité d’étendre l’exigence du bilinguisme à la grandeur du Québec alors que dans ce cas-ci, cela n’aurait rien changé puisque le bilinguisme était déjà requis.

Trouvez-vous ça logique ?

Conclusion

Selon le recensement de 2016, sur les 8 066 560 de Québécois, 4 032 640 étaient unilingues français. En somme, c’est un Québécois sur deux.

Ce que veut la juge fédéraliste Julie Rondeau, c’est d’instituer une discrimination à l’embauche à l’égard de tous les avocats québécois dont la maitrise de l’anglais est imparfaite.

Par ailleurs, le ministre de la Justice est également responsable de la protection de la langue française. À cet effet, il s’est engagé à présenter une réforme de la Loi 101 qui vise à mettre fin à l’anglicisation de Montréal.

On devine facilement que s’il devait consentir à cette discrimination à l’embauche, sa crédibilité comme défenseur du français sera sérieusement compromise…

Références :
Bilinguisme des juges : différend entre le ministre de la Justice et la Cour du Québec
Bras de fer sur le bilinguisme des juges
Être condamné dans une langue qu’on ne comprend pas
Le bilinguisme des juges mal évalué
Le bras de fer entre Jolin-Barrette et la Cour soulève des questions
L’utilité de la Commission Bastarache
Quatre-millions de Québécois victimes de discrimination à l’embauche

Paru depuis :
Multiplication des postes de juges bilingues depuis 15 ans au Québec (2022-03-02)

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à l’anglicisation du Québec, veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Vaccins et vulnérabilité résiduelle

9 mars 2021


 
Une contagion silencieuse

Aucun vaccin n’est efficace à 100 %. Lorsqu’on dit qu’un vaccin est efficace à 94 % ou à 95 %, qu’arrive-t-il au 5 % ou 6 % résiduel ?

Pour répondre à cette question, il faut se référer aux études scientifiques sur lesquelles repose l’homologation de ces vaccins.

Les études scientifiques révèlent que lorsque le vaccin ‘échoue’, le risque de décéder du Covid-19 est nul. Le risque d’être hospitalisé est également nul.

Cela veut dire que ces personnes demeurent asymptomatiques ou développent la maladie sous une forme tellement mineure que cela ne justifiera pas leur hospitalisation.

Typiquement, ce genre d’études est réalisé sur environ trente-mille personnes dont vingt-mille ont reçu le vaccin.

Une fois que le vaccin sera administré à des dizaines de millions de gens, il est probable qu’on découvrira que ce risque n’est pas complètement nul.

Mais ce qu’on devra retenir, c’est que le risque est extrêmement faible, voire rarissime. Sauf face à certains variants.

Cela est vrai pour tous les vaccins actuellement homologués en Occident, soit celui de Pfizer/BioNTech, de Moderna, d’AstraZeneca, et de Johnson & Johnson.

On a donc tort de craindre de recevoir un vaccin ‘moins bon’ que les autres. Parmi ceux homologués pour votre groupe d’âge, ils sont tous excellents.

En exagérant un peu, on peut dire que ce qui les distingue, c’est le pourcentage de ceux qui attraperont le Covid-19 quand même… mais sans le savoir.

Je n’hésiterais pas à recevoir n’importe quel d’entre eux. Du moment qu’on suit un protocole de vaccination basé sur la science.

Les nouvelles directives du CDC

Le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) émettait hier ses premières recommandations au sujet des personnes complètement vaccinées.

Ces recommandations évolueront au fur et à mesure où la proportion d’Américains vaccinés augmentera.

Deux semaines après avoir reçu leur deuxième dose d’un vaccin de Pfizer ou de Moderna — en d’autres mots, dès que la personne sera non seulement vaccinée, mais complètement immunisée — le CDC lui permet trois choses :
• rencontrer d’autres personnes complètement immunisées sans porter de masque ni respecter la distance sanitaire,
• visiter les membres non vaccinés d’un ménage si tous ces gens ont un risque faible de développer une forme sévère de la pandémie, et
• éviter de se mettre en quarantaine si, tout en demeurant asymptomatique, elle entre en contact avec une personne atteinte de Covid-19.

Cliquez sur l’image pour démarrer

Concrètement, cela signifie que des grands-parents complètement immunisés pourront librement voir, embrasser, et serrer dans leurs bras leurs petits-enfants.

Analysons la logique de ces recommandations.

Première recommandation

Une personne complètement immunisée grâce au vaccin de Pfizer ou de Moderna possède un risque, évalué à 5 % ou 6 %, d’attraper quand même le Covid-19, possiblement sans en avoir conscience.

Au moment où elle est contagieuse, si cette personne rencontre toute autre personne elle aussi complètement immunisée, cette dernière a environ 95 % des chances de ne pas l’attraper. Mais si elle l’attrape, cela n’aura pas d’importance.

Deuxième recommandation

Si elle est contagieuse, une personne complètement immunisée peut transmettre l’infection aux membres d’un ménage dépourvus d’immunité contre le Covid-19.

Mais si ces gens ont un risque faible de développer une forme sévère de la pandémie, leur contamination sera probablement sans conséquence fâcheuse.

En contrepartie, si c’est l’inverse, c’est-à-dire si ce sont les gens visités qui sont des porteurs asymptomatiques de Covid-19, ils pourraient constituer un risque de transmission au visiteur complètement immunisé. Mais si cela arrive, cela n’aura pas d’importance non plus.

Troisième recommandation

Toute personne complètement immunisée peut rencontrer une personne contagieuse. La première n’a alors pas besoin de se placer en quarantaine parce que son risque d’attraper le Covid-19 n’est que de 5 % ou 6 %. Et si cela arrive, cela sera sans importance.

Les conséquences québécoises

En principe, les deux doses des vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna doivent être espacées de trois ou de quatre semaines. C’est sur des études basées sur ce protocole de vaccination que ces deux vaccins ont été homologués un peu partout en Occident.

Les autorités sanitaires du Québec ont choisi d’espacer les doses de vaccins de Pfizer et de Moderna bien au-delà de cela, soit de trois ou de quatre mois.

Après une seule dose de l’un ou de l’autre de ces deux vaccins, on protège la majorité des personnes vaccinées. Toutefois, on ne connait pas la robustesse de l’immunité ainsi conférée, notamment à l’égard des variants.

Dans les cas où la vaccination échouera à prévenir une infection après une seule dose, on ignore le pourcentage de ceux qui en mourront ou qui se retrouveront aux soins intensifs.

De plus, on ignore la même chose chez ceux qui, après trois ou quatre mois d’attente, recevront finalement leur deuxième dose tant attendue.

On l’ignore parce que le protocole de vaccination suivi par Québec ne repose sur aucune base scientifique.

Ce qui veut dire que les recommandations du CDC ne peuvent pas s’appliquer au Québec.

Pour ne pas perdre la face, je m’attends à ce que la Santé publique du Québec adopte des recommandations analogues. Mais en raison de leur absence de tout fondement scientifique, ces directives ne voudront rien dire.

Référence : Interim Public Health Recommendations for Fully Vaccinated People

Paru depuis
La moitié des soignants de première ligne ne sont toujours pas vaccinés dans le Grand Montréal (2021-03-17)
Mourir en attendant sa deuxième dose (2021-05-25)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les changements climatiques et le jardinier amateur

8 mars 2021



Avant-Propos : Pour célébrer la Journée internationale des femmes (le 8 mars), ce blogue a décidé d’inverser la règle grammaticale selon laquelle le genre masculin l’emporte sur le genre féminin. En conséquence, dans ce texte qui suit, le féminin inclut le masculin.

Les bouleversements climatiques ont d’importantes répercussions; sous nos latitudes, les récoltes surviennent généralement de manière précoce.

Les amatrices de jardinage devront donc en tenir compte et démarrer leurs boutures plus tôt qu’autrefois.

À titre d’exemple, la coutume veut qu’on commence les semis de tomate à la Saint-Joseph.

De nos jours, presque plus personne ne possède de calendrier liturgique. Alors la ‘Saint-Joseph’, c’était quand au juste ?

Eh bien, cette fête a lieu le 19 mars.

Évidemment, ce qui est vrai pour la tomate ne l’est pas nécessairement pour d’autres fruits et légumes; votre marchande de semis devrait vous conseiller à ce sujet.

Ce qui est certain, c’est qu’il serait bon que vous songiez à démarrer vos boutures ces temps-ci, protégées du froid (à l’intérieur, par exemple).

Bon jardinage…

Détails techniques de la photo : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/160 sec. — F/11,0 — ISO 200 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le nouveau PQ et le Covid-19

7 mars 2021

Introduction

Lors de l’exercice de réflexion devant mener à la ‘refondation’ du Parti Québécois, j’ai qualifié le projet de Charte politique du PQ de paroxysme de l’insignifiance.

À l’obsession de ne pas faire de vagues, j’opposais l’avis que pour tous les peuples qui aspirent à l’indépendance, le chemin qui mène à la liberté est un combat contre l’adversité.

Au lieu d’en arriver coute que coute à des décisions ‘rassembleuses’, j’affirmais que par son essence même, la promotion de l’indépendance provoque toujours une polarisation de l’opinion publique. Cela est vrai en Catalogne, en Écosse, et évidemment au Québec.

Bref, on ne peut pas faire avancer l’idée de l’indépendance en demeurant sagement dans son coin.

Vaccination et souveraineté

Israël est un pays de 8,9 millions d’habitants, soit environ autant que le Québec.

Au moment où ces lignes sont écrites, 57 % de sa population a reçu au moins une dose du vaccin de Pfizer : 43 % sont complètement vaccinés et 13 % sont en attente de leur deuxième dose.

Au Royaume-Uni, 32 % des gens ont reçu la première de leurs deux doses du vaccin d’AstraZeneca et 1,6 % ont reçu les deux.

Le taux de vaccination dans ce pays est six fois supérieur à celui qui prévaut dans le marché commun européen (où seulement 5,5 % des gens ont reçu une première dose).

Selon le premier ministre Boris Johnson, il s’agit là d’un avantage du Brexit; n’étant pas plombé par la lenteur de la bureaucratie de Bruxelles, son pays a commandé ses vaccins plusieurs mois avant le reste de l’Europe.

De son côté, le Canada est au 43e rang mondial à ce sujet.

En tant que province canadienne, le Québec n’est pas libre d’acheter des vaccins; les fabricants ne vendent qu’à des pays ou des groupes de pays.

Notre province n’est pas libre non plus d’homologuer un vaccin comme le Sputnik-V, dont l’efficacité a été prouvée le mois dernier par une importante étude publiée dans The Lancet.

Même si les choses sont en train de s’améliorer, le Québec est encore lié aux difficultés d’approvisionnement d’Ottawa.

Une occasion ratée

Si le Parti Québécois reprochait publiquement l’appartenance au Canada d’être un obstacle à la vaccination rapide des Québécois, cette déclaration susciterait la controverse.

Il est à noter que la cible d’un tel reproche doit être précisément l’appartenance du Québec au Canada. Dès qu’on rend responsable un chef d’État, son gouvernement, ou sa formation politique, on abaisse l’argumentaire indépendantiste au niveau de la politique partisane. Et alors le message dérape.

Même en prenant soin d’éviter cet écueil, on accuserait le PQ de semer la discorde. On lui rappellerait qu’en temps de guerre, on évite de tirer dans le dos de nos généraux.

Et la presse fédéraliste se dirait outragée par de tels propos.

En raison de ce tollé généralisé, il est probable que les sondages révèleraient une chute des intentions de vote pour le PQ.

Mais une fois la poussière retombée, une partie des Québécois réaliseraient que cela est l’évidence même.

Un Québec souverain est libre de protéger ses frontières plutôt que de subir le laxisme d’Ottawa envers les voyageurs contagieux.

De plus, l’hécatombe survenue dans nos hospices sous-financés est la conséquence directe de la diminution des transferts fédéraux en matière de santé.

Si Ottawa préfère investir dans l’édification de l’État pétrolier canadien, un Québec indépendant pourrait allouer à la santé les sommes colossales qu’on verse malgré nous au financement étatique des énergies fossiles.

Par contre, si un Québec indépendant recevait au goutte-à-goutte les vaccins dont il a besoin, ce serait de sa faute et non celle d’Ottawa.

Voilà ce que j’aurais aimé entendre de la bouche du nouveau PQ. Du concret. Et de l’actuel.

Références :
Europe’s unified vaccination strategy is splintering as countries turn to Israel, China and Russia for help
Le Canada piétine au 43e rang mondial
Le texte de ‘refondation’ du PQ : le paroxysme de l’insignifiance
L’Europe a-t-elle déjà perdu la course aux vaccins?
Sputnik V COVID-19 vaccine candidate appears safe and effective

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Masques et nationalisme économique

6 mars 2021

Introduction

Je ne doute absolument pas de la détermination du gouvernement québécois actuel à favoriser les entreprises d’ici.

Mais il y a des décisions qui me semblent incohérentes.

Le masque N99 de Dorma Filtration

L’entreprise montréalaise Dorma Filtration a conçu le premier masque N99 entièrement fabriqué au Canada.

Plus performant que les masques N95, il peut bloquer 99 % des particules de Covid-19.

Son filtre amovible, fait au Québec, peut être retiré afin de permettre au masque d’être lavé jusqu’à trente fois (et même être stérilisé) avant d’être mis au recyclage.

Fait de polymère transparent, ce masque confortable a passé brillamment tous les tests de Santé Canada.

Mais d’octobre 2020 à janvier 2021, sa fabrication a été bloquée par la CNESST, un organisme gouvernemental québécois.

Pourquoi ?

La CNESST exige que tout appareil de protection respiratoire soit approuvé par l’Institut national de Santé des États-Unis. Cela évite à la CNESST de constituer sa propre expertise dans ce domaine.

Malheureusement, l’organisme américain, débordé par la pandémie, a interrompu sa certification de produits étrangers afin de se concentrer sur les produits américains.

Il a fallu que ce scandale soit révélé par le chroniqueur Yves Boisvert (de La Presse) pour que le masque soit finalement approuvé par Québec le 15 janvier dernier.

Des masques à fenêtre faits au Québec

Les masques à fenêtre permettent aux enfants de voir les mouvements de la bouche de leurs éducatrices. Inversement, ils permettent aux professeurs de voir la mimique faciale de leurs élèves et ainsi, mieux déceler leurs difficultés à l’apprentissage.

Entreprise Prémont, de Louiseville, est la première entreprise canadienne à produire des masques à fenêtre répondant aux normes de Santé Canada.

Contrairement aux masques N99 dont nous venons de parler, ceux-ci ne sont pas réutilisables.

Afin d’équiper les garderies du Québec, le gouvernement a accordé un premier contrat, d’une valeur d’un demi-million de dollars, à Entreprise Prémont.

Toutefois, la compagnie québécoise a perdu le second, d’une valeur de quatre-millions$. Celui-ci a été accordé à un importateur québécois de masques faits en Chine.

À l’unité, les masques chinois sont cinq cents plus économiques (1,40 $ au lieu de 1,45 $). En contrepartie, ils sont de qualité moindre puisqu’ils ne répondent qu’à la classe 1 de Santé Canada alors que les masques québécois répondent à la classe 2.

Normalement, pour à peine 3 % de plus, on ne devrait pas hésiter à équiper nos garderies de ce qu’il y a de mieux.

Compte tenu du fait que les employés d’Entreprise Prémont paient leurs impôts au Québec, on se demande comment on peut justifier cette économie de bouts de chandelle.

Références :
Des masques de Chine choisis au détriment de ceux d’une entreprise de Louiseville
Les premiers masques transparents répondant aux normes de Santé Canada fabriqués en Mauricie
La CNESST approuve le masque N99
Un filtre 100 % régional pour les premiers masques N99 canadiens
Un masque québécois testé, approuvé, louangé… mais bloqué

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le pétrole et la vie

5 mars 2021

L’approvisionnement de toute substance essentielle au bon fonctionnement de l’économie est du domaine de la sécurité nationale.

Voilà pourquoi on n’hésitera pas à faire la guerre afin de garantir l’approvisionnement en hydrocarbures, essentiels à notre âge thermo-industriel.

Dans les pays capitalistes, tout est mis en œuvre pour garantir l’enrichissement individuel. Dans les faits, les autres droits ont moins d’importance.

Le droit d’avoir un toit pour se loger est rendu difficile par des décennies de sous-financement dans la construction de logements sociaux.

Pour des centaines de milliers de personnes aux États-Unis, le droit de manger à sa faim dépend du recours à des banques alimentaires.

Dans ce pays, le droit de vote est combattu par ceux qui qualifient de ‘truquées’ les élections qui se sont tenues dans les États où le vote des personnes à la peau pigmentée a été déterminant.

Même le droit à la vie est menacé quand on laisse se répandre une pandémie mortelle dans des lieux d’où on ne peut s’échapper, et là où des familles ont confié leurs ainés aux soins de l’État.

Le caractère secondaire du droit à la vie est illustré également par toutes ces pénuries de médicaments essentiels qu’on laisse perdurer depuis plus d’une décennie.

Ces temps-ci, on nous rapporte le cas de pays qui protestent parce que leur approvisionnement en vaccins est bloqué par un embargo décrété par un pays producteur.

Les pays victimes protestent. Mais ont-ils menacé de guerre les pays qui mettent en danger la vie de leurs citoyens ? Non, probablement parce qu’une guerre pourrait faire plus de victimes que la pandémie.

Mais qu’en serait-il s’il s’agissait d’un embargo sur le pétrole ?

À bien y penser, il me semble que tout cela n’est pas normal…

Références :
Dispute avec l’UE sur le vaccin AstraZeneca : une aubaine pour Johnson et les Brexiters
Le logement social à Vienne
Les pénuries de médicaments
L’Italie bloque l’exportation de doses du vaccin d’AstraZeneca vers l’Australie

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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